La radioactivité est un phénomène exclusivement naturel jusqu’en 1934 où Irène et Frédéric Joliot-Curie découvrent la radioactivité artificielle. Cette





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Figure 11: schéma récapitulatif des effets d'un rayonnement ionisant sur l'organisme

B. La guerre contre l’ « ennemi invisible » :

En Ukraine, le Vendredi 25 avril 1986 est une magnifique journée, comme d’autres, à l’exception que celle-ci restera à tout jamais gravée dans la mémoire des populations.

En effet, à quinze kilomètres de Tchernobyl se trouve la centrale nucléaire Lénine. Ce jour- là, les employés ont reçu l’ordre de tester un réacteur, plus précisément le réacteur n°4 de la centrale. Ainsi, à 01H23, les systèmes de sécurité sont désactivés pour le test.

Et soudain, alors que tous dorment paisiblement, le sol de la centrale nucléaire tremble. Le couvercle recouvrant des tonnes d’uranium et d’autres éléments radioactifs explose et libère une colonne de vapeur se propageant à des milliers de kilomètres. Le plus grave accident nucléaire vient de se produire. Il est en effet le seul accident classé au niveau 7 sur l’échelle internationale des évènements nucléaires (qui sert à mesurer la gravité des accidents nucléaires).

Au matin du 26 avril 1986, la colonne radioactive contamine déjà les nuages et se répand alors selon les précipitations. Les retombées radioactives seront plus de cent fois plus importantes que celles d’Hiroshima et Nagasaki réunies.



Figure 12: la centrale nucléaire Lénine au lendemain de la catastrophe

Les conséquences de la catastrophe sont nombreuses, aussi bien du point de vue sanitaire, écologique, économique, que politique. Mais nous nous pencherons essentiellement sur les conséquences sanitaires de ce phénomène.

Il faut tout d’abord rappeler que l’évacuation des populations à la suite de l’accident s’est faite très tardivement. Ainsi, le 26 avril 1986, la population locale n’est pas prévenue de l’accident et continue ses activités habituelles sans prendre de précautions. Même Gorbatchev (le président du Soviet suprême d’URSS) n’était pas au courant des réels impacts et circonstances de l’accident. L’évacuation ne débute que le 27 Avril par l’envoi de plus de mille cars. On demande à la population par radio locale, de n’emporter que le strict minimum. Ils sont hébergés dans des conditions précaires et les premiers symptômes d’une forte exposition aux radiations commencent à apparaître déjà chez beaucoup d’entre eux.

Des centaines de personnes se sont sacrifiées pour empêcher la propagation de la radioactivité mais malheureusement plusieurs morts ont été vaines. Certains meurent la nuit même de l’accident, d’autres quelques jours plus tard. On tente ensuite de placer des sacs de sable au dessus de la centrale pour bloquer la radioactivité mais cette entreprise s’avéra très vite vaine. Il faut alors placer des tonnes de plomb (qui arrête le rayonnement gamma) et là encore, des centaines de jeunes entre 20 et 30 ans sont sacrifiées. Ils sont mortellement contaminés mais arrivent finalement à l’édification d’un sarcophage sur la centrale.



Figure 13: le sarcophage de plomb

Les conséquences sanitaires ont donc été épouvantables et cette catastrophe a encore un impact 20 ans après, c'est-à-dire de nos jours. Les experts ont conclu à près de 4000 le nombre de morts dues aux cancers induits par les radiations, parmi les « liquidateurs » (pompiers, soldats et civils réquisitionnés pour « sécuriser » la zone) et les habitants des zones touchées que sont l'Ukraine, la Biélorussie et la Russie. Mais ce nombre est encore instable car ce n’est que le début d’une guerre qui, vingt ans plus tard, n’est toujours pas terminée. La très forte augmentation des cancers de la thyroïde dans la région entourant Tchernobyl est la conséquence sanitaire la plus claire de la catastrophe. Un bilan publié en 2000 portant sur la période de 1900 à 1998, dénombre 1800 cancers dans les zones les plus exposées. L’épidémie touche les populations les plus jeunes (moins de 18 ans). Des statistiques indiquent que ce nombre continue à croître et dépasserait 4000.

Les effets immédiats, juste après l’accident, se sont manifestés par des vomissements, des nausées et des diarrhées suivies d’une période de latence. Tous avaient reçu des doses énormes de radiations et des brûlures totalement incompatibles avec la vie les avaient atteints. Selon une récente étude menée par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), le « fardeau » lié à Tchernobyl en Europe pourrait s'élever à plus de 40 000 cancers, dont 16 000 pourraient être mortels d'ici 2065. Plus de la moitié devrait survenir en Biélorussie, en Ukraine et dans les territoires les plus contaminés de la Russie.

L’augmentation des cancers de la thyroïde est due à l’Iode 131 : après incorporation par ingestion ou inhalation, l’iode se fixe préférentiellement sur la glande thyroïdienne. Par ailleurs, le césium137, un des éléments émis pendant l’accident, se fixe sur les tissus mous c'est-à-dire les muscles, les reins, le foie… ainsi que dans les tissus osseux des enfants qui, à plus ou moins long terme, peuvent développer des cancers ou encore des pathologies cardiaques, des disfonctionnements rénaux, des cataractes ou des effondrement des défenses immunitaires.

Suite à l’accident, on a vu naître aux alentours des zones les plus touchées, des êtres aux déformations horribles comme un poulain à 8 pattes ou des vaches à quatre cornes. On trouve aussi des fœtus de nourrissons sans jambes dont les visages présentent des déformations flagrantes… Dès lors, le taux de natalité baisse considérablement, les femmes refusant de mettre au monde des enfants présentant des déformations dues à la radioactivité du territoire, enfants qu’elles qualifient de « monstres ».

Quelles conséquences en France ?

Le nuage radioactif issu de la catastrophe de Tchernobyl atteint la France le 29 avril1986. Le gouvernement français estime qu’aucune mesure particulière de sécurité n’est nécessaire car aucune élévation significative de la radioactivité n’a été constatée. Cependant, on enregistre une augmentation de l’incidence des cancers thyroïdiens en France. Mais il n’y a pas d’argument scientifique prouvant que l’augmentation de ces cancers est liée à l’ « effet Tchernobyl » car l’accroissement a été constaté dès 1975, c'est-à-dire avant l’accident. D’ailleurs, le journal Libération du 2 Mai 1986 publie : « … puis finalement cela a été au tour de la France. Pierre Pellerin, le directeur du service central de protection contre les radiations ionisantes (SCPRI) a annoncé hier que l’augmentation de radioactivité était enregistrée sur l’ensemble du territoire, sans aucun danger pour la santé».

Tchernobyl peut-il à nouveau exploser ?

Aujourd’hui, il ne reste qu’un vieux sarcophage rouillé de la centrale nucléaire de Tchernobyl, renfermant encore plus de 180 tonnes de combustible radioactif. Mais le sarcophage, construit à la hâte, menace de se désintégrer et de tomber en ruine. D’une part, il menace de s’écrouler, et d’autre part, le béton devient poreux sous l’effet des rayonnements et pourrait laisser s’échapper des éléments radioactifs dans l’air et dans le sol. Mais ce n’est pas tout : de l’eau s’infiltre dans cette chape de béton à cause du ruissellement ou de la pluie. Or, l’association de combustible radioactif et d’eau pourrait conduire à un redémarrage d’une réaction en chaîne. Ce qui entraînerait une seconde explosion, un second Tchernobyl…On parle alors, depuis 1998, de construire un nouveau sarcophage qui s’emboîterait sur le premier. Il était prévu qu’il soit terminé cette année. Mais les travaux n’ont toujours pas débuté…Ce retard de 10 années est la conséquence d’un manque d’argent en Ukraine. Ainsi, Tchernobyl, un monde anéanti en quelques jours par l’ennemi invisible, est aujourd’hui devenu une illustration de ce que peut devenir la propagation de la radioactivité…



Figure 14: la peur engendrée chez les populations après Tchernobyl


C. Quelles protections contre la radioactivité ?

1. Les règles de radioprotection

La radioprotection vise à protéger l'homme de l'ensemble des dangers que l'exposition aux rayonnements ionisants ou une contamination par des produits radioactifs est susceptible d'entraîner. Elle concerne donc, que ce soit en situation normale ou accidentelle, la protection de la santé des travailleurs et du public, mais aussi la surveillance, la protection de l'environnement et la gestion des déchets radioactifs.

Trois règles fondamentales sont à prendre en compte contre les diverses sources de rayonnements ionisants (α, β, γ et X):
- la première des précautions à prendre est de s'éloigner de la source de rayonnements, car leur intensité diminue avec la distance. En effet, l'intensité du rayonnement diminue comme l'éclairage, lorsque l'on s'éloigne d'une source de lumière: elle est inversement proportionnelle au carré de la distance, 4 fois moins forte à 2 mètres qu'à 1 mètre, 9 fois mois forte à 3 mètres...
- la deuxième disposition à prendre est de diminuer la durée d'exposition aux rayonnements ; En radiothérapie, on réduit au maximum le temps d'exposition d'un patient.
- Enfin, il est important d'interposer des écrans de protection entre la source et la personne exposée. Ce sont des écrans en plomb pour les appareils au cobalt utilisés en radiothérapie; Quant à ceux de radiographie, il s'agit d'écrans d'eau dans les piscines de stockage et des écrans de béton spécial pour les salles radioactives des installations nucléaires.

On se sert de boîtes à gants au plomb pour travailler sur des émetteurs ionisants. Selon le même principe, il est vivement recommandé, pour se protéger des retombées radioactives, de rester enfermé chez soi lors d'un accident nucléaire et de ne pas se précipiter vers l'extérieure, contrairement à ce que l'on pourrait croire.

Il a été défini, pour un local donné, son facteur de protection. On attribue 40 au facteur de protection d'une maison ordinaire et 1000 à celui d'un immeuble en béton, ce qui veut dire que si une personne est restée dehors et a reçu une dose de 6 Sv, dose mortelle, la dose reçue n'aurait été que de 6/40 soit 0,15Sv dans la maison et de 6/1000, soit 0,006Sv dans l'immeuble, d'où la nécessité de se « confiner » en cas de retombées radioactives.

Pour agir sur une source radioactive, on filtre et on traite les gaz et les liquides pour piéger au maximum leur radioactivité avant tout rejet dans l'environnement d'une centrale nucléaire.

Pour agir à la fois sur les rayonnements et sur les sources elles-mêmes, on confine les matières radioactives dans des récipients étanches afin d'éviter leur dispersion et leur contact avec l'homme dans l'environnement d'une centrale nucléaire. Il en sera de même pour le transport et le stockage des conteneurs.

On peut aussi :

• attendre, quand cela est possible, la décroissance naturelle des éléments;

• utiliser la dilution lorsque l’on a affaire à des gaz radioactifs.

Par exemple, les installations nucléaires ne sont pas démantelées aussitôt leur arrêt, de façon à attendre une diminution de l’activité des zones concernées. Dans les mines d’uranium souterraines, une ventilation très efficace permet de maintenir une faible concentration de radon dans l’air que respirent les mineurs.

Les travailleurs pouvant être soumis à des rayonnements ionisants lors de leur activité (industries nucléaires, médecins, radiologues…) portent un “film” ou “dosimètre” qui mesure la quantité de rayonnements auxquels ils ont été soumis. Ces dispositifs permettent de s’assurer que la personne n’a pas reçu une dose supérieure à la norme tolérée ou d’en mesurer l’importance.
Pourtant, malgré toutes les protections évoquées, une question subsiste: Comment les travailleurs du nucléaire sont-ils protégés d'une éventuelle contamination?

Un milieu est contaminé lorsqu'on a laissé s'y répandre accidentellement des substances radioactives.

La contamination externe (dépôt de substances radioactives sur la peau), déjà grave en elle-même, peut être à l'origine d'une contamination interne par ingestion, par inhalation, ou par blessure. Dans ce cas, le rayonnement émis à l'intérieur du corps devient dangereux ainsi que les produits de désintégration. Il en est de même lorsque des substances radioactives sont en suspension dans l'air que nous respirons.

Pour protéger les travailleurs du nucléaire d'une contamination radioactive, on leur fait porter dans certaines circonstances des vêtements spéciaux, des gants et des masques (qui deviendront des déchets radioactifs), on assure l'étanchéité des lieux d'entreposage des substances, ainsi que le renouvellement de l'air des locaux par un système de ventilation qui permet de filtrer les poussières radioactives.

2. Les normes internationales de radioprotection
La prise de conscience du danger potentiel d’une exposition excessive aux rayonnements ionisants a amené les autorités à fixer des normes réglementaires pour les limites de doses. Ces limites correspondent à un risque supplémentaire minime par rapport au risque naturel, ce qui le rend donc acceptable.

• Depuis 1928, la Commission internationale de protection radiologique (CIPR) rassemble des médecins, physiciens, biologistes… de tous pays. Cette autorité scientifique indépendante émet des avis précieux en matière de radioprotection, pour les réglementations propres à chaque État.

• L’UNSCEAR (United Nations Scientific Committee on the Effects of Atomic Radiation) ou Comité des Nations Unies pour l'Etude des Effets des Radiations Ionisantes, réunit des scientifiques représentant 21 nations. Il a été créé en 1955 au sein de l’ONU pour rassembler le maximum de données sur les niveaux d’exposition dus aux diverses sources de rayonnements ionisants et leurs conséquences biologiques, sanitaires et environnementales.

Il constitue un bilan régulier de ces données, mais également une évaluation des effets en étudiant les résultats expérimentaux en fonction de l’estimation des doses et des données humaines.
•Au niveau européen, l’Union européenne reprend ces avis dans ses propres normes ou directives. Les normes légales de radioprotection donnent:

- une limite de dose efficace de 1 mSv/an pour la population et de 20 mSv/an en moyenne sur 5 ans pour les personnes directement affectées aux travaux sous rayonnements ionisants (industrie nucléaire, radiologie médicale) ;

-une limite de dose équivalente (organe) de 150 mSv pour le cristallin (œil) et 500mSv pour la peau et les mains.

La Communauté européenne a fixé des doses de radioactivité à ne pas dépasser dans les aliments : le lait ne doit pas être supérieur à 500 Bq/l pour l'iode 131. Dans certaines régions allemandes, les normes sont beaucoup plus sévères (100 Bq/l en Sarre, 20 Bq/l en Hesse et à Hambourg).

Le législateur divise par 20 les doses admissibles des travailleurs pour la population car il considère que celle-ci comporte des sujets de tout âge, de tout état de santé et qui ne sont pas si bien suivis médicalement…

3. Au niveau national :

En France, la radioprotection relève de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), placé sous la tutelle conjointe des ministres chargés de la Défense, de l’Environnement, de l’Industrie, de la Recherche et de la Santé. Il a été créé en février 2002 par la réunion de l’Institut de protection et de sûreté nucléaire (IPSN) et de l’Office de protection contre les rayonnements ionisants (OPRI).

L’IRSN réalise des recherches, des expertises et des travaux dans les domaines de la sûreté nucléaire, de la protection contre les rayonnements ionisants, du contrôle et de la protection des matières nucléaires, et de la protection contre les actes de malveillance.

III. Les effets bénéfiques de la radioactivité
Pour beaucoup la radioactivité est synonyme de destruction et de mort lente. Elle inquiète en ce sens qu’elle échappe à l’intuition et à l’entendement quotidien. Cependant, elle possède un double visage, pouvant détruire et engendrer la mort mais aussi guérir et aider à comprendre le monde qui nous entoure.

Ainsi, la médecine nucléaire est le domaine médical qui utilise la radioactivité pour explorer le corps humain et pour le soigner. La médecine nucléaire repose sur l’utilisation d’isotopes radioactifs à des fins diagnostiques et thérapeutiques. Son essor n’aurait pas été possible sans les acquis de la physique atomique et nucléaire. Parmi les découvertes décisives, celle des radioéléments artificiels par Irène et Frédéric Joliot en 1934 qui permit la création de traceurs, notion inventée par Georges de Hevesy en 1913, se retrouva à la base du concept fondateur de la médecine nucléaire. En découvrant les moyens de produire des isotopes radioactifs, Irène et Frédéric Joliot offrirent à la recherche en biologie des outils nucléaires d’une efficacité sans équivalent.

La médecine nucléaire et l’imagerie fonctionnelle sont aujourd’hui les seules techniques susceptibles d’apporter des informations extrêmement précises sur les organismes vivants de manière non traumatique et sans en perturber les grands équilibres.
A. Un peu d’histoire…
1900 : l’utilisation de la radioactivité à des fins médicales est envisagée. Pierre Curie est le premier à penser que les corps radioactifs, provoquant des brûlures par leur rayonnement, pourraient être utilisés à des fins thérapeutiques.

1905 : Les chercheurs reconnaissent l’action bénéfique des rayons du radium pour le traitement des tumeurs de la peau et du col de l’utérus, les cellules cancéreuses étant plus sensibles aux rayonnements que les cellules saines. C’est la naissance de la curiethérapie.
1913 : Georges de Hevesy, chercheur Hongrois, utilise le radium, isotope radioactif naturel, pour en étudier sa distribution dans le corps d’un mammifère, il s’agit du premier traceur.
1935 : I. et F. Joliot, physiciens français, reçoivent le prix Nobel pour leur découverte des isotopes radioactifs en 1934. Lors de la conférence de remise du prix, F. Joliot déclare : « la méthode des indicateurs employant des radioéléments synthétiques trouvera probablement des applications pratiques en médecine». G. de Hevesy utilise le phosphore 32 pour montrer que la formation des os est un processus impliquant en permanence des pertes et des remplacements.
1938 : S.Hertz utilise de l’Iode radioactif pour l’étude de la physiologie thyroïdienne
1939 : G.C. de Hevesy met au point une méthode de détermination du volume sanguin utilisant des globules rouges marquées au phosphore 32. J.H. Lawrence utilise ce procédé pour étudier les leucémies.

1950 : le premier scanner manuel apparaît, doté d’un compteur Geiger-Müller puis d’un compteur à scintillations. Cette technique sera améliorée l’année suivante par B. Cassen qui crée un scanner rectilinéaire (objectif photographique qui ne déforme pas l'image).
1952 : premier dispositif clinique d’imagerie par positons.
1957 : Anger invente une caméra à scintillations, gamma caméra capable de produire des images en corrélation avec le fonctionnement des organes, c’est la scintigraphie.
1968-1971 : le premier instrument d’imagerie tomographique et premier instrument d’imagerie tomographique assistée par calculs.

1973 : première image d’IRM
Fin des années 1970 : une nouvelle technique d’examen d’imagerie médicale apparaît : la tomographie par émission de positons
2001 : les pouvoirs publics donnent l’autorisation d’équiper plus largement les hôpitaux de TEP.
1991-2003 : les revues scientifiques évaluent les performances et l’utilité de la TEP en cancérologie par rapport aux autres examens d’imagerie.

B. Détection des pathologies :


  1. Les traceurs :


Les propriétés chimiques d’un isotope radioactif sont identiques à celles d’un isotope stable, à la seule différence que le radio-isotope est instable. Cette instabilité provoque la désintégration qui se traduit par l’émission de rayonnements. Il suffit alors de disposer d’outils de détection appropriés pour suivre à la trace les radio-isotopes. Par exemple, le Potassium 40, qui est mélangé au potassium stable dans notre alimentation va suivre exactement le même trajet dans notre corps que ses isotopes stables. La détection des rayonnements émis par le Potassium 40 permet alors de suivre à la trace le déplacement de l’ensemble du potassium. Un radio-isotope peut donc servir de traceur à l’aide d’outils de détection appropriés.

Il est aussi possible de connaître la localisation d’une molécule par le même principe. Cette dernière est marquée par un radio-isotope qui lui sert d’étiquette. Le marquage peut être effectué de deux manières: remplacement d’un atome de la molécule par un de ses isotopes radioactifs ou accrochage à la molécule d’un atome radioactif. La molécule marquée est alors un traceur.

On utilise cette méthode en médecine, par exemple pour suivre l’action d’un médicament. Il faut noter que dans ces cas précis, le traceur est utilisé en très petite quantité mais assez suffisante pour être détectée par des appareils très sensibles. Aussi, les effets des rayonnements radioactifs ne sont pas dangereux à ces très faibles doses. De plus, la période de ces isotopes est courte (de quelques minutes à quelques jours) et ils disparaissent très rapidement de notre corps.

Ainsi, les radio-isotopes ont permis, grâce à leur capacité de traçabilité, de découvrir le corps humain et ses mécanismes.



  1. A la pointe de la technologie !!




    1. La scintigraphie :


La scintigraphie est un examen durant lequel une petite quantité de radioactivité est utilisée pour réaliser des images d’un organe, d’où le nom de médecine nucléaire.

Les images scintigraphiques obtenues permettent au médecin de voir le fonctionnement de l’organe et d’établir un diagnostic afin de mieux soigner le patient. L’examen consiste à une injection intraveineuse ou par inhalation d’éléments radioactifs qui vont se fixer préférentiellement sur un organe cible. Les radio-isotopes utilisés sont des émetteurs de rayonnements γ (donc émission de photons).Ces isotopes se fixent donc à la matière et émettent des rayons γ, détectés et analysés par un appareil spécialisé : la gamma caméra, couplée à un ordinateur.

Ces isotopes se comportent comme des balises qui signalent d’éventuels disfonctionnement ou la présence de tumeurs. Les gamma caméras modernes tournent autour du patient et prennent des séries de vues suivant des angles différents des organes étudiés. Du fait que les photons scintillent, on appelle ce phénomène : le phénomène de scintillation, d’où le nom de la scintigraphie.


Le principe de la scintigraphie est utilisé dans l’exploration de la thyroïde, du squelette (scintigraphie osseuse) ou en cardiologie pour évaluer le fonctionnement du cœur (tomoscintigraphie myocardique).

Il faut rappeler que l’examen est sans danger pour l’organisme puisque la quantité de radioactivité injectée est de très faible dose. Par ailleurs, la demi-vie des éléments radioactifs injectés ou inhalés est suffisamment courte pour éviter l’irradiation prolongée.

b. La TEP :
A la fin des années 1970, une nouvelle technique d’examen d’imagerie médicale est apparue : la Tomographie par Emission de Positons, dont le nom est le plus souvent abrégé en TEP. Dès le départ, la TEP est apparue comme une technique extrêmement intéressante. En effet, ses caméras permettaient d’obtenir des images tout aussi bien de la circulation du sang que de l’oxygène dans le corps que ce soit au niveau du cerveau, du cœur et des principaux organes, et ceci sans perturber leur fonctionnement. Cependant, au début des années 1990, on a pu douter que cette technique d’imagerie médicale allait vraiment être utilisée car elle nécessitait des appareillages extrêmement coûteux.

Développée au départ pour les recherches scientifiques sur le cerveau et le coeur, la TEP est aujourd’hui beaucoup utilisée en cancérologie clinique et ce, pour deux raisons. D’une part, de nouvelles caméras se sont développées et permettent maintenant d’examiner l'ensemble du corps. D’autre part, depuis une dizaine d’années, plusieurs centaines d’articles scientifiques ont été publiés et montrent combien cette technique peut être utile à différents stades de la maladie, que ce soit lorsque l’on cherche à voir si le cancer s’est propagé à d’autres endroits dans le corps ou pour déterminer si un traitement s’est montré efficace.

Devant les résultats obtenus en cancérologie grâce à l’utilisation de la TEP, les pouvoirs publics ont décidé en 2001 d’équiper plus largement les hôpitaux.

La TEP est parfois connu sous le nom de PETscan, abréviation de l’Anglais Positron Emission Tomography, mais le terme utilisé en France est TEP.
Cette tomographie consiste à l’injection d’éléments radioactifs par voie intraveineuse. Ces radio-isotopes, émetteurs β+, sont obtenus à l’aide d’un cyclotron. Le cyclotron est un accélérateur électromagnétique de haute fréquence. Dans son principe, le cyclotron utilise l’action combinée d’un champ magnétique et d’un champ électrique pour délivrer un faisceau de particules accélérées. Ces particules électriquement chargées sont introduites au centre d’une enceinte où règne un vide très poussé. Elles décrivent une trajectoire en spirale depuis le centre du cyclotron jusqu’au bord tandis que leur vitesse s’accroît. Elles parcourent plusieurs tours avant d’être extraites de l’accélérateur puis projetées à très grande vitesse sur une cible située à quelques mètres. Il se produit alors des transmutations avec production d’isotopes radioactifs et des désintégrations d’atomes, lesquels retrouvent un état stable en émettant un rayonnement.

Une fois introduits dans l’organisme, les émetteurs β+ libèrent des positons qui vont interagir avec la matière, plus précisément avec les électrons. Les deux particules s’annihilent et donnent naissance à l’émission simultanée de deux photons gamma en ligne droite et dans deux sens opposés. Cette paire de photons est recueillie par la couronne de détecteurs de la caméra à positons. Ce qui justifie la disposition des détecteurs, par paire également, en couronne autour de l’organe étudié.

L’ordinateur localise avec précision chaque site émetteur β+ par intersection des différentes droites obtenues. De ce fait, cette capacité à s’annihiler en émettant deux photons de sens opposés fait de la TEP une méthode quantitative. Puis, l’ensemble des données est enregistré, analysé, et transformé mathématiquement. L’ordinateur prend en compte la possibilité de diffusion et d’absorption des rayons gamma par les tissus. L’image obtenue est dépourvue de ces imperfections grâce à des algorithmes de correction (un algorithme est un ensemble de règles opératoires dont l'application permet de résoudre un problème énoncé). Ces opérations faites, la position du radio-traceur au sein d’une tranche de quelques millimètres d’épaisseur de l’organe examiné est reconstruite sur ordinateur. Par combinaison de tranches successives, on peut obtenir des images tridimensionnelles de l’organe étudié.

Le radio isotope généralement utilisé pour cet examen est le

[18F]-flurodéoxyglucoce (en abrégé [18F]-FDG) : le fluor 18, associé au glucose, fait office de traceur. Le flurodéoxyglucoce est un sucre semblable au glucose rendu radioactif.

Pour vivre, fonctionner et se reproduire, les cellules ont besoin de glucose. Plus l’activité des cellules est importante, plus leur consommation en glucose augmente. Les cellules cancéreuses se multiplient sans cesse, elles ont donc une activité importante qui nécessite beaucoup d’énergie. C’est pourquoi leur consommation en glucose est anormalement élevée par rapport aux cellules normales. C’est grâce à cette consommation excessive du glucose que l’on peut repérer le tissu cancéreux avec la caméra TEP.

Le [18F]-FDG se comporte comme le glucose, mais contrairement à celui-ci, il n’est pas une source d’énergie utilisable par la cellule cancéreuse. Il s’accumule alors dans la cellule qui devient radioactive. En devenant radioactive, elle émet des rayonnements qui peuvent être détectés par la TEP.

Quels effets secondaires?

Une TEP n’est pas un examen douloureux et aucun effet secondaire n’a été rapporté à ce jour. Cependant, en raison de la radioactivité du produit injecté, les femmes doivent informer le médecin en cas de retard de règles, d’une éventuelle grossesse, ou d’un allaitement. Le médecin prend alors la décision en fonction de la situation de la patiente, de réaliser ou de reporter l’examen. (Ces précautions sont aussi valables pour la scintigraphie).

Il faut compter environ douze heures pour que la quasi-totalité du produit radioactif ait disparu.

Ainsi les examens de médecine nucléaire fournissent une information fonctionnelle unique qui, à l’heure actuelle, ne peut être obtenue par aucune autre technique d’imagerie. Pour bon nombre de maladies, les examens de médecine nucléaire fournissent l’information la plus utile nécessaire au diagnostic et, si nécessaire, au choix du traitement approprié. Par ailleurs, la médecine nucléaire est beaucoup moins traumatisante que la chirurgie exploratrice, et les réactions allergiques au radio pharmaceutique sont extrêmement rares. C’est pourquoi la médecine nucléaire est une médecine essentielle, souvent utilisée dans les établissements cliniques.
C. Guérir par la radioactivité, c’est possible !
La radiothérapie est utilisée depuis de longues années pour le traitement du cancer. Elle consiste à exposer les cellules cancéreuses d’une tumeur à des rayonnements (appelés aussi rayons ou radiations), qui empêchent la multiplication des cellules malades et entrainent leur destruction. Selon la zone à traiter, les rayons utilisés peuvent être différents (photons, rayons X ou électrons). Ces divers types de rayons peuvent être associés entre eux. C’est pour cette raison que, pour un même traitement, une patiente peut être placée sous différents appareils : appareils de cobaltothérapie (utilisation thérapeutique des rayons gamma de haute énergie (1,25 MeV) provenant d'une source de cobalt 60 radioactif, dans l'intention de détruire des cellules cancéreuses) ou accélérateurs linéaires. Ces rayonnements sont produits soit par des accélérateurs de particules, soit par des sources radioactives. C’est ce qu’on appelle l’irradiation de la tumeur.




La radiothérapie est un traitement fréquent du cancer. Son action dépend de la localisation de la tumeur, de son stade d’évolution et de l’état général de la personne malade. La radiothérapie peut être associée à d’autres traitements du cancer, comme la chirurgie et la chimiothérapie. Le médecin spécialiste de la radiothérapie est un cancérologue, appelé oncologue radiothérapeute ou encore radiothérapeute. C’est lui qui détermine la zone à traiter. Cette zone est appelée volume cible. Il détermine également la manière dont les autres organes ou les autres régions du corps non atteints seront protégés des rayons. Il définit ensuite la dose de rayons à administrer.
Quels sont les différents types de radiothérapie ?
Il existe deux types de radiothérapie :

-la voie externe : les rayons (photons de haute énergie ou des électrons) sont émis en faisceau par une machine, appelée accélérateur linéaire de particules ou accélérateur, située à proximité de la personne malade, ils traversent la peau pour atteindre la tumeur. Cette voie est la plus courante.



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La radioactivité est un phénomène exclusivement naturel jusqu’en 1934 où Irène et Frédéric Joliot-Curie découvrent la radioactivité artificielle. Cette iconDes différences avec un Parc Naturel National
«sanctuaire», géré par un établissement public à caractère administratif, placé sous la tutelle du ministre chargé de l'environnement,...

La radioactivité est un phénomène exclusivement naturel jusqu’en 1934 où Irène et Frédéric Joliot-Curie découvrent la radioactivité artificielle. Cette icon1. Vous développez conjointement un travail qui jusqu’à présent a...
«machine Marx». Cette mise en question a guidé notre relecture de Marx, mais aussi tous nos autres travaux depuis 2004. C’est le...

La radioactivité est un phénomène exclusivement naturel jusqu’en 1934 où Irène et Frédéric Joliot-Curie découvrent la radioactivité artificielle. Cette iconAlimentation de la Corse au gaz naturel
«alimentation en gaz naturel par le gazoduc Algérie-Sardaigne-Italie (galsi) et son raccordement à la Corse (projet Cyrénée), ou...

La radioactivité est un phénomène exclusivement naturel jusqu’en 1934 où Irène et Frédéric Joliot-Curie découvrent la radioactivité artificielle. Cette iconRésumé: L'érosion hydrique est un processus dont l'ampleur reste...






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