Bulletin du c. C. M. F





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BULLETIN DU C.C.M.F.




JUIN 2007 N°16




LETTRE DE L’ESPÉRANCE ……





UN CHEMIN D’UNITÉ
Docteur Yves DEQUIDT

Trésorier du CCMF
Un milieu d’après-midi des années 70, nous étions deux sous un pommier de Bretagne. Lui, un jeune infirme moteur cérébral, trop fatigué pour suivre le reste du camp dans l’excursion du jour, et moi, jeune bénévole, étudiant en médecine, resté seul avec lui.
Je l’installe confortablement pour le goûter. Pour lui en donner un morceau dans la bouche, je romps le pain ; il m’arrête. D’un doigt secoué par les spasmes, il me dit avec sa planche à lettres : « K-C » en désignant le pain. « C-O-M A L-A M-E-S » Puis « M-E-R-C-I A-V-E-C » en se désignant. « Tu as rompu le pain comme à la messe ; merci d’être resté avec moi. » Nous avons fini le goûter et il s’est endormi.
Quelques jours plus tard, il me dira de la messe : « D-O-N L-A P ». « Elle donne la paix ! » Malgré la pauvreté de ses moyens et sa lenteur, nous pouvions communiquer et trouver une unité grâce à l’eucharistie. Chemin de paix et certainement d’unité intérieure pour lui, l’eucharistie était aussi chemin d’unité entre nous qui ne savions pas nous parler, chemin d’unité ecclésiale. Sans l’eucharistie, notre vie n’a pas de perspectives d’avenir.
J’en trouve une confirmation dans la récente exhortation de Benoît XVI , « Le sacrement de l’amour », quand il nous dit : « Puisqu'elle implique la réalité humaine du croyant dans le concret du quotidien, l'Eucharistie rend possible, jour après jour, la transfiguration progressive de l'homme, appelé par grâce à être à l'image du Fils de Dieu.» (71).
Notre pape insiste sur l’appel à rayonner l’amour dans le concret de nos vies, sur la joyeuse espérance et la gratuité contenues dans l’eucharistie : « dans la communion eucharistique, sont contenus le fait d'être aimé et celui d'aimer les autres à son tour. Une Eucharistie qui ne se traduit pas en une pratique concrète de l'amour est en elle-même tronquée. ….. Il s'agit avant tout de la découverte joyeuse du dynamisme de l'amour dans un cœur qui accueille le don du Seigneur, qui s'abandonne à lui et qui trouve la vraie liberté. La transformation morale, impliquée dans le nouveau culte institué par le Christ, est une tension et un désir profond de vouloir correspondre à l'amour du Seigneur de tout son être, tout en étant conscient de sa fragilité. ….. La tension morale qui naît de l'accueil de Jésus dans notre vie découle de la gratitude provenant de l'expérience de la proximité du Seigneur, sans aucun mérite de notre part. » (82).
Puisse l'eucharistie continuer de nous transfigurer en nous unissant dans la paix au service de nos frères les malades.






LE MOT DU PRÉSIDENT
Chers Amis,
Trois événements vont marquer le second semestre de cette année :


  1. L’Assemblée Générale est une occasion pour chacun de s’exprimer directement, soit en demandant d’intégrer dans l’ordre du jour une question ou une idée destinée à faire progresser le CCMF dans sa mission.

L’Assemblée Générale est aussi le moment où chacun participe directement à la vie de l’Association en approuvant ou non son bilan, en participant aux votes quand il y en a. Votre présence est vivement souhaitée. A défaut vous pouvez donner un pouvoir à un confrère (chaque membre peut avoir 3 pouvoirs au maximum). J’espère que le quorum sera atteint dès la première réunion afin que toute décision soit prise par la majorité et que cette Assemblée Générale démontre la vitalité de notre Association.


  1. La formation sur « L’Après IVG » préparée à l’initiative du CCMF avec le Père Olivier de DINECHIN du Centre Sèvres, avec la participation de l’Association AGAPA. Elle aura lieu le Samedi 6 octobre 2007 dans l’après-midi, de 13h30 à 18h au Centre Sèvres.


Elle aura 3 objectifs :


  • Situer le médecin Catholique dans une position de compassion vis-à-vis des femmes qui ont subi un IVG, tout en lui donnant la qualification, le professionnalisme, la compétence pour écouter la douleur de celles d’entre elles qui souffrent et tacher d’y remédier sans banaliser l’IVG.




  • Tisser des liens avec l’Association AGAPA et nous enrichir de son expérience.




  • Etendre cette formation à d’autres régions de France. J’espère que nous serons nombreux à y participer. Ceci nous imposera de terminer l’Assemblée Générale à 12h00 exactes pour pouvoir nous rendre au Centre Sèvres.




  1. Le Congrès National, le XXVIIème, qui se tiendra les 1er et 2 Décembre 2007 à PARIS. Les organisateurs ont pensé que dans notre monde qui est dur pour les faibles (les malades, les personnes âgées, les personnes différentes à plusieurs titres ….) la charité doit revenir, être notre souci constant, pour témoigner que tous, nous sommes frères.



Dr Séjean SÉJEAN






NOUVELLES DE PROVINCE




L’HÔPITAL PUBLIC EST IL ENCORE HOSPITALIER ?
Conférence-débat animée par le Professeur Michel BARAT

Chef de Service au CHU de Bordeaux, Coordonnateur du Pôle de Neurosciences Cliniques.

et le Médecin-Général Patrice VINCEY

Médecin-Directeur de l’Hôpital d’Instruction des Armées, Hôpital Robert Piqué, Talence
CCMF Bordeaux le 5 février 2007-03-05
Résumé succinct : Hospitalité : héberger par charité et donner asile, principe de la civilisation chinoise, de nombreuses religions… « L’Hôtel Dieu » vocation depuis longtemps des congrégations religieuses. Aujourd’hui du fait des progrès considérables de la médecine de la fin du XXème siècle, l’hôpital n’est plus seulement un lieu d’asile et de soins palliatifs mais un lieu de soins curatifs performants. Néanmoins le « tout guérissable » est pris en défaut (SIDA, maladies à prions, maladies dégénératives…). Le « droit à la protection de la santé » est dans le préambule de la Constitution et l’hôpital apparaît dés lors comme le reflet du pacte social : égalité des soins, sans discrimination, respect de la dignité, accueil des personnes en précarité et en exclusion, recours ultime. La Charte de la Personne Hospitalisée prévoit l’accueil dans la globalité : écoute, dialogue et information, confidentialité, recherche du consentement. Au-delà de ces valeurs intangibles, la progression des dépenses de santé est plus rapide que celle du PIB, d’où l’abandon du budget global et la mise en place de « moyens », sous l’égide de l’ARH : analyse des durées de séjours (Groupes Homogènes de Séjours), tarification à l’activité, des groupes homogènes de pathologies, avec comme conséquences l’aspect économique qui risque de devenir prééminent sur le soin et le social. L’Hôpital atteint actuellement

13 millions d’hospitalisations par an, soit, par rapport à la population, trois fois plus qu’aux USA…

Mais le « marketing » et l’ hôpital « entreprise » génère plus d’actes, plus de lits, plus d’emplois et de moyens, le directeur en tant que chef d’entreprise. L’usager, le « client » est devenu exigeant et abuse de l’accès 24 heures sur 24, en sortant du travail, débordant les urgences, mobilisant les moyens lourds, d’autant que la pratique libérale a évolué en conséquence. À l’opposé de la qualité et de l’innovation des soins, le médico-social est en déficit de finances et de structures. Pas assez de lits de moyen et longs séjours d’où attente pendant des mois, d’autant que la vie moderne dans les villes ne permet plus le retour au domicile surtout pour les personnes âgées. Pour celles-ci leur nombre croissant, leur poly-pathologie, leur dépendance crée une volonté de rejet, d’où l’accusation de maltraitance, basée sur l’insuffisance d’attention et de présence de soins. Pourtant, nulle part au monde, le système est aussi poussé avec la couverture médicale universelle et l’accueil même des étrangers en situation irrégulière. Le coût est considérable, aggravant le déficit de la Sécurité Sociale ; « Refuser de prendre en compte la dimension économique et financière va à l’encontre de l’éthique » (Alain Cordier). La segmentation en spécialités a amélioré la prestation de soins mais aux dépens du social, sauf pour les spécialités transversales gériatrie, pédiatrie, réadaptation. Mais il demeure qu’il n’y a pas de politique hospitalière dans le médico-social. Le préventif et le palliatif ne sont que très peu pris en compte. On s’occupe de soigner des personnes mais pas de la santé. Au niveau de la structure on peut parler de crise : RTT, contraintes administratives : vigilances, circulaires et accréditation; alors que les soins relationnels sont exigés ! Aujourd’hui mise en place de la « gouvernance », participation de tous les acteurs, pôles et leurs conseils, contrats et logique comptable. Les Missions d’Intérêt Général sont souvent décidées sur des bases de « lobbying » et de décisions politiques et axées sur des sujets sensibles : SIDA, psychiatrie pour Pau, grippe aviaire.

Néanmoins des réalisations sont louables : équipes mobiles pour les personnes âgées, soins palliatifs, Handicap Lourd Aquitaine, sclérose en plaques, maladie de Charcot, SIDA, diabète.... Au total le pessimisme n’est pas de mise : l’égalité d’accès à l’hôpital n’est pas un mythe, des filières de soins vont êtres mis en place par les ARH incluant la prise en charge médico-sociale. Il faut mettre en place des maisons médicales à proximité en tant que relais de l’hôpital. Il faut coordonner le soin et le social, c’est- à-dire aussi les familles, assurer la permanence du service social et surtout le maintien d’un personnel suffisant. Mais les praticiens eux-mêmes doivent être acteurs de décision, choisir d’arbitrer, d’éclairer…

NOUVELLES DE PROVINCE (suite)
« Temps et médecine », par Bernard Hoerni, Glyphe Ed., Paris 2006.

Analyse par le Dr Michel de Boucaud (Université Victor Segalen Bordeaux2).
Dans « Temps et médecine » le Professeur Bernard HOERNI nous apporte une nouvelle fois la qualité et l’étendue de sa réflexion sur la médecine et l’existence humaine. Fort de son expérience de clinicien dans l’oncologie médicale et d’ancien président du Conseil National de l’Ordre des médecins, il nous présente le temps comme un grand maître en médecine, qui fait évoluer la maladie, le malade et sa relation avec le médecin. Il s’agit pour ce dernier d’en prendre la mesure pour le maîtriser et l’exploiter plutôt que s’en laisser dominer. Et cette réflexion concerne aussi bien le médecin que le patient, mais aussi la place e la personne dans les institutions médicales et la société.
Cinq parties nous font cheminer dans la dynamique de la Temporalité. Tout d’abord dans « la vie brève », c’est au milieu du vécu du patient et du médecin la valeur du temps qui est abordée, dans l’expérience du temps présent et de ses multiples ondulations, dans la maladie, dans l’adaptation nécessaire et dans le dernier combat où la mort fait partie de la vie.
En deuxième partie, voici l’acquisition de l’art. Elle concerne l’histoire de la médecine dans le temps où nous retrouvons les constantes oscillations entre le vitalisme et l’organicisme mécanistique. Cos et Cnide sont toujours présents même à notre époque ! Il s’agit de prendre en compte les évolutions de la clinique et des thérapeutiques, mais aussi de construire des innovations nécessaires. Et ces innovations concernent autant les aspects scientifiques que la relation médecin-malade, les rapports de la médecine et la société et les interrogations sur l’avenir.
Sous le titre « moment propice » nous rencontrons les dimensions cruciales de la science et de l’art en médecine : la consultation et le temps. Faut-il temporiser ou anticiper dans l’approche diagnostique et clinique, saisir les opportunités ? Quelles significations peuvent avoir les crises ? Tout cela permet à l’auteur d’approcher le problème de l’accès au réel. Comment aborder le réel du point de vue du médecin et du patient au milieu de subjectivités diverses. C’est une problématique qui sera d’ailleurs souvent évoquée dans cet ouvrage, sous diverses formes, avec le retour à la réalité dans la vie, qui peut être douloureuse, dans la confrontation avec le présent et le passé, à l’occasion de la maladie.
« L’expérience personnelle »sera largement développée dans le quatrième mouvement de cette symphonie. L’expérience est incertaine (Hippocrate déjà le disait) mais elle est faite d’ajustement personnel permettant de rester en équilibre. Elle aide ainsi à comprendre le repaire de l’existence des patients selon l’importance de leur maladie et les ressources capables de lieur faire regarder la réalité en face. De nouveau le problème de la réalité se situe dans le temps de l’existence, au milieu des divertissements et des diverses défenses de la personnalité : c’est aussi le problème de l’annonce de cette réalité, de l’évaluation des situations et des résultats diagnostiques et thérapeutiques. C’est de toute façon dans cet art difficile la rencontre de l’expérience du malade et du médecin que se développe tout au long du temps de la pratique e des connaissances scientifiques du médecin.
La dernière phase nous confronte aux moments fondamentaux de la pratique et de la relation : c’est le thème e la décision difficile ». C’est une démarche qui met en jeu la vie et la mort. Elle dépend de la prévision d’un pronostic sur ce qui reste d’advenir. E t l’auteur aborde tous ces thèmes en ayant le souci d’aider le malade en le renseignant et l’informant, sans cacher les incertitudes, mais en tentant compte des références et des capacités du patient. C’est la très délicate démarche du médecin dont les modalités sont finement analysées. Mais cette question amène l’auteur à réfléchir sur les nombreuses dimension de la recherche, (Mythes ou Réalité ?), sur la place des chercheurs dans une indispensable recherche où nous retrouvons l’indispensable conscience.
Au milieu d’exemples concrets, de références culturelles vastes et précises, le Professeur HOERNI nous permet d’aborder de nombreuses dimensions de la médecine où la dynamique de temps permet de rejoindre constamment la destinée de toute personne.


ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU CCMF
Elle aura lieu le SAMEDI 6 OCTOBRE 2007
A la Paroisse Saint-Jacques du Haut-Pas

252, rue Saint-Jacques – 75005 PARIS


  • Messe à 8h30




  • Assemblée Générale de 9h30 à 12h


Pour l’Assemblée Générale, nous vous rappelons que la liste d’émargement est arrêtée 30 jours (donc le 6 Septembre au plus tard) avant l’Assemblée Générale, et elle est composée des membres du CCMF à jour de leur cotisation à cette date du 6 Septembre 2007.
Chaque membre présent peut disposer de 3 pouvoirs, soit au total 4 voix, la sienne comprise.

En cas d’un nombre important de pouvoirs, ceux-ci sont distribués équitablement par le Président aux membres du Bureau présents à l’Assemblée Générale.
Cette année le mandat du Président, élu pour deux ans, renouvelable une fois, arrive à échéance. Toute candidature doit être adressée, en lettre recommandée, trois mois avant l’Assemblée Générale, soit au plus tard le 6 Juillet 2007, le cachet de la poste faisant foi.





FORMATION




« L’APRÈS IVG »
Elle aura lieu le SAMEDI 6 OCTOBRE 2007
Au Centre Sèvres

35 bis, rue de Sèvres – 75006 PARIS, à partir de 13h30.
Un dépliant avec bulletin d’inscription se trouve dans ce numéro pour les adhérents du CCMF et les Pastorales de Santé de la Région Parisienne.

Pour les autres, il peut être demandé au Centre Sèvres (tél : 01 44 39 75 00).



LUZARCHES



Responsabilité professionnelle et fidélité à l’Évangile …
Une vie en tension ? un défi ? une chance ?
CONFÉRENCE-DÉBAT

Le Dimanche 7 Octobre 2007

À LUZARCHES
Pour les médecins, pharmaciens et professionnels de santé,
Avec le Dr Catherine FINO
Renseignements : Mmes Michèle LANGLAIS et Dominique HÉRISSAY

Service Pastoral Santé du VAL d’OISE : tél : 01 30 38 35 40 ou 01 30 38 34 24

Dr Edmond TOMKIEVICZ : 01 34 71 10 64 (le soir)



DÉCLARATION



Le soin des malades en fin de vie
Déclaration commune juive-catholique
Poursuivant le dialogue entre Juifs et Catholiques entamé depuis la déclaration Nostra Aetate du Concile Vatican II, la Commission pour les Relations avec les Autres Religions du Consistoire de Paris (CRAR) et le Service des Relations avec le Judaïsme du Diocèse de Paris (SRJ) ont constitué un groupe de réflexion sur les questions touchant à la fin de la vie humaine. Ce groupe s'est attaché à faire une lecture commune de la loi du 22 avril 2005, dite « Loi Leonetti », relative aux droits des malades et à la fin de vie.

Ayant recueilli le résultat de ce travail, nous estimons utile d'apporter la contribution de ce groupe à la réflexion sur ce sujet qui touche une question essentielle : le respect de la vie humaine et l'attention que les bien portants doivent aux mourants ou à ceux qui sont gravement malades.
1. Juifs et Catholiques, nous reconnaissons le droit et le devoir de toute personne de prendre un soin raisonnable de sa santé et de sa vie, et le devoir corrélatif de la famille et des soignants de prodiguer à un malade les soins nécessaires, dans la mesure de leurs moyens ou des ressources mises à leur disposition par la société. Le développement incessant des sciences médicales et des moyens utilisés pour le diagnostic et le traitement des maladies rend cependant nécessaire de nos jours de s'interroger sur le devoir d'y recourir, sur les circonstances qui légitiment l'abstention de certains de ces moyens, et, d'une manière générale, sur les soins dus aux malades parvenus au terme de leur vie.
2. Le commandement biblique : « Tu ne tueras pas » exige de la famille et des soignants de ne pas chercher à hâter la mort du malade, et des malades de ne pas attenter à leurs jours, ni de demander l'aide d'autrui dans cet objectif.


DÉCLARATION (suite)
En nous appuyant sur ce commandement nous exprimons une opposition très ferme à toute forme d'assistance au suicide et à tout acte d'euthanasie, celle-ci étant comprise comme tout comportement, action ou omission, dont l'objectif est de donner la mort à une personne pour mettre ainsi fin à ses souffrances.
3. Pour nous. la sollicitude due à nos frères et soeurs gravement malades ou même agonisants. « en phase avancée ou terminale d'une affection grave et incurable » selon les termes de la loi, exige de s'employer à porter remède à leurs souffrances. Tel est l'objectif majeur des soins palliatifs tels qu'ils sont officiellement définis. Nous ne pouvons donc que nous réjouir de ce que la loi invite à les développer dans tous les hôpitaux et les établissements médico-sociaux.
4. L'article 2 de la loi du 22 avril 2005 prévoit explicitement que le médecin applique « un traitement qui peut avoir pour effet secondaire d'abréger la vie » lorsque c'est le seul moyen de « soulager la souffrance d'une personne en phase avancée ou terminale d'une affection grave et incurable ». Nous jugeons que le recours à un tel traitement est légitime à certaines conditions : qu'il y ait des raisons graves d'agir ainsi, des souffrances intenses qui ne peuvent être soulagées autrement, et que l'éventuel effet secondaire d'abrègement de la vie ne soit en aucune façon recherché. L'objectif poursuivi en administrant ce traitement est alors uniquement de soulager de fortes souffrances, non pas d'accélérer la mort. Des « recommandations de bonne pratique médicale » destinées à vérifier que les conditions précédentes sont remplies ont déjà été formulées par des institutions compétentes. Il importe que ces recommandations soient régulièrement mises à jour, ratifiées par la Haute Autorité de Santé et observées dans la pratique.
5. Sans rien renier de nos convictions religieuses et du respect dû à toute vie humaine, il nous paraît juste, après les démarches requises, de ne pas entreprendre des traitements médicaux qui ne pourraient améliorer l'état de santé du malade, ou n'obtiendraient un maintien de la vie qu'au prix de contraintes ou de souffrances disproportionnées, ou dans une situation extrême. En ce sens, nous approuvons le principe général formulé par la loi : les actes médicaux « ne doivent pas être poursuivis par une obstination déraisonnable ».
6. Le fait de ne pas entreprendre (ou de ne pas maintenir), pour un malade déterminé, tel ou tel traitement médical, ne dispense pas du devoir de continuer à prendre soin de lui. Juifs et catholiques, nous jugeons qu'il est de la plus haute importance de chercher le moyen et la manière les plus adéquats d'alimenter le malade, en privilégiant dans toute la mesure du possible la voie naturelle, et en ne recourant à des voies artificielles qu'en cas de nécessité.
7. Il apparaît clairement, dans nos traditions respectives, que l'apport d'eau et de nutriments destinés à entretenir la vie répond à un besoin élémentaire du malade. L'alimentation et l'hydratation par la voie naturelle doivent donc toujours être maintenues aussi longtemps que possible.
En cas de véritable impossibilité, ou de risques de « fausse route» mettant en danger la vie du malade, il convient de recourir à une voie artificielle. Seules des raisons graves dûment reconnues (non assimilation des nutriments par l'organisme, souffrance disproportionnée entraînée par l'apport de ceux-ci, mise en danger de la vie du malade du fait de risques d'infections ou de régurgitation) peuvent conduire dans certains cas à limiter voire suspendre l'apport de nutriments. Une telle limitation ou abstention ne doit jamais devenir un moyen d'abréger la vie.

DÉCLARATION (suite)
Juifs et catholiques, nous jugeons donc que, en ce qui concerne l'apport de nutriments, la loi du 22 avril présente une réelle ambiguïté. Il n'y est pas précisé que pour les malades chroniques hors d'état d'exprimer leur volonté l'alimentation et l'hydratation par voie naturelle ou artificielle doivent être maintenues, même lorsque la décision a été prise de limiter les traitements médicaux proprement dits. Il convient que les instances compétentes favorisent et garantissent cette interprétation de la loi.
C'est à son attitude à l'égard des plus faibles, parmi lesquelles les personnes en fin de vie ont une place toute particulière, qu'une société manifeste son degré d'humanité. La véritable compassion ne peut se traduire par le fait de provoquer délibérément la mort d'autrui. Notre société, si sensible à la souffrance des personnes en fin de vie, se doit d'apporter à tous ceux qui en ont besoin les moyens d'accompagnement et de soins palliatifs qui respectent la vie humaine. Ce respect constitue l'un des fondements de toute civilisation qui se veut humaine.
Paris, le 26 mars 2007
Mgr André VINGT-TROIS David MESSAS

Archevêque de Paris Grand Rabbin de Paris

Réponse du Dr Séjean SÉJEAN :
LETTRE AU PERE VERSPIEREN ET AU PERE JEAN CLAUDE BARDIN
Mon Révérend Père,
Nous avons pris connaissance du texte intitulé "Le Soin des Malades en Fin de Vie", déclaration commune juive catholique, signé par Mgr André VINGT TROIS et le Grand Rabbin de Paris, M. David MESSAS, daté du 26.03.2007 et qui nous est parvenu récemment.
Nous y trouvons des idées claires et des repères qui nous permettent d'exercer notre métier en regardant la vie comme le don le plus précieux qui est donné à l'homme, et en regardant le malade notre frère comme la personne la plus importante que nous devons servir avec Amour et Respect jusqu'au terme de sa vie, sans jamais le soumettre à une idéologie autre que celle de la Charité bien comprise (cette Charité qui est le thème central de notre prochain Congrès à Paris les 1er et 2 décembre 2007).
Notre Conseil National a lu ce texte. Nous l'approuvons entièrement, sans réserve. Il sera publié sur notre site Internet : www.ccmf.fr et sera diffusé à tous nos adhérents dans le prochain numéro de "La Lettre de l'Espérance".
Je vous prie d'agréer, Mon Révérend Père, et de bien vouloir communiquer à Monseigneur Vingt Trois, l'expression de notre sentiment de complète adhésion.




PROCHAIN CONGRÈS NATIONAL DU CCMF



Le XXVIIème Congrès National du CCMF aura lieu

le 1er et 2 Décembre 2007
- Thème : « MÉDECINE ET CHARITÉ »
- Lieu : Paroisse Notre Dame de Grâce de Passy

4/10, rue de l’Annonciation - 75016 PARIS

(salle ROSSINI).



NOUVELLES DES AUTRES MOUVEMENTS



Les JEUNES MÉDECINS CHRÉTIENS vous proposent :
UN GROUPE DE TRAVAIL
Le 23 JUIN 2007, 10h-18h,
14 rue d’Assas 75006 PARIS

(Pousser la porte sur la rue, puis avant la porte vitrée, sonner sur l'interphone "salle de réunion")

Contact : Jacques FAUCHER (06 98 87 89 34)
Les critères de discernement dans l’exercice du médecin”
avec Catherine PERROTIN, 

Directrice du Centre Interdisciplinaire d’Ethique, Université Catholique de Lyon

et Jacques FAUCHER, 

Directeur de l'Espace Bioéthique Aquitain, Bordeaux
1. Le matin:

Autour de la fin de vie, critères pour une démarche de discernement

  1. Présentation par Catherine PERROTIN des enjeux de la loi du 22 avril 2005

relative aux droits des malades et la fin de vie (dite Loi Leonetti).

  1. Proposition d’éléments pour une démarche de discernement et discussion à partir

de l’expérience des participants.

  1. Intervention de Jacques FAUCHER : Le dialogue bioéthique, évangile et traditions chrétiennes.

2. Pause déjeuner (dans les environs)

3. L’après-midi :

Autour du début de la vie, mise en œuvre d’une démarche éthique

a. Les enjeux du Diagnostic Pré- Natal et l’éclairage de l’instruction Donum Vitae

b. Présentation de situations par les participants.

c. Mise en œuvre d’une démarche éthique pour éclairer les situations apportées.

4. Évaluation et perspectives.

Nous parlerons des rencontres de l’année prochaine : quelles questions ? où ? quand ?
Coût : membre des JMC : 20 € ; non membre des JMC : 30€


IN MEMORIAM
Nous venons d’apprendre le décès du Docteur Maurice ABIVEN, ancien Président, et du Père Jean-Claude BESANCENEY, ancien aumônier du CCMF.



C'est avec beaucoup de tristesse que nous avons appris le décès de notre confrère et ami le Docteur Maurice ABIVEN le Dimanche 27 Mai 2007 à l'âge de 83 ans.

Pionnier des soins palliatifs en France, il créa la première unité spécialisée à l'hôpital de la Cité Universitaire en 1987 et en 1989 avec d'autres confrères la Société Française d'accompagnement et de soins palliatifs.

Depuis les années 50 il était un fidèle du CCMF dont il fut le président de 1979 à 1982 et il participa activement au comité de rédaction de "Médecine de l'Homme" jusqu'en 2001.

C'est un ami que nous perdons, un confrère qui sut dédier sa vie à la cause des soins palliatifs et de la prise en charge de la douleur avec beaucoup d'humilité, de patience, de discrétion et de compassion.

Son engagement et son témoignage dans l'accompagnement des malades en phase terminale lui permirent d'avoir toujours une parole d'autorité dans la réflexion sur l'euthanasie par sa participation à de nombreux colloques et par ses livres.

Nous adressons à son épouse et à sa famille l'expression de notre sincère et fidèle amitié et l'assurance de notre prière.
Bibliographie :

Vivre à deux, Le Centurion, 1967 - Humaniser l'hôpital, 1976, Fayard

Pour une mort plus humaine, 1990, Masson - Vivre avec celui qui va mourir, 1990, Centurion

Avec celui qui meurt, Cahier pour croire aujourd’hui (Supplément n°6), 1991

Une éthique pour la mort, 1995, Desclée de Brouwert.

Euthanasie : alternatives et controverses (en collaboration avec C. Chardot, et R. Fresco), 2000, Presses de la Renaissance






Le Père Jean-Claude BESANCENEY est décédé à AVON, le 20 Avril 2007, à l’âge de 82 ans.

Né à PARIS en 1925, ordonné prêtre à PARIS en 1949, il est nommé aumônier à Notre-Dame des Apôtres de VILLEJUIF, puis en 1965 vicaire à la paroisse de Saint Cyr - Sainte Juliette de VILLEJUIF. De 1972 à 1978, il sera vicaire épiscopal. En 1977, il est à ARCUEIL puis en 1983 à CHEVILLY-LARUE. En 1993, il est nommé aumônier national de l’Action Catholique des Milieux Sanitaires et Sociaux (ACMSS) et vicaire à VITRY-SUR-SEINE. Membre de l’Association des Théologiens pour l’Étude de la Morale (ATEM) et Docteur du Conservatoire National des Arts et Métiers, il avait été nommé Conseiller Ecclésiastique du Centre Catholique des Médecins Français en 1995. Il avait pris sa retraite en 2003.
Nous regretterons les avis toujours autorisés et les perspectives visionnaires du Père BESANCENEY, notamment sur les problèmes d’éthique et nous le recommandons à vos prières.




COMPTE-RENDU DU CONSEIL NATIONAL DU 2 JUIN 2007





Nous avons retrouvé avec beaucoup de joie le Père PHALIP, notre aumônier, en pleine santé quelques mois après son accident cardiaque.

1 – Assemblée Générale du 6 octobre 2007 (matinée).

2 – Formation « APRÈS IVG » aura lieu le 6 Octobre 2007 : voir informations

plus haut.

3 – La lettre de l’Espérance suivra chaque Conseil National.

4 – Plaquette 2007 : ci-jointe.

5 – XVII Congrès National à PARIS, les 1 et 2 Décembre 2007 « MÉDECINE

ET CHARITÉ ».

6 – Site Internet : la mise à jour sera trimestrielle.

7 – Trésorerie : la maîtrise des dépenses a permis une baisse de 7 % par rapport

à 2006, mais les cotisations sont également en baisse. Nous devons donc

continuer nos efforts pour accueillir plus de nouveaux cotisants.

8 – Congrès FEAMC à GDANSK du 11 au 14 Septembre 2008.

9 – La succession de notre aumônier, le Père PHALIP, est en cours de

discussion.



FEAMC



CONGRÈS EUROPÉEN DE GDANSK
Du 11 au 14 Septembre 2008
Nous préparons dès maintenant la participation Française à ce Congrès tant pour les orateurs que pour les participants.
Un voyage GDANSK-VARSOVIE-CRACOVIE est en cours d’élaboration.

Merci de signaler dès maintenant au CCMF PARIS votre éventuelle intention d’y participer, sans aucun engagement, pour en faciliter l’organisation.






Le saviez-vous ?
La Faculté de Théologie de Toulouse organise des cycles de « Télé-Enseignement Biblique » : Exégèse, Langues anciennes, Art et Bible.
Si vous êtes intéressés :
Secrétariat du T.E.B. – Faculté de Théologie – 8, place du Parlement – 31000 TOULOUSE – tél : 05 61 32 94 79 – Fax : 05 61 55 39 28

e-mail : teb@ict-toulouse.asso.fr - Site Internet : www.ict-toulouse.asso.fr/teb






CCMF, 5 avenue de l’Observatoire, F-75006 Paris – Tél : 01 46 34 59 15

E-mail : ccmf@wanadoo.fr – Site Internet : www.ccmf.fr


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