Le patrimoine comme élément d’identité





télécharger 318.28 Kb.
titreLe patrimoine comme élément d’identité
page1/10
date de publication18.12.2019
taille318.28 Kb.
typeDocumentos
d.20-bal.com > loi > Documentos
  1   2   3   4   5   6   7   8   9   10


Les Journées Juridiques du Patrimoine

Actes du 10ème colloque

Photo 10 ans de

discussions

Le patrimoine français

et son environnement :

nouveau quinquennat,

nouvelle ère… juridique ?

Palais du Luxembourg Salle Médicis Paris, le mardi 11 septembre 2007

SOMMAIRE


SOMMAIRE 2

Le patrimoine comme élément d’identité : 3

fil rouge du quinquennat 3

Ouverture des travaux 3

Alain de LA BRETESCHE 3

Président des Journées Juridiques du Patrimoine 3

Ancien Bâtonnier du barreau de Laval 3

La protection du patrimoine cultuel : 6

un enjeu universel 6

Quel avenir pour 40 000 clochers ? Péril de leur destruction ou pari de leur protection ? 7

Etat des lieux. Un constat inquiétant. La fin de l’autoprotection 7

Béatrice de ANDIA 7

Présidente et fondatrice de l’Observatoire du Patrimoine religieux 7

Débat avec la salle 13

Les vandales : des actes gratuits coûteux pour le patrimoine 16

Lieutenant-Colonel Pierre TABEL 16

Chef de l’Office central de lutte contre le trafic des biens culturels – OCBC
M. TABEL : Pourriez-vous SVP nous faire passer les slides projetées
pour pouvoir les insérer dans l’exposé, ou les mettre en annexe ?) 16

1)Les infractions sources du trafic 17

ANNEES 18

Musées 18

2)Les formes du trafic 19

Quel financement pour les édifices religieux ? Fonds national, budget communal, mécénat ? 27

Une équation à plusieurs inconnues. 27

Pierre LE FLOC’H 27

Maire de Saint-Sulpice de Favières 27

Débat 29

La protection du patrimoine cultuel : 32

un enjeu universel 32

Marianne et la loi républicaine : une bonne mère pour les lieux de culte 32

Jean-Michel BELORGEY 32

Conseiller d’Etat 32

L’Eglise veut-elle encore de ses églises ? 38

Du cri d’alarme à la conscience de nos responsabilités communes 38

Par Monseigneur Claude DAGENS 38

Evêque d’Angoulême 38

Conclusion 46

Le patrimoine comme élément d’identité :

fil rouge du quinquennat

Ouverture des travaux

Alain de LA BRETESCHE

Président des Journées Juridiques du Patrimoine

Ancien Bâtonnier du barreau de Laval


Mesdames et Messieurs,

Je suis heureux de vous retrouver pour cette 10ème journée juridique du patrimoine.

Notre fonction : « empêcheur de légiférer en rond »

Les Journées Juridiques du Patrimoine font-elles partie du microcosme qui a élu domicile entre la rue de Valois, la rue des Bons Enfants et le Carrousel du Louvres ? Malheureusement, le Premier Ministre Raymond Barre n’est plus là pour en faire la confidence aux augures matutinaux. Plus humblement, d’un point de vue archéologique, il me semble qu’une décennie ne sera jamais qu’une virgule dans le grand livre de l’histoire. Le temps n’est donc pas venu de dresser le bilan de l’action d’une toute petite équipe qui n’a pas vocation à une extension exponentielle et qui est fort peu connue sous les préaux d’écoles.

Les Journées Juridiques du Patrimoine ne trouvent pas forcément désagréable d’être considérées parfois comme le poil à gratter des administrations spécialisées, parce que, comme on le dit parfois dans les couloirs, « elles empêchent de légiférer en rond ». Mais, très sincèrement, elles préfèrent par-dessus tout être reconnues comme constructives, à partir de vraies analyses, constructives d’actions pour le patrimoine architectural et les paysages. Leur plus grande joie est de participer à la réalisation de l’union des grands vecteurs associatifs du patrimoine, parce que c’est l’union qui fait la force. Le regard que l’on peut porter sur cette petite équipe ne m’intéresse donc ce matin que dans la mesure où il est utile aux buts poursuivis. Nous voilà donc plongés dans l’avenir, qui, seul, compte pour nous.

A quoi croyons-nous donc ?

Nos valeurs

Nous croyons que le patrimoine est avant tout la manifestation d’une identité. Celle-ci est beaucoup plus profonde que celle des discours, car le verbe est par essence manipulateur. Par exemple, il a été politiquement correct de refuser en Europe la référence aux origines chrétiennes de la construction politique du Continent. Une phrase hautement symbolique a été rejetée d’un certain projet de Constitution. Mais quand plusieurs ministres européens ont voulu dresser une première liste de monuments de chacun de leurs pays respectifs éligibles à un label européen du patrimoine, qu’ont-ils proposé ? Les Français, l’Abbaye de Cluny ; les Espagnols, le monastère royal de Yuste où mourut Charles Quint ; Chypre, le circuit des églises byzantines de Troodos ; la Pologne, la cathédrale Saint-Wanceslas à Cracovie ; le Portugal celle de Braga… Ai-je besoin de continuer ? On le redira cette après-midi, le Président le plus laïc de la Vème République n’a-t-il pas été élu en proposant aux citoyens une affiche que n’aurait pas reniée Barrès ?

Au fur et à mesure que le pouvoir économique et même politique quittera les Etats-Nations pour devenir européen, chaque identité nationale ou régionale se renforcera autour de la stratification de sa culture patrimoniale. Cette culture doit être bien sûr plurielle : il n’y a pas que les églises et les châteaux. Les mines et les manufactures, témoins de la vie du monde du travail, le patrimoine rural sous toutes ses formes compte tout autant. Tous les gestes symboliques qui seront faits au plus haut niveau de la souveraineté de ce pays pour marquer l’attachement de la communauté nationale à ce patrimoine seront des gestes forts et porteurs d’avenir. Mais nous pensons aussi nécessaire de tirer les conséquences des arbitrages politiques rendus ces dernières années par le Parlement. Dès lors que la loi a voulu laisser à l’Etat le pouvoir régalien de sauvegarde et de protection du patrimoine, incitant par ailleurs les collectivités décentralisées à en assurer une part de financement et à l’animer, il faut que l’Etat se serve de son pouvoir.

A quoi cela sert-il d’avoir fait subir à tous les acteurs du monde du patrimoine le renforcement des pouvoirs de l’administration d’Etat et les contraintes qui vont avec pour ne pas en faire usage chaque fois que cela est vraiment utile ? Il suffisait du non d’un Ministre pour sauver la citadelle de Vauban à Lille. Ce non a été un oui avec pour conséquence des années de procédure. Il suffisait du non pour sauver la manufacture de Saint-Etienne, et il n’y a pas eu de non. Y aura-t-il de nouveau un successeur d’André Malraux pour se souvenir qu’il a classé tout le quartier Saint Jean à Lyon en 48 heures pour éviter les pelleteuses du célèbre « Zizi Pradel » qui était le maire de Lyon de l’époque ? Il nous semble que, lorsque la communauté associative exprime un consensus suffisant, ce consensus doit être relayé par la volonté politique. Des institutions existent, des commissions et des comités sont là. Le reste est une question de courage.

Nous croyons que l’élévation du niveau de culture des populations, qui est le but suprême de tout gouvernement de la Cité passe par une éducation historique et artistique - le « d’où viens-je ? » pour savoir « où je vais ? » qui permet à un peuple de trouver son équilibre – et nous pensons qu’il est absolument nécessaire de tout faire pour réintroduire l’éducation à l’art et au beau dans nos écoles. A cet égard, il est évident que la mission confiée récemment à Monsieur Eric Gross par les ministres de la Culture et de l’Education va tout à fait dans le bon sens. Nous sommes certains que les grandes associations de propriétaires, qui avaient dans le passé joué un rôle de pionniers, avec quelques individualités issues de l’administration de l’Education nationale pour créer les classes du patrimoine, collaboreront à cette œuvre importante. Pourquoi ne pas rappeler que, dans le cadre de la loi Lang qui instaurait une formation à l’histoire des religions à l’école, des visites de proximité de l’église du village sont les meilleures garantes du début de la prise de conscience de l’identité dont nous parlions tout à l’heure pour les jeunes enfants et les adolescents.

Nous croyons encore que le patrimoine architectural et le paysage sont intimement liés, dans le concept si heureusement rendu constitutionnel de développement durable. Dans le cadre de la restructuration du pouvoir gouvernemental qui est en cours d’expérimentation, nous considérons comme essentiel que les gouvernants en charge de la culture, de l’agriculture et de l’environnement ne laissent passer aucune occasion d’action transversale utile à cet ensemble. A cet égard, je voudrais citer le douloureux dossier des éoliennes, dans lequel les associations du patrimoine ne se conduisent pas en ennemies de la production d’énergie renouvelable, mais souhaitent - avant qu’il ne soit trop tard - que les pouvoirs publics veillent à l’harmonie de cette légitime ambition européenne avec une véritable politique économique au bénéfice de tous, et non de quelques lobbys franco-allemands au détriment des tarifs imposés aux particuliers et aux entreprises, et surtout en préservant la richesse des paysages quantitativement, socialement et économiquement beaucoup plus importants que le bénéfice que l’on peut attendre de l’énergie du vent. Ce qui a été fait jusqu’ici doit être considéré comme méthodologiquement exemplaire de ce qu’il ne faut pas faire, et donc corrigé d’urgence.

Nous croyons aussi à la force des retombées économiques et sociales de la conservation du patrimoine et des paysages, dans un pays où le tourisme est devenu si important. Nous voulons agir pour une meilleure connaissance et une meilleure analyse de ces retombées souvent décrites trop sommairement et donc mal prises en compte dans le sérieux de l’économie et de la vie sociale. Nous pensons que l’action d’observation réalisée dans la région PACA, sur ce point si utile à la prise de conscience des élus et des gouvernements, doit être généralisée.

Nous croyons encore à l’équilibre entre les secteurs construits de l’Hexagone et les secteurs naturels. On a cru longtemps qu’il n’y avait pas de limite à l’envahissement du bâti, considéré comme facteur de progrès et de bien-être. Il est grand temps de repenser l’entrée de la ville, considéré comme une marche – au sens carolingien du terme – et un point d’équilibre pour demain. Les discours, prononcés bien souvent au milieu des déserts, du sénateur Ambroise Dupont, les louables de tentative de la Ligue Urbaine et Rurale pour récompenser les actions exemplaires comme celle de la ville d’Amiens doivent, dans le cadre de toutes les réflexions qui tournent autour du « Grenelle » de l’Environnement faire place à un grand débat national. L’an dernier, nous avions intitulé l’une de nos têtes de chapitres « où est l’Olivier Guichard du moment ? ». Avec la Cité de l’Architecture et du Patrimoine, nous engagerons prochainement un grand chantier de débat et de réflexions sur ce thème. Nous espérons être soutenus.

Nous pensons également, comme l’a rappelé à la fin de son mandat de président du Conseil Constitutionnel le grand juriste Pierre Mazeaud, que la loi doit être intelligible pour tous : non seulement la loi fiscale, comme les sages du Palais Royal l’ont rappelé avec force au dernier ministre du Budget dans l’affaire des secteurs sauvegardés, mais la loi en général. Il est tellement commun de rappeler le vieux principe du droit romain : « summum jus summa injuria » que j’ose à peine le faire. Mais réfléchissons à quels blocages, à quelles difficultés administratives de toutes sortes un code trop complexe – surtout en l’absence de services pour l’appliquer – peut réduire tout un secteur motivé et vivant, comme celui des propriétaires de monuments et des associations qui les assistent. Un éditorialiste d’un grand journal citait hier notre président de la République : « trop de réformes ne tue pas la réforme ». Il a certainement raison. Mais pourquoi l’une des réformes ne profiterait-elle pas de temps à autre à une véritable simplification du droit ?

De nouveaux horizons

Les aventures que nous voulons mener dans les années qui viennent nous paraissent par conséquent de l’ordre majeur des grands éléments politiques. Il est donc nécessaire de repenser les équilibres financiers de l’Etat et des collectivités locales à propos du patrimoine architectural et des paysages.

Louis XIV, qui n’a jamais eu de finances bien équilibrées, écrivait dans ses Mémoires : « Les souverains, que le Ciel a fait dépositaires de la fortune publique, font assurément contre leur devoir quand ils dissipent la substance de leurs sujets en des dépenses inutiles, mais ils font peut-être un plus grand mal encore quand, par un ménage hors de propos, ils refusent de débourser ce qui peut servir à la gloire de leur nation. » Cet investissement pour le patrimoine qui, je suppose, est au cœur des réflexions de notre ministre de la Culture qui sort de Versailles, est une donnée qui doit rester à l’esprit de nos gouvernants, pour aujourd’hui et pour demain.

Telles sont les quelques idées que nous partageons avec beaucoup de gens dans cette grande famille du patrimoine. Après 10 ans, nous espérons que vous accepterez de revenir de temps en temps parmi vous pour de nouvelles réflexions, dans les 10 années qui viennent.

Je vous remercie d’être venus si nombreux aujourd’hui. La salle n’est pas encore tout à fait pleine, mais elle se remplira tant dans la journée que le Sénat a accepté de disposer des chaises dans le hall afin que tout le monde puisse être accueillis, même si, depuis 10 jours, nous avons refusé des inscriptions car la salle était pleine. Je tiens à remercier particulièrement les très nombreux parlementaires qui sont là ou qui seront là dans la journée, ainsi que notre très cher ami vice-président du Sénat Philippe Richert, mais aussi Monsieur Yann Gaillard, sénateur de l’Aube et vice-président de la commission des Finances, Madame Morin de Sailly, sénatrice de la Seine-Maritime, Monsieur Ambroise Dupont, Sénateur du Calvados, Monsieur Bernard Sellier, sénateur de l’Aveyron, Monsieur Henri de Richemont, sénateur de la Charente, Madame Hermange, sénateur de Paris, et le préfet Lanier, sénateur honoraire. Je salue également Madame Valérie Fourneyron, député de Seine-Maritime. Nous sommes également très heureux de la présence cette année de très nombreux maires, adjoints et conseillers municipaux de beaucoup de communes de France : Perpignan, Le Havre, Boulogne-Billancourt, Beauvais, Meaux, Soissons, Senlis, Châteauroux, Mende, Limoges, Issoire, Dijon, Pontoise, Saint-Junien, Troyes, Saint-Sulpice de Favières, Villejuif, Louhans, Le Fayel, Saint-Paul-Trois-Châteaux, Aubagne, Ducy Sainte Marguerite etc. Cette présence et cette fidélité des élus des communes de France à tous nos colloques nous vont droit au cœur, et démontrent l’intérêt que les collectivités décentralisées apportent au patrimoine et aux paysages.

Je voudrais encore saluer la présence de nos grands amis les présidents de ce que l’on appelle le G8-Patrimoine : Mme Paule Albrecht, présidente de la SPPEF (SOCIÉTÉ POUR LA PROTECTION DES PAYSAGES ET DE L’ETHÉTIQUE DE LA FRANCE), M. Michel Fontaine, président de Maisons Paysannes de France, M. Jean de Lambertye, président de la Demeure historique, M. Philippe Toussaint, président des Vieilles Maisons Françaises, M. Olivier de Rohan-Chabot, président de la Sauvegarde de l’Art Français ainsi que d’autres associations et unions tel M. Jacques Devergne, vice-président de l’UNPI, et tous ceux qui passeront dans la journée.

Cette après-midi, nous parlerons des églises, ….
  1   2   3   4   5   6   7   8   9   10

similaire:

Le patrimoine comme élément d’identité iconA noter qu’à Lurs, on parlait alors d’espaces ruraux, ce n’est que...
«matériels» mais ce qui relève de la mémoire, des pratiques… qui s’observent, se retrouvent dans les témoignages oraux, les archives…...

Le patrimoine comme élément d’identité iconLa modification des conditions de travail
...

Le patrimoine comme élément d’identité iconLa protection du patrimoine culturel et naturel
«père». le patrimoine est donc d’abords un héritage, un dépôt que l’on a reçu de ses ancêtres et que l’on doit conserver et enrichir...

Le patrimoine comme élément d’identité iconRapport de cette société à son passé
«ce que l’on reçoit de ses pères» Notion à dépoussiérer, le patrimoine ne se limite pas aux monuments… Le patrimoine est en évolution....

Le patrimoine comme élément d’identité icon1° La définition de la mission, en référence aux besoins des territoires...
«Common Strategic Framework for Research and Innovation», cadre stratégique commun pour le financement de la recherche et de l’innovation...

Le patrimoine comme élément d’identité iconDébat sur l’identité (p 5-7)
«identité nationale», s’agit-il de lancer un débat sur l’immigration en France ?

Le patrimoine comme élément d’identité iconEssentiellement le cas de la France. Notion de vandalisme. Notion...
«la notion de patrimoine» revue de l’art n°49, 1980. Réédité 1995. Présent dans la biblio virtuelle

Le patrimoine comme élément d’identité iconPrivés de notre identité dès notre arrivée; à travers le numéro encore...
«stucks» c’est – à dire des morceaux; n’importe quelle surveillante et même les policières de camp, les chefs de baraque- détenues...

Le patrimoine comme élément d’identité iconLa santé est un élément prépondérant dans toutes les sociétés quels...
«sanitas» qui signifiait dans l’Antiquité romaine aussi bien la santé du corps que celle de l’esprit. L’adjectif confirmait cette...

Le patrimoine comme élément d’identité iconSaint-Guignefort a pour objectifs de découvrir, inventorier, mettre...
«le petit patrimoine». N’hésitez pas à vous rendre sur le site pour accroître son référencement par les moteurs de recherche






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
d.20-bal.com