Bousculer les scénarios politiques écrits d'avance Rapport introductif de Pierre Laurent au cn des 16 et 17 janvier 2016





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1 - Un nouveau projet politique pour la France.

Si les blocages, les obstacles, les contradictions sont nombreux, les possibilités d'avancer et de relancer notre projet sont également là.

C'est d'abord les impasses structurelles dans lesquelles nous enfoncent le système et les énormes potentiels générés par les révolutions numériques, démographiques et informationnelles que gâchent le système radical de logiques.

Si les changements n'ont pas lieu, les dégâts dans la société deviendront plus monstrueux encore.

La France a besoin d'un nouveau projet pour son avenir, et elle a besoin de contribuer à changer l'Europe et le monde.

Comme nous l'avons dit dans la contribution publiée au printemps dernier, nous voulons bâtir la « France en commun ». Cette contribution doit maintenant devenir l'appel commun et partagé du Congrès, et pour cela franchir une nouvelle étape pour dire plus clairement encore dans ce texte dont nous pourrions garder le titre ce que nous voulons pour la France, ce pourquoi nous combattons.

Nous pourrions pour cela approfondir le travail collectif des communistes, notre travail avec toute la société autour de quatre grandes idées structurant ce projet.

1. Le travail, l'emploi et l'éducation pour une société sans chômage.

J'ai résumé lundi soir lors de mes vœux cet objectif dans cet objectif choc : « zéro chômeur, tous travailleurs ! ». Je sais que cette formule peut être désuète. Bien entendu, ce que nous visons est plus large. Ce que nous voulons c'est le droit au travail, mais aussi à la formation, à de nouvelles activités sociales libérées du salariat et même à des activités citoyennes rassemblées.

Mais je crois toutefois au caractère provocateur et audacieux de la campagne que nous devrons mener dans la durée.

Nous avons beaucoup de propositions sur la sécurité emploi-formation, sur la réduction du temps de travail, sur la transformation du travail lui-même.

Nous avons mené des batailles sur le coût du capital, sur le rôle des banques.

Face à l'offensive sur l'utilisation ou « l'entrepreneuriat individuel » de Macron qui cache un projet de déshabillage total de tous les droits collectifs, face à la nouvelle attaque du patronat pour imposer la fin du CDI, un nouveau contrat dit contrat « agile » qui comme le dit Gattaz doit « sécuriser les motifs de séparation » pour le patron.

C'est en fait maintenant un nouveau modèle social, dans lequel l'éducation pour l'émancipation devrait tenir une place centrale, que nous devons porter comme projet de société.

A notre travail de projet pour le Congrès, devrait s'adosser sans attendre des campagnes d'actions tous azimuts tant la question de l'emploi, de la précarité et des salaires reste la question numéro un du pays.

2. Une société du bien vivre et du bien commun

C'est la logique du système qui est désormais chaque jour interrogée. Le gouvernement français comme les classes dirigeantes du monde capitaliste parlent sans cesse de relancer la croissance. Mais c'est le contenu même de la croissance capitaliste, gavé par la finance et la compétitivité contre le travail, qui est pourri.

La BCE injecte des centaines de milliards sur les marchés sans résultat. La lutte contre le réchauffement climatique bute sur les logiques prédatrices et concurrentielles du système. La compétitivité forcenée des territoires et des populations s'oppose à des logiques de développement respectueuses des humains et de la planète.

Social et écologie ne sont plus séparables et il est temps de le dire avec force et clarté dans un seul et même projet.

France, Europe et Monde, dans un système d'échanges mondialisé et numérisé, ne peuvent plus être pensés les uns contre les autres, mais la logique de développement et de souveraineté partagée doit imposer la coopération contre la concurrence, l'association contre la privatisation, le partage contre la confiscation .

Bien vivre en protégeant l'avenir, protéger les biens communs pour bien vivre demain, c'est le sens du nouveau monde qu'il faut, pas à pas, construire du local au global.

Tous les problèmes de propriété et d'appropriations sociales doivent aussi être repensés en insufflant de la démocratie dans les lieux de pouvoirs économiques et institutionnels.

3. La refondation démocratique de la République, une France d'égalité, ouverte et respectée

Nous le disions avec force depuis 2012, le temps est venu d'une nouvelle République. L'enfoncement dans la crise politique, mais surtout la confiscation de tous les pouvoirs par les oligarchies financières et leGRAND CAPITALhttp://cdncache-a.akamaihd.net/items/it/img/arrow-10x10.png sont insupportables.

A l'inverse, s'inventent dans la société des manières nouvelles de partager l'information et la décision, d'élaborer en commun, le schéma démocratique est à l'opposé des possibilités collaboratives et coopératives nouvelles. La République française dispose avec l'égalité, la liberté, la fraternité, avec la solidarité et la laïcité, de concepts puissants pour affronter les défis du partage et du brassage multiculturel qu'appelle le 21e siècle.

Faute de pouvoir les abattre, les effacer, une offensive sans précédent se déploie pour les vider de leur sens. Tous ces principes sont à réinventer pour les déployer pleinement dans le siècle à venir, non seulement à l'échelle de la France et de ses territoires, mais en Europe et dans le Monde.

Forte de ces principes, la France peut retrouver sa place dans une Union européenne des peuples libres, souverains et associés. Une France qui se tourne vers le monde pour continuer à le transformer.

France et République doivent claquer comme des mots forts de notre projet en investissant la bataille de sens dont on cherche à les vider.

4. Paix et sécurité pour la France, en Europe et dans le monde

 

« 3e guerre mondiale disséminée », « nouvelle guerre froide » ou « nouveau Moyen-âge », les tentatives de caractérisation générale de notre époque abondent et, on le voit, souvent en référence au passé. Un « chaos » auquel nous n'aurions d'autres moyens de nous protéger qu'en menant des guerres quelles soient militaires, idéologiques, économiques ou sociales. Des guerres dont causes et conséquences, leviers et obstacles sont confondus. Paradoxalement, plus a été intégrée, en particulier par les classes dirigeantes, la notion fausse d'un affrontement fondamental entre « le bien et le mal », plus les repères et les catégories de pensée ont été vidés de leur sens, brouillés, aggravant le sentiment de chaos. « On » ne sait plus où va le monde, « on » ne sait plus le comprendre, « tout va trop vite ».

Le monde a changé mais fondamentalement ce qui est nouveau c'est le degré de contradictions que le système capitaliste et sa crise génèrent. Grandissent tout à la fois les dérèglements de la mondialisation capitaliste avec tous ses dangers et des expériences historique de peuples et de sociétés tentant d'ouvrir d'autres chemins : l'expérience des gauches latino-américaines, les mouvements des indignés, les « printemps arabes », les évolutions de la Chine. Des processus de longue durée, complexes, entravés d'obstacles nombreux et pétris de contradictions, portent un espoir que certains avaient décrété impossible dans un contexte global où la fin de la guerre froide a été considérée par les États-Unis et leurs alliés comme l'avènement de leur victoire sur toute alternative au capitalisme.

L'offensive néolibérale amorcée aux États-Unis ou en Grande-Bretagne dans les années 1980 s'est, dans les années 1990 et 2000, déployée globalement en cherchant à réorganiser le monde autour des lois de la « guerre économique ». Nous sommes au bout de ce cycle. Il peut en sortir le pire comme le meilleur. L'interdépendance née de la mondialisation peut être la force des logiques capitalistes qui dominent mais peut aussi être un socle de solidarités et de coopération qui enrayent ces logiques. C'est ce mouvement qu'il faut pousser.

 

Un monde pris entre la réactivation des logiques de puissance et l'aspiration à l'égalité, la justice, la solidarité et, fondamentalement, à une exigence de paix ravivée par l'urgence climatique. Cette exigence de paix porte la remise en cause les modes de développement et de production.

 

C'est cette exigence de paix qui est l'alternative au monde de chaos, aux discours et logiques de guerre en travaillant à rassembler en France, en Europe et dans le monde à la notion de sécurité en tout domaine, inclusive, collective et coopérative. Cette sécurité est tout à la fois la volonté de réponses politiques aux enjeux sociaux, économiques, démocratiques, humains et écologiques, et l'élaboration d'espaces multilatéraux inclusifs de coopération et de sécurité collective qui passe par des politiques de désarmement, de dénucléarisation, de luttes contre les trafics, la corruption, le commerce légal et illégal des armes mais aussi, concernant les réserves énergétiques et l'eau, une mobilisation mondiale exceptionnelle pour la mise en commun, déprivatisée et démarchandisée, de ces ressources et de leur exploitation.

 

La mise en mouvement des peuples et le rassemblement des forces progressistes seront déterminants pour faire bouger les lignes. Ces mobilisations existent déjà, mais elles ont besoin d'être généralisées, renforcées, d'établir aussi des passerelles entre elles pour peser significativement en faveur de politiques publiques novatrices pouvant ouvrir le chemin de la transformation de la mondialisation. Cette transformation a besoin d'un renouveau des cadres du multilatéralisme afin de le consolider ce qui implique une ONU démocratisée, refondée sur les valeurs de sa Charte, restaurée dans sa mission de garante de la sécurité collective et de poser en grand la question d'une dissolution de l'organisation politique et militaire qu'est l'OTAN pour aller vers une conception d'une sécurité collective coopérative avec les cadres qu'elle suppose, sous supervision de l'ONU.

 

Je ne peux qu'évoquer à ce moment du rapport les drames humains quotidiens que vivent les populations. Comme de celles et de ceux qui ont décidé de fuir la guerre, le chaos, et la misère. Pour nous, la première des urgences est sans tergiverser la solidarité et le devoir d'accueil.

Tous ces derniers mois, souvent bien seuls parmi les formations politiques, nous avons combattu des discours pleins d’égoïsme et de haine, en exigeant le changement de politique de la France et de l'Europe. J'avais alerté, après la visite des camps de réfugiés près de Kobané, à l'automne 2014, sur la détresse de ces milliers de réfugiés alors entassés dans ces camps sans aucune aide internationale. Nos appels sont restés lettre morte. Nous dénonçons depuis des mois la construction de murs tout autour de l'Europe forteresse, des murs en dur, et des murs dans les têtes, un dangereux cocktail de haine et de fils barbelés. Et nous avons sans cesse questionné : quel monde inhumain sommes-nous en train de construire ?

Lundi, le PCF sera avec Laurence Cohen au rassemblement à la Fontaine des innocents pour apporter notre soutien aux centaines de femmes de Cologne qui ont été victimes de viols, d'agressions.... Nous y serons aussi pour dénoncer le jeu de l’extrême droite qui met un signe égal entre étranger et violeur - voleur. Nous voulons simplement que la Police, la Justice mènent toutes les investigations pour connaître et faire condamner les organisateurs, les commanditaires et bien sur les auteurs de ces actes abjects et odieux.

 

2 - Les forces existent pour un tel projet

 

C'est la seconde raison de notre conviction. Si un projet de changement peut exister dans notre pays, c'est parce que des forces nombreuses restent à l'écoute et disponibles pour un tel projet. L'état de ces forces n'a pas été idéalisé. Des mouvements contradictoires traversent les consciences. Les obstacles sont nombreux pour leur rassemblement dans une société qui divise les êtres humains et déchire les solidarités. L'impuissance ressentie et intégrée par des millions de nos concitoyens pèse de plus en plus lourd jusqu'à gagner une partie de ces forces à des idées de régression, faute de pouvoir continuer à croire à un projet solidaire et collectif.

 

Ils sont pourtant nombreux à s'engager dans des démarches individuelles ou collectives à vouloir agir, mais les dynamiques générées sont trop éparses et diffuses, sans unité visible. Elles restent  trop éclatées  et confinées aux espaces qu’elles tentent d’occuper; que ce soit le terrain économique social et culturel ou encore urbain, écologique, relevant d'exigences  féministes, anti-racistes voire aujourd'hui ethniques.

Dans l'incapacité aujourd’hui de s’additionner en se dotant d'une perspective commune, ces forces voient leur potentiel transformateur réduit. Elles faiblissent plus facilement sous le coup de la bataille politique et d'idées, du discours dominant  ouvertement régressif et ne visant qu’à annihiler leur dynamique propulsive, balayer voire dévoyer leur caractère émancipateur. 

La bataille idéologique est ainsi d'une rare violence contre toute tentative de relever la tête. C'est ainsi le journaliste Benoît Rayski qui récemment, évoquant les 300 000 premiers signataires d'une pétition contre l'état d'urgence décrivait l’initiative comme la survivance d'une gauche qui a vécu et  à laquelle "il n'est aucune raison de refuser le permis d'inhumer." La même rhétorique est prétexte à une embardée supplémentaire du premier ministre, Manuel Valls parlant de « culture de l’excuse » dès lors qu’on se questionne et interroge au plan sociologique ou historique, sur cette société, cette République qui est la nôtre, la France, en pleine explosion de repères. Sur un autre registre qui est celui de l’emploi, on retrouve les mêmes ressorts justifiant les mêmes solutions régressives ; de nouvelles facilités pour licencier, cela s'appelle faire reculer la peur de l'embauche. La suppression du CDI cela s'appelle « sécuriser les motifs de séparation ». Hier la gauche sécurisait les salariés, maintenant la modernité gouvernementale consiste à sécuriser le MEDEF et les dividendes financiers.

Il est aussi de notre responsabilité de parler à tous ces travailleurs qui se reconnaissent encore nombreux dans les valeurs de gauche, pour les aider à ne pas accepter, à ne pas renoncer.

Nous serons au rendez-vous pour relever la gauche du fossé dans lequel les gouvernants s’acharnent à l’enfoncer sous le regard réjoui de la droite et de Madame Le Pen» ai-je écrit dans mes vœux.

A nous, en effet, de réinvestir le débat de toute la gauche, avec toutes les femmes et les hommes de gauche, pour donner une actualité aux valeurs que Manuel Valls les appelle aujourd'hui à abandonner.

Pour consolider et élargir le mouvement populaire et citoyen nécessaire, pour reconstruire l'hégémonie culturelle, il nous appartient d'identifier dans l'état contradictoire des forces et des consciences, où sont les points d'appui d'une remise en mouvement populaire. J'ai parlé de toutes ces consciences de gauche que le pouvoir s'emploie à décourager. Réfléchissons également à l'état des forces salariales et sociales. Comment s'adresser à tout ce salariat éclaté ? Tous ces salariés et privés d'emploi, toutes conditions confondues, des plus bas revenus aux cadres sur-exploités, tous devenus des variables d'ajustement, des logiques de compétitivité du capitalisme mondialisé. 60 % du salariat touche moins de 2 000 euros par mois.

Tous voient leur salaire gelé, leur pouvoir d’achat diminué, leur travail dévalué dans son contenu, leur capacité d'initiative méprisée et leurs attentes réduites à la portion congrue. Les discriminations se multiplient. Ils rencontrent dans le même temps une difficulté croissante à faire valoir leur droit à être respectés.

Nous devons aussi savoir renouer le dialogue avec tous ceux qui se désespèrent de la politique, s'excluant parfois sciemment du champ électoral, du débat politique sans pour autant que cela signifie leur désengagement citoyen. Parfois même, bien au contraire, combien, là-aussi, de jeunes intellectuels, innovateurs, créateurs d'entreprises, militants de la solidarité qui ont tiré un trait sur la politique, alors même que leur projet tente de réinventer un autre monde et des solidarités nouvelles.

Parlons aussi de la jeunesse, révoltée et désabusée tout à la fois, isolée et avide de solidarité en même temps, sensible à toute les recompositions, même les plus dangereuses, sans se repérer entre la droite et la gauche et pourtant toujours sensible à des formes d'engagements où prime la solidarité. Oui, c'est dans ce monde complexe, dans cette société pleine de contradiction que se noue du changement. Il nous appartient d'y puiser les énergies qui réclament une dynamique populaire pour le changement de toute la société.
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