Le modèle de pharmacologie moléculaire et ses limites





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Ü Scan, vérification, mis en page, illustrations, Introduction, Liens hypertextes, pour la Société Savante d’Homoeopathie (Président : Docteur Didier Deswarte) par le Docteur Robert Séror, Médecin Homoeopathe généraliste émérite. (Décembre 2008)
Références : 15 ème congrès de l’ ANPHOS, La Ciotat, Octobre 2001, pages 79 à 86.

Remerciements au Docteur Janine Pons pour m’avoir fourni ce document.

Scan, vérification, MeP, colorations, illustrations : Dr RS. Samedi 22 janvier 2005.


HAUTES ET BASSES DILUTIONS UTILISÉES EN HOMŒOPATHIE : UN MÊME MÉCANISME D' ACTION ?

Par le Docteur Madeleine Bastide, Professeur Honoraire, Université Montpellier I
En Homéopathie, le principe d'infinitésimalité est représenté par l'utilisation de doses infinitésimales du remède préparées sous forme de dilutions sériées soit au 1/10 (Décimales Hahnemanniennes) soit au 1/100 (Centésimales Hahnemanniennes).
A chaque dilution la préparation est dynamisée par une forte agitation verticale de chaque tube.
Ces dilutions sont particulières et posent un problème dans l'interprétation de leur activité : à partir de la 10 CH (soit 10-20) selon la masse moléculaire du produit utilisé et dans tous les cas à partir de la 12 CH, (soit 10-24), les solutions préparées ne renferment plus de molécule.
Dans notre culture moléculariste, cette notion apparait comme inacceptable et l'interprétation du mode d'action de ces dilutions n'en est pas facilitée.
Mais si, comme nous le supposons, l'Homéopathie ne fonctionne pas selon un mécanisme moléculaire, il faut se demander quelle action ont les dilutions qui possèdent encore des molécules (en particulier les très basses décimales, de D1 à D4 ou la 1CH ou 2CH).
Faut-il imaginer un mode d'action différent pour les basses et les hautes dilutions, une co-activité moléculaire et « autre » pour les basses dilutions ?
Nous allons donc envisager d'abord l'action « moléculaire » et ses limites, puis compléter cette approche par une hypothèse d'action non-moléculaire. Nous discuterons ensuite du problème particulier des basses dilutions.

Le modèle de pharmacologie moléculaire et ses limites



Toutes les études pharmacologiques appliquent les principes suivants :
- L'action est moléculaire et fait intervenir une interaction moléculaire entre un médiateur (par exemple de l'inflammation) ou son récepteur et le médicament (anti-inflammatoire). Il s'agit toujours de la suppression d'une activité (ou effet antagoniste).
- Une action moléculaire est validée lorsque un effet-dose peut être mis en évidence (un effet proportionnel à la quantité de produit mis en expérience dans un modèle in vitro, ex vivo ou in vivo). L'effet augmente avec la dose. - La rémanence de molécules actives dans l'organisme est nécessaire pour obtenir un effet pharmacologique appréciable. La notion de demi-vie du médicament devient nécessaire pour évaluer l'action du remède. L'effet pharmacologique moléculaire est donc toujours limité dans le temps ce qui explique la notion de « wash out » dans les essais cliniques, qui correspond au temps nécessaire pour l'élimination du médicament.

- La permanence de l'effet demande également l'évaluation de la concentration tissulaire du produit, aussi bien au niveau des tissus-cibles que des autres tissus, ce qui permet alors d'envisager les effets secondaires. La science correspondant à ces dosages est la pharmacocinétique qui évalue la répartition du médicament et de ses produits de dégradation dans l'organisme.
- Les effets sont indépendants de l'état du sujet. La pharmacologie s'expérimente directement sur les animaux sains à l'exception des anti-infectieux (antiseptiques, antibiotiques) qui ne s'adressent pas à l'organisme porteur mais au germe pathogène. Les essais préalables de « screening» de ces produits se font d'ailleurs directement sur l'organisme pathogène cultivé in vitro. Les effets pharmacologiques observés sur un sujet sain (par exemple inhibition de la cyclo-oxygénase par un anti-inflammatoire non-stéroïdien) et dans un modèle d'inflammation expérimentale (oedème à la carraghénine) vont dans le même sens et ne sont donc pas opposés.
- Les modèles expérimentaux et les essais cliniques sont en principe répétables. En réalité , plus le modèle est « isolé» des paramètres environnementaux, plus l'effet est répétable.
C'est la raison pour laquelle les modèles de pharmacologie in vitro utilisant des lignées cellulaires (transformées ou tumorales) sont préférés car ils assurent une meilleure répétabilité. Dès qu'il s'agit de modèles in vivo (modèles animaux ou essais cliniques), les outils statistiques deviennent indispensables ainsi que des essais réalisés sur des groupes importants d'individus car ils sont sensibles à plus de variations que des cellules aneuploïdes.
En effet, le vivant est très lié aux paramètres environnementaux. L'effet moléculaire doit être très puissant pour être homogène dans une population (d'animaux ou de patients).
- Le dernier élément caractéristique de la pharmacologie moléculaire est la conséquence des fortes concentrations utilisées : il s'agit de la recherche toxicologique liée aux doses nécessaires pour obtenir un effet et aux effets secondaires observés.
On voit bien qu'aucune des spécificités de la pharmacologie moléculaire classique ne peut s'appliquer à l'Homéopathie qui est caractérisée par les trois principes de globalité, de similitude et d'infinitésimalité.
2. L'effet des hautes dilutions utilisées en Homéopathie.
Le problème posé par l'action des hautes dilutions est tout autre. En effet, il ne peut s'agir d'un effet moléculaire puisque à partir de la 10 CH (soit 10-20) selon la masse moléculaire du produit utilisé et dans tous les cas à partir de la 12CH, (soit 10-24), les solutions préparées ne renferment plus de molécule.
Les normes appliquées par la pharmacologie classique ne peuvent être envisagées. C'est la raison pour laquelle, depuis l'épanouissement de la biologie moderne qui repose sur la notion générale d'interaction molécule-récepteur, l'homéopathie a tant de mal à s'imposer dans le monde scientifique.
Dans ces conditions, l'hypothèse moléculaire doit être abandonnée définitivement.
Les particularités de l'action de l'homéopathie sont différentes de celles de la pharmacologie classique.
- L'homéopathie concerne l'organisme dans son ensemble, sans action localisée à tel ou tel organe. Il s'agit d'un effet global caractéristique de l'homéopathie et désigné par le principe de totalité.
- L'effet peut être dilution-dépendant : les hautes dilutions homéopathiques dynamisées qui renferment peu ou pas de matière première ont un effet plus puissant que les dilutions basses beaucoup plus riches en matière première avec encore la présence de molécules. Ceci est vérifié dans la pratique journalière des médecins homéopathes. Ceci a également été vérifié dans des modèles expérimentaux.
Par exemple, des poulets privés de l'ébauche embryonnaire de la bourse de Fabricius pendant la vie fœtale ont une synthèse d'anticorps spécifiques inopérante ainsi qu'une absence de réponse des hormones de stress (ACTH et corticostérone). Un traitement, pendant la vie fœtale uniquement, par de hautes dilutions de bursine, molécule isolée de la bourse de Fabricius, montre un effet dilution-dépendante : plus la dose de traitement est faible (plus grande est la dilution), plus la récupération hormonale est grande.
Toutes les expériences ont été répétables (Youbicier-Simo et coll., 1993, 1996 a, 1996 b, 1997).
Un autre modèle expérimental mettant en jeu la loi de similitude entre la pathogénésie de Silicea et les lésions provoquées par un fil métallique au niveau des oreilles des souris a démontré un effet dilution-dépendant des dilutions homéopathiques de Silicea sur un processus accéléré de cicatrisation (Oberbaum et coll., 1992).
- Les cliniciens ont observé un effet-mémoire des traitements homéopathiques ce qui rend le « wash-out» des essais cliniques allopathiques impossible ainsi que la pratique expérimentale des essais cliniques croisés (cross-over) .
Dans ce type d'essais, les groupes reçoivent chacun successivement le « placebo » et le « traitement » et l'effet thérapeutique spécifique « momentané » correspondant au médicament est analysé.
Dans le cas de l'homéopathie, un placebo succédant à un remède homéopathique verra le prolongement de l'activité de ce remède et la séparation des effets est impossible.
- L'action du remède homéopathique dépend de l'état du receveur. La première observation fondamentale de. la. loi de similitude en est l'application directe.
Qu'il s'agisse de signes toxiques (obtenus par des doses fortes d'un produit) ou de signes pathogénétiques (obtenus par action du produit dilué et dynamisé), les effets observés chez le sujet sain s'opposent à ce qui est observé chez le patient : dans le premier cas, des symptômes apparaissent et dans le deuxième cas, ces symptômes disparaissent par action thérapeutique du remède dilué et dynamisé.
Cette dépendance de l'action du remède existe aussi dans le phénomène d'aggravation qui peut être temporaire (début de traitement) ou définitif si le remède est trop puissant ou le sujet trop faible.
Deux exemples peuvent être rapportés, l'un clinique et l'autre expérimental. Il a été montré que le traitement par des dilutions de Betula 30 CH dans l'allergie au pollen de bouleau provoquait une augmentation des symptômes et un recours aux médicaments d'urgence plus grand chez les sujets traités comparés aux sujets recevant le placebo (Aabel, 2000).
Dans le modèle expérimental (Guennoun & coll., 1997 ; Guennoun, 2000), des souris BALB/c, irradiées à doses létales, ont été traitées préventivement et curativement par de hautes dilutions d'un mélange de molécules immunostimulantes issues du système immunitaire (thymuline, interleukine 3 et bursine) introduites ad libitum dans l'eau de boisson.
Alors que normalement, pendant la saison chaude, ce traitement a fortement protégé les souris traitées, un effet opposé a été observé pendant la saison froide, période qui correspond à la chute de la réponse cellulaire de ces animaux. Ce modèle, très instable en raison de la forte irradiation des souris à doses létales prend en compte les variations circaannuelles de la réponse immunitaire des souris : pendant la saison chaude, étant plus résistantes, les souris sont protégées par le traitement par les hautes dilutions ; pendant la saison froide, leur très faible capacité de résistance ne leur permet plus d'utiliser les hautes dilutions trop puissantes qui provoquent alors un effet opposé, comme dans le modèle clinique d'Aabel.
Nous avons proposé depuis plusieurs années une hypothèse explicative du mécanisme d'action de l'homéopathie qui tient compte de ces particularités. Les dilutions homéopathiques auraient le pouvoir de transmettre des informations biologiques au corps capable de les recevoir et de les traiter.
«Le rapport au corps du médicament n 'a rien à voir avec celui qui organise la médecine allopathique ; le médicament n'a pas à se manifester comme objet mais à véhiculer une information» (Lagache, 1988).
Les informations reçues par le corps jouent le rôle de « signifiants biologiques », capables de provoquer des modifications physiologiques après traitement de l'information par l'organisme. Cette communication suit des règles très précises, différentes des échanges d'objets (Lagache 1988, 1997 a, 1997 b ; Bastide & Lagache, 1992 ; 1995, 1997; Bastide 1994, 1998, 2000).
Considérons la loi de similitude, principe de base de la thérapeutique homéopathique : la correspondance entre, d'une part, les symptômes observés par administration de dilutions homéopathiques d'un remède donné à un sujet sain et, d'autre part, les symptômes présentés par le malade, permet la correction des symptômes du malade par administration de ce remède dilué et dynamisé. Mais qu'est-ce qu'un symptôme ? il correspond, chez le malade, à une expression de sa maladie et ne peut être assimilé à une modification d'un paramètre biologique même si leur présence est corrélée.
Une expression n'est rien d'autre que la réalisation de soi dans une forme donnée, sous le double auspice de la finalité et de la totalité, en fonction des données et de l'histoire. Cependant les circonstances pathologiques font que le symptôme est une expression qui n'aboutit pas à une résolution, une expression inachevée, bloquée. La modification des paramètres biologiques correspond à une réaction matérielle à l'action d'un élément pathogène. Les deux manifestations, symptôme et modification biologique, suivent des chemins indépendants et coexistent à des niveaux différents. Les maladies inapparentes (donc sans symptôme) laissent des marques biologiques (présence d'anticorps, par exemple) comme l'a proposé Charles Nicolle qui reçut le prix Nobel pour cette découverte.
Le symptôme du malade devient alors pour le médecin une représentation corporelle de la maladie qui résulte de la conjonction de circonstances externes et internes : il devient une création signifiante de l'individu dans son ensemble, dans sa globalité, qui correspond à l'expression que le sujet donne à sa maladie. La pathogénésie est une production artificielle d'images signifiantes du remède par le sujet sain, une mise en résonance sans retraitement de l'information reçue par l'organisme.
Il faut l'intervention externe du thérapeute grâce au principe de similitude qui va lire les deux types d'expression, celle du malade et celle du remède, et qui va administrer le remède dilué et dynamisé comme une image retournée de l'affect chez le malade. On comprend alors pourquoi la thérapeutique homéopathique possède une telle puissance : par observation de l'expression de la maladie lue dans sa globalité, le thérapeute peut renvoyer à cet organisme malade une image semblable de cette expression. Cette image joue un rôle de ré-information sur la pathologie et l'organisme est alors capable de traiter lui-même ses symptômes par un effet qui pourrait être de type cathartique (Lagache et Bastide, 1992, 1995, 1997, 1998, 2000).
Les manifestations biologiques peuvent être modifiées ou non et sont donc indépendantes des symptômes qui sont « expression » et non caractère biologique. Par contre, des modifications de paramètres biologiques peuvent accompagner, à la longue, le traitement du symptôme ; elles en sont la conséquence et non la cause de la guérison.
3. L'action des très basses dilutions utilisées en Homéopathie.
Nous sommes alors confrontés au problème de la frontière qui existe entre les deux thérapeutiques, allopathique et homéopathique. Si un mécanisme moléculaire peut être évoqué pour expliquer l'action des basses dilutions, en quoi peut-il être différent du mécanisme de la pharmacologie classique ? les conditions d'utilisation des dilutions même très basses permettent–elles de dire qu'il existe un mécanisme moléculaire de l'homéopathie ou sommes nous déjà dans l'informationnel ?
Comme nous l'avons fait précédemment, nous allons analyser cette frontière en considérant ce qui est fonctionnellement acceptable.
- La limite d'activité moléculaire in vivo
L'homéopathie s'adresse à un organisme entier. Une action moléculaire nécessite une quantité suffisante de principe actif. Ce qui limite déjà le niveau de la dilution utilisée. La substance la plus toxique ,donc active « in vivo », est la toxine botulique, exotoxine synthétisée par un germe anaérobie Clostridium botulinum et responsable d'intoxications mortelle par ingestion d'aliments contaminés au cours de leur conservation. Cette toxine diluée à 10 11 g/ml (équivalent pondéral d'une 5CH) tue une souris de 20 g.
Les modèles « in vitro » permettent d'objectiver l'action de dilutions plus grandes d'équivalence pondérale allant jusqu'à la 8 CH environ, mais les conditions pharmacologiques de l'action « in vivo » ne sont pas respectées.
On peut donc constater que les très basses dilutions (ID, 1 CH, 2 D jusqu'à la 2CH etc..) sont suffisamment concentrées pour nous permettre d'envisager une action moléculaire. Mais de quel type ?
- L'effet rebond :
L'effet rebond a été cité par différents auteurs (Van Wijk et Wiegant, 1994 ; Van Wijk et coll., 1994 ; Teixeira, 1999) pour expliquer la loi de similitude.
C'est un phénomène d'action/réaction puissante de l'organisme, qui ne tient pas compte de la différence d'état entre sujet malade et sujet sain. L'idée est de retrouver des effets opposés au niveau de paramètres biologiques, que nous savons différents des symptômes, donc non envisageable dans la loi de similitude. Effectivement, l'effet rebond est très connu des pharmacologues, qui l'observent chaque fois qu'un traitement puissant bloque une réponse biologique qui se trouve ensuite amplifiée (effet opposé) dans les heures ou les jours qui suivent l'arrêt du traitement.
Il faut par exemple 200 mg/kg de cyclophosphamide injectés par voie intra-péritonéale chez des souris de 20 g âgées de six semaines pour déclencher, après une immuno suppression forte (vérifiée sur la réponse des lymphocytes), un pic important d'immuno stimulation entre le 9ème et le 12 ème jour après l'injection.
Chaque souris reçoit 4 mg donc l'équivalent pondéral d'une dose située entre la 2 D et la 3 D. A la différence de l'homéopathie, la différence majeure est dans le mode d'action qui est fonction du temps (un délai de plusieurs jours a été nécessaire) et n'est pas fonction de l'état du sujet.
Le même effet serait observé chez une souris saine ou chez une souris immunodéprimée. Il s'agit donc d'un effet strictement moléculaire et très puissant.
- L'effet hormesis ou loi d'Ardnt-Schultz
L'hormesis ou effet de résistance par des doses faibles de toxique (encore désignée par loi d'Arndt-Schultz) est l'obtention, chez un sujet quelconque, sain ou malade, d'un effet opposé à l'effet toxique. Il correspond à un phénomène d'action-réaction moléculaire traduisant une réaction de défense de l'organisme.
La définition proposée par Southam et Erlich en 1943 est "Toute substance toxique utilisée à concentration sub inhibitrice devient facteur de croissance pour n'importe quel organisme".
Le principe d'opposition d'effet en fonction de la concentration peut exister pour toute substance "ressentie" par un organisme ou même par des cellules isolées comme une agression contre laquelle l'organisation de défense est possible.
C'est toujours un processus réactionnel opposé qui doit contrer l'effet toxique (comme dans l'effet rebond) mais cette réaction n'est plus fonction du temps mais fonction de la nature même du toxique : l'effet réactionnel est soit une stimulation de la croissance, soit la synthèse de molécules de protection de type « protéines de stress » etc..; quand l'effet toxique disparaît par concentrations décroissantes, seul l'effet "opposé" est visible et se traduit par une stimulation de croissance ou une résistance au toxique (Southam & Erlich, 1948 ; Stebbing, 1980 ; Van Wijk & coll., 1993).
Là encore, il s'agit d'un effet moléculaire, qui est commun aux sujets sains et pathologiques. La différence entre la réaction de cellules saines ou intoxiquées par des métaux lourds sera simplement la dose nécessaire pour parvenir à l'intoxication ; les deux types de cellules auront le même comportement. La zone de concentration « efficace » de l'effet opposé est d'ailleurs très étroite et très proche de la dose toxique. Si la dose est trop faible, aucun effet opposé ne peut être mis en évidence.
- La similitude peut-elle avoir un aspect moléculaire ?
La vraie similitude n'est pas liée aux modifications des paramètres biologiques que l'on observe soit dans l'effet rebond, soit dans l'hormesis même s'ils accompagnent parfois l'effet thérapeutique. Les modifications biologiques sont les résultats des réactions de l'organisme.
Nous avons vu plus haut que la loi de similitude nécessite l'expression de son mal par l'organisme. L'expression n'est pas un phénomène local même s'il donne naissance à des symptômes locaux.
Elle traduit le mal-être de l'individu dans sa globalité qui va s'exprimer à différents niveaux. On ne peut réduire la similitude à des correspondances de modifications biologiques.
Souvenons-nous des maladies inapparentes dans lesquelles l'organisme n'a pas besoin de recourir à une expression de sa maladie bien que les modifications biologiques existent. Il ne faut donc pas confondre l'expression de sa pathologie par le corps et les conséquences de la pathologie que sont les modifications biologiques. Que faire alors des symptômes toxiques qui sont associés aux symptômes pathogénétiques dans le choix du remède ?
Ils sont symptômes puisqu'ils correspondent à une pathologie ; ils sont donc aussi expression. Leur ressemblance partielle avec les symptômes pathogénétiques manifestés par le sujet sain lors de l'administration du remède sous forme diluée et dynamisée, donc sous forme informationnelle, existe. L'arsenic toxique donne le même sentiment de mort imminente que la dilution 30 CH chez le sujet sain sensible.
Dans le premier cas, il s'agit de l'expression de la maladie ; dans le deuxième cas du traitement de l'information « Arsenicum » chez un sujet qui rentre en résonance particulière avec cette substance.
Cependant, la richesse des symptômes développés lors de la pathogénésie réduit la part des signes toxiques lors du choix du remède. Si les symptômes toxiques sont ainsi pris en compte, on peut imaginer que l'administration du remède à doses pondérales rentre également dans la loi de similitude mais avec une certaine ambiguïté : tout se passe comme si le remède semblable était ressenti directement comme la pathologie ; la distance entre la représentation de la maladie apportée par le remède dilué et dynamisé et la pathologie est réduite, comme gommée. L'action du remède. est peu ou. pas médiatisée ce qui explique une action plutôt locale, parfois confuse, peu discriminante, qui peut aussi se superposer aux effets action-réaction.
Les effets thérapeutiques observés en homéopathie rentre dans une logique différente de celle de l'action moléculaire. En effet, les basses dilutions classiquement. utilisées se situent en général vers la 3 ou 4 CH et ne renferment plus assez de molécules pour justifier une pharmacologie moléculaire in vivo.
Selon les habitudes de prescription, des dilutions généralement plus élevées (7 CH, 9 CH, 12 CH, 15 CH, 30 CH) voire - extrêmement hautes (100 CH, 200 CH) sont administrées.
Ce type de thérapeutique qui ne peut s'expliquer par l'action moléculaire, entre très bien dans une logique de l'information telle que celle que nous proposons (Lagache et Bastide, 1992, 1995, 1997, 1998, 2000).
Dans ce concept, la régie de base à garder en mémoire est la médiatisation obligatoire de l'information. Ceci nous aide à analyser la zone frontière des très basses dilutions(1 D ; 2 D, 1 CH, 3 D, 2CH,) dans lesquelles nous rencontrons les enchevêtrements continus des systèmes de communication moléculaires et non moléculaires.
Il faut donc se garder d'analyser le mode d'action de l'homéopathie sur ces modèles. Lors de l'utilisation en thérapeutique de ces très basses dilutions correspondant souvent à plusieurs remèdes associés, l'effet homéopathique, quand il existe, peut se superposer à d'autres actions de type moléculaire. Dans ce cas, des résultats obtenus avec ce type de mélange de basses dilutions dans des essais cliniques, peuvent conduire à des erreurs de raisonnement et fausser la compréhension de l'homéopathie.

Références



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