Les fêtes annuellement céLÉBRÉes à





titreLes fêtes annuellement céLÉBRÉes à
page4/85
date de publication19.01.2020
taille4.3 Mb.
typeDocumentos
d.20-bal.com > loi > Documentos
1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   85
On vanta ses découvertes en p.045 médecine, et les malades, qui durant leur sommeil étaient assez heureux pour avoir une apparition de cette Déesse, étaient sûrs de leur guérison. Elle rendait la vue aux aveugles, guérissait les paralytiques et ressuscitait même des morts » 1.

« Osiris s'occupa du bonheur des hommes et du soin d'écarter d'eux tous les maux. Les Dieux répandirent sur lui avec profusion les plus riches dons de la Nature. Il les distribua aux peuples, ne se réservant que le plaisir de faire des heureux. Il fit naître l'émulation des vertus par des récompenses, et surtout par son exemple. Il protégea l'érudition et les talents oratoires, persuadé que l'instruction est la source des vertus : On vit surtout la piété et la religion fleurir sous son règne. Il méprisait les richesses pour lui-même, et ne les aimait que pour les verser dans le sein des autres. Il allait au-devant des besoins des indigens »... 2

Évidemment, les prêtres taoïques et ceux de l'Égypte n'ont eu d'autre intention que de décrire cette action bienfaisante, du Ciel pour les premiers, du Soleil et de la Lune pour les autres, par laquelle tout est fécondé, les plantes, les animaux, les hommes naissent, se reproduisent et meurent, accomplissant ainsi le grand cycle de la vie. De là s'explique aisément le motif pour lequel la T'in-Kong-sing ou « naissance du Seigneur du Ciel », c. à. d. du Ciel printanier qui donne la vie à tout, se célèbre en Chine le neuvième jour du premier mois du printemps, ou plutôt, comme on le verra à la page 53, un peu avant ou après cette date. En effet, ce jour est fort rapproché de celui de líp tch'oun ou « commencement du printemps », qui tombe près du p.046 nouvel-an 1, et l'on salue donc le dieu céleste nouveau né en lui consacrant un grande fête justement lorsque la Nature est en pleine activité de renouvellement, et que le pouvoir vivifiant du Ciel a commencé de se manifester dans sa jeune parure.

Disons encore, avant de passer à la description de la fête, que l'on assigne l'année 1116 comme date de la canonisation impériale de l'esprit du Ciel sous le nom emphatique d'empereur de Jade. A cette occasion son culte fut réuni à celui d'un certain Tchang Tao Ling, fondateur de la papauté p.047 taoïque, sur lequel nous reviendrons au § 5. Le promoteur de la canonisation de ce premier pape fut un ancien prêtre bouddhique appelé Lin Ling Sou 1, favori de l'empereur Hwoui Tsoung 2 de la dynastie de Soung, par qui il fit mettre le dit pape au rang des dieux.
2. Offrande domestique

@

L'offrande domestique qui se fait en l'honneur de l'esprit du Ciel pour son jour de naissance est une des plus considérables de toute l'année. La veille, très tard, on dispose sur une table, dans l'appartement principal appelé t'iang, devant la porte de la maison, toutes sortes d'objets propres aux offrandes. Dans le nombre ne doit pas manquer une tête de porc, parce que c'est la partie principale du porc, de même que T'in Kong est la tête et le principal des dieux. Ce rôle symbolique attribué sur la table de l'offrande à la tête de porc, fait que parfois on lui donne, quand elle doit servir à l'offrande, le nom plus relevé de « origine de la chair de porc », parce que le Ciel aussi est l'origine, le principe de tout ce qui existe. D'ordinaire la table de l'offrande est surélevée au moyen de quatre chaises, placées une sous chaque pied ; c'est comme si on la rapprochait ainsi de l'esprit du Ciel à qui on la présente. Au milieu de la table est l'encensoir flanqué de chandeliers ; devant l'encensoir on place des tasses de thé. En outre on dispose sur la table les cinq offrandes de chair 1 et des conserves de fruits secs fixés à de petits bambous ; ceux ci sont plantés perpendiculairement dans un pied peint avec soin, et sont ornés d'une fleur au sommet ; la fleur est symbolique du printemps qui se renouvelle. Les confitures portent le nom de bít tsièn ou de tâm tsièn, c'est à dire « moyens mielleux ou humides de recommandation » (auprès des dieux). Derrière l'encens et les chandeliers sont diverses espèces de tourtes et de gâteaux, parmi lesquels p.048 figure la grande tourte de riz fermenté appelée hoat ké 2 ; il y a aussi des tin  « gâteaux doux », au sucre, et des k'ien « anneaux », gâteaux oblongs ainsi appelés parce qu'ils ont à la surface l'apparence d'anneaux de chaîne enlacés les uns aux autres.

S'il faut en croire les Chinois instruits, et si ce qu'ils en disent n'est pas une explication fabriquée par eux au hasard, ces gâteaux en forme de chaîne auraient une signification toute particulière. Ils prétendent que le Ciel, qui subsiste de siècle en siècle et a donné la vie à tout ce qui existe, doit toujours être considéré comme la source, l'origine, le gardien et le dispensateur de la vie et de la mort, disposant en cette qualité de la longueur ou de la brièveté des jours des hommes, et qu'on lui offre donc ces gâteaux chaînes comme symbole de la longue vie que l'on espère obtenir du dieu du Ciel pour soi et pour les siens ; la série d'années que l'on souhaite est figurée par les anneaux enlacés des gâteaux. On n'offre ceux ci que lors de la fête du Ciel, et en outre exclusivement aux trois fêtes en l'honneur des Sam Kàï Kong (v. page 10), le 15 du premier, du septième et du dixième mois, on leur donne pour cette raison le nom de sam kàï k'ien ou de sam kàï kong k'ien « chaînons des trois mondes ou des Seigneurs des trois Mondes » 1.

Comme second symbole de la longue vie que l'on espère obtenir du Ciel, cette image la plus parfaite de l'éternité, on offre le jour de la naissance du dieu du Ciel une autre espèce de gâteaux appelés kou ké, « gâteaux-tortue ». Ils forment un ovale aplati et portent à leur surface une empreinte, faite avant la cuisson au moyen d'un moule en bois, et représentant une tortue. L'acte de faire cette empreinte s'appelle ìn kou, « imprimer des tortues ». Ces gâteaux se préparent d'ordinaire la veille de la fête, au soir, et ce soin regarde les femmes et les enfants. On les fait de différentes grandeurs ; il y en a quelquefois même de deux pieds de long ; souvent on en dépose sur la table d'offrande jusqu'à une quarantaine arrangés dans quatre plats, dont un à chaque coin de la table. On mêle à la pâte une matière rouge, de sorte que les gâteaux présentent dans toute leur p.049 masse, en dehors et en dedans, la couleur du bonheur. En outre d'ordinaire on y a imprimé, avec la figure de la tortue, le mot de sioū, « longue vie », et on les appelle pour cela sioū kou, « tortues pour une longue vie » 2. Ils renferment donc l'idée du bonheur, symbolisé par la couleur rouge, et celle d'une vie prolongée jusqu'à la vieillesse ; ainsi ils représentent les deux plus grandes bénédictions que l'on puisse implorer du Ciel.

Il n'est pas difficile de se rendre compte du motif pour lequel la tortue a été choisie comme symbole d'une longue vie. Cet animal atteint lui-même un grand âge ; il y en a qui parviennent à 120 ans, ce qui n'a pas échappé à l'attention des naturalistes chinois. Ils ont même très fort exagéré cette longévité. Liou Ngan, deux cents ans avant notre ère, disait que « la tortue vit 3000 ans » 1. On lui a attribué, à cause de la longue durée de sa vie, la connaissance du passé et de l'avenir, et maintenant la tortue est un des moyens de divination favoris des sorciers et magiciens. Il se pourrait bien, du reste, puisque anciennement on a sacrifié au printemps des tortues réelles au dieu du Ciel, que plus tard les gâteaux aient simplement remplacé ces sacrifices. On lit dans la Materia Medica des Chinois 2 : « La p.050 tortue se cache sous la terre pendant les mois d'hiver, mais au printemps, en été et en automne, elle vient au jour et erre dans les vallées des petites rivières ». Il se pourrait que la réapparition de l'animal après son sommeil hivernal ait donné lieu aux sacrifices de tortues qui se pratiquaient au printemps sous la dynastie de Tcheou (1122 255 av. J.-C.) 3, et l'offrande actuelle pourrait être un reste de ces sacrifices, ou bien avoir la même origine qu'eux 4.

Faisons encore remarquer que l'offrande de gâteaux tortue se renouvelle six jours après la fête de l'esprit du Ciel. C'est à la fête des Sam Kàï Kong ; mais on ne la renouvelle pas le 15 du septième et du dixième mois.

Nous n'avons pas encore énuméré tout ce qui doit se trouver sur la table de l'offrande. On y place encore des plats de légumes, de vermicelle, de champignons, de petits gâteaux, de petits pâtés ; bref, on multiplie les mets comme pour un dîner prié ; seulement la viande est exclue de cette sorte de plats, qui sont appelés kìng oán, « plats d'offrande ». Naturellement le nombre en dépend de la richesse et du degré de dévotion de ceux qui font l'offrande. Les oranges peuvent aussi faire partie de l'offrande, et on brûle souvent de petits morceaux de bois de santal, ou bien d'une espèce particulière d'encens appelé kàng tsin hioung, que l'on considère comme très puissant pour faire descendre les dieux. On emploie pour le fabriquer du bois de cèdre très résineux, dont il s'importe une grande quantité de la côte occidentale de Bornéo. Quelques personnes consacrent au commencement de l'année un porc au Ciel, et alors elles l'engraissent avec le plus grand soin pendant toute l'année qui suit, uniquement pour le tuer et en offrir la tête au jour de naissance du dieu du Ciel.

p.051 Quand les plats sont tous disposés — quelquefois avec une abondance préméditée lorsqu'on se propose d'inviter et de traiter les gendres de la famille le lendemain de la fête 1 — quand donc la table d'offrande est prête, ou, s'il le faut, les tables, et que minuit est passé, on a la coutume dans mainte famille riche et pieuse de faire venir le prêtre taoïque, pour qu'il invite le dieu du Ciel. Le prêtre écrit sur une grande feuille de papier, pliée en carnet, que tel et tel jour de telle et telle année, le père de famille s'adresse à l'esprit du Ciel pour le complimenter pour son jour de naissance, et pour implorer sa protection sur lui et sur sa famille. Revêtu de ses habits de cérémonie et faisant tinter sa sonnette, le prêtre lit à haute voix cette prière, puis il brûle le papier, en accompagnant cet acte des gestes et mouvements voulus. Cette cérémonie s'appelle tch'iáng-sîn, « inviter l'Esprit ». Quand elle est accomplie, le prêtre reçoit un salaire de quelque deux cents sapèques (environ un franc) enveloppées dans un papier rouge, puis disparaît. Alors tous les membres de la famille à tour de rôle, en commençant par le fils aîné, brûlent de l'encens, font une libation de vin et touchent le sol avec leur tête. On brûle des papiers et l'on tire des pétards devant la porte, et l'on suit pour le reste les mêmes formes que pour une offrande animale ordinaire 2. Le papier employé est du sioū kim ou « or pour une longue vie » 3, et sert, comme tant d'autres symboles, à obtenir une vieillesse avancée du Ciel éternel, source de toute vie et maître de la durée de la vie humaine. On vend dans les boutiques du papier de ce genre, mais de plus grand format, fabriqué exprès pour la fête du Ciel, et d'ordinaire avant de le brûler on le plie en forme de petits bateaux.

Beaucoup de personnes se retirent aussitôt après l'offrande ; mais parfois aussi on fait entrer des joueurs de marionnettes ambulants, qui cherchent la pratique en parcourant les rues par couples et en annonçant leur présence au moyen d'un petit gong au son aigu. On les appelle ; ils entrent, montrent pendant quelques moments leurs marionnettes ; puis s'en vont chercher d'autres maisons où l'on soit trop pieux pour se coucher avant le matin, et où l'on sera bien aise d'avoir un passe temps.

L'invocation du dieu du Ciel peut se faire à diverses heures de la nuit, p.052 de sorte que souvent cet insupportable bruit des pétards ne cesse pas dans le quartier jusqu'au lever du soleil. On a vu que certaines gens croient religieux de veiller toute la nuit ; au matin ils allument de nouveaux cierges sur la table de l'offrande, et brûlent de l'encens en faisant le tch'ioùn-dziā ordinaire. Vers midi, on apprête les mets de l'offrande et la famille les consomme en tout ou en partie, mais on réserve les friandises, kó-piáng ê míh, pour les distribuer aux amis et parents, de même que la tête de porc, coupée en morceaux dans ce but. Les canards et les poules servent aussi quelquefois à faire des présents, mais seulement aux amis intimes. Naturellement ces présents sont réciproques de familles à familles, d'amis à amis. Les gens qui apportent ces cadeaux reçoivent une gratification, qui varie d'ordinaire suivant la longueur de la course qu'ils ont eu à faire et suivant la générosité des donateurs ; à Émoui on donne rarement plus de cinquante sapèques (de vingt à vingt cinq centimes). En général ce sont les domestiques femmes qui sont chargées de ces commissions. En effet, presque toutes les familles aisées ou appartenant aux rangs cultivés ont à leur service une ou plusieurs de ces personnes, que l'on appelle boú á, « petites mères », auxquelles on confie le soin des enfants, le blanchissage, la cuisine et autres fonctions domestiques. On les paie de un à deux dollars par mois. D'ordinaire elles sont mariées et ont plus de quarante ans. Il y en a qui restent à coucher ; les autres rentrent pour la nuit dans leur propre domicile. Leur position dans la famille est donc à peu près la même que celle des domestiques en Hollande, à cela près qu'elles se mêlent souvent de l'éducation des enfants d'une manière insupportable, et qu'elles sont très tyranniques pour toutes les choses du ménage.

Le jour de la grande offrande au dieu du Ciel, presque toutes les familles à qui leurs moyens le permettent considèrent comme un devoir d'offrir à cette divinité le divertissement d'une représentation théâtrale. Souvent même on se lie par un vœu, dans le courant de l'année qui précède, à faire jouer des pièces le jour de la grande fête. Ces vœux ont pour but d'obtenir, par exemple, la guérison d'un enfant malade, la cessation de la stérilité de l'épouse, etc. 1. Toutefois il ne serait guère possible à chacun p.053 de trouver à engager une troupe d'acteurs précisément pour le 9 du mois, ce qui fait que l'on est bien obligé d'avancer ou de retarder de quelques jours l'accomplissement du vœu. Comme on tient à faire coïncider l'offrande domestique avec la représentation, la date peut aussi en être avancée ou retardée, et elle dépend en définitive de la troupe de comédiens que l'on loue. Pendant plusieurs jours de suite on voit donc des représentations théâtrales dans les rues ; car les maisons sont d'ordinaire trop petites pour pouvoir contenir la scène, et l'on installe celle-ci dans la rue, devant la porte, ce qui du reste est fort à propos, puisque le dieu du Ciel pourra de cette manière beaucoup mieux voir la représentation. La circulation dans les rues se trouve naturellement fort mal de ces spectacles, qui obstruent la voie à chaque pas. Souvent toute la largeur de la rue est occupée, et les passants sont obligés de faire un détour ou de traverser la scène ; mais les spectateurs, pressés les uns contre les autres en deux murailles vivantes à droite et à gauche du théâtre, ne se troublent pas pour si peu ; ils jouissent complètement de la pièce, et ni eux, ni les acteurs ne font le moindre effort pour détourner le flot des passants. La pièce marche imperturbablement comme s'il n'y avait point d'intrus. Ces représentations se nomment
1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   85

similaire:

Les fêtes annuellement céLÉBRÉes à iconDiscours sur les principales fetes de marie

Les fêtes annuellement céLÉBRÉes à iconJoyeuses fêtes de fin d’année

Les fêtes annuellement céLÉBRÉes à iconSommaire
«Recensement de la fraude sur les moyens de paiement scripturaux» vise à recenser annuellement la fraude sur le chèque, le virement,...

Les fêtes annuellement céLÉBRÉes à iconConcours gratuits à l’association francas dans le cadre du contrat Enfance Jeunesse
Dans le décret du 07 mai 1995 relatif aux ccas, IL est précisé dans l’article 1 que les ccas procèdent annuellement à une analyse...

Les fêtes annuellement céLÉBRÉes à iconSi les ventes ont chuté avec chaâbane, Ramadan et les fêtes religieuses,...
«nécessaire» pour susciter la mobilisation internationale ? Fallait-il publier cette photo ? Cette image a-t-elle créé l'électrochoc...

Les fêtes annuellement céLÉBRÉes à iconArt 1er. Dénomination et siège
«membres» jouissent de la plénitude des droits. Le nombre de membres est illimité, sauf sur décision du conseil d'administration...

Les fêtes annuellement céLÉBRÉes à iconSoyons plus offensif pour mettre nos propositions revendicatives
«seniors», seraient toujours entre deux avions et entre deux fêtes à Marrakech ou à Saint-Barth. On lit et on entend dire fréquemment...

Les fêtes annuellement céLÉBRÉes à iconRapport d’activité 2012
«Balades», conférences, fêtes, salons, expositions sans oublier notre e 8ème concert de trompes et orgue à Chilleurs aux Bois. Plus...

Les fêtes annuellement céLÉBRÉes à iconArtifêtes Diffusion : importateur d’articles de fêtes avec plus de...
«Haute Gamme» ! Cela conforte mon sentiment que nous sommes un petit comité par la taille mais un «grand comite» pour notre sens...

Les fêtes annuellement céLÉBRÉes à iconSur le maintien des services publics au niveau communal
«Concert de Noël» le vendredi 16 décembre à 20 h 30 à la salle des Fêtes de Ramonville avec le soutien de l’Association musicale...






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
d.20-bal.com