Jean-Pierre obin





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FOURNIER Murielle

BAGNARD Marion

QUESTIONS POUR L’EDUCATION CIVIQUE

Coordonné par Jean-Pierre OBIN ( 2000 )


INTRODUCTION
- Présentation de l’auteur : Jean-Pierre OBIN est ingénieur de l’Ecole centrale de Lille, docteur de spécialité en mécanique des solides, docteur ès lettres et sciences humaines. Il a été successivement maître de conférence à l’Université de Grenoble, chef de la Mission de la formation et de la recherche en éducation du ministère de l’Education Nationale, adjoint au directeur général du Centre national de documentation pédagogique, conseiller technique au cabinet du secrétaire d’Etat chargé de l’enseignement technique. Il est Inspecteur général de l’Education nationale et professeur associé à l’IUFM de Lyon.
- Présentation de l’ouvrage : Par ce livre, Jean-Pierre OBIN met en lumière l’évolution de l’éducation civique, les circonstances de cette évolution, les fins poursuivies par cet enseignement et les moyens pédagogiques à mettre en œuvre.

Dans une première partie, JP OBIN évoque un « retour » assez ambigu de l’éducation civique, entre volontarisme moral et utilitarisme social.

Dans la seconde partie, douze personnalités tentent d’éclairer par une interrogation particulière le contexte historique, social, politique et scolaire dans lequel se situe l’éducation civique.

La troisième partie explicite quelques pratiques mises en place dans les écoles et les établissements scolaires.
- Idée principale de l’ouvrage : Avec la création de l’ECJS, l’éducation civique est au programme durant toutes les années d’étude.

Cette demande vient des politiques ( Loi d’Orientation de 1989 ), des parents ( L’école : rôle d’autorité , de rappel à la loi ), des lycéens ( selon Robert BALLION, les lycéens souhaitent « un enseignement des valeurs morales essentielles » ). Pour les enseignants, en revanche, former le citoyen ne semble pas être une priorité.

Ce livre est donc un ouvrage de référence pour aider les enseignants à soulever les questions essentielles.

PREMIERE PARTIE : L’éducation civique en question.

Jean-Pierre OBIN



On n’assiste pas au « retour de l’éducation civique » uniquement en France. Partout , on incombe au système éducatif de « former des citoyens du monde », de promouvoir la paix civile et internationale afin de parvenir à une entente entre nations.

En France, nous avons le même sentiment : L’éducation citoyenne contre la violence urbaine, qui entre dans les établissements scolaires .

- 1ère hypothèse : L’éducation civique est un instrument privilégié du maintien de la paix civile, voire de l’ordre scolaire et social.

- 2ème hypothèse ( celle de Bernard CHARLOT ) : L’éducation civique est une nouvelle conscience civique, constituant un nouveau principe d’unité de la société.

Pour ces deux perspectives, l’Ecole reste fondamentale.

Tous les politiques sont d’accord pour ce retour à l’éducation civique ; Pourtant, la notion de citoyenneté n’est-elle pas perçue comme un placebo aux véritables maux de la société ?
D’où vient l’idée de citoyenneté ?

- d’Athènes : Pour être citoyen, il faut être né de père et de grand-père eux-même citoyens. Citoyenneté grecque liée à l’origine.

- de Rome : Tous les hommes libres sujets de l’Empire deviennent citoyens romains.

Conception politique de la citoyenneté.

- Au Moyen-Age, en France : Constitution progressive d’une nation.

- Au 17ème siècle, en Angleterre : Naissance de l’idée des droits de l’homme.

- Au 18ème siècle : Mutation de la notion de citoyenneté, par la révolution américaine , puis française.

Deux textes fondateurs sont nés, qui érigent le citoyen en élément de base de la souveraineté d’une nation : - La Déclaration d’indépendance de 1776

- La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789

Selon Dominique SCHNAPPER, c’est à partir de ce moment qu’apparaît la « communauté de citoyens ».

- En France, au 18ème , il y a déjà un état-nation, mais la République y institue une égalité politique, qui refuse la reconnaissance politique des différences culturelles.

Dans un sens, la notion de citoyenneté se superpose donc à celle de nationalité.
Quel rôle a joué l’école dans ces évolutions ?

On ne naît pas citoyen, on le devient ; cela relève donc d’une question d’éducation.

- Pendant la Réforme ( Luther ), les écoles avaient une fonction politico-religieuse.

- Pendant la contre-Réforme, on a combattu cette idée. Louis XIV instaura un texte proclamant le rôle politique de l’école, à savoir combattre le protestantisme. Cela fut un succès : C’est la naissance du courant laïque.

- La République continue donc dans le même sens, mais en faisant résider la souveraineté nationale dans la citoyenneté.

- Au 19ème, tous les régimes considèreront également l’Ecole comme instrument politique.

- Au 20ème, l’action scolaire que mènent Pétain , puis De Gaulle s’inscrit encore dans cette continuité.
La citoyenneté : une notion juridique ou politique ?

-En terme de droit, le mot « citoyen » n’apparaît que dans un seul texte , la Déclaration de 1789. Mais il n’est pas pour autant considéré comme participant au « droit positif ».

-Souvent, on retrouve deux notions  « nationalité » et « droits civiques » lorsqu’on parle de citoyenneté ; cela est difficile à définir.

Pour les spécialistes des droits politiques, la citoyenneté est un ensemble de droits et de devoirs liés à l’appartenance à une communauté politique.

La citoyenneté n’est donc pas un concept juridique précis, c’est plutôt une notion politique, ce qui sous entend qu’elle sera toujours en débat, en évolution, parce qu’elle s’inscrit dans une société démocratique.

Pour Dominique SCHNAPPER, le citoyen serait l’homme « politique » parvenu à se soustraire à ses adhérences sociales et culturelles, à s’élever au dessus de ses origines pour accéder à la perception de l’intérêt général.

D’où les citoyens tiennent-ils le droit d’avoir des droits ?

Pour H. ARENDT, le « droit d’avoir des droits » ne réside pas dans la nature, dans des rapports de force, ou dans une transcendance divine ; Pour la philosophe, c’est l’homme lui-même qui s’est octroyé ce droit, lorsqu’il est devenu un être, non plus de nature, mais de culture.

Cependant, H.ARENDT dit son scepticisme sur la capacité de l’Humanité à parvenir à un accord pour garantir universellement ce droit.
Droits de l’homme ou droits du citoyen ?

Pour H. ARENDT, seuls des états-nations démocratiques et puissants sont susceptibles d’accorder des droits à leurs citoyens, car ils sont seuls en mesure de les garantir par l’usage de la force légitime.
Le citoyen : homme de droits ou homme de devoirs ?

-Pour ARISTOTE, le citoyen se définit par « sa participation aux fonctions judiciaires et aux fonctions publiques en général. »

-Pour H. ARENDT, les citoyens sont les « co-partageants du gouvernement ».

-Pour Eric WEIL, le citoyen est « un gouvernant en puissance ».
Le lien social : justice ou civisme ?

Pour Alain RENAUT, les membres de la communauté des citoyens « doivent partager un idéal, à savoir l’idéal selon lequel participer activement à l’exercice de la citoyenneté est clairement meilleur d’un point de vue moral ( plus civiquement « vertueux » ) que de poursuivre la réalisation de tel ou tel but particulier. »

Le « civisme » républicain, fondé sur la volonté, s’oppose, comme fondement axiologique du lien social, au « sens de la justice » démocrate, basé sur la raison juridique.

DEUXIEME PARTIE : Douze auteurs, douze questions.


  1. Quelle école ? Pour quelle nation ?

René REMOND, Président de la Fondation nationale des Sciences Politiques.
- Le devoir de l’école est de préparer les enfants à vivre dans une communauté politique et nationale, de leur donner les moyens d’être autonomes.

La mission première de l’enseignement est inséparable de l’acte d’enseigner. L’objectif de cette mission est de faire des enfants des citoyens acteurs de la société, en leur démontrant le nécessaire bon fonctionnement de la démocratie.

Cela légitime l’existence même de l’école, sans objectif économique.

Aujourd’hui, cette préparation à la vie politique est peu ou mal exercée par l’Ecole.

L’hypothèse de R. REMOND est que c’est le bouleversement de la société qui a changé sa relation avec l’Ecole.

Le problème soulevé est le suivant : A trop vouloir sanctuariser l’Ecole, on a tendance à vouloir la couper des grands problèmes de société, et de la politique en général.

Et c’est certainement pourquoi on prépare mal les enfants à leur future citoyenneté.

On peut rendre intelligible la politique sans pour autant prendre parti, et souligner l’importance de s’y intéresser.

Cela relève de la responsabilité des enseignants d’instaurer des valeurs positives.

Pour R. REMOND, cela doit appartenir au projet d’établissement, car c’est une cause commune.

- La limite de l’instruction civique réside dans le fait que cela appelle aussi un apprentissage de la vie en société, une éducation du comportement.
« Ne pas le faire ( ouvrir l’école à la société ) c’est les ( élèves) livrer passivement à l’information que diffuse les médias ».



  1. Peut-on éduquer le citoyen sans former la conscience du politique ?

Guy COQ, Agrégé de philosophie, membre de la rédaction de la revue Esprit.
- L’éducation morale et citoyenne n’a pas seulement un rôle de lutte contre la violence.

Pour G. COQ, il y a trois grandes carences dans l’éducation : Oubli de l’éducation morale, négligence de la formation du citoyen, oubli d’un des rôles premier de l’école : Faire de l’élève un individu éclairé.

Qu’en est-il du citoyen et de la citoyenneté ?

- Plusieurs degrés de la notion de citoyenneté :
La véritable citoyenneté consiste dans l’harmonie de ces trois cercles.

- Définition de la citoyenneté : Appartenance à une communauté historique dont la liberté et la responsabilité s’exercent à travers la nationalité et par la forme institutionnelle de l’Etat.

- Etre citoyen n’est pas inné ; l’éducation permet d’entrer dans une culture qui n’est pas une simple socialisation mais une entrée dans un monde qui nous précède : Pour appartenir à la société, le lien avec le passé est nécessaire.

Pour G.COQ, l’éducation ne relève pas uniquement de l’Ecole, mais se partage entre la famille ( culture d’origine ), l’école ( culture commune ), et un « tiers lieu » ( culture du citoyen ).
Ecole et culture du citoyen

Etre citoyen suppose cinq conditions :

- d’assumer l’histoire collective de sa communauté

-de comprendre le sens de la mémoire collective pour envisager le futur, et pour tisser du lien social.

- de pouvoir atteindre une conscience du politique, en distinguant et en articulant des concepts fondamentaux tels que éthique, politique, technique, économique, et religieux ; car pour lui, c’est précisément la confusion entre les termes qui a entraîné un mépris de la politique ; or « il n’y aura plus de société démocratique demain si le citoyen ne s’empare pas de la politique . »

- d’avoir une réflexion à l’action et à la participation à la vie politique : Il est nécessaire d’avoir conscience de la fragilité de la démocratie pour que celle-ci subsiste.

- de ne pas privilégier la liberté individuelle au détriment de la liberté collective.
Disciplines scolaires et éducation du citoyen

Toutes les disciplines sont concernées par l’éducation du citoyen.

- la scientificité historique : instruction de la mémoire commune. Elle donne les repères de la réalité pour construire un avenir commun.

- les études littéraires et l’enseignement de la langue : c’est dans l’art que l’homme s’est le mieux exprimé. Cela donne matière à réflexion.

- la philosophie : Elle permet de distinguer un discours politique d’un discours sur la chose politique, les différentes notions citées précédemment, et permet une recherche sur le sens du vivre-ensemble.
Politique et responsabilité personnelle

C’est à l’école de restaurer la dignité de la politique, en posant les vraies frontières entre ce qui est politique ou non, dans une société.

La responsabilité des éducateurs est d’éveiller le citoyen, et l’inciter à s’engager dans un parti politique, afin de développer une démocratie interne.



  1. Peut-on faire l’éducation politique des élèves aujourd’hui comme hier ?

Antoine PROST, professeur émérite à l’Université Paris I
Aujourd’hui la question de la politique à l’école a un rapport direct avec trois types de changements.
Le rôle d’âge

Selon les sociologues, le « rôle » est l’ensemble des conduites et des comportements qui sont attendus de quelqu’un en fonction de sa position institutionnelle et sociale. La définition du « rôle d’âge » est implicite ; elle relève de ce que chacun sait de ce qu’il est normal qu’un enfant, qu’un ado ou qu’un adulte fasse. Or cette définition a évolué à travers les époques.

Auparavant, jusqu’au lycée, on appartenait à un « âge tendre », fragile ;la société établissait une barrière protectrice : on ne parlait ni de sexualité, ni de politique en présence d’un enfant ou d’un ado, ni en famille , et encore moins à l’école.

Les évènements de 1968 modifient le  rôle d’âge .L’école s’est adaptée à une légitimation du politique. Le rôle d’âge ne définit donc plus la jeunesse comme un âge retiré, séparé, protégé ou exclu de la politique.
L’enseignement de l’histoire

Avant , à l’école primaire, on ne parlait pas de « formation politique », mais on enseignait la « morale et l’instruction civique ».

En ce qui concerne le secondaire, l’enseignement de l’histoire n’existe que comme préparation à la politique, dans un projet de formation du citoyen : L’histoire peut développer un genre d’intelligence et d’activités utiles à toute la nation, faire acquérir à tous des notions « de peuple, de nation, d’état », et permet de comprendre l’évolution de la société.

L’enseignement de l’histoire a évolué en même temps que la conception que l’on s ‘est faite peu à peu du temps : l’histoire est l’exploration de cette « trajectoire temporelle ». C’est le recul que l’on peut avoir des évènements qui forme l’histoire.

Or aujourd’hui, on assiste plus à une succession de moments « forts » qu’à une véritable temporalité en construction. Cela est dû notamment à la crise des valeurs qui touche notre société : Aujourd’hui, on met plus en lumière ce qui sépare, ce qui identifie, que ce qui rassemble.

Cela se ressent dans l’enseignement de l’histoire, puisqu’à l’heure actuelle, on se contente de dénoncer ce qu’il faut condamner ( nazisme, fascisme…), sans pour autant re dynamiser les valeurs attenantes au droit de l’histoire et du citoyen.

Les transformations de la société

La République était fondamentalement affirmation de la dignité du politique. Tout citoyen digne de ce nom se devait de prendre part à la vie politique.

Mais certaines évolutions ont transformé ce rapport à la politique.

- L’Ecole : Afin de devenir plus neutre ( laïcité ), l’Ecole s’est éloignée du républicanisme militant.

- L’américanisation de la société : La politique n’est plus un projet issu d’une volonté générale, mais un arbitrage entre intérêts particuliers.

Il faut donc réhabiliter la politique à la fois comme projet et comme métier, si l’on veut qu’une formation à la politique soit possible. Il est important que les acteurs de l’éducation soient eux-même persuadés de la légitimité de la politique, et qu’ils s’adonnent eux-même à la démocratie dans leur quotidien professionnel : Apprendre à s’écouter, à travailler ensemble, à faire des compromis, à se responsabiliser, et à «ne pas rejeter sur les autres le poids du malheur du monde. »



  1. Quelle relation entre l’éducation civique et l’éducation aux droits de l’homme ?

Alain BERGOUNIOUX, Historien, Inspecteur général de l’Education nationale
- Les rapports entre « éducation civique » et « éducation aux droits de l’homme » doivent être pensés à la fois comme complémentarité et dualité.

Les droits de l’homme appartiennent à tout individu en tant qu’être humain et sont distincts des garanties constitutionnelles ou des droits de la citoyenneté démocratique ou d’autres droits propres aux diverses institutions politiques.

Cela relève d’une nécessaire éducation, qui passe par l’école.

Une éducation aux droits de l’homme demande d’être mise en œuvre dans un projet global qui unit les valeurs , des connaissances, des attitudes : Le but est de développer une intelligence civique.

Pour arriver à cela, trois principes ont été mis en œuvre tout au long du cursus scolaire :

- l’éducation civique doit se fonder sur des références explicites aux quatre grandes déclarations : La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, La Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, La Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales de 1950, La Convention internationale des droits de l’enfant de 1989.

- les notions de « personne » et de « citoyen » doivent être distinguées dans le but d’unir une éducation aux droits de l’Homme et un apprentissage de la citoyenneté.

- le sens de ces valeurs doit être explicité pour comprendre la dimension politique de cette éducation civique.



  1. L’éducation civique peut-elle contribuer à construire le lien social ?

Jean-Louis NEMBRINI, Inspecteur général de l’Education Nationale.
Le contexte et les enjeux

- Pour restaurer la morale civique, on a tendance à se référer au modèle de la Troisième République. Mais il est nécessaire de faire la part des choses, et savoir reconnaître les difficultés et les ratés de cet héritage.

Aujourd’hui, l’Ecole doit répondre à la perte du sens civique et à la demande sociale d’éducation qui l’accompagne.

Etat de l’éducation civique

- Sur le terrain, une grande confusion conceptuelle : « Education civique » rappelle « instruction civique », avec toute la connotation de la Troisième République qui s’en dégage.

Aujourd’hui, on parle plus « d’éducation à la citoyenneté », qui apporte « un supplément d’âme » à l’éducation civique.

On a souvent tendance à considérer l’éducation à la citoyenneté comme une forme moderne de l’éducation civique, alors que ce sont deux approches différentes.

- Confusion dans les pratiques d’éducation, entre citoyenneté de l’élève et citoyenneté politique, et sur le principe d’égalité au sein de l’établissement.
Les dimensions de l’éducation civique et de l’éducation à la citoyenneté

- L’intégration à la nation est la finalité de l’éducation civique : L’intégration directe d’individus par consentement éducatif, modèle théorique républicain, , assure en France la cohésion nationale dans le cadre de la République, en veillant à la non constitution de minorités.

- Un moyen primordial : la connaissance des principes fondateurs de la démocratie républicaine , qui permet d’armer les individus pour l’exercice de la citoyenneté à toutes les échelles.

- Le besoin d’éducation civique : L’éducation civique permet de trouver un juste milieu entre les valeurs intuitives, comme l’instinct de justice ou d’égalité, et l’esprit de conformité, qui s’oppose totalement à l’esprit critique d’un citoyen éclairé.
Les bases de la formation civique sont établies

- La volonté d’éducation civique, une permanence de l’institution scolaire : Notre édifice éducatif repose sur l’idée que la famille ne peut pas être le seul espace social de la transmission des valeurs. L’élève doit acquérir les principes de la « morale civique » ; ainsi , même si une parenthèse eut lieu entre 1976 ( collège unique ) et 1985, l’éducation civique fut une constante de l’institution scolaire.

( 1985 : restauration de l’éducation civique, avec un horaire spécifique /

1994 : « Nouveau Contrat pour l’Ecole » , avec un renforcement du rôle de la Vie Scolaire )

- Les nouveaux programmes d’éducation civique constituent un axe éducatif solide : Ils se traduisent par des dimensions éducatives complémentaires et établissent une progression des apprentissages spécifiques, en traçant les contours d’un enseignement spécifique.

- Il faut étendre ces objectifs au lycée : Au lycée, les élèves deviennent majeurs et accèdent à la pleine responsabilité citoyenne ; De plus, avec la fin du service militaire obligatoire, les lycéens n’ont plus l’occasion d’aborder des notions d’éducation civique. Cela implique donc que ces notions soient abordées pendant la seconde partie de la formation secondaire.
Les contributions à la formation du citoyen

- La formation du citoyen est d’abord une éducation du citoyen par le citoyen : Le professeur d’éducation civique n’éduque pas à l’obéissance mais au consentement.

- La transmission des savoirs est éducation civique.

- Un temps spécifique d’éducation civique est néanmoins nécessaire : pour construire des concepts, pour établir la distance entre principes républicains et morale privée, et la logique de la construction politique républicaine.
Les conditions de la réussite

- Favoriser l’autonomie des établissements en exprimant un message national fort.

- Associer mieux les familles à la mission civique de l’école

- Mobiliser les professeurs

- Comprendre les raisons des blocages inavoués ou exprimés

- Préparer les professeurs à leur mission civique, pour qu’ils aient conscience de leur responsabilité quant à l’éducation civique.



  1. L’éducation civique peut-elle changer l’école ?

Jacqueline COSTA-LASCOUX, Directrice de recherche au CNRS
Inertie et résistance

- 1985 : Relance de l’éducation civique par Jean-Pierre CHEVENEMENT. Certains se sont alors sentis soutenus, d’autres ont craint d’avoir une tâche supplémentaire à accomplir, et ne pas avoir le temps suffisant pour y parvenir. On retrouve cette réaction autant chez les enseignants que chez les parents d’élève.

- 1999 : L’enseignement de l’éducation civique entre au lycée

- Aujourd’hui : ralliement général « in extremis » à l’éducation civique.
Une histoire glorieuse et méconnue

- L’histoire de l’éducation civique est issue de la Philosophie des Lumières, et de la pensée de Condorcet.

- L’instruction civique est consacrée par la loi Jules FERRY du 28 mars 1882.

- Après la Libération, la nécessité de former le futur citoyen est réaffirmée notamment dans le plan LANGEVIN-WALLON.

-Dans les années 1970 : c’est dans la réforme HABY que « l’éducation civique » (pour la 1ère fois ainsi nommée) devient une « discipline d’éveil ».

-Dans les années 1980 : CHEVENEMENT attribue une durée hebdomadaire à l’éducation civique , et prévoit une évaluation au Brevet des collèges.

-La loi d’Orientation de 1989 institue l’éducation civique au cœur du droit à l’éducation.

-1997 : Le gouvernement JOSPIN institue l’éducation civique comme « devoir de la République », et introduit dans l’épreuve du dossier du CAPES « la dimension civique de tout enseignement et plus particulièrement de la discipline choisie. »

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