Cours de politiques publiques 2ème année 2008-2009





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Au cas où vous l’auriez manqué dans votre cours de sociologie du politique

Petit supplément en guise d’exercice pour ceux qui suivent le cours de sociologie politique en général et celui de politiques publiques en particulier sur le commentaire de texte

« L'Académie des Sciences morales et politiques de l'Institut a chargé M. Benoiston de Chateauneuf et moi, de faire dans les départements de la France des recherches d'économie politique et de statistique, dont le but était de constater, aussi exactement qu'il est possible, l'état physique et moral des classes ouvrières.

Cette mission était conforme à l'esprit et au texte de la loi du 3 brumaire an IX (25 octobre 1795), qui a organisé l'Institut, et voulait que tous les ans plusieurs membres de cette compagnie voyageassent, soit ensemble, soit séparément, pour faire des recherches sur diverses branches des connaissances humaines autres que l'agriculture.// Le choix des lieux à parcourir et du plan à suivre, nous était laissé. Nous ne pouvions entreprendre de constater l'état physique et moral de toutes les classes ouvrières, nous dûmes donc réduire le cercle de nos observations, pour nous occuper seulement des professions qui emploient le plus de bras, et ailleurs qu'à Paris. //Afin de rendre notre voyage plus utile, M. Benoiston de Chateauneuf et moi, nous nous sommes séparés. Tandis que mon confrère parcourait le centre de la France et les côtes de l'Océan, j'ai visité les départements où les industries du coton, de la laine et de la soie occupent le plus d'ouvriers.

Mais avant tout, je dirai comment j'ai procédé dans mes recherches.

Il me fallait examiner les effets de l'industrie sur ceux qu'elle emploie, interroger la misère sans l'humilier, observer l'inconduite sans l'irriter. Cette tâche était difficile. Eh bien ! j'aime à le dire : partout des magistrats, des médecins, des fabricants, de simples ouvriers, se sont empressés de me seconder. Avec leur aide, j'ai pu tout voir, tout entendre, tout connaître. Ils m'ont, comme à l'envi, fourni des renseignements. J'en ai demandé, j'en ai surpris. Et tel est le soin que je désirais mettre à cette enquête, que j'ai suivi l'ouvrier depuis son atelier jusqu'à sa demeure. J'y suis entré avec lui, je l'ai étudié au sein de sa famille ; j'ai assisté à ses repas. J'ai fait plus ; je l'ai vu dans ses travaux et dans son ménage, j'ai voulu le voir dans ses plaisirs, l'observer dans les lieux de ses réunions. Là, écoutant ses conversations, m'y mêlant parfois, j'ai été, à son insu, le confident de ses joies et de ses plaintes, de ses regrets et de ses espérances, le témoin de ses vices et de ses vertus.

Toutefois, dans la Suisse allemande que j'ai dû parcourir aussi, et dans le département du Haut-Rhin, la différence des langues ne m'a point permis de me livrer à des observations aussi intimes...

Une scrupuleuse exactitude était d'autant plus indispensable, que l'ignorance et l'esprit de parti ont répandu de graves erreurs sur les ouvriers de nos manufactures. Or, comme il m'arrive de soutenir des opinions contraires à celles que beaucoup de personnes adoptent consciencieusement, et que beaucoup d'autres défendent par calcul, c'était pour moi un devoir rigoureux de décrire les faits tels que je les avais vus.

Malgré tout le soin et toute la conscience que j'ai mis dans mes recherches, et que je mettrai à les exposer, des accusations pourront encore s’élever contre moi. On ne saurait toucher aux préjugés et aux intérêts des hommes, sans exciter leurs passions. Peut-être aussi trouverai-je des défenseurs dans les préjugés et les intérêts contraires. Mais de cette controverse, qui doit conduire à mieux éclairer les faits, il ne pourra sortir que des vérités nouvelles et utiles...

Qu'il me soit permis, en terminant cette courte introduction, d'arrêter un instant l'attention du lecteur sur les mots fabrique et manufacture, dont nous ferons très fréquemment usage.

Ces deux mots sont ordinairement employés l'un pour l'autre, et tout-à-fait dans le même sens. Nous éviterons cette confusion ; pour nous, ils signifieront :

fabrique, la ville, la localité considérée dans son ensemble, où l'on fabrique certains produits de l'industrie ;

et manufacture, le bâtiment, la maison où l'on fabrique en grand ces produits.


Guide pour préparer le commentaire de Texte
Critique externe premier temps rien qu’avec le texte

  1. Remarquez les mots en italiques (soulignés) avec des majuscules et expliquez le statut des majuscules et des italiques

  2. Quelle est la nature du texte : introduction, préambule, préface, conclusion, annexe, synthèse à quoi le voyez vous ?

  3. De combien de paragraphes se composent le texte. Pourquoi ce découpage ?

  4. A votre avis de quel siècle est-il ? (style type de considérations vocabulaire)

  5. Quel est selon vous la profession de l’auteur


Critique externe deuxième temps en allant chercher ailleurs

  1. Qui est Benoiston de Chateauneuf ?

  2. Quelles sont les missions de l’Académie des sciences morales et politiques ?

  3. Quelle est sa place dans l’Institut ? qu’est ce que l’Institut ? qui l’a fondé ? quand ?

  4. De qui est ce texte?Trouvez sa biographie et sa bibliographie classer la non par date mais par nature des textes livres/articles/rapports/discours et regarder ou se situe chronologiquement dans la vie et l’œuvre de l’auteur l’œuvre dont ce passage est extrait…..

  5. Est-ce selon vous un savant un expert ou un homme politique? A justifier en fonction de sa méthode, de ses hypothèses de ses résultats de son registre de langage de la nature des énoncés normatifs/descriptifs/ explicatifs/ Assertifs/hypothético déductif/

Critique interne :

  1. De quoi traite le texte ? définissez la thématique principale au moyen des mots du texte en une phrase et expliquez ensuite leur sens dans l’esprit de l’auteur

  2. Avec quelles hypothèses

  3. Quelle est la méthode ?

  4. Quelles sont les conclusions.


Commentaire de texte (« Au cas où … politique »). A partir des notes de Julie à compléter avec les vôtres ou mettez les bout à bout…
Académie française (académiciens = « immortels », ils sont là à vie + secrétaire perpétuel) créée par Richelieu, servait à l’origine pour créer un dictionnaire.

On est à l’institut de France, dans l’académie des sciences morales et politiques (vient-elle avant ou après l’académie de médecine ?) créée en 1795 (sous le directoire : chercher qui sont les 9 directeurs ?). Deux siècles d'existence au service de la nation
Les Académies royales furent créées dans la seconde moitié du XVIIe siècle : Académie française (1635), Académie des Inscriptions et Belles-Lettres (1663), Académie des Sciences (1666) ainsi que les différentes Académies qui sont à l'origine de l'Académie des Beaux-Arts.

Les " sciences morales et politiques " qui ne sont apparues qu'au cours du siècle suivant, dans la mouvance des Lumières, ne furent pas regroupées dans une institution spécifique reconnue par l'état royal.

Seuls d'éphémères " clubs " se réunirent autour de ces études scientifiques de l'homme. Parmi eux, on peut citer le Club de l'Entresol que fréquenta Montesquieu.

Ces thèmes d'études étaient cependant abordés dans le cadre des Académies de province, qui se développent à cette époque. Ainsi, l'Académie de Dijon mit à son concours, en 1750, la question suivante : " Le progrès des sciences et des lettres n'a-t-il pas contribué à corrompre ou à épurer les moeurs ? ". Jean-Jacques Rousseau en fut le lauréat.
1795 Création de l'Institut de France et de la Classe des Sciences morales et politiques

Les Académies royales, dont l'abbé Grégoire déclara qu'elles étaient " gangrenées d'une incurable aristocratie ", furent supprimées par le décret de la Convention du 8 août 1793. Différents projets de substitution furent élaborés, par Talleyrand (1791) puis Condorcet (1792), pour aboutir à l'adoption du projet Daunou (décret de la Convention du 3 brumaire an IV (25 octobre 1795) qui institua l'Institut de France, divisé en trois Classes (Sciences physiques et mathématiques, Sciences morales et politiques, Littérature et Beaux-Arts).
L'Académie des Sciences morales et politiques tient à la dénomination que lui ont léguée ses grands fondateurs, même si elle a perdu aujourd'hui, pour la plupart des gens, la clarté qui était la sienne au XVIIIe siècle. Les sciences morales et politiques recouvrent le champ de ce qu'on appelle aujourd'hui les sciences humaines. L'Académie est, à ce titre, la plus ancienne institution consacrée entièrement à ces sciences de l'homme. De même que les sciences physiques avaient commencé à expliquer la nature par des lois rationnelles, il s'agissait d'étudier l'homme d'un point de vue rationnel.

Comme l'exprimait Montesquieu dans la préface de l'Esprit des lois :

« J'ai d'abord examiné les hommes et j'ai cru que, dans cette infinie diversité de lois et de mœurs, ils n'étaient pas uniquement conduits par leurs fantaisies. J'ai posé les principes, et j'ai vu les cas particuliers s'y plier comme d'eux-mêmes; les histoires de toutes les nations n'en être que les suites; et chaque loi particulière liée avec une autre loi, ou dépendre d'une autre plus générale. Je n'ai point tiré mes principes de mes préjugés mais de la nature des choses.

En cela, le projet intellectuel des "sciences morales et politiques" est l'héritier direct de celui des Lumières, reformulé par les Idéologues du début du XIXe siècle. Par la connaissance des "moeurs" humaines, de leur contingence et de leur nécessité, il devenait possible de trouver les formes d'organisation politique les plus favorables au bien public et à l'épanouissement de l'individu ».

L'Académie a, tout au long du XIXe et du XXe siècles, favorisé et accompagné le développement des sciences humaines, en intégrant peu à peu en son sein les disciplines nouvelles qui apparaissaient: géographie, sociologie, psychologie. http://www.asmp.fr/presentation/histoire.htm

La branche de la médecine qui se développe en 1e, c la chirurgie (18e, avec Tenon) la médecine devient alors une science clinique, l’hôpital devient un lieu de science.

L'hôpital en tant qu'instrument thérapeutique est en effet un concept relativement moderne puisqu'il date de la fin du 18ème siècle. C'est autour de 1760 qu'est apparue l'idée que l'hôpital pouvait et devait être un instrument destiné à guérir le malade. Cela se produit au travers d'une nouvelle pratique: la visite et l'observation systématique et comparée des hôpitaux.

En Europe, on commence à réaliser une série de voyages d'études. Parmi ceux-ci, celui de l'anglais Howard qui a parcouru les hôpitaux et les prisons du continent de 1775 à 1780 ; celui aussi du français Tenon envoyé à la demande de l'Académie des Sciences, au moment où se posait le problème de la reconstruction de l'Hôtel Dieu de Paris.

Ces voyages d'étude présentaient plusieurs caractéristiques:

  1. Leur finalité consistait à définir, sur la base d'une enquête, un programme de réforme ou de reconstruction des hôpitaux. Lorsqu'en France l'Académie des Sciences a décidé d'envoyer Tenon dans divers pays d'Europe pour enquêter sur la situation des hôpitaux, il écrivit cette phrase qui me paraît très importante: « ce sont les hôpitaux déjà existants qui doivent permettre d'estimer les mérites et les défauts du nouvel hôpital. On considère alors qu'aucune théorie médicale n'est suffisante en elle même pour définir un programme hospitalier. De plus, aucun plan architectural abstrait n'est en mesure d'offrir la formule du bon hôpital. Il s'agit là en effet d'un problème complexe dont les effets et les conséquences ne sont pas bien connus. L'hôpital agit sur les maladies, il peut parfois les aggraver, les multiplier ou au contraire les atténuer.

Seule une enquête empirique sur ce nouvel objet qu'est l'hôpital, interrogé et isolé d'une manière également nouvelle, pourra donner l'idée d'un programme moderne de construction des hôpitaux. L'hôpital cesse donc d'être une simple figure architecturale et fait dorénavant partie d'un fait médico-hospitalier que l'on doit étudier de la même manière que les climats, les maladies, etc.

2) Ces enquêtes fournissaient peu de détails sur l'aspect externe de l'hôpital et sur la structure générale de l'édifice. Il ne s'agissait pas de descriptions de monuments, comme cellesque faisaient les classiques voyageurs des XVIIe et XVIIIème siècles, mais de descriptions fonctionnelles. Howard et Tenon rendaient compte, en effet, du nombre de malades par hôpital, de la relation entre le nombre de patients et le nombre de lits, de l'espace utile de l'institution, de la taille et de la hauteur des salles, de la quantité d'air dont disposait chaque malade et, enfin,

du taux de mortalité ou de guérison.

Ils cherchaient également à déterminer les relations qui pouvaient exister entre les phénomènes pathologiques et les conditions propres à chaque établissement. Ainsi, Tenon recherchait dans quelles conditions particulières on soignait le mieux les cas hospitalisés pour blessures et quelles étaient pour les blessés les circonstances les moins favorables. De cette façon, il établissait une corrélation entre le taux croissant de mortalité parmi les blessés et la proximité avec les malades atteints de fièvre maligne, comme on disait alors. Il démontrait également que le taux de mortalité des parturientes augmentait quand on les logeait dans une pièce située au-dessus des blessés.

Tenon étudiait de la même manière les trajets, les déplacements, les mouvements à l'intérieur de l'hôpital, en particulier le parcours qui suivait le linge propre, les draps, le linge sale, les serviettes utilisées pour soigner les blessés, etc. Il cherchait à déterminer qui transportait ce matériel, où l'apportait-on, où le lavait-on, à qui le distribuait-on. Selon lui, ce parcours expliquait différents faits pathologiques propres aux hôpitaux.

Il analysait également pourquoi la trépanation, qui était l'une des opérations les plus fréquemment pratiquées à cette époque, se déroulait beaucoup mieux à l'hôpital anglais de

Rethleem qu'à l‘Hôtel-Dieu de Paris. Existait-il des facteurs internes à la structure hospitalière et à la répartition des malades qui expliquaient cette situation? La question se posait en fonction de la situation des salles, de leur répartition, du transport du linge sale.

3) Les auteurs de ces descriptions fonctionnelles de l'organisation médico-spatiale de

l'hôpital n'étaient cependant pas des architectes. Tenon était un médecin et c'est comme tel que l'Académie des Sciences l'a désigné pour visiter les hôpitaux. Si Howard n'était pas médecin, il fut cependant un précurseur des philanthropes et possédait une compétence quasi socio-médicale.

C'est ainsi qu'apparut une nouvelle façon de voir l'hôpital, considéré comme un mécanisme devant soigner et pour cela devant d'abord corriger les effets pathologiques qu'il pouvait produire. (…)L'hôpital comme institution importante et même essentielle pour la vie urbaine de l'Occident depuis le Moyen Age n'est pas une institution médicale. A cette époque, la médecine n'est pas une profession hospitalière. Il est important de garder à l'esprit cette situation pour comprendre l'innovation que représente l'introduction au XVIIIIème siècle d'une médecine hospitalière ou d'un hôpital médico-thérapeutique. J'essaierai de montrer la différence entre ces deux catégories afin de situer cette innovation.

Avant le XVIIIème siècle, l'hôpital était essentiellement une institution d'assistance aux pauvres. Il était en même temps une institution de séparation et d'exclusion. Le pauvre, en tant que tel, avait besoin d'assistance ; comme malade, il était porteur de maladie qu'il risquait de propager. En résumé, il était dangereux. De là l'existence nécessaire de l'hôpital, tant pour les recueillir que pour protéger les autres du danger qu'ils représentaient. Jusqu'au 18ème siècle, le personnage idéal de l'hôpital n'était donc pas le malade, celui qu'il fallait soigner, mais le pauvre, qui était déjà moribond. Il s'agit ici d'une personne qui nécessite une assistance matérielle et spirituelle, qui a besoin de recevoir les ultimes secours et les derniers sacrements.

C'était là la fonction essentielle de l'hôpital. On disait alors — et avec raison — que l'hôpital était un lieu où l'on venait mourir. Le personnel hospitalier ne s'efforçait pas de soigner le malade mais bien différemment d'obtenir

son salut. C'était un personnel caritatif (composé de religieux ou de laïques) qui travaillait à l'hôpital pour faire oeuvre de miséricorde et s'assurer ainsi de son salut futur. Par conséquent, l'institution servait à sauver l'âme du pauvre au moment de la mort ainsi que celle du personnel qui le prenait en charge. Il exerçait une fonction de transition de la vie vers la mort, de salut spirituel beaucoup plus qu'une fonction matérielle, tout en séparant les individus dangereux du reste de la population (…)

A partir du moment où l'hôpital est conçu comme un instrument de cure et que la distribution de l'espace devient un moyen thérapeutique, le médecin assume la responsabilité principale de l'organisation hospitalière. C'est lui que l'on consulte pour déterminer comment construire et organiser un hôpital ; c'est pour cette raison que Tenon réalisa l'enquête déjà citée. Dès lors est prohibée la forme du cloître, de la communauté religieuse, que l'on avait

utilisé jusque là pour organiser l'hôpital. De plus, si le régime alimentaire, l'aération, etc., deviennent des instruments de la cure, en contrôlant le régime du malade, le médecin devient chargé, jusqu'à un certain point, du fonctionnement économique de l'hôpital qui, jusque là, était un privilège des ordres religieux.

En même temps, la présence du médecin dans l'hôpital se réaffirme et s'intensifie. Le nombre des visites augmente à un rythme croissant tout au long du 18ème siècle.

 » Michel Foucault, « L’incorporation de l’hôpital dans la technologie moderne », Troisième conférence prononcée dans le cadre du cours de médecine sociale à l'Université d'État de Rio de Janeiro, Octobre 1974.

http://documents.irevues.inist.fr/bitstream/2042/15680/1/HERMES_1988_2_30.pdf

c’est un texte court et simple vous pouvez donc le lire en entier et il vous permettra ensuite de vous lancer si vous êtes intéressés dans Naissance de la clinique, Paris, Seuil, ou Histoire de la folie à l’âge classique, Paris, Gallimard, 1972 (tel 1ere édition Plon 1961.

La psychiatrie moderne apparait dans la 1e moitié du 19e. 1838 : 1e loi sur le placement d’office et le placement volontaire. C là qu’on va imaginer créer un lieu pour soigner les fous. Cette loi ne sera remplacée et modernisée qu’en 1990 !!!

Loi sur les aliénés n° 7443 du 30 juin 1838 TITRE Ier- DES ÉTABLISSEMENTS D'ALIÉNÉS

Article 1er. - Chaque département est tenu d'avoir un établissement public, spécialement destiné à recevoir et soigner Ies aliénés, ou de traiter, à cet effet, avec un établissement public ou privé, soit de ce département, soit d'un autre département.
TITRE II - DES PLACEMENTS FAITS DANS LES ÉTABLISSEMENTS D'ALIÉNÉS

SECTION 1ère Des placements volontaires

Art. 8. - Les chefs ou préposés responsables des établissements publics et les directeurs des établissements privés et consacrés aux aliénés ne pourront recevoir une personne atteinte d'aliénation mentale, s'il ne leur est remis :

I° Une demande d'admission contenant les noms, profession, âge et domicile, tant de la personne qui la formera que de celle dont le placement sera réclamé, et l'indication du degré de parenté ou, à défaut, de la nature des relations qui existent entre elles.

La demande sera écrite et signée par celui qui la formera, et, s'il ne sait pas écrire, elle sera reçue par le maire ou le commissaire de police, qui en donnera acte.

Les chefs, préposés ou directeurs, devront s'assurer, sous leur responsabilité, de l'individualité de la personne qui aura formé la demande, lorsque cette demande n'aura pas été reçue par le maire ou le commissaire de police.

2° Un certificat de médecin constatant l'état mental de la personne à placer, et indiquant les particularités de sa maladie et la nécessité de faire traiter la personne désignée dans un établissement d'aliénés, et de l'y tenir renfermée.

En cas d'urgence, les chefs des établissements publics pourront se dispenser d'exiger le certificat du médecin ;

3° Le passeport ou toute autre pièce propre à constater l'individualité de la personne à placer.

SECTION II Des placements ordonnés par l'autorité publique

Art. 18. - A Paris, le préfet de police, et, dans les départements, les préfets ordonneront d'office le placement, dans un établissement d'aliénés, de toute personne interdite, ou non interdite, dont l'état d'aliénation compromettrait l'ordre public ou la sûreté des personnes.

Les ordres des préfets seront motivés et devront énoncer les circonstances qui les auront rendus nécessaires. http://www.ch-charcot56.fr/textes/l1838-7443.htm

28 avril 1832. Loi de réforme du code pénal. Elle porte notamment sur l’extension de la possibilité des circonstances atténuantes dans toute affaire criminelle. Désormais, les circonstances atténuantes sont prononcées par le jury.

L'Hôpital Général de 1656 est le rassemblement des établissements de Paris 4000 à 5000 personnes seront placées à la Pitié, à Bicêtre, à la Salpêtrière (Paris compte 40 000 mendiants), les grandes villes se dotent d'hôpitaux où l'accueil charitable le dispute mal à la mise au travail des mendiants valides et à la répression des déviants, les insensés s'y retrouvent également.

Population de la Salpêtrière en 1701 (La Salpêtrière est réservée aux femmes) : 4 646.

- 1894 enfants de moins de 15 ans,

- 329 filles de moins de 16 ans, estropiées. teigneuses, etc.

- 594 vieilles aveugles ou paralytiques,

- 262 vieux mariés de plus de 70 ans,

- 380 correctionnaires, libertines ou prostituées,

- 465 gueuses ordinaires et vagabondes,

- 330 femmes en enfance, d'une extrême vieillesse,

- 300 folles violentes ou innocentes

- 92 épileptiques de divers âges.
On est après 1795. L’homme qui parle a reçu une commande pour un rapport de la part des académiciens. Ce texte est le début du rapport, c’est soit la synthèse sur les conclusions du rapport, soit la lettre de remise du rapport, la préface.

Cet homme est le 1e expert de l’académie des sciences morales et politiques.

M. Benoiston de Chateauneuf = fait partie de l’aristocratie, ils ne se cachent plus à l’époque (après 1796), on leur commande des rapports, on est donc entre 1815 et 1848. Plus précisément, entre 1830 et 1848 : après le début de la révolution industrielle en France ( qui commence par le textile).

BENOISTON DE CHATEAUNEUF, Louis François.Né en 1776.Economiste et statisticien. Formé d'abord à la médecine, il devient chirurgien militaire puis abandonne cette fonction pour un poste au ministère des finances. Il se tourne alors vers la statistique, qu'il est l'un des premiers à avoir abordé de façon scientifique. Admis à l'Académie des sciences morales et politiques, il rédige plusieurs mémoires sur les maladies et la longévité de certains groupes socio-professionnels, la fécondité ou les pratiques de consommation. Il disparaît en 1856.

De la colonisation des condamnés, et de l'avantage qu'il y aurait pour la France à adopter cette mesure, par M. Benoiston de Chateauneuf, Louis-François (1776-1856), Martinet (Paris): 1827




Nature de la commande : lieux et plan à suivre laissé au choix. Aujourd’hui, ce serait une mission parlementaire, par exemple la commission des affaires sociales, un parlementaire chargé d’une mission sur l’état physique et moral des ouvriers. Ca pourrait être un chercheur. Un haut fonctionnaire qui fait de l’administration et du contrôle : l’Inspection Générale des affaires sociales. Aujourd’hui, cet homme serait un inspecteur général des affaires sociales.

Ou une mission de l’OMS sur l’état de santé des catégories ouvrières. Il pourrait dc être médecin ou fonctionnaire de l’OMS.

Pbmatique sociales = révolution industrielle + pour qu’on se préoccupe de l’état de santé des ouvriers, il faut avoir des médecins hygiénistes, la préoccupation de l’hygiène publique. On est dc après leur création. On est dc face à un expert de terrain a qui l’équivalent d’un CES demande un rapport. Il rend un rapport à l’académie, dont l’équivalent c’est le CES.

« … autres que l’agriculture » : Qui se préoccupe de l’agriculture à l’époque ? Les physiocrates.

« Nous dûmes … » : Définition du sujet/du terrain d’observation, dimension d’observations empiriques.

« Cercle des observations » = vocabulaire scientifique. Or, à l’époque, on fait des observations ds la médecine, pour faire des cas cliniques. Peut être est-il médecin, ou en tt cas biologique. C’est en tt cas un scientifique qui fait des observations du vivant + langage de sociologue (« réduire le cercle des observations »).

Ils quittent Paris et se séparent (aventuriers) : « départements où … le plus d’ouvriers » = Lyon, Chollet, Nîmes (Bure), Lille (laine du nord, velours de laine et drap de laine) [Gdes familles lilloises du textile = Mulliez (Auchan) + Motte, capitalisme familial, avec ts les héritiers actionnaires, construction d’un empire autour de la production puis de la distribution du textile], Amiens (velours de coton). Mulhouse Dollfus et Koechlin, Reims, Sedan… dans l’Est, inventeurs du paternalisme patronal et premiers chrétiens sociaux.

Le paternalisme industriel se présente comme “un système régissant les relations entre employeurs et salariés d’une entreprise dans leur totalité”, c’est-à-dire un système de relations du travail qui vise à prendre en charge intégralement le travailleur, dans sa vie professionnelle comme dans sa vie privée. En ce sens, précise André GUESLIN, c’est “un système de production et de reproduction de la main-d’oeuvre” qui se concrétise dans de multiples institutions et structures économiques et sociales: système de rémunération fondé sur la “participation aux bénéfices”; institutions de prévoyance et de protection sociale (caisse d’épargne, caisses de secours, caisses de retraite); logements ouvriers en location ou en accession à la propriété; structures d’éducation (écoles ménagères, orphelinat, subventions à l’école); structures de distraction (création et aides à des sociétés diverses); structures commerciales (commerces divers). Cette organisation totale de la vie des travailleurs dont le centre est l’usine, est bien saisie par l’expression de “ville politique” avancée par François EWALD (L’Etat providence, Grasset, 1986), et renforcée encore par la clôture délibérée qu’elle opère sur elle-même dans le but “de faire écran à la fois à l’Etat et aux luttes de la cité”. D’autres caractéristiques importantes de ce fait social total sont soulignées par André GUESLIN. Le paternalisme exprime aussi une réelle capacité d’innovation sociale de la part du chef d’entreprise, sans doute facilitée par sa présence physique “sur le terrain”, au contact direct et quotidien avec les ouvriers dans l’activité de production. Il faut d’ailleurs concevoir le paternalisme comme une “pure libéralité”, la bienveillance patronale n’étant jamais envisagée comme une obligation et restant, par principe, équilibrée par l’autoritarisme. Enfin, le paternalisme ne concerne que les entreprises naissantes et les grandes entreprises où il suppose - et c’est peut-être là une dimension essentielle de sa réussite - une véritable adhésion des travailleurs. André GUESLIN, « Le paternalisme revisité en Europe occidentale (seconde moitié du XIXe, début XXe siècle) », Genèse 7, mars 1992, pp.201-211. http://ses.ac-bordeaux.fr/spip_ses/IMG/doc/Paternalisme_GUESLIN.doc

« Avant tout … mes recherches » : il dévoile son processus de recherche scientifique, comme préconisé par Pascal : processus/protocole/méthode/définition d’objet.

« Interroger la misère sans l’humilier » = enquête sociologique, « micro-trottoir » aujourd’hui = enquête par entretiens sociologiques = « porte à porte ». Pas de micros, donc part toquer à la porte des miséreux. Parle de « misère » pas miséreux ou misérable : constatation de fait et pas jugement de valeur, c un concept qui concerne tte une catégorie de gens. Le courant qui réfléchit sur cela, c’est le « paupérisme », avec un premier texte de Napoléon III (« de l’extinction du paupérisme » : l’objectif est l’extinction de la pauvreté), puis Tocqueville. Idée que l’objectif c’est de s’occuper de ce problème, lutter contre la misère. Distinction misère/pauvreté. Cette misère n’est pas structurelle comme sous l’AR, elle résulte de l’industrialisation, c’est celle de ceux qui ont des métiers périmés ds cette ère d’industrialisation (chiffonniers, rémouleurs, colporteurs, marchands ambulants = crève la faim structurels = miséreux, vagabonds, qui ne sont pas des industrieux, pas à la manufacture ds l’atelier = c’est ça le paupérisme, ceux qui sont devenus pauvres à cause du changement de régime de P°). Il s’intéresse donc à la constitution du prolétariat ouvrier de la 1e révolution industrielle.

Paternalisme ouvrier = 1e forme d’action sociale. Il est d’abord catholique. 1e famille : Dolfus.
[CF. : G. Procacci : gouverner la misère, 1993]

Il se transforme en roi-citoyen (Louis-Philippe) qui va voir ses citoyens. Il est habillé comme un aristocrate de l’époque. Quand il va toquer à la porte, il ne va pas se faire attaquer car accompagné de magistrats, de policiers et de gens du quartier … double protection : police + justice. Angle sociologique = il a des informateurs, des introducteurs = c’est un vrai sociologue, il a des gens qui rencontrent ceux qu’il va aller voir avant lui, afin de l’introduire. Il arrive avec une position scientifique, il n’est pas dans une position supérieure. Ses visites le mènent dans des cloaques = les rues de Paris en 1848.

« Tout voir, tout entendre, tout connaitre » : avec l’aide des simples ouvriers : il s’est mis au même niveau qu’eux, il les a suivi = observation participante, ethnographique = idée de voir de l’intérieur.

« Tout entendre » = outils intellectuels pour entendre= comprendre ce qu’on lui dit, il a une grille d’analyse préalable pour pouvoir entendre ce qu’il entend. Il n’écoute pas tout ce qu’on lui dit, il ne cherche pas à vendre de la bonne pensée, de la parole complaisante.

Il a été introduit comme il l’aurait été dans les grands lieux aristocratiques. Il demande l’autorisation = c’est ça ne pas humilier la misère.

Côté insistant : vie sociale « dans tous ses aspects ». Il a fait ça dans la volonté d’une « scrupuleuse exactitude » et pour lutter contre les préjugés répandus sur les ouvriers : imprévoyants, intempérants, paniers percés, classes laborieuses = classes dangereuses, incapacité de se projeter dans l’avenir … Il veut faire du dévoilement de la réalité sociale, très longtemps avant Bourdieu. Ne veut pas de discours politisé, de la dénonciation : description de fait dans un but de déontologie scientifique = code de l’honneur des scientifiques (cf. : ne pas humilier le sujet). Il doit éradiquer les prénotions, se débarrasser des préjugés.

Il semble être un social-démocrate, un républicain de l’époque (extrême gauche). C’est un idéaliste, il promeut un idéal d’une science respectueuse de son objet d’étude = Socialiste St Simonien, utopiste.

= cet homme est le 1er sociologue empirique du monde ouvrier : L.R. de Villermé. Louis-René Villermé (1782-1863), Tableau de l’état physique et moral des ouvriers employés dans les manufactures de coton, de laine et de soie, Firmin Didot, 1840.

Et son œuvre ne fut pas vaine !
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