Monoculture for exportation and sustainable development of agriculture : the case of the banana production in Guadeloupe





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Monoculture d’exportation et développement agricole durable :

cas de la banane en Guadeloupe.
Monoculture for exportation and sustainable development of agriculture : the case of the banana production in Guadeloupe.

Philippe CATTAN, CIRAD, station de Neufchâteau - Sainte Marie, 97130 Capesterre Belle Eau, France
Michel DULCIRE, CIRAD-TERA, TA 60/15, 73 av Jean-François Breton, 34398 Montpellier Cédex 5, France

RESUME
Les exploitations bananières de Guadeloupe vivent une crise économique qui se double d’une appréhension sociétale quant à l’impact environnemental des techniques mises en œuvre pour produire le fruit. La Loi d’Orientation Agricole française de 1999, en posant un regard nouveau sur l’agriculture, représente une opportunité afin de les aider à évoluer vers des systèmes de production plus durables. Le dispositif incitatif des contrats entre Etat et agriculteurs que la Loi propose requière d’appréhender l’ensemble du contexte de la production agricole et d’identifier les différentes fonctions remplies par les agricultures de la zone. Si la spéculation bananière y prédomine, elle n’explique pas à elle seule les différents types de fonctionnement d’exploitation identifiés. La diversification des activités joue un rôle essentiel dans la viabilité économique des exploitations et la gestion des ressources naturelles. Dans ces conditions, un des enjeux majeurs en vue de faciliter leur intégration territoriale porte sur la reconnaissance différenciée des fonctions assurées par les agricultures de la zone.
Mots clefs : Antilles françaises, banane, durabilité, multifonctionnalité, typologie.

ABRIDGED VERSION

The banana sector in Guadeloupe is facing an economic crisis which is coupled with growing concern about the environmental impact of banana production techniques. The French Regulation of Agricultural Orientation (LOA) of 1999, by posing a new glance on agriculture, represents an advisability in order to help farmers to evolve to more sustainable systems of production. The inciting device of the contracts (CTE) that the Law proposes between State and farmers requires to apprehend the overall context of agricultural production and to identify the various functions filled by the agricultural systems of the banana growing zone. The article presents the results of a preliminary series of inquiries conducted for this purpose at a watershed level, as part of the research programme entitled "How do farmers regard the environment”. Figure 4 illustrates the typology proposed for the different farming systems. The importance of exported banana production cannot be fully explained by the fact that banana commodity system is structured and its market guaranteed. Some parameters, such as debt or non-agricultural employment, have as much impact on the system functions as the developments likely to affect the production unit. Diversification of activities also plays an important role in terms of economic viability and natural resource management. However, institutional support is mainly geared towards the banana sector and fails to take into account the farming system level.

The different activities are based on : bananas, other agricultural activities, and non-farming activities (Fig. 3). There is considerable conflict between farmers’ and administration’ perception (Table 3). In this context, the main issues focus on recognising the functions fulfilled by the different farming systems in the area to make their regional integration easier. The territorial farming contracts are an incentive to encourage this development (Inset 2).
Key words : banana, French West Indies, multifunctionality, sustainability, typology.


1. une situation de crise



Aujourd’hui le paysage de la partie sud de l’île de Basse-Terre en Guadeloupe est profondément marqué par la présence de la banane. Elle occupe 5000 ha des 8300 ha de SAU (Surface Agricole Utile) que compte le « croissant bananier » (fig. 1) : les revenus agricoles, l’investissement, l’organisation du travail, les emplois, les aides à la production y sont en grande partie liés à sa filière, ainsi que les perspectives d’évolution des systèmes de production de la zone. Elle représente par ailleurs la moitié des exportations de l’île.




La banane guadeloupéenne est en situation de crise depuis le début des années quatre-vingt dix. Tout en reconnaissant les efforts effectués, notamment dans le domaine de la qualité du fruit, différents rapports (Cnasea,1997 ; Mallessard,1998 ; Neuschwander,1997 ; Mossé, 1999) égrènent les problèmes rencontrés par la profession : endettement important ; arrêt programmé des tarifs et quotas européens préférentiels (fin 2005) ; maîtrise technique inégale ; arrivée prévisible de la cercosporiose noire. A ces difficultés s’ajoute la récente médiatisation de la pollution des eaux de plusieurs captages1 en Basse Terre, dans laquelle les techniques culturales de la banane ont été mises en cause (Grugeaux-Etna, 2000). Cultivée pour l’exportation, la banane nécessite en effet d’importants investissements et suit un schéma technique à hauts niveaux d'intrants2, dans lequel le raisonnement des pratiques n'intègre pas la gestion des ressources naturelles. En particulier, l’épandage régulier de nématicides et d’insecticides suscite de fortes craintes environnementales associées à la toxicité de ces produits (Mejía et Gomez, 1997). Son taux d’occupation et sa monoculture favorisent la prolifération de parasites telluriques et aériens (Mallessard, 1998) et diminuent la fertilité physico-chimique des sols (Dorel, 1993). Compte-tenu des rendements moyens obtenus, 18 à 20 t/ha3, l’ensemble de ces conditions ne permettent pas aux agriculteurs de garantir la viabilité économique de leur unité (CGER, 1998) ni sa transmissibilité affectée par le surendettement (Cnasea, 1997); elles ne leur permettent pas non plus de répondre aux attentes sociétales sur le cadre de vie.

Face à cette situation de crise, des solutions ont pour la plupart été recherchées au sein de la filière et non des exploitations agricoles et de leur contexte : la banane fixe les limites du diagnostic et des propositions ; l’augmentation de sa production et de sa qualité reste l’objectif essentiel. Les orientations proposées ne remettent pas la spécialisation des unités en question et leur domaine reste essentiellement technique : segmentation du marché pour amortir la concurrence de la banane « dollar » ; services d’appui aux planteurs ; équipement et désendettement des planteurs.

Ces approches sectorielles sont nécessaires mais doivent être complétées, car elles ne répondent pas entièrement à l’évolution de la demande sociétale. L’exigence de développement durable exprimée par la LOA (Loi d’Orientation Agricole, MAP-1999) assigne plusieurs objectifs à l’évolution des systèmes de production : viabilité économique, gestion renouvelable de l’écosystème, transmissibilité des exploitations (Landais, 1998), autonomie et contribution au développement local. Les deux arguments invoqués (emploi, exportation) pour justifier l’appui centré sur la filière semblent donc insuffisants au regard de l’ensemble des fonctions environnementales, économiques et sociales que la LOA reconnaît à l’agriculture.

Le manque de données précises sur les impacts environnementaux des systèmes de culture bananiers (Balland et al.,1998), la méconnaissance du fonctionnement des exploitations et des objectifs des agriculteurs, mais aussi la difficulté d'appréhender simultanément l'ensemble du contexte de la production agricole (attente des opérateurs économiques, écoulement des produits, demandes sociétale et institutionnelle), ralentissent l’élaboration de propositions globales et rendent nécessaire de compléter les diagnostics de filières existants afin de permettre aux exploitations de se situer dans une perspective de développement durable, inscrite dans le cadre incitatif français (enc. 1).

L
Le développement durable dans les lois françaises.

LOA : la politique agricole prend en compte les fonctions économique, sociale et environnementale de l’agriculture et participe à l’aménagement durable du territoire, en vue d’un développement durable. Les CTE (enc. 2) en est l’outil majeur.

LADT : au sein d'un ensemble européen cohérent et solidaire, la politique nationale d'aménagement et de développement durable du territoire permet un développement équilibré de l'ensemble du territoire national alliant le progrès social, l'efficacité économique et la protection de l'environnement.

Inset 1 : Sustainable development in French laws

’article contribue à ce « regard nouveau » sur l’agriculture bananière qu’appelle la LOA, en proposant une première représentation de la diversité des systèmes de production et de leur insertion territoriale en zone bananière, ainsi que des modalités de leur contribution au développement durable. Il établit aussi que la confrontation de ces éléments et de l’image qu’en ont les acteurs permet de mieux s’interroger sur le contenu des métiers d’agriculteur et de bâtir des options différenciées par type d’exploitation.
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