Le Nucléaire, stratégies politiques françaises depuis 1973





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Le Nucléaire, stratégies politiques françaises depuis 1973
Intro
Aujourd’hui la France possède le plus grand parc nucléaire d’Europe avec 58 réacteurs répartis sur 19 sites, loin devant le Royaume-Uni qui est le 2e pays d’Europe le plus fournit et qui possède seulement 23 réacteurs. Seul les Etats-Unis avec 104 centrales dépassent la France au niveau mondial. Le Japon est le seul pays qui peut rivaliser avec ses 54 centrales. Le choix du nucléaire est donc celui de la Triade. La France est le pays le plus fournit en électricité nucléaire, son parc lui permet de répondre à 78% de sa demande en électricité et le nucléaire représente près de 30% de l’énergie électrique finale du pays. Cependant si cette énergie semble être une des solutions envisagées pour pallier à la dépendance, elle est le fruit d’une politique nouvelle et de recherches scientifiques récentes.

Suite au choc pétrolier de 1973 les pays développés, dont la France, ont eu à répondre à quatre enjeux majeurs : sécurité des approvisionnements, compétitivité, solidarité entre les territoires, respect de l’environnement,… En quoi le nucléaire est-il à cette époque une réponse à ces enjeux et pourquoi la France a-t-elle choisit de maintenir et de développer sa politique nucléaire? La France est un des premiers pays développés à se lancer dans la politique du nucléaire civil et elle fait ce choix pour limiter sa dépendance et sécuriser ses approvisionnements. Ce choix fait également de la France un acteur majeur dans le domaine du nucléaire, ce qui a profité à sa puissance et à son rayonnement. Si le nucléaire a doré pendant de longues années le blason Français, cette politique subit de fortes critiques en matière de sécurité et d’environnement et il est nécessaire de se demander si elle pourra être poursuivit à long terme.



  1. 1973 la France affirme son choix : le nucléaire


1/ Ce que l’on a voulu faire et par quels moyens
La France s’engage au début des années 1970 dans le développement du nucléaire civil avec un programme de grande ampleur, le « plan Messmer ». Ce plan promulgué en 1974 prévoit la conversion de la France à l’énergie nucléaire civile et pour cela l’installation de plusieurs dizaines de centrales. Cependant cette décision est prise dans l’opacité totale, ni le peuple ni l’Assemblée ne sont consultés.

Valéry Giscard D’Estaing à propos du choix nucléaire Français, met l’accent sur l’importance des économies d’énergie réalisées grâce à l’énergie nucléaire. En effet celle-ci apparaît alors comme moins chère que le pétrole ou le charbon à long terme même si le cout des centrales et des déchets est élevé. De plus il convient de ne pas oublier que la France ne dispose que de maigres ressources en charbon et en pétrole.

« - Sur la période 1974 - 1980, le total des économies d'énergie atteint 102 millions de tonnes équivalent pétrole. Avec le charbon, qui représente 117 millions de tonnes équivalent pétrole', mais avant le nucléaire, qui représente 42 millions de tonnes équivalent pétrole, l'économie d'énergie a donc été notre première ressource énergétique nationale. »
Comment marche une centrale nucléaire ?
Une centrale nucléaire est une usine de production d'électricité. Elle utilise pour cela la chaleur libérée par l'uranium qui constitue le "combustible nucléaire". L'objectif est de faire chauffer de l'eau afin d'obtenir de la vapeur. La pression de la vapeur permet de faire tourner à grande vitesse une turbine, laquelle entraîne un alternateur qui produit de l'électricité.

Ce principe de fonctionnement est le même que celui qui est utilisé dans les centrales thermiques classiques fonctionnant avec du charbon, du pétrole ou du gaz… à cette différence que le combustible utilisé comme source de chaleur est constitué par l'uranium.

On compte alors 3 différentes circuits :

Circuit primaire : pour extraire la chaleur
L'uranium, légèrement "enrichi" ou "isotope"- 235, est conditionné sous forme de petites pastilles. Celles-ci sont empilées dans des gaines métalliques étanches réunies en assemblages. Placés dans une cuve en acier remplie d'eau, ces assemblages forment le cœur du réacteur. Ils sont le siège de la réaction en chaîne, qui les porte à haute température. L'eau de la cuve s'échauffe à leur contact (plus de 300°C). Elle est maintenue sous pression, ce qui l'empêche de bouillir, et circule dans un circuit fermé appelé circuit primaire.

Circuit secondaire : pour produire la vapeur
L'eau du circuit primaire transmet sa chaleur à l'eau circulant dans un autre circuit fermé : le circuit secondaire. Cet échange de chaleur s'effectue par l'intermédiaire d'un générateur de vapeur. Au contact des tubes parcourus par l'eau du circuit primaire, l'eau du circuit secondaire s'échauffe à son tour et se transforme en vapeur. Cette vapeur fait tourner la turbine entraînant l'alternateur qui produit l'électricité. Après son passage dans la turbine, la vapeur est refroidie, retransformée en eau et renvoyée vers le générateur de vapeur pour un nouveau cycle.
Circuit de refroidissement : pour condenser la vapeur et évacuer la chaleur
Pour que le système fonctionne en continu, il faut assurer son refroidissement. C'est le but d'un troisième circuit indépendant des deux autres, le circuit de refroidissement. Sa fonction est de condenser la vapeur sortant de la turbine. Pour cela est aménagé un condenseur, appareil formé de milliers de tubes dans lesquels circule de l'eau froide prélevée à une source extérieure : rivière ou mer. Au contact de ces tubes, la vapeur se condense pour se transformer en eau. Quant à l'eau du condenseur, elle est rejetée, légèrement échauffée, à la source d'où elle provient. Si le débit de la rivière est trop faible, ou si l'on veut limiter son échauffement, on utilise des tours de refroidissement, ou aéroréfrigérants. L'eau échauffée provenant du condenseur, répartie à la base de la tour, est refroidie par le courant d'air qui monte dans la tour. L'essentiel de cette eau retourne vers le condenseur, une petite partie s'évapore dans l'atmosphère, ce qui provoque ces panaches blancs caractéristiques des centrales nucléaires.

Les différents types de réacteur :

Il existe 4 générations de réacteurs :

. 1ère génération

Ce sont les centrales à uranium naturel, gaz, graphite centrale et à refroidissement par eau lourde ou gaz carbonique d’une production de 70 MW.

. 2ème génération

Ce sont les centrales dites CPO comme les centrales REP d’une production de 900 MW ou 1300 MW.


.3ème génération

Ce sont les centrales de type EPR d’une production de 1600 MW.

.4ème génération

Cette génération de centrale fait figure d’avenir du nucléaire, pour le moment elles ne sont qu’à l’étape de projet ce sont les centrales de type ITER, les centrales RHT haute température, les centrales RNR à neutrons rapides ou encore les centrales à fusion par confinement inertiel.

Depuis le développement de l’exploitation de l’énergie nucléaire dans le domaine civil, on dénombre pas moins de 11 types de réacteurs différents. En France seuls 4 types de réacteurs ont été utilisé :

 Réacteur à eau lourde pressurisée

 Réacteur à uranium naturel, modéré par du graphite, refroidi par du dioxyde de carbone dont le premier réacteur à usage civil en France (EDF1). Cette filière fut abandonnée pour la filière REP pour des raisons économiques. Les centrales françaises de ce type sont actuellement toutes à l'arrêt.

 Réacteur nucléaire à neutrons rapides et à caloporteur sodium, dans le cadre du projet Superphénix dont nous parlerons plus tard.

 Réacteur à eau pressurisée (REP), ce type de réacteur utilise de l'oxyde d'uranium enrichi comme combustible, et est modéré et refroidi par de l'eau ordinaire sous pression. Les REP constituent l'essentiel du parc actuel : 60 % dans le monde et 80 % en Europe.
L’avenir du réacteur nucléaire en France
Le monde du nucléaire a vu apparaître en 2000 le dernier né des générations de réacteurs nucléaire, il s’agit du réacteur à eau pressurisé EPR. Ce projet de réacteur nucléaire de troisième génération, a été conçu et développé par Areva NP au cours des années 1990 et 2000. Quatre réacteurs de type EPR sont actuellement en cours de construction : un en Finlande, un en France à Flamanville et deux autres en Chine. D'autres sont à l'étude, en particulier en Angleterre, aux États-Unis, en Italie (23 réacteurs étaient en projet fin 2009).

Ce projet a pour objectif d’améliorer la rentabilité économique et la sûreté par rapport à celles des précédents réacteurs à eau pressurisée. Il est destiné aux pays disposant d'un réseau électrique de forte capacité capable de distribuer une puissance électrique de l'ordre de 1 600 mégawatts. Par rapport aux tranches REP actuellement en service en France, l'EPR est plus complexe (il dispose de plus de circuits de sûreté) et plus gros (puissance de 1 600 MW contre 1 495 pour les derniers réacteurs construits en France). L'EPR est un réacteur à eau sous pression, conçu pour répondre aux normes de sûreté édictées par les autorités de sûreté allemande et française au cours des années 1990.

Les évolutions par rapport à la filière précédente, demandées par les autorités de sûreté nucléaire (française et allemande), sont supposées limiter les risques d'accidents et notamment le risque de fusion du cœur du réacteur qui contient l'uranium enrichi, à réduire les doses de radiations susceptibles d'affecter le personnel, et à diminuer les émissions radioactives dans le milieu environnant. Selon ses concepteurs, la probabilité d'accident serait réduite d'un facteur dix, le niveau d'exposition du personnel aux radiations, d'un facteur deux, et le niveau d'activité des rejets, d'un facteur dix, par rapport aux installations les plus récentes en service.

Selon ses concepteurs, l'EPR est étudié pour fournir 22 % de plus d'électricité qu'un réacteur traditionnel à partir de la même quantité de combustible nucléaire et pour réduire de 15 à 30 % le volume de déchets radioactifs générés grâce à une combustion plus complète de l'uranium.
. Un EPR est en construction à Flamanville 3 sous la direction d’EDF. En juillet 2010, les dirigeants ont annoncé un report de la mise en service à 2014 (soit un retard d'environ 2 ans) et un coût passant de 3,3 à 5 milliards d'euros.

. Annonce le 30 janvier 2009 par Nicolas Sarkozy de la construction d'un EPR à Penly 3 sur la côte de la Manche financé à 50% par EDF, 25% par GDF-Suez, Total et d’autres filiales se partagent les 25% restants. Le chantier pourrait commencer en 2012.

Les points positifs de l’énergie nucléaire sont assez simple à résumer :

- faible impact environnemental

- une source d’énergie sûre et constante

- sureté renforcée (Sureté : ASN)

Les points négatifs sont eux à ne pas négliger :

- traitement des déchets incertain et Coût important : la France a choisit une politique nationale de traitement de ses déchets.

- Risques: radioactivité…
2/ L’organisation du marché intérieur du nucléaire :

Pourquoi privilégier le nucléaire civil?

En France l’industrie nucléaire est publique et dominante sur le marché intérieur. Si la France est en avance en matière de nucléaire civil, c’est que tous les présidents de la république depuis le général De Gaulle ont promut la politique nucléaire.

La consommation en pétrole du pays suit d’avantage le prix du pétrole que la politique d’approvisionnement en électricité.

Comment expliquer la place de l’Etat?

Raisons : Investissement lourds, question de sécurité,… nécessite à la fois le contrôle par l’Etat et en même temps n’attire pas les acteurs privés.

La construction du parc nucléaire a coûté à la puissance publique 77 milliards d’€uros selon le ministère de l’industrie. Le coût du renouvellement des centrales est estimé à 345 milliards d’€uros.

Quelle ouverture à la concurrence?

Les prix de l’énergie nucléaire sont très inférieurs à ceux qui sont en vigueur sur le marché Européen, ce qui explique pourquoi d’éventuels concurrents hésitent à se lancer. Pour l’AIE la transition de la France vers un marché compétitif n’est pas aisé. « Bien que les secteurs de la production et du commerce sont entièrement ouverts à la concurrence, conformément aux directives européennes, la compétition reste limitée » déclarait en 2009 le directeur exécutif de l’AIE.

Les raisons sont simples : la régulation des tarifs de l’électricité par l’Etat et le rôle dominant d’EDF.

L’opérateur historique assure aujourd’hui 90% de la production d’électricité et il a conservé, grâce au maintient des prix réglementés, plus de 95 % de la clientèle résiduelle et 87% de la clientèle non-résiduelle en volume. Cependant la France met en œuvre des moyens pour ouvrir le nucléaire à la concurrence : ex de la loi Nome de 2003. Par cette loi l’Etat entend obliger EDF à céder 20% de la production française à ses concurrents. EDF qui ne l’entend pas ainsi et qui ne veut pas vendre à perte envisage de vendre le MW à 42 €uros, alors que les concurrents déclarent que l’activité ne peut être rentable au-delà de 35 €uros le MW. Pour s’imposer EDF vend plus cher. Alors que cette loi vise à ouvrir l’activité à la loi du marché donc à entrainer une baisse des prix, on se rend compte qu’elle aura pour conséquence d’entraîner une augmentation des prix. Le consommateur, s’il veut être gagnant, n’a pas intérêt à changer de fournisseur pour le moment.

Pourtant une centrale nucléaire à besoin de combustible, l’uranium. Or la France est dépourvue actuellement de ressource nationale en uranium.
Un besoin en uranium
La France est totalement dépendante en termes d’approvisionnement en uranium. La dernière mine d’uranium située sur le territoire français a fermé en 2001. Actuellement, tout l’uranium utilisé en France provient de l’étranger. L’uranium qu’a produit le groupe AREVA NC en 2005 (plus de 6000 tonnes d’uranium soit 10 % de plus qu’en 2003) provient de sites situés à l’étranger, principalement au Canada, au Niger et au Kazakhstan.

Aujourd’hui, l’approvisionnement en uranium des 58 réacteurs d'EDF dépend de l'immense usine d'enrichissement d'Areva, sur le site nucléaire du Tricastin.

L’usine EURODIF (European Gaseous Diffusion Uranium Enrichissement Consortium) est un acteur majeur du traitement et de l’enrichissement de l’uranium. Implantée dans le site nucléaire du Tricastin, fondée par le célèbre Georges Besse en 1973 assassiné par le groupe Action-Directe, inauguré en 1979 et exploitée par une filiale de Areva NC, Eurodif SA. Elle fonctionne sur la base d'un accord entre l'Allemagne, le Royaume-Uni et les Pays-Bas. Il s'agit de la seule usine d'enrichissement d'uranium qui fonctionne sur la base d'un accord multinational. Eurodif assure aujourd'hui plus du tiers de la production mondiale d'uranium enrichi. L'uranium enrichi produit par Eurodif est utilisé comme combustible par les centrales nucléaires françaises et de nombreuses centrales étrangères. L'uranium enrichi produit par Eurodif alimente environ 90 réacteurs à eau pressurisée au total, dont 58 sur 59 réacteurs français. Eurodif SA compte parmi ses clients EDF et plus de 30 compagnies d'électricité dans le monde avec pour principaux concurrents les États-Unis et la Russie.
3/Les éléments constitutifs de la politique nucléaire et raisons d’un succès :

Les logiques d’installations d’une centrale nucléaire

Les facteurs de choix d’installations d’une centrale nucléaire sont multiples et en terme économique ceux-ci peuvent se classer en deux catégories :

Les raisons macro spatiales : La proximité des centres de formation

L’absence d’énergie concurrente sur le territoire

L’absence de densités humaines pour réduire les conséquences d’un éventuel accident.

Les raisons micro spatiale : La proximité d’une source de refroidissement

Un terrain d’au moins 150 à 200 hectares

Des vents qui permettent la dispersion des gazes

Un site bien desservi par des infrastructures de communication

Ses choix répondent à des raisons économiques de proximité du marché, de rentabilité et de sécurité.

Au niveau mondial, on remarque que la majeure partie des centrales est installée sur un espace côtier, proche de la mer et aux faibles densités. Les sites sont aussi assez proches les uns des autres.
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