Centre rhone –alpes d’ingenerie sociale solidaire & territoriale





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Là encore, Manuel Valls et Emmanuel Macron, ex-ministre de l'Économie, cherchent à paver une voie à la fois libérale et sociale, que leurs contempteurs "de" gauche et "d'une grande partie de" la droite s'emploient idéologiquement à discréditer. Une vision entrepreneurialement libérale et socialement responsable ainsi fustigée par "leur" opposition est-elle infondée, utopique, voire antagoniste ?

Absolument pas. Bien au contraire, d'ailleurs. Si l'on veut une société figée, il suffit de tuer l'invention en réduisant les politiques de recherche (les inventeurs) et en contraignant les entrepreneurs (les innovateurs). À de rares exceptions près, les gouvernements successifs depuis trois décennies s'y sont employés ; et encore récemment à propos du mouvement des "pigeons" pour défendre les entreprises ou encore la réaction des chercheurs pour éviter une coupe suicidaire des crédits de recherche. Les exemples les plus dramatiques étant les sociétés antientrepreneuriales, telles celles qui sont fondées sur les idéologies communistes, fascistes ou fondamentalistes religieuses.

C'est cela, le cauchemar de Schumpeter. Chaque nouvelle période de l'histoire commence par une nouvelle société portée par un dynamisme scientifique, culturel, entrepreneurial et social ; puis arrive le temps des politiques de redistribution et de réduction des inégalités, mais avec un taux de redistribution qui finit par réduire la croissance et, à terme, par favoriser le retour des vieux démons. On n'en est pas loin. Réduire les inégalités, oui ; mais à condition de distinguer celle des rentes et celles de l'innovation.

L'homme est devenu un loup pour l'homme, il est prédateur et fossoyeur dans des dimensions et avec des armes qui le menacent d'une "sixième extermination". "La véritable entreprise de l'homme est de se réinventer lui-même", estime Fernando Savater en riposte à ce spectre. Elle est en effet, complétez-vous, de "réimaginer" l'inconnu, ce qui signifie réinventer ses rapports à l'autre, aux autres. Et, devrait-on conclure, en premier lieu "à soi"...

Notre époque est sans rêve. L'arrivée sur la Lune de quelques cosmonautes, en 1969, évoquait l'espoir d'un avenir meilleur pour nos sociétés ; or, même si les exploits des missions spatiales, comme celui de la sonde Rosetta en 2014, ont soulevé un magnifique enthousiasme, la joie est vite retombée sur terre. Les technologies ne sont pas seules porteuses de l'avenir, que ce soit pour l'espace ou le transhumanisme.

Le monde va connaître des bouleversements économiques, politiques et démographiques considérables, bien avant la conquête de Mars. Il faut donc revenir "à soi", reprendre confiance dans nos capacités à inventer et à nous adapter. Nous n'avons jamais eu autant de moyens de nous détruire comme de refonder l'humanité pour demain. Une condition nécessaire à cela : écarter le fléau de l'anthropocentrisme et se fonder sur la paléoanthropologie, qui affirme notre unité d'origine et notre communauté de destin. Là aussi, tout n'est pas à inventer, mais reste à faire, comme pour l'après COP21. Une vraie réflexion écologique et politique à l'échelle de l'humanité est "la voie" pour une nouvelle "politique de civilisation" si chère à Edgar Morin.

L'entreprise, l'entrepreneuriat, l'innovation : un triptyque au service de l'humanisation de l'humanité. Y croire est donc possible ?

C'est même un impératif catégoriel pour l'homme. Il n'existe pas de grande entreprise humaine sans imaginaire collectif ; un "grand récit" au sens de Michel Serres. C'est ce supplément d'imaginaire qui a fait que seul l'Homo sapiens est parvenu à coloniser tous les écosystèmes de la terre. Chaque grande période de l'histoire de l'humanité est portée par un nouvel imaginaire mêlant les savoirs, les innovations, les techniques et leurs représentations idéelles, à la fois dans leurs rapports à l'autre et au cosmos ; autrement dit, à l'évolution.

Il faut donc non seulement y croire mais le mettre en œuvre, au risque d'être frappé par le "syndrome de la Planète des singes". Car la vraie raison qui fait que les grands singes viennent à supplanter les hommes dans la nouvelle de Pierre Boulle, c'est que les humains avaient cessé d'être actifs physiquement et intellectuellement ; ils avaient cessé d'être de grands singes entrepreneuriaux. Notre époque se cherche un rêve et elle est formidable. Formidable parce qu'elle est celle de tous les possibles. En fait, cette exigence ontologique n'est pas nouvelle, de la Cité de Dieu de saint Augustin à la noosphère de Teilhard de Chardin. Mais ni l'un ni l'autre n'avaient imaginé une humanité connectée par-delà Dieu. Les conditions matérialistes sont réunies et il nous reste tout simplement à bâtir un nouvel humanisme.
La clé pour réussir une réforme ? Prendre son temps

 Par Franck Martin  |  19/10/2016, 9:52  |  560  mots

Les politiques pensent, nous appliquons. Nous réformons sur le terrain ce que nous politiciens pensent dans leur hémicycle. Et la bienveillance, mais aussi l'honnêteté, la transparence, la pédagogie, la communication, la patience, sont indispensables pour que le résultat soit atteint.

Prendre le temps

Pour "re-former", comme pour former, il faut communiquer, être pédagogue, prendre le temps d'accompagner humainement les démarches, les concepts, les outils, proposés. Mais il n'est pas facile d'inverser sa relation au temps et aux résultats : nous sommes trans-générationnellement, culturellement, dans un monde où, "le temps, c'est de l'argent."

Face à cette situation, nos dirigeants ont un défi : ils doivent maintenant apprendre à prendre en compte les considérations individuelles, dans la mise en place des réformes et des projets collectifs. Or, cela prend ... du temps là où l'habitude est d'aller très vite. Plus la réforme est sensible, plus elle nécessite de la relation, de la communication, de l'information, individuelle comme collective.

Dans un projet, en entreprise, une seule personne n'ayant pas compris, ou ne se sentant pas prise en compte dans ses considérations profondes, peut boguer un projet à plus ou moins long terme. Ne pas prendre ce temps, c'est faire le lit d'une bien plus grande perte que le simple temps : perte d'argent, perte des forces vives, pertes humaines. Le manque de considération humaine attire immanquablement les blocages relationnels et les conflits sociaux. C'est une équation systémique.

Réussite

La clé pour sortir de cette impasse est relativement simple : adopter une démarche respectueuse, agir avant tout avec bienveillance, être humble, prendre en compte les points de vues des autres de manière inconditionnelle, être honnête, être déterminé à aller au bout - quel que soit le temps et les difficultés relationnelles, co-créer un cadre de travail avec les forces en action, touchées par le dit projet ou la dite réforme, le respecter soi-même et le faire respecter sans aucun passe-droit, travailler de manière créative et collaborative - surtout pas de manière individualisée et hiérarchisée, sous peine d'échec immédiat ! Joyeuse réforme.
L’économie, une science expérimentale ?

par Sylvie Thoron , le 21 octobre Mots-clés Télécharger l'article

Au sein des sciences économiques, l’étude du comportement se nourrit d’un dialogue fécond entre théorie et expérience. Mettant en cause le modèle de rationalité de l’Homo œconomicus, celui-ci jette une nouvelle lumière sur la prise de décision dans les situations d’interaction stratégique.

Le courant dominant des sciences économiques est connu des autres sciences sociales pour son modèle de l’agent rationnel et égoïste. Le fameux Homo œconomicus prend ses décisions en anticipant sans faille celles des autres, en évaluant au mieux les situations risquées, et sans état d’âme, maximise son utilité qui dépend de son seul bien-être. Pourtant, ce modèle de l’agent économique a été largement mis en cause par les économistes eux-mêmes, lorsque ceux-ci ont tenté de le confronter aux comportements des individus réels.

Comment s’y sont-ils pris ? Ils auraient pu aller voir dans les entreprises comment les managers prennent leurs décisions, ou dans les maisons, comment les ménages font leurs courses. C’est ce que font, dans une certaine mesure, les gestionnaires. Au lieu de cela, ils ont fait venir les individus dans des laboratoires expérimentaux installés au sein des universités, pour analyser leurs comportements. Un laboratoire expérimental, c’est une pièce informatique meublée de boxes isolés par des paravents. Dans chaque box, un ordinateur, seul interface du « sujet » avec les autres. Chacun prend connaissance d’une situation, décrite sur son écran et expliquée par des instructions, et doit faire des choix. Pour tester le modèle théorique de l’agent économique, il faut que les conditions de l’expérience se rapprochent le plus possible de la théorie. Tout cet agencement est destiné à créer des conditions que l’expérimentaliste peut contrôler. Celui-ci doit pouvoir travailler la situation comme un biologiste dissèque une grenouille ou élève des populations de drosophiles dans des conditions différentes : l’économiste veut, comme le dit la littérature expérimentale, « isoler les effets ». L’expression peut être trompeuse. Il ne s’agit pas des effets observés de certaines causes mais des mécanismes supposés par les économistes pour expliquer certains comportements, donc plutôt des causes elles-mêmes.

La littérature expérimentale est plus qu’abondante. Ici, nous nous concentrerons sur les travaux qui s’intéressent aux situations dites d’interactions stratégiques, dans lesquelles l’individu sait que ses décisions ont une influence sur les décisions des autres, et réciproquement. Nous commencerons par expliquer la méthode qui permet aux expérimentalistes de mettre en évidence certains des « effets » escomptés dans une telle situation. Nous verrons que ce travail d’observation et d’interprétation prend le modèle théorique de l’Homo œconomicus stratégique pour référence. Les expérimentalistes tentent d’interpréter les différences entre les comportements observés et les comportements prévus par la théorie, ce qui les amène à repenser le modèle de la rationalité. Pour comprendre leurs travaux, nous verrons qu’il est utile de distinguer, dans le modèle de la rationalité, la façon dont l’agent économique raisonne, c’est-à-dire la façon dont il collecte et traite l’information d’une part, et ses motivations d’autre part.

Les expériences de laboratoire en économie

Formellement, c’est la théorie des jeux qui est utilisée pour étudier le comportement de l’Homo œconomicus dans les situations d’interactions stratégiques. Il s’agit alors de décrire, comme dans un jeu de société, qui sont les « joueurs », quelles sont les règles à respecter et comment les gains dépendent des décisions des uns et des autres. Chaque joueur connaît toutes ces informations et les traite au mieux pour choisir la stratégie qui maximise son utilité. Afin de comparer les comportements d’individus réels interagissant avec leurs semblables à ce que prédit la théorie des jeux, la littérature expérimentale construit des protocoles qui décrivent la façon dont le jeu théorique va effectivement être joué par les sujets dans le laboratoire.

Prenons l’exemple du jeu de l’ultimatum, grand classique utilisé pour la première fois comme base d’un protocole expérimental par Werner Güth et ses coauteurs en 1982, et repris maintes fois depuis dans la littérature (voir Camerer 2003). Il s’agit d’une situation d’interaction simple entre deux individus. Chaque sujet dans son box prend connaissance des instructions qui décrivent le protocole. Il apprend qu’il forme une paire avec un des participants, sans savoir qui ; et qu’une petite somme d’argent, de l’ordre d’une dizaine d’euros, est à leur disposition. De deux choses, l’une. Soit le sujet a pour rôle de proposer un partage de la somme avec son binôme, et il est alors celui qui pose l’ultimatum. Soit il est celui qui reçoit la proposition et peut alors seulement l’accepter ou la refuser. Il a alors un droit de veto. S’il accepte, les deux sujets de la paire reçoivent un montant conforme au partage proposé par le premier. S’il refuse, aucun des deux ne touche rien. Toutes ces informations, que l’on appelle les règles du jeu, sont connues des deux membres de la paire. On dit qu’elles sont « connaissance commune », ce dont l’expérimentateur s’assure en lisant les instructions à haute voix au début de l’expérience. Une autre caractéristique importante de l’approche expérimentale en économie est donc aussi que les sujets sont payés à la fin de la séance en monnaie sonnante et trébuchante, en fonction des résultats.

L’intérêt du jeu d’ultimatum n’est pas tant de représenter une situation réelle que de servir d’outil pour disséquer et comprendre le comportement des sujets. La théorie des jeux prédit que le deuxième sujet, s’il se comporte en Homo œconomicus, n’exercera jamais son droit de veto si on lui propose n’importe quelle somme strictement supérieure à zéro, car son paiement (payment) sera alors toujours plus élevé que s’il refuse le partage. En conséquence, la théorie prédit que le premier sujet proposera à son partenaire le montant minimum supérieur à zéro, un centime par exemple, car c’est ainsi qu’il maximise son gain. Qu’a-t-on pu observer dans les expériences ? Ce jeu a été utilisé tant de fois comme base de protocoles expérimentaux, et l’on a si souvent observé le même type de comportement, que l’on parle de « faits stylisés » : généralement, le premier sujet propose de laisser à son partenaire près de 40% du montant et, généralement, le sujet qui répond accepte, mais refuse lorsque le montant proposé est inférieur à 20%. Bien entendu ces résultats sont issus de traitements statistiques de données d’une grande hétérogénéité, mais ils sont clairement significatifs. Si l’on compare le comportement observé à ce que prédit la théorie des jeux, la conclusion semble sans appel. Le comportement du sujet réel n’est pas conforme à ce que prédit le modèle théorique. Homo œconomicus est trop égoïste. Fin de l’histoire ?

Pas tout à fait, car on peut avancer au moins deux catégories d’ « effets » au sens économique, qui permettent d’expliquer, d’une part, que le sujet qui pose l’ultimatum se montre relativement généreux, et d’autre part que son partenaire refuse des montants strictement positifs. Dans une première catégorie d’effets le sujet est intrinsèquement généreux, se préoccupe de son partenaire, ou encore, prend en compte des normes sociales, des valeurs, etc. Toutes ces raisons peuvent sembler bien sûr très différentes les unes des autres pour un sociologue ou un psychologue, mais pas pour un économiste fidèle au modèle standard, car aucune d’elles n’est prise en compte dans la représentation d’Homo œconomicus.

Le modèle économique peut par contre capter la deuxième catégorie d’effets. Ceux-ci permettent d’expliquer, au moins, le comportement du sujet qui pose l’ultimatum : ce sont les effets stratégiques. En l’occurrence, le premier sujet a peut-être été relativement généreux parce qu’il anticipait le refus de son partenaire s’il ne l’était pas. Pour mettre clairement en évidence les effets non stratégiques de la première catégorie, il faut donc imaginer un autre « traitement » du protocole, en tout autre point comparable au précédent, sauf que le sujet qui reçoit la proposition, cette fois-ci, ne peut pas y répondre. Il s’agit alors du jeu du dictateur. Le premier sujet ne pose plus d’ultimatum, il dicte le partage. C’est sa décision qui détermine ce que recevront les deux membres de la paire. En comparant le traitement ultimatum et le traitement dictateur, les expérimentalistes ont alors pu observer que le premier sujet était plus généreux quand il posait un ultimatum que lorsqu’il était dictateur, et ils en ont déduit que les aspects stratégiques jouaient néanmoins un rôle. Les sujets réels sont certes moins égoïstes qu’Homo œconomicus, mais ils partagent avec lui, dans une certaine mesure, le goût de la stratégie.

Ainsi, en construisant un protocole qui décrit les conditions de l’expérience et en variant les traitements, l’expérimentaliste compare les comportements et isole différents « effets ». La méthode reste cependant essentiellement hypothético-déductive. La construction du protocole, comme l’interprétation des observations, se font en référence à un modèle de l’Homo œconomicus stratégique issu de la théorie des jeux.
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