Qui sont les nouveaux défenseurs du «bon sens populaire» ? Comment ont-ils pesé sur la loi relative à la sécurité ?





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L'UMP peut-elle résister au populisme ?

Article paru dans l'édition du 23.12.10

- Qui sont les nouveaux défenseurs du « bon sens populaire » ?

- Comment ont-ils pesé sur la loi relative à la sécurité ?








A l'issue de l'examen en deuxième lecture à l'Assemblée nationale du projet de loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (Loppsi), Lionnel Luca, député (UMP) des Alpes-Maritimes, s'est félicité de la victoire du « bon sens populaire ». C'est ainsi qu'il qualifiait l'adoption de quatre amendements portés par le collectif de la Droite populaire au texte, qui a été adopté mardi 21 décembre.

Quatre amendements symbolisant une même volonté d'infléchir le débat politique sur les thèmes de la sécurité, en lisière des terrains courus par l'extrême droite.

Sécurité, immigration, automobilistes... L'amendement défendu par Bernard Reynès (UMP, Bouches-du-Rhône) sur la conditionnalité des financements du Fonds interministériel de prévention de la délinquance vise, selon son auteur, à « instituer une incitation financière à la mise en oeuvre de la loi ». Ils seraient ainsi réservés aux bons élèves de la politique de sécurité engagée par le gouvernement. Une position défendue en d'août par Christian Estrosi, alors ministre de l'industrie et toujours maire de Nice.

Dans la foulée, le ministre de l'intérieur, Brice Hortefeux, avait demandé aux préfets de dresser un bilan des politiques de prévention dans les grandes villes, de recenser les « initiatives » et les « points de blocage ». L'amendement a reçu l'appui du gouvernement, qui a demandé que cette conditionnalité concerne également les projets de vidéosurveillance. La gauche s'est élevée contre ce qu'elle qualifie de « mise sous tutelle » des collectivités locales.

La « double peine » est un autre sujet qui revint en force dans le discours politique, quand Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'intérieur, avait voulu en 2003 prendre la gauche à contre-pied en s'en faisant le contempteur. La droite, pressée par le FN, s'en fait de nouveau le héraut. Le principe de la peine complémentaire existe déjà dans le droit pénal français, mais il s'agit avant tout d'envoyer un signal.

Face à Delphine Batho (PS, Deux-Sèvres) qui protestait, Jean-Paul Garraud (UMP, Gironde) s'est indigné : « Nous voulons donner au peuple la possibilité de se prononcer sur cette question parce qu'il se la pose et vous ne voulez pas lui donner ce pouvoir ! »

Le combat a ensuite porté sur le « sentiment de chasse aux automobilistes », décrit dans l'Hémicycle par Claude Bodin (UMP, Val-d'Oise). Le peuple des automobilistes est « exaspéré », souligne-t-il. Jacques Myard (UMP, Yvelines) fait état d'« un profond malaise dans la population ». Résultat : un amendement qui permet d'accélérer la récupération des points perdus sur le permis de conduire.

Dernier volet, enfin : l'extension des pouvoirs des polices municipales. « Je me félicite, explique Brigitte Barèges (UMP, Tarn-et-Garonne), maire de Montauban, de la mise en place dans ma commune d'une police municipale dotée d'un armement, patrouillant sept jours sur sept, vingt-quatre heures sur vingt-quatre et s'appuyant sur un système de vidéoprotection. »

En conséquence, il convient d'accorder aux polices municipales des pouvoirs supplémentaires de police judiciaire. L'exposé des motifs précise qu'il s'agit de « pallier les diminutions d'effectifs de police et de gendarmerie ». L'amendement a été rejeté grâce aux voix de la gauche. A défaut de statut nouveau, la Droite populaire s'est contentée de réclamer - et d'obtenir - la création d'une « médaille d'honneur de la police municipale », une distinction comme celle existant dans la police nationale et qui constitue une forme de reconnaissance.

Un « aiguillon » de la majorité Le « bon sens populaire » devient ainsi une sorte de marque de fabrique de tous ceux qui, au sein de la droite dure, vouent aux gémonies l'« idéologie des élites ». C'est l'expression utilisée par Marine Le Pen, la vice-présidente du Front national, pour saluer le succès du oui au référendum sur l'expulsion des délinquants étrangers organisé le 28 novembre en Suisse à l'initiative de la droite populiste. Expression reprise à leur compte par les porte-parole de la Droite populaire avant de relancer leur amendement sur la peine complémentaire d'interdiction du territoire.

La charte du collectif lancé le 14 juillet 2010 par 35 députés de l'UMP, revendiquant leur appartenance à une « droite de conviction », entend défendre « la nation, le patriotisme et la République », « contre les tabous du «politiquement correct» ». Un des membres fondateurs du collectif, Thierry Mariani, en pointe sur les dossiers de l'immigration - il est notamment à l'origine du fameux amendement sur les tests ADN pour les étrangers sollicitant un regroupement familial -, est entré au gouvernement à la faveur du dernier remaniement, en novembre.

Ils se présentent aujourd'hui comme un « aiguillon » de la majorité présidentielle. Parmi eux, des proches de Jean-François Copé, l'ancien président du groupe de l'Assemblée nationale et nouveau secrétaire général de l'UMP, comme Elie Aboud, Yves Albarello ou Bernard Reynès, piliers de la construction des clubs Génération France fondés par celui-ci. Certains, comme Christian Vanneste, député du Nord, plaident ouvertement pour un rapprochement avec le FN. La ligne générale, cependant, reste de « ne pas laisser à d'autres le monopole de sujets attendus par l'opinion et parfois oubliés par notre groupe », comme l'expliquait Lionnel Luca avant l'examen du texte sur la sécurité intérieure.

La Loppsi leur a fourni une première occasion de peser directement dans le débat en défendant dans l'Hémicycle des amendements estampillés « Droite populaire » et en les présentant comme tels. Ainsi, en séance, Jean-Paul Garraud (UMP, Gironde), soutenant l'octroi de pouvoirs étendus de police judiciaire aux polices municipales, s'est ouvertement réclamé - c'est une première - de ce collectif pour répondre aux arguments qui lui étaient opposés par la gauche.

Un climat favorable Outre le caractère coordonné de cette première apparition publique de la Droite populaire, elle est aussi la manifestation d'un climat. Depuis la déroute des élections régionales, des voix se sont multipliées à droite pour réclamer un « retour aux fondamentaux ». A commencer par celle de Jean-François Copé. Le discours de Grenoble du président de la République a ouvert les vannes. Il permet aujourd'hui de recycler des thèmes considérés jusque-là comme devant être maniés avec précaution.

A la veille du débat sur la Loppsi, le président du groupe UMP de l'Assemblée, le très chiraquien Christian Jacob, accueillait encore avec « prudence » la proposition de la Droite populaire sur la peine complémentaire. Ces prudences ont été balayées lorsque Nicolas Sarkozy lui-même a indiqué qu'il fallait « laisser le débat parlementaire se faire ». Un quasi-feu vert. p

Patrick Roger










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