TD. Analyse de conflits sociaux récents





télécharger 39.14 Kb.
titreTD. Analyse de conflits sociaux récents
date de publication13.02.2017
taille39.14 Kb.
typeDocumentos
d.20-bal.com > loi > Documentos

    TD. Analyse de conflits sociaux récents


Guide pratique : six questions pour analyser un mouvement social (E. Neveu)

L'analyse d'un mouvement social demande toujours une connaissance fine du milieu où il se développe et une écoute de ses protagonistes. Six ques­tions peuvent cependant guider l'enquête.
Milieux « conducteurs »

Comme diverses matières conduisent plus ou moins bien le courant électrique, les milieux sociaux sont inégalement « conducteurs » des mobilisations. Pour Tilly, deux critères peuvent être soulignés. Le premier consiste à se demander si le milieu concerné est marqué par une forte identité, une conscience collective. Celle-ci peut provenir de caractéristiques qui s'imposent aux individus être femme, noir ou jeune sont des données dont on ne se débarrasse pas comme d'un costume. L'identité catégorielle peut aussi naître de la capacité d'un groupe à offrir à ses membres une image d'eux-mêmes forte et valorisante :sentiment d'appartenir à un groupe à la fois créateur des richesses économiques et porteur d'un projet de changement de la société pour le monde ouvrier à l'apogée du commu­nisme, fierté de se sentir membre d'une élite de la naissance ou de la performance scolaire pour les aristocrates d'hier ou les diplômés des grandes écoles d'aujourd'hui. Mais, à côté de ces éléments d'une identité, d'un « nous », qui reposent sur l'appartenance objective, parfois subie, à des catégories (les hommes, les fonctionnaires, les sans-papiers), il faut aussi considérer les liens sociaux dont les individus sont les constructeurs actifs. La notion de réseau peut résumer ces liens volontaires que sont l'appartenance à une association, une « bande »,

les loisirs partagés dans une chorale, un groupe de supporters. Plus un groupe social superpose une forte identité catégorielle et des réseaux de liens entre ses membres, plus il est apte à se mobiliser. On distingue alors des groupes dotés d'une très forte cohérence, comme l'étaient jadis les mineurs du Pas­de-Calais ou les instituteurs publics. La conscience fière d'appartenir à un groupe social respectable se combinait à d'intenses réseaux de liens volontaires syndicats, mutuelles, clubs sportifs, loisirs partagés, mariages au sein du groupe. À l'inverse, d'autres groupes (chômeurs, intérimaires) combinent une identité faible ou peu valorisante. Ils associent des personnes dont les trajectoires de vie sont très diverses, dont les réseaux d'amitiés ou de loisirs - lorsqu'ils sont solides - se construisent largement en dehors de leur profession ou catégorie.

Les mots « groupe » ou « catégorie » ont été systématiquement associés dans ce texte au processus de mobilisation. On voit désormais qu'il serait plus juste de parler de groupe latent ou potentiel. Les « groupes » ont des degrés de réalité (on dit aussi d'institutionnalisation) très variés. Certains ont une existence consacrée par des syndicats, des catégories statistiques (les PCS de l'Insee), parfois des règles très précises d'accès à la profession (médecins). D'autres peuvent ne jamais « prendre », ou uniquement dans des situations très particulières. Les ramasseurs de champignons constituent un groupe latent qui existe sur le papier. Il mêle des personnes très diverses qui s'ignorent mutuellement, n'a aucune organisation. Mais un arrêté municipal réservant la cueillette des cèpes aux habitants du village pourrait amener les ramasseurs du dimanche, venus de la ville voisine, à créer une association, à devenir un groupe « réel ».
Milieux segmentés, milieux intégrés

Une autre distinction peut renvoyer à l'accès inégal dont disposent les groupes à l'égard des centres de pouvoir. Un groupe donné peut-il ou non facilement se faire écouter et entendre de ceux qui ont un pouvoir de décision sur sa situation (direction d'une entreprise, administrations, ministères)? Parce qu'ils sont organisés, puissants ou capables d'exercer des menaces, certains groupes disposent de relais politiques, d'accès faciles aux « guichets » du pouvoir. Les anciens de l'ENA, les chefs d'entreprise, mais aussi le monde paysan à travers la FNSEA et le CNjA correspondent à ce cas de figure. À l'inverse, d'autres groupes, parce qu'ils sont stigmatisés (« sans-papiers », prostituées), parce qu'ils sont atomisés (chômeurs) ou dotés de peu de poids social (Gitans), ne parviennent pas à bénéficier de cet accès, plus encore de l'écoute des décideurs. Dans ces milieux « segmentés », c'est-à-dire coupés des foyers de décision, le recours au conflit constitue une stratégie presque obligée - ce qui ne veut pas dire facile, ni même toujours possible - pour faire réagir des autorités indifférentes ou inaccessibles.

Comme le montre le cas des médecins libéraux en 2001-2002, des groupes « intégrés », connectés aux lieux de décision, peuvent aussi faire usage de la mobilisation, s'ils ont le sentiment que des changements (de gouvernement par exemple) leur font perdre leur position stratégique et que leurs revendications n'aboutissent plus.
Ressources

Les chances de se mobiliser, d'obtenir gain de cause dépendent aussi des ressources du groupe. Le mot désigne toutes les formes de capitaux, de savoir-faire, de relais que peut mettre en aeuvre un mouvement. Il peut s'agir de ressources financières pour payer le transport de manifestants ou une campagne de publicité. C'est aussi la ressource du nombre pour manifester. Les ressources viennent aussi du pouvoir de nuisance. Un arrêt de travail des aiguilleurs du ciel crée plus de perturbations que celui des cracheurs de flammes. Savoir utiliser les médias est une autre ressource importante. Des organisations comme Greenpeace ou SOS Racisme ont su en faire un usage très efficace. D'autres sont plus maladroits, comme ces représentants des « familles » protestant fin 1997 contre le plafonnement des allocations familiales, en manteau Loden et jupe plissée bleue, suggérant à beau­coup de téléspectateurs l'image négative de BCBG. Les ressources peuvent encore renvoyer à l'image sociale du groupe : celle des infirmières ou des prix Nobel est plus positive que celle des huissiers ou des prisonniers. Il faut surtout manier la notion de ressource de façon relationnelle : la valeur d'une ressource donnée ne se mesure que dans un contexte particulier. La force physique peut être une ressource quand en janvier 1999 quinze mille mineurs roumains marchent sur Buca­rest et arrachent des hausses de salaire de 30 % après une véritable bataille contre trois mille policiers, où ils font même des prisonniers ! Dans une société où la pacification des conflits est plus grande, où les médias diffusent en direct des images très émotionnelles, une violence moindre (celle de paysans bretons saccageant une gare et des réseaux électroniques de la SNCF en 1998) peut à l'inverse susciter le dégoût et dévaloriser le mouvement.
Les mots pour le dire

Il faut aussi donner un langage à son mécontentement. Se mobiliser suppose toute une série d'opérations « intellectuelles » ou « symboliques » :définir une situation comme injuste ou problé­matique, identifier des responsables ou des adversaires, formuler des demandes précises pour mettre fin au problème. Contrairement à une idée reçue, rien de cela ne va de soi. Des difficultés peuvent être très malaisées à exprimer. Le chômage peut engendrer des sentiments de honte, de repli sur soi peu propices à une prise de parole. Certaines formes de domination peuvent être tenues pour naturelles par ceux qui les subissent. La romancière afro-américaine Toni Morisson décrit dans t'Œil le plus bleu la façon dont une partie des Noirs américains a pu intérioriser les stéréotypes racistes associant le noir à la laideur, avant que les mouve­ments des années 1960 n'expriment une fierté de soi symbolisée par le slogan « Black is beautiful ». Un mouve­ment social doit aussi pouvoir répondre à des questions de base : d'où la situa­tion contre laquelle il se mobilise vient­elle ? Où les responsables sont-ils ? Quelles solutions apporter ? Toutes ces opérations peuvent être difficiles à réaliser lorsqu'un « problème » naît de causes très complexes. Qui est « responsable » des naufrages de pétro­liers ? De la « vache folle » ? Du chômage ? Enfin, dans un monde où les médias deviennent des acteurs à part entière des mouvements sociaux, la capacité des groupes à mettre en scène leur identité et leurs revendications d'une manière qui les fasse voir et « bien voir » est très inégale.
Organisations et entrepreneurs

Il arrive que des mouvements sociaux naissent de façon spontanée de l'indignation suscitée par une situation d'injustice, par un acte interprété comme agressif ou méprisant. Mais aucun mouvement social ne peut aller au-delà du feu de paille d'une colère momentanée sans une certaine organisation. Convoquer une manifestation, définir des mots d'ordre ou des revendi­cations exigent un minimum de coordination volontaire. Un milieu social disposant d'organisations (syndicats, associations...) est plus propice à la mobilisation. On peut pousser l'analyse plus loin et considérer que sans organi­sations relativement structurées (même si elles peuvent être provisoires comme les « coordinations »), sans porte­parole, un mouvement social est voué à l'échec, à l'explosion sans lendemains. On peut comparer l'organisation ou le porte-parole à une sorte d'entrepre­neur de protestation. Il bénéficie d'un minimum d'adhésion du groupe mobilisé, il met en oeuvre des savoir-faire en matière d'organisation de la protestation, produit un discours qui rend la protestation intelligible au public. Il peut arriver que certains groupes latents cumulent tant de handicaps (atomisation, image dévalorisante, rareté des individus capables de prendre la parole conformément aux règles des médias et de la vie publique) que leur mobilisation suppose l'intervention d'entrepreneurs extérieurs au milieu. Les mobilisations de sans-logis ou celle du « quart monde » ont ainsi été au départ animées par des prêtres.
Les conjonctures politiques

L'effet d'un mouvement n'est jamais réductible à une sorte de mécanique où la mobilisation réussie d'une force X produit à coup sûr un résultat Y. On trouverait au contraire bien des exemples où de petites mobilisations obtiennent de grands succès et de grandes mobilisations de petits résultats. Le pouvoir politique peut réagir de façon très différente à des mobilisations d'une force comparable. Les gouvernants se demanderont si la revendication met ou non en cause de grands choix politiques, si les protestataires se recrutent parmi leurs électeurs ou non, si des élections sont proches. Lycéens et étudiants ont rapidement obtenu le retrait d'un projet de « Smic jeunes » fin 1994 car leurs manifesta­tions constituaient une menace électorale pour le Premier ministre Balladur, candidat à la présidentielle. À l'inverse, la longue grève générale du personnel des impôts en 1989 n'a eu que de faibles résultats : s'étant développée après les élections, elle ne comportait donc pas de menace sur ce terrain, et ses revendications étaient perçues comme une mise en cause de la politique de gel des salaires menée par le gouvernement. La notion de conjoncture politique signifie aussi qu'un gouvernement soutenu par une majorité formée de plusieurs partis sera sensible à un mouvement social soutenu par un des partis de sa majorité, surtout si les élus de ce parti sont indispensables au Parlement. Le vote en 2000 d'une « loi de modernisation sociale » est ainsi né des tensions au sein de la « gauche plurielle » suite à des fermetures d'entreprises ou d'usines (Danone, Marks & Spencer).

Les six variables énumérées ici n'épuisent pas la réflexion sur les mouvements sociaux. Elles ne constituent pas une formule magique, mais les prendre en considération peut déjà conjurer beaucoup d'explications simplettes.



  • Première étape : à partir du texte précédent, précisez la grille pour analyser un mouvement social.

  • Deuxième étape : Remplir la grille par l’étude d’un conflit récent à l’aide de documents choisis sur internet

Grille

Nommer le conflit




Contexte général et situation spécifique






Milieux « conducteurs » :

-

-






Milieux segmentés ou milieux intégrés :






Ressources mobilisées :

-

-

-

-





Les mots pour le dire :

-

-

-

-





Procédures d’institutionnalisation :

-

-

-




Conjoncture politique :

-

-

-

-




Résultats du conflit :

-

-

-




Grille d’analyse des conflits sociaux

1. Détaillez les critères de la première colonne en vous appuyant sur la fiche-outil 1 page 317

2. Remplissez la deuxième colonne en étudiant un conflit récent à l’aide d’internet et des journaux du CDI.



Nommer le conflit


Les homosexuels

Contexte général et situation spécifique

L'homosexualité à toujours existé. L'homosexualité reste inférieur à l'hétérosexualité . Les homosexuels possèdent pas les même droits d'où les nombreux conflits.


Milieux « conducteurs » :

- conscience collective (forte ou faible)

- réseaux (denses ou faibles)

Les homosexuels sont solidaire entre eux. Ils ont une identité commune (point communs) mais ils n'appartiennent pas à un même niveau social. C'est pourquoi leurs consciences collectives est moyenne mais leurs réseaux est dense.


Milieux segmentés ou milieux intégrés :

capacité d’accès aux centres de pouvoir (importance, nature)

Les homosexuels n'ont pas les même droits que les hétérosexuels notamment au niveau du mariage et de l'adoption. C'est pourquoi il y a encore aujourd'hui une certaine discrimination envers les homosexuels. Cependant ces différences évoluent positivement.

Ressources mobilisées :

- financières

- nombre

- pouvoir de nuisance

- utilisation des médias

- etc.

  • manifestations

  • associations

Les mots pour le dire :

- définition de la situation

- identification des adversaires

- formulation des demandes

- valorisation de l’image du groupe

- mise en avant des causes et des solutions aux problèmes

Les adversaires sont les homophobes ou encore certaines personne politique

L'exclusion en France existe pour les homosexuels qui, depuis le début des années 1990, revendiquent par le biais de différentes associations une politique des identités, afin que la communauté homosexuelle puisse s'affirmer comme telle.



Procédures d’institutionnalisation :

- organisations

- « entrepreneur de protestation »

- procédures de résolution du conflit

  • la reconnaissance du couple homosexuel qui a été amélioré grâce aux conflits qui ont été menés.

  • La gay pride .

Conjoncture politique :

- remise ou non en cause des grands choix politiques

- électorat concerné

- soutien de partis politiques (majorité / opposition)

- proximité des élections

Nicolas Sarkozy, lors de la campagne électorale avait annoncé que jamais il ne légaliserait le mariage homosexuel et l'adoption.

Résultats du conflit :

- revendications satisfaites

- honorabilité de la solution

- probabilité d’une résurgence du conflit

Le mariage homosexuel n'est encore pas reconnu l'égal. De même pour la question parentale. L'adoption reste un point qui n'a pas évolué au sein de notre société.

similaire:

TD. Analyse de conflits sociaux récents iconFiche de synthèse sur conflits sociaux, mouvements sociaux

TD. Analyse de conflits sociaux récents iconPublié dans Kirat T. et Torre A. (2008), Les territoires des conflits...

TD. Analyse de conflits sociaux récents iconBulletin n°12 Automne 2002
«billet d’humeur». Plusieurs évènements récents et inquiétants méritent une réflexion

TD. Analyse de conflits sociaux récents iconConcours gratuits à l’association francas dans le cadre du contrat Enfance Jeunesse
Dans le décret du 07 mai 1995 relatif aux ccas, IL est précisé dans l’article 1 que les ccas procèdent annuellement à une analyse...

TD. Analyse de conflits sociaux récents iconLois fondamentales : méthodes d’analyse et de calculs
«savoirs» indispensables à l’analyse de l’électronique. Vous êtes bien sûr invités à le compléter de manière à ce que ce dossier...

TD. Analyse de conflits sociaux récents iconProgramme d’Éducation préscolaire et enseignement primaire
«Travaux que l’élève doit exécuter en dehors de l’horaire régulier de l’école dans le but d’approfondir et de consolider les apprentissages...

TD. Analyse de conflits sociaux récents iconTribunal des conflits

TD. Analyse de conflits sociaux récents iconTribunal des conflits

TD. Analyse de conflits sociaux récents iconTribunal des conflits

TD. Analyse de conflits sociaux récents iconTribunal des conflits






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
d.20-bal.com