L e Courrier de la Marche Mondiale des Femmes contre les Violences et la Pauvreté





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Le Courrier de la Marche Mondiale des Femmes contre les Violences et la Pauvreté

N° 188 – 18 novembre 2011

Bonjour, voici quelques textes, rendez-vous et communiqués concernant les droits des femmes, en espérant qu’ils vous seront utiles. Ceci est un bulletin de collecte d’informations, ce qui veut dire que nous ne sommes pas obligatoirement d accord avec tout ce qui est écrit (sauf pour les communiqués signés Marche Mondiale des Femmes). Si vous recevez ces informations plusieurs fois (attention, vérifiez que l’envoyeur est bien la MMF) ou si vous ne voulez plus les recevoir, répondez a ce mail.

Site : http://www.mmf-France.fr

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SOMMAIRE

1 - Prostitution BASTA YA, ça suffit ! – Manifestation le 26 novembre à la Jonchera au Perthus !

2 - 8ème Rencontre Internationale de la Marche Mondiale des Femmes aux Philippines – Page 3

3 - Abolition 2012 : Pour l’adoption d’une loi d’abolition du système prostituer – Appel et Pétition – Page 3

4 - Plan de rigueur: double peine pour les femmes – Page 4

5 - « Grand prix de la fessée, de la tarte et du sexisme ! » - Page 4

6 - Pourquoi nous sommes contre la GPA – Page 6

7 – Débat : Quelle place pour les femmes dans la révolution syrienne ? – 29 novembre – Page 6

8 - Politiques publiques en matière de prostitution - Convention abolitionniste et appel « Abolition 2012» - Page 7

9 - Film sur « La couverture géante » : Appel à souscription – Page 7

10 - Films : séances : Sous les plis du drapeau rouge – Page 7

11 – Livre : « 40 ans de slogans féministes – 1970 – 2010 » - Page 8

12 - Exposition Nelly Trumel – page 8

13 - Nouvelles vidéos sur Teledebout - Page 8

14 - Radio-Libertaire – Emissions Femmes Libres - Page 8

SPECIAL 25 NOVEMBRE :

- 15 - Rassemblement 25 novembre Paris – Page 8

- 16 - Les violences faites aux femmes : ça suffit !


- rassemblement à Montreuil 25 novembre – Page 9

- 17 - Colloque sur les violences conjugales les 25 et 26 novembre 2011

- Page 9

- 18 - Colloque : Construire ensemble une réponse cohérente et efficace contre les violences faites aux femmes – 30 novembre – Page 9

- 19 - Colloque: Luttons contre le féminicide – Page 10

- 20 - Lutte contre les violences faites aux femmes : dispositifs,
pratiques et perspectives en Île-de-France – 25 novembre - Page 10

- 21 – A Marseille – Page 11

- 22 - A Lille – Page 11

- 23 - A Strasbourg – Page 11

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MOBILISATIONS
1 - Prostitution BASTA YA, ça suffit ! – Manifestation le 26 novembre à la Jonchera au Perthus !

La Marche Mondiale des Femmes France est partie prenante de cette initiative

Prostitution BASTA YA, ça suffit !

Tous et toutes au Perthus le samedi 26 novembre à 11h !


à l'ancien poste frontière du Perthus

Autoroute de Barcelone, sortie Le Boulou, puis par la Nationale
direction Le Boulou, Le Perthus

De l'autre côté les Catalanes se
rassembleront à la Jonquera
APPEL

Féministes, nous dénonçons Clients, Trafiquants, Proxénètes, Prostitueurs, tous ceux et celles qui piègent des femmes, des adolescent-es, des enfants, les déplacent, parfois les vendent et les utilisent comme objets sexuels ;

Féministes, nous disons Non à la pénalisation des personnes qui se prostituent, Non à une sexualité masculine dominatrice, Non à la liberté d’agir de ceux qui exploitent, vendent ou achètent des femmes souvent parmi les plus pauvres, pour les mettre à l’étalage de leurs revues, de leurs écrans, des trottoirs, des clubs ou des hôtels-bordels, Non à l’énorme trafic d’êtres humains, Non à tous ceux qui ramassent les bénéfices juteux du système prostitutionnel et de l'industrie du sexe, deuxième chiffre d’affaires du monde ;

Féministes, nous affirmons, Non, la prostitution n’est pas le plus vieux métier du monde, elle camoufle seulement le crime premier : le viol des femmes ;

Libérons nos corps, nos sexualités ; Construisons d’autres imaginaires. Les violences faites aux Femmes doivent cesser.

Signataires : La Marche Mondiale Des Femmes 31, Le Collectif Midi-Pyrénèes pour les Droits des femmes, Le Collectif Ariège pour les droits des femmes, Le CRI 31.

Contact : maison des associations ; Tél: 05 62 06 02
Explication : Un petit village en Pays Catalan, à la frontière entre l'Espagne et la France, est devenu un énorme LUPANAR. Ce village frontière où les familles françaises viennent nombreuses se ravitailler en alcools et tabac bon marché a ajouté à sa panoplie de consommation le corps des femmes prostituées. Les hommes français viennent de Montpellier, Toulouse, Narbonne, Marseille, etc, se ravitailler en femmes comme une autre marchandise ajoutée à celles des Supermarchés. Pas une route de campagne sans que l'on y trouve une femme, peu vêtue, assise sur une chaise, parfois protégée par un parasol, attendant les voitures et les camions qui passent. La Jonquera est le Paradis des prostitueurs : utilisateurs, proxénètes, mafieux, tout le système prostitutionnel y est rassemblé en toute légalité. La légalisation de la prostitution est une manière de sacrifier la vie des femmes sur l'autel d'une sexualité masculine basée sur la domination et le mépris des femmes. La légalisation de la prostitution ouvre une autoroute de facilités pour le système libéral où tout est à vendre ou à acheter, un système qui convertit le corps des femmes en marchandise. Pour dire : NON à la violence que constitue la prostitution, NON à une sexualité masculine dominatrice, NON à la pénalisation des femmes qui se prostituent, NON à la liberté d'agir de ceux qui exploitent, vendent, ou achètent les femmes des pays les plus appauvris pour les mettre à l'étalage de leurs revues, de leurs écrans, des trottoirs, des clubs, ou des hôtels-bordels. NON à l'énorme trafic d'être humains, NON à tous ceux qui ramassent les bénéfices juteux du système prostitutionnel qui représente le deuxième chiffre d'affaires du monde.

Signataires : Marche Mondiale des Femmes 31,
Collectif droits des femmes Ariège, Collectif Midi Pyrénées pour les Droits des Femmes, 
Le CRI 31.

Contact : Maison des Associations, CMPDF :05 62 06
02 ; suzy.candido31@free.fr )

INTERNATIONAL
2 - 8ème Rencontre Internationale de la Marche Mondiale des Femmes aux Philippines

La 8ème Rencontre Internationale de la Marche Mondiale des Femmes approche. Elle aura lieu du 20 au 25 novembre dans la ville de Quezon aux Philippines. Depuis début novembre, des déléguées de plus de 30 pays se sont inscrites, venues des 5 régions : Afrique, Amériques, Asie-Océanie, Monde Arabe, Proche Orient et Europe. La France envoie 3 déléguées.

Cette 8ème Rencontre Internationale sera l’occasion de présenter les évaluations régionales et internationale de la 3ème Action Internationale de la MMF (et de nos activités 2008 – 2011, d’échanger sur les défis, perspectives et stratégies de notre mouvement pour la période 2011 - 2015, et de déterminer des plans d’actions régionaux, entre autres choses.

La Rencontre se terminera le 25 novembre, journée internationale d'élimination de la violence contre les femmes, avec une manifestation dans les rues et un Forum public de débats autour des champs d'action de la MMF.

Il existe un texte de préparation du débat sur la conjoncture, basé sur une interprétation de la crise économique, financière, environnementale et du modèle de reproduction social du capitalisme, qui augmente les inégalités et les contradictions. Le texte réaffirme que la société reproduit la violence contre les femmes comme outil permanent de contrôle sur nos corps et nos vies. Les organisations et mouvements sociaux sont invités à lire le texte, disponible en ligne : http://www.marchemondiale.org/structure/8rencontre/context/fr Le Comité International (CI) de la MMF a aussi eut un débat stratégique à propos de la démocratisation de la communication, et le rôle des moyens de communication dominants dans la diffusion des idées, des valeurs et d'une idéologie qui légitime la place laissée aux femmes dans le monde. http://www.marchemondiale.org/structure/8rencontre/communication/fr

Suivez les nouvelles de la 8è Rencontre Internationale sur la page web de la MMF : http://www.marchemondiale.org
TEXTES
3 - Abolition 2012 : Pour l’adoption d’une loi d’abolition du système prostituer – Appel et Pétition - Amicale du Nid, Mouvement du Nid Fondation Scelles

La Marche Mondiale des Femmes est partie prenante de cette Appel.

PÉTITION : Signer l’Appel en ligne : www.abolition2012.fr

- Parce qu’en payant pour obtenir un rapport sexuel, le client prostituer impose sa volonté au mépris de l’autre et de son désir ;

- Parce que tout acte sexuel non désiré constitue une violence ;

- Parce qu’en plaçant le corps humain dans le champ du marché, la prostitution porte atteinte au principe fondamental de respect de la dignité de la personne et de son intégrité physique et psychique

J’AFFIRME QUE le système prostitueur constitue une violence inscrite dans la longue histoire de la domination masculine, une exploitation de toutes les inégalités, un obstacle fondamental à l’égalité entre les femmes et les hommes, une violation des droits humains.

JE DEMANDE, une loi d’abolition de ce système et une politique publique effective, cohérente et globale incluant les mesures suivantes : la suppression de toutes les mesures répressives à l’encontre des victimes de la prostitution ; la mise en place de moyens de protection et d’accompagnement social, incluant l’accès à la santé et au logement pour les personnes prostituées ; la mise en place de véritables alternatives à la prostitution et l’ouverture de droits effectifs pour toutes les personnes prostituées, y compris étrangères ; l’interdiction de tout achat d’un acte sexuel et la pénalisation des clients ; le renforcement de la lutte contre toute forme de proxénétisme ; une politique ambitieuse d’éducation à une sexualité libre et respectueuse de l’autre, et à l’égalité entre les femmes et les hommes ; une politique de prévention de la prostitution, et de formation et d’information à ses réalités.
4 - Plan de rigueur: double peine pour les femmes - par Thalia Breton, Magali De Haas, Julie Muret - Porte-parole d’Osez le féminisme ! Sabine Salmon, Présidente de Femmes solidaires et Carine Delahaie, Rédactrice en chef de «Clara Magazine»

Le plan d’austérité annoncé par François Fillon le 7 novembre, socialement inefficace et économiquement injuste, constitue une double peine pour les femmes. Ces mesures semblent neutres : elles s’appliqueront aux femmes comme aux hommes. En fait, compte tenu de la situation dans laquelle se trouvent les femmes en matière d’emploi et de précarité, plusieurs des mesures vont directement accroître les inégalités femmes-hommes. La mise en place accélérée de la réforme des retraites aura pour conséquence, via le système de décote, de baisser le montant des pensions de millions de femmes. Les pensions des femmes sont déjà inférieures de 40 % à celle des hommes et seulement 44% des salariées ont les annuités requises au moment de quitter le monde du travail. La mobilisation contre la réforme des retraites avait mis en lumière la précarité des retraitées, dont la moitié touche moins de 900 euros par mois. La désindexation des prestations familiales sur l’inflation ne permettra plus l’augmentation des revenus des ménages en proportion de l’augmentation des prix, les appauvrissant encore davantage. Cette mesure touchera de plein fouet les familles monoparentales, majoritairement constituées d’une femme et de ses enfants. Or, un tiers de ces familles (soit 1,6 million de personnes) se situent sous le seuil de pauvreté (fixé à 954 euros par mois).

Enfin, on peut s’inquiéter de la hausse de la TVA dans les métiers de service. Les métiers de service à la personne sont occupés à 97% par des femmes. Le risque est de voir une contraction de la demande dans ce secteur et donc une diminution des revenus ou de l’emploi de celles qui y travaillent. Le gouvernement avait fait de la lutte contre les violences faites aux femmes sa «Grande Cause 2010» et la loi du 9 juillet 2010 a permis de réelles avancées législatives. Mais sur le terrain, la réalité est tout autre. Les associations qui accueillent les femmes victimes de violences sont fragilisées. Leurs subventions sont remises en cause, et certaines, par manque de moyens, doivent arrêter des programmes indispensables à l’accompagnement de milliers de femmes. La réforme de la carte hospitalière a conduit à la fermeture de dizaines de centres d’interruption volontaire de grossesse, rendant l’accès à l’avortement de plus en plus difficile. Le gouvernement fait payer les injonctions de quelques agences de notation au plus grand nombre et en particulier aux plus précaires, dont les femmes constituent la majorité. Pourtant, toute politique contraire à l’égalité entre les femmes et les hommes tire l’ensemble de la société vers le bas. La lutte contre les inégalités femmes-hommes est une nécessité, et plus encore en temps de crise. Le progrès économique et social ne sera jamais atteint par un gouvernement qui nie les droits de la moitié de la population.
5 - « Grand prix de la fessée, de la tarte et du sexisme ! » - Chiennes de garde

Les Chiennes de garde ont diffusé un communiqué le 25 octobre pour dénoncer les publicités de Monoprix qui utilisent «des textes qui banalisent un premier degré très douteux puisqu'il s'agit, sur un emballage de produit pour les mains des adultes, de populariser les coups sur les fesses d'un enfant» et «sur des rouleaux de pâte à tarte de faire des blagues sexistes » (synthèse du 16 septembre). L’association souligne que des sociétés d’affichage, membres de l'Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP), viennent de décerner à Monoprix « le Grand prix de la Communication extérieure 2011 ». Et de rappeler certains slogans de la marque : «Pâte brisée : elle vient de se faire plaquer par un rouleau à pâtisserie», «Pâte feuilletée : elle a beau être bien roulée, elle a quand même l'air tarte»... Les Chiennes de garde «demandent à Monoprix de modifier au plus vite ces emballages publicitaires invasifs sexistes ou banalisant tel châtiment corporel».

6 - Pourquoi nous sommes contre la GPA – Planning Familial, CADAC, Coordination Lesbienne en France

Notre législation, qui s’oppose à la commercialisation du corps humain et qui stipule, sans discussion possible, que "la mère est celle qui accouche", fait barrage au recours à la gestation pour autrui (GPA). Les tenants de la GPA s’emploient donc à faire sauter ces 2 verrous en relançant le débat en sa faveur à chaque révision de la loi de bioéthique. Des associations LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuelles et trans) s’y associent, défendant la GPA comme l’une des réponses à leur demande homoparentale.

Le public, lui, est partagé entre un sentiment de révolte face à ce qui lui semble choquant au plan humain, une tentation compassionnelle vis-à-vis de la dramatisation de l’infertilité et de l’incapacité biologique des hommes à porter un enfant et enfin une sorte d’oblitération critique devant ce qu’on présente, à tort, comme une avancée des méthodes de procréation médicalement assistée (PMA).

La GPA est revendiquée au plan thérapeutique comme palliatif de l’infertilité (sont évoqués les cas de femmes nées sans utérus fonctionnel) mais aussi, de plus en plus, comme demande sociale. Ainsi, le bébé "clef en main" répondrait à une demande homoparentale "gay". II constituerait une alternative aux procédures d’adoption parfois longues et aléatoires. Enfin, il pourrait satisfaire l’exigence de confort de certaines femmes en épargnant leur carrière et leur physique.

Le revers de cette demande est une régression sociale féroce, observée partout où la libéralisation de la GPA s’est instaurée. Une véritable industrie de "location de ventres" et de commerce d’ovocytes se développe ainsi en Inde, en Ukraine et aux USA où des agences proposent une prestation aboutissant à la livraison d’un produit , "un bébé", avec choix sur catalogue des donneuses d’ovocyte en fonction de leur physique, sélection des gestatrices sur leurs performances et procédure juridique organisant la filiation.

Tout y repose sur un dispositif contractuel d’essence libérale qui spécifie les obligations et droits des deux parties : les critères de sélection de la gestatrice, ses obligations tout au long de sa grossesse, les dédommagements financiers, les conséquences de retrait du contrat avant terme...

Il est symptomatique d’apprendre que les gestatrices sont, en Inde et en Ukraine, des jeunes femmes pauvres tandis qu’aux USA elles se recrutent parmi les mères au foyer, c’est à dire parmi les femmes sans revenus propres ! Face à ces pratiques perçues comme "choquantes" s’est développée une demande d’encadrement, dite éthique, de la GPA où les conditions d’accès pour les demandeurs/euses et de participation pour les gestatrices seraient fixées, non plus par contrat, mais par la loi. Mais, pour nous, cette démarche "réglementariste" ne saurait faire disparaître l’iniquité fondamentale de la pratique. Il ne faut pas oublier non plus que toute démarche législative d’ouverture de la GPA rendrait de facto cette pratique acceptable socialement.

Derrière les arguments en faveur de la GPA se profile une vision de la société que, nous féministes et lesbiennes féministes, ne pouvons partager : l’épanouissement de l’individu-e passerait par la mise en œuvre irrépressible d’un projet parental organisé autour de la sublimation du lien génétique. La société devrait s’employer par tout moyen, y compris en légiférant, à satisfaire cette demande, même au prix de l’instrumentalisation d’une partie de nos sociétés, les femmes et de la marchandisation de leur utérus et ovocytes sans égard pour les principes d’égalité et d’équité. Pour y parvenir, on s’appuie sur les ressorts classiques de l’aliénation et de la domination : la glorification de vertus présentées comme "spécifiquement féminines" telles la générosité, l’altruisme, le don de soi, le bonheur et le rayonnement de l’état de grossesse, figeant ainsi les femmes dans ce rôle traditionnel auquel on voudrait les soumettre. Qu’on arrête de jouer les vieux couplets de l’ère patriarcale. !

L’histoire, elle aussi, est convoquée pour tenter de prouver l’enracinement de cette pratique dans notre culture. A l’appui, des cas de dons d’enfant mais qui relèvent à l’analyse, soit des situations de subordination (Sarah et sa servante Agar dans la bible), soit de partage d’autorité parentale (confier un enfant à un couple infertile ou soulager une famille trop nombreuse en prenant en charge l’un des enfants). Qui plus est, ces exemples viennent d’époques où la justification sociale de l’existence des femmes passait par leur capacité de procréation, l’une des impositions du système patriarcal.

Argument de choc, les gestatrices et fournisseuses d’ovocytes sont libres, avance-t-on, de cette liberté revendiquée par les femmes dans les années 1970. Voici un exemple typique de récupération et de détournement des luttes unitaires féministes. En affirmant "Notre corps nous appartient" il s'agissait alors de lever la contrainte reproductive que la société imposait aux femmes en permettant à toutes de pouvoir accéder à la contraception, à l'avortement gratuit et ainsi maîtriser la maternité. Échapper à cette astreinte devenait un "levier" pour libérer le corps des femmes, support d'oppression sociale et patriarcale. Avec la GPA, pas de volonté de libération collective, mais la mise en avant d’une vision strictement individuelle "chaque mère porteuse est libre de disposer de son corps", argument utilisé pour faire barrage à une réflexion sociale.

Loin de nous l’idée de juger, a fortiori de condamner, les individu-es qui en tant que gestatrices ou en tant que demandeurs/euses entrent, ou sont entré-es, dans un processus de GPA. Nous ne nous positionnons pas en moralistes, nous ne réfléchissons pas au niveau individuel, mais globalement au niveau de la société toute entière. Comme d’autres, ces Individu-es subissent la pression de la société et le poids de la norme sociale qui imposent la parentalité dans le cadre du couple, de la sacrosainte famille, au besoin modernisée en y incluant le couple homosexuel. Plus que jamais cette norme est à déconstruire.

Ce qui se construit autour de la GPA est significatif de la progression de l’idéologie néolibérale qui, comme le montre Jules Falquet dans son livre « De gré ou de force, les femmes dans la mondialisation », fait de plus en plus entrer les femmes dans le rôle de femmes de service. Service qui se décline maintenant en service à la personne, service sexuel dans la prostitution et ici service procréatif avec la GPA. De cela nous ne serons jamais ni les alliées, ni les complices.

Pourtant, il est envisageable, en ouvrant le champ du possible et avec une vision progressiste de la société, d’envisager d’autres dispositifs ou de promouvoir d’autres pistes plus centrées sur la question du bonheur de l’enfant.

• L'adoption plénière accessible à toutes et à tous, aux homosexuels, aux lesbiennes, aux hétérosexuels..., à toute personne qui remplit les conditions énoncées par la loi, sans exigence de fonctionnement en couple ;

• La généralisation de l'accès à la PMA pour les femmes ;

• La possibilité d’une éducation collective sans appropriation de l’enfant par le biais de l'adoption simple, de l'accès à la coparentalité ou à la beau-parentalité.

Octobre 2011 - Coordination des Associations pour le droit à l‘Avortement et la Contraception (CADAC) Coordination Lesbienne en France (CLF) Planning Familial (MFPF)
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