Photos : Je sors une ou 2 photos de la salle de garde de l’hôpital Saint Louis, non parues dans le numéro 1 (Crédit : Michela Cuccagna pour «H»). Et on





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date de publication17.05.2017
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Texte : Elsa Bastien
Photos : Je sors une ou 2 photos de la salle de garde de l’hôpital Saint Louis, non parues dans le numéro 1 (Crédit : Michela Cuccagna pour « H ») . Et on pourrait aussi trouver des captures d'écran de séries médicales où ils se font des petits attouchements.

Dossier :
Mais pourquoi en parlent-ils autant ?
Sous titre :

Enquête : les internes et le sexe
Chapo :
Bites dessinées sur les murs des salles de garde, chopes de soirées, blagues bien grasses… Depuis 1802 et la création de l’Internat, les internes sont en apparence énormément portés sur la chose. Mais derrière cette façade d’obsédés, se cachent aussi des cœurs gros comme ça… Explication : «  les études de médecine maintiennent les internes dans un esprit post-bac au niveau des relations affectives », analyse Fabrice. « C’est vrai qu’en chir ortho et plastique c’est un peu à celui qui a la plus grosse », témoigne Antoine, interne dans le sud ». Pour « H », Elsa Bastien a exploré la partie sous la ceinture de l’internat, de salles de garde en services de chir…

Citations pour les exergues :
« La nuit, l’hôpital est à toi, il suffit d’avoir un peu d’imagination »

« Les internes de chir filles ont la réputation d’être ultra trash »

« Les internes étaient jeunes, il invitaient des prostituées dans les salles de garde »

« Il y a plus de célibataires en médecine, donc en soirée, la sexualité a une place importante »

« C’est l’inverse de ce qu’on attend des internes : c’est du carnaval »

« La disparition des salles de garde est une catastrophe »

« Quand tu passes la porte du bloc, c’est un autre monde ». On a beau être assis à une terrasse de café, en plein soleil, Antoine, interne en chir ortho dans le sud a le teint de celui qui sillonne plus les couloirs de l’hôpital que le bord de mer. « Le langage est plus libre. On est proches, serrés, à se toucher la tête... Une intimité se crée. Avec le port du masque, beaucoup de chirurgiens réservés se libèrent. C’est un peu Dr. Jekyll et Mr. Hyde », continue-t-il. Tout le monde est en pyj’ mais ça n’empêche pas que personne ne s’y trompe. Il y a bien des hommes et des femmes... et beaucoup d’échanges de regards. Surmontés de « chouchou » ou de « ma chérie » balancées aux infirmières, qui d’ailleurs « se maquillent beaucoup les yeux », précise-t-il. « Elles sont soumises à beaucoup de pression et n’ont pas le droit à l’erreur. C’est vrai que jouer le jeu de la séduction peut les aider à s’épargner. Si le chir n’arrive pas à s’imposer comme un maître de cour, il peut se sentir frustré... » Dans un bloc, c’est tout un petit jeu autour de la séduction, bien rodé, qui se met en place.
La nuit... – L’hôpital, lieu érotique? « Complètement ! » assure Antoine. « L’hôpital, c’est un peu une deuxième maison, un chez soi. Donc tout ce qui se passe généralement à la maison peut se passer à l’hôpital. Et il y a plein d’endroits cachés. La nuit, l’hôpital est à toi, tu peux aller ou tu veux, il suffit d’avoir un peu d’imagination. L’obscurité, la promiscuité... ça peut donner un cocktail explosif. » Dans ce tout petit monde, les histoires circulent et se superposent, au gré des nouveaux stagiaires ou infirmières, jusqu’à bâtir une mémoire collective. « On se souvient toujours de la capacité de séduction d’un chef de service… même quand il s’est installé en ville, certains gardent leur réputation de queutard. C’est vrai qu’en chir ortho et plastique, c’est un peu à celui qui a la plus grosse. »

Dans l’imaginaire collectif, cette aura sexuelle qui entoure les médecins a de beaux jours devant elle. « Ca n’étonne pas qu’on apprenne d’un médecin que c’est un coureur. Disons que ça fait partie de ce que l’on peut accepter très facilement, particulièrement chez les chirurgiens. Et ça leur est spécifique : vous n’attendez pas d’un notaire qu’il soit très sexuel par exemple », souligne Emmanuelle Godeau, médecin et anthropologue, qui a bossé sur ces thèmes pour sa thèse L’Esprit de corps. Sexe et mort dans la formation des internes en médecine.
Ambiance Nip Tuck – On connaît les orgies lors de Crit et autres joyeusetés auxquelles s’adonnent les externes mais l’internat n’en est en fait que la continuité, en moins flamboyant. Ambiance Nip Tuck généralisée? Disons que, cliché ou pas, c’est plutôt les internes en chir, notamment ortho ou plastique qui sont dans la ligne de mire. Il suffit de voir le blog Tumblr « Gardes et astreintes »* pour en avoir le cœur net. « Je met beaucoup de coups de pattes aux chirurgiens ortho », explique son fondateur, qui veut rester anonyme. « Le record de likes (plus de 500) a été atteint sur un gif animé présentant une femme mimant un acte sexuel dans la rue, avec comme légende :"tiens, voilà une interne en chir ortho !" Les internes de chir filles ont la réputation d’être ultra trash. Ce n’est évidemment pas forcément le cas mais elles sont dans un milieu à la base très masculin qui les oblige à rentrer dans ce type d'humour ».
Si des spés comme la psychiatrie ou la pédiatrie par exemple sont relativement épargnées, l’ambiance sous la ceinture est plutôt partagée. « C’est une légende mais il y a du vrai. Les gardes, la nuit, le relationnel de hiérarchie qui a tendance à tout érotiser... C’est un cliché mais ça se vérifie. Des relations se créent forcément entre médecins ou internes et infirmiers ou infirmières », affirme Laura, interne en radiologie.
Au rang des explications présentées, c’est bien sûr le rapport à la mort – « le fait d’avoir des responsabilités au-delà de tes compétences humaines », dit Antoine – mais aussi au corps qui engrangeraient cette sexualisation. « Tu vois tellement le corps nu qu’il devient un amas d’os et de parties molles. Au final, si tu ne l’hyper-érotises pas, il n’a plus d’intérêt... Pour d’autres corps de métier, le seul fait de découvrir un corps est érotique. Nous non », affirme Antoine. « Il ne faut pas forcément chercher des explications », balaie le fondateur du Tumblr « Gardes et astreintes » : « Ca remonte aux fondements de la médecine. »
Depuis 1802 – Un esprit potache qui se rencontre dans les blocs donc, mais aussi « entre les consultations, pendant les visites, au bloc opératoire, dans les salles de garde... un peu en permanence », conclue Simon. C’est particulièrement sur les fameuses salles de garde, leurs fresques et leurs traditions, qu’a bossé la chercheuse Emmanuelle Godeau. « C’était un travail sur la construction de l’image symbolique du médecin spécialiste, précise-t-elle, il y a tout un tas de pratiques du registre de l’initiation qui sont cachées ou dévalorisées et pourtant très importantes ». Des traditions auxquelles de nombreux internes sont attachés, tout en précisant, comme Emanuel, ancien économe, qu’il « faut faire attention, ça n’est pas vécu comme une humiliation ! Ce n’est pas du bizutage, mais des jeux coquins entre adultes consentants ». Qui remontent à... la création de l’Internat, en 1802, sous Napoléon. Déjà, à l’époque, il y avait du sérieux grabuge. « Les archives de l’APHP en témoignent ! Les internes étaient jeunes, peu nombreux, très solidaires. Ils invitaient des prostituées dans les salles de garde, ce qui énervait beaucoup les directeurs d’hôpitaux... » Et se sont mis en place les rituels de salles de garde que l’on connaît, extrêmement codifiés, qui participent à la construction de la profession selon la chercheuse. Loin d’être des lieux de pure débauche, « on est dans le registre du symbolique, de l’initiation dans la marginalité. Dans ces lieux particuliers, les règles sont inversées, on s’agite, le corps est exhibé sans respect, on jette de la nourriture, on est super obscène... Exactement l'inverse, la distorsion de ce qu’on attend des internes dans un hôpital. C’est du carnaval. » Et tout cela « fait partie intégrante du devenir medecin ».
Bites sur les murs – A tel point qu’Alice, jeune pédiatre installée à la Réunion qui a fait ses études à Marseille, s’est sentie un peu exclue, elle qui n’est pas vraiment adepte des blagues sous la ceinture... « Je passais un peu pour la chieuse, et c'est une des choses qui font que je me suis pas sentie carabine. Se retrouver dans cet excès est une manière de se souder, d’apprendre l’héritage... ». Puis il y a carrément ceux qui ne perçoivent guère cette éventuelle hyper-sexualisation. « Ca n’est vraiment pas le quotidien. Est-ce que ça chope plus dans une soirée d’internes que dans une grosse fête de village ? L’esprit carabin à la sauce troisième mi-temps comme au rugby, je ne l’ai jamais remarqué », explique Fabrice, interne en psy. Tous s’accordent à dire que ça dépend des facs. « A l’internat ou j’étais, à Poitiers, il y a des bites dessinées sur les murs, mais c’est de la pornographie, pas de la sexualité. C’est un exutoire et un héritage avec tout un rituel autour. On aime montrer, jouer avec, sans forcément croquer dedans ». Que de la gueule donc ? Pauline confirme : « le fait de beaucoup en parler, c’est peut être parce qu’on a moins le temps de s’y adonner ! Bon, c’est vrai qu’on se met en couple un peu tard, donc du coup il y a plus de célibataires en médecine, donc en soirée, la sexualité a une place importante... »
Alice n’est pas la seule à ne pas s’être sentie très à l’aise avec cet esprit là. Pour David, interne à Paris, « en 1950 ça avait peut être un côté attrayant de chanter La Digue du Cul. C’est plus dans l’air du temps. » Tous s’accordent à dire que l’esprit carabin, s’il n’a pas atteint sa date de péremption, n’en est pas loin. « On assiste à une déstructuration. Ca va devenir un folklore, comme les joueurs de biniou en Bretagne ! » sourit Fabrice.
Une disparition que le mystérieux fondateur de « Gardes et astreintes » déplore. « Il y a toujours une atmosphère festive même si avec l'évolution du monde de la santé, et des conditions des internes, on rigole de moins en moins. La disparition des salles de garde est une catastrophe. C’est un lieu d'échange, où l’on se sert les coudes, qui permet de décompresser. On y a notre humour, nos codes... C'est essentiel. Dans certaines salles, ça se perd peut-être un peu mais pas partout. J’ai le souvenir, en tant qu’externe, d'être allé à Beaujon et tout était encore très préservé... »
Econominette – La première raison invoquée : la féminisation de la profession. Les femmes constituent désormais 41% de la profession (30% en 1990) et représentent plus de six internes en formation sur dix (chiffres de 2010). Ne cherchez pas bien loin : au royaume des internes sévit donc la dure et simple loi de l’offre et de la demande, et certains deviennent petit à petit de vrais petits roitelets. « Le côté minoritaire valorise forcément l’égo de mes confrères », sourit Chloé, interne en pneumo. A partir de 2022, selon les projections de la Dress, les femmes médecins seront plus nombreuses que leurs confrères. Plus trivialement, Simon était économe et … « par exemple, pour renouveler une équipe économale on a beaucoup de mal à trouver une économinette. Moi j’étais attaché à la tradition carabine donc je trouve ça dommage ».
Pour Fabrice, « l’esprit carabin repose sur de vieux ressorts du matelas médical, c’est plus trop d’actualité... Le chirurgien tombeur, si c’est une femme ça ne marche plus ! Le glissement se fait vers un équilibre. Puis on n’est plus dans les années 1970 ou les chirurgiens étaient adulés, comme ceux qui faisaient les premières greffes de cœur. Les mecs étaient des demi-dieux ».
A nuancer tout de même, les chefs restent, pour quelque temps encore, masculins. Or, cet humour, même s’il est bien sûr apprécié par bien des femmes, s’est construit sur des rites d’initiation masculins. « Les fresques sont pornographiques et présentent souvent une image de la femme dévalorisante. Il y a une sexualité omniprésente, très hétérocentrée et macho », décrit Emmanuelle Godeau. Pourtant, la féminisation de la profession est loin d’être l’unique ou la raison la plus importante à cette perte de vitesse de la potacherie des jeunes médecins. « Tout ça est à mettre en rapport avec l’intolérance de la société à ce type de débordements, à l’évolution de ce qu’elle trouve acceptable ou non. Il y a une dizaine d’années, il y avait des prostituées pour les baptêmes ou les enterrements partout en France… mais ça se fait de moins en moins. La place des prostituées n’est plus ce qu’elle était. », continue la chercheuse. Et même si la charge de travail des internes reste très lourde, on n’enchaîne plus une semaine de garde aujourd’hui, comme cela pouvait arriver par le passé, ce qui ne pousse pas à surérotiser son lieu de travail.
Par ailleurs, c’est toute la structure des études qui pousse moins à la constitution d’un esprit de groupe, avec ses codes et son humour. Et la réforme de l’internat il y a six ans n’a pas arrangé les choses. « Avec la mobilité forcée, on est tout le temps de passage. L’enracinement géographique participe de l’appartenance à un groupe, sinon la continuité du rituel se casse. Tu ne peux pas parler de rituels un peu tribaux d’un coté et de modernisation, mobilité effrénée et de féminisation de l’autre. Ca ne va pas ensemble », conclut Fabrice.
Des études faites de ruptures qui ne favorisent pas forcément la vie de couple. « Ca fait partie du jeu des études de médecine qui te maintiennent dans un esprit post bac au niveau des relations affectives », souligne Fabrice. Laura ne va pas aussi loin. « On s’investit beaucoup dans ses études, du coup la vie perso vient sur le tard et ce n’est vraiment pas une priorité. C’est au moment de l’internat que tout change. Tu sais la ville dans laquelle tu vas passer au moins 5 ans... C’est plus facile de se projeter et de faire un choix. D’ailleurs j’ai rencontré mon copain à ce moment-là. »
*gardesetastreintes.tumblr.com


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