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Entretien le jeudi 15 septembre 05 avec Madame M…

Accompagnatrice à TRAVAIL & PARTAGE

Association intermédiaire,
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  • Madame M…, vous avez à l’association Travail et Partage, le poste…


« D’adulte-relais et là j’ai le poste d’accompagnatrice sociale ».


  • En tant qu’association intermédiaire, si vous deviez présenter l’association Travail & Partage, qu’est-ce que vous en diriez, comment vous la présenteriez ? 


« L’association Travail & Partage est une association intermédiaire ; donc c’est une association de loi 1901 qui a un agrément de l’Etat donc pour faire de la mise à disposition de personnes chez des particuliers. Nous on ne travaille que chez des particuliers. Voilà. Pour Travail &Partage, c’est la première association qui a été créée dans l’Aube, de ce type ; elle a été créée en juillet 1987 par un groupe de familles ; elles travaillaient comme ça au début : un groupe de familles employait une seule personne et donc elle lui répartissait des heures pour faire un salaire convenable. Cela fait suite à la montée du chômage, il n’y avait pas le RMI, rien du tout, donc ces familles se sont regroupées pour employer les personnes et en plus leur apporter une certaine formation. C’est souvent des personnes qui n’ont aucun diplôme et même pour le ménage, elles avaient des choses à apprendre, ou de la couture, pour les hommes du jardinage ou du petit bricolage. Donc ces familles les employaient et leur assuraient une petite formation : leur montrer comment il fallait travailler. Donc le départ, c’était ça ».


  • Quand vous dites « les familles », qui étaient ces familles ?


« Il y a des familles que l’on a encore ; je ne vais peut-être pas donner les noms, mais c’est parti…c’est quand même Monsieur D… (qui a aussi créé le foyer Revivre, le foyer aubois…) donc c’est un groupe autour de Monsieur D…, voilà. Des familles que l’on a encore et qui se sont regroupées pour faire ces emplois pour les personnes en difficulté ».


  • Le projet… est-ce que, entre le départ au moment de la création de cette association intermédiaire et ce qu’elle est aujourd’hui , est-ce que le projet a évolué, le public accueilli est-il le même, est-ce que les statuts de l’association ont été modifiés…


« Il y a eu quelques modifications…ce que j’ai oublié de dire c’est qu’au départ il y a eu le Secours Catholique qui a été à l’origine de la création de Travail & Partage ; c’est donc aussi un groupe autour du Secours Catholique, de bénévoles. Oui, cela a évolué, puisqu’il y a de plus en plus de personnes qui demandent malheureusement, alors que cela devrait être le contraire…le nombre des familles a beaucoup évolué puisqu’au départ c’était une dizaine de familles, une vingtaine, alors que l’on en est à plus de deux cents familles par an qui emploient des personnes par notre intermédiaire. Ça évolue, on ne travaille plus de la même façon : ce n’est plus un groupe de familles qui emploient toutes la même personne et qui la forment ; maintenant on fait plus de la mise à disposition ; les familles ne peuvent pas toujours assurer une formation, si elles emploient quelqu’un c’est pour répondre à un besoin, elles passent par nous, parce qu’elles savent qu’on est là pour aider des personnes, plutôt que d’employer directement…parce que nous on a un suivi social, un suivi professionnel, tout au long du parcours chez nous…donc elles emploient ces personnes par nous, mais c’est sûr…il y a beaucoup plus de monde maintenant qu’au départ, aussi bien du côté des employés que des familles…et il n’y a plus ces groupes de familles, c’est nous qui faisons les plannings dans les bureaux et nous qui en fonction de la demande des familles envoyons un planning pour le mois d’après à l’employé ; ce ne sont plus les familles elles-mêmes qui s’occupent…heureusement…c’est comme cela que l’on a nos postes. Avant ce sont ces familles bénévoles qui s’occupaient de tout et vue l’évolution il a fallu créer des postes administratifs ».


  • Ce qui est intéressant dans ce que j’entends, c’est que vous mettez les familles, c'est-à-dire les « familles employeurs » toujours en premier. En fait, je ne sais pas si c’est juste, mais j’ai l’impression qu’elles sont le moteur…vous ne partez pas des personnes qui sont demandeuses, mais des familles qui sont offrantes..


« On est obligé de partir de la demande des familles pour nous occuper des employés ; parce que si l’on n’avait pas ces familles, on n’aurait rien à donner à nos employés. Donc, c’est selon leurs demandes que l’on travaille ; c’est sûr qu’après nos employés, on est là pour les suivre, les accompagner, mais tout dépend de la demande des familles qui acceptent de les faire travailler ».


  • Est-ce que cela veut dire que vous autres, par exemple, vous jouez un rôle de prospection à l’égard de ces familles ?


« Non pas du tout, non. On fait des petites plaquettes de pub que l’on met dans les boîtes à lettres de temps en temps, mais on n’insiste pas pour qu’ils emploient nos employés. Souvent les familles qui nous appellent, c’est du bouche à oreille d’autres familles qui ont eu des employés avec qui cela s’est bien passé et qui nous appellent…La petite pub que l’on a mise dans le journal, par exemple, c’est la personne âgée qui a besoin, voit notre pub et fait appel à nous. Mais souvent c’est des personnes qui se connaissent et qui envoient d’autres personnes. Tout dépend de « ces familles utilisatrices » comme on les appelle, puisque c’est selon leur demande que l’on fait travailler nos employés familiaux. Plus on a de familles qui prennent des heures, plus on peut s’occuper des employés et leur donner du travail. Il n’y a pas vraiment de prospection ou d’obligation, on n’appelle pas les familles pour leur dire de prendre des heures, non, c’est leur demande…d’après la demande des familles que l’on travaille. »


  • La nature de l’activité, à quel type, vous répondez ?


« Pour les femmes, c’est le ménage, le ménage courant de la maison, faire le repassage, les vitres, les courses pour les personnes âgées, quelquefois la garde des enfants, mais c’est beaucoup plus rare…et pour les hommes, c’est principalement le jardin. Le jardinage, le petit bricolage…nos employés n’ont aucune qualification donc on ne peut pas leur faire faire n’importe quoi, c’est vraiment des choses toutes simples, un peu de papier peint, de peinture…voilà ».


  • Les objectifs de la structure, vous avez situé, c’est dans les années 87, j’imagine qu il y a une charte…


« On a une convention qui est annuelle avec la préfecture qui délimite notre territoire, à qui on doit rendre des comptes tous les ans ».


  • Est-ce que pour vous…ce qui serait intéressant à voir, c’est tout ce qui est contraintes d’ordre économique, sociale ou politique. Est-ce que vous dans le cadre de votre travail vous sentez éventuellement ce genre de contraintes ou pas…par exemple par rapport au financement, aux subventions…


« On dépend des subventions, ça c’est sûr. L’heure de travail dans les familles a un coût et cela ne suffit pas à couvrir le fonctionnement de l’association ; cela sert surtout à faire le salaire des employés et quant à nos salaires à nous (on est trois permanents), ils sont subventionnés dans le cadre de poste adultes-relais, il y a un CES, un CEC qui vont être transformés en CAE, les nouveaux contrats ; donc tous les postes sont subventionnés et donc la contrainte financière elle est là ; on ne pourrait pas assurer ces postes et le fonctionnement de l’association s’il n’y avait pas ces subventions ; on a d’autres sources de subventionnement qui viennent des mairies, mais enfin ce sont de petites subventions, les plus grosses c’est pour les salaires ».


  • Est-ce que vous pouvez dire qu’il y a des contraintes de nature à modifier les objectifs que vous vous êtes fixés au départ par rapport à l’association…des contraintes financières…où vous n’auriez pas la latitude suffisante matériellement parlant pour faire les projets que vous auriez eu envie de mettre en place…


« C’est sûr que cette contrainte elle existe puisque tout dépend de ce que l’on va nous donner. On fait sans arrêt des demandes de subventions, nos projets dépendent de ça. Là, on a créé des ateliers : par exemple, on a créé les ateliers cuisine, couture…on fait un atelier informatique avec la médiathèque des Chartreux qui nous a emmené d’ailleurs vers le festival de l’écrit, ce qui fait que nos employés participent à ce festival…tout cela a un coût et donc on dépend toujours des subventions ; si l’on n’avait pas ces subventions, on ne pourrait pas faire tout cela…à la limite ce serait de l’intérim, parce qu’on ne pourrait plus assurer ce suivi social. De la même façon, pour nos postes à nous : s’il n’y avait pas ce poste d’accompagnatrice sociale, les employés qui sont chez nous, on les ferait simplement travailler sans s’occuper d’eux à côté ; alors que là je prends le temps de m’occuper d’eux, de les écouter, de les aider à résoudre leurs problèmes aussi bien administratifs que personnels, puisqu’ils viennent nous en parler. On est là pour les écouter, les aider et aussi pour le projet professionnel, puisqu’on leur propose des annonces, on les aide dans leurs recherches d’emploi. C’est du temps que l’on passe avec eux et si l’on n’avait pas ce poste, ces subventions, on ne pourrait pas le faire, l’association ne tournerait pas de la même façon, il n’y aurait pas autant de social autour des emplois familiaux s’il n’y avait pas ces subventions ».


  • Travail & Partage fonctionne…donc vous, vous prenez les personnes, il y a les familles, j’entends…c’est très important, vous avez les personnes qui viennent vous voir : quels sont les critères qui font que vous recevez et acceptez d’aider ces personnes…


« les critères… c’est toute personne en difficulté, les Rmistes, les chômeurs longue durée, les personnes qui n’ont pas le RMI ou qui n’ont plus rien du tout des fois, mais qui ont vraiment besoin de travailler et qui parfois à la limite ne sont pas capables de travailler. Ils n’ont jamais travaillé : il y a des femmes qui se retrouvent seules après un divorce, une séparation et donc c’est toutes sortes de difficultés, pas seulement après des années de chômage, ce sont toutes les difficultés possibles ».


  • J’entends, vous dites il y a la proposition d’un travail dans les familles, et vous dites aussi il y a l’aspect formation, cela veut dire que pour chaque personne qui vous sollicite vous veillez en plus du travail, à lui fournir une formation…


« Non, ce n’est plus tout à fait ça. Cela se faisait au début ; maintenant les familles qui font appel à nous ont besoin d’un service, elles entendent que ce service soit rendu sans être derrière la personne à les aider. Il y en a qui le font encore, mais la plupart veulent un service, payent pour un service et veulent un service. Mais nous on est là pour les former : on a fait des petits ateliers de repassage, de cuisine. ..de ménage, comment se servir de produits. On fait une petite formation quand il y a des problèmes : on est là pour les conseiller ; justement moi je les reçois à peu près régulièrement tous les deux mois et selon ce que les familles me disent, si jamais il y a un problème : repasser ou utiliser n’importe quel produit, moi je vois ça avec la personne et je lui explique. La formation se fait plus en dehors des familles qu’avec la famille elle-même et nous, on est là pour ça. Des formations, on en propose avec l’AFPA, avec l’aide de l’ANPE puisque étant demandeurs d’emplois, ils ont droit à des formations. Donc, quand ils sont chez nous on propose des formations : auxiliaire de vie pour celles qui en sont capables, on essaie de trouver des formations qualifiantes pour celles qui en sont capables, mais la formation dans les familles, on en trouve de moins en moins ».


  • Si on revient à l’aspect des contraintes –on a parlé des contraintes financières- au niveau de la réglementation comment cela se passe ? Est-ce que toute cette réglementation peut pénaliser le travail que vous faites ?


« On est obligé de se tenir au courant ; vous voyez on reçoit toutes les semaines les revues sociales, il y a Internet…On essaie de se tenir au courant. Ce que l’on fait aussi c’est que l’on travaille beaucoup en partenariat avec les autres organismes. Quand nous on ne sait pas quelque chose parce qu’on ne peut pas répondre à toutes les demandes de nos employés, on contacte l’organisme concerné, on demande…Personnellement, je suis en relation très très souvent avec la DDTEFP, je demande…il y a des lois nouvelles qui apparaissent sans arrêt…ou d’autres organismes comme leur suivi RMI ou le CMAS…tous les organismes qui tournent autour du social. Nous on ne peut pas tout savoir, mais on est là aussi pour guider la personne vers l’organisme qui peut l’aider ».


  • Toujours dans cet ordre d’idée, -de contrainte-, par rapport au public accueilli…vous vous avez combien d’années d’expérience au sein de l’association…vous, si vous aviez à dire parmi tous ces gens que vous recevez si vous pouviez donner des grandes lignes des difficultés ou peut-être au contraire des choses positives, des capacités que vous voyez chez ces personnes, qu’est-ce que vous pourriez en dire…


« Cela fait quatre ans que je travaille comme adulte-relais au sein de l’association. Certains ont des capacités pour s’en sortir, mais le problème c’est qu’il n’y a pas de travail derrière. Il y en a qui sont capables de travailler ailleurs que dans ce que nous proposons, mais le problème est que l’on ne leur propose pas de travail. Il y en a une bonne moitié qui serait capable de s’en sortir si le secteur du travail allait mieux mais l’autre moitié c’est plus difficile, parce qu’ils ne savent pas travailler justement ; ceux qui n’ont aucune qualification, ceux qui ont une envie moyenne de travailler (il y en a aussi, on en voit) : des personnes qui ne vont pas au bout du contrat parce qu’elles n’ont pas envie de se lever le matin, ne prévient pas, trouve toujours des excuses (il faut voir parfois ce que l’on nous trouve comme excuse pour ne pas aller au travail). On a de tout… »


  • Vous au sein du public que vous recevez il y a vraiment ce type de difficultés, des personnes qui ont du mal à être ponctuels, à avoir une certaine rigueur


« Nous on est là pour ça, justement, pour leur redonner le rythme, les réinsérer dans le travail et ces petits boulots (parce que ce sont des petits boulots qui ne sont pas fixes, pas stables), cela dépend des heures que l’on vous demande, on est là justement… on leur fait un planning, vous allez à tel endroit ; il y en a que l’on appelle parfois la veille pour être sûr qu’ils iront bien… on est là pour ça, pour les réinsérer dans le monde du travail et ça commence par ça : leur donner le goût d’y aller…ce qui n’est pas toujours évident. Il y en a aussi qui n’ont pas besoin de ça, qui ont envie de travailler et qui en sont capables mais malheureusement n’ont pas la possibilité de le faire. Il y a les deux : toute une panoplie de différentes personnes, chacune ayant ses problèmes, ces soucis personnels qui font qu’elles en sont arrivées là ».


  • Tout à l’heure vous avez fait allusion au fait que la situation du marché local n’était pas bonne…


« En ce moment, on le voit avec les femmes qui sortent de la bonneterie. Elles n’ont pas de travail et viennent s’inscrire chez nous. Elles sont restées au chômage un an, elles arrivent en fin de droit, elles n’ont rien retrouvé, parce que c’est complètement bouché et donc viennent nous voir, pour compléter un peu leurs Assedic, ou faire quelques heures pour ne pas rester à la maison sans rien faire. Ces femmes là sont capables de travailler, elles ont parfois travaillé pendant vingt ans en entreprise et n’ont plus rien. Ce n’est pas un manque de volonté, c’est la situation du manque de travail… ».


  • Vous disiez tout à l’heure que quelqu’un qui est au RMI, chômage longue durée, etc.…il y a des conditions très strictes pour entrer chez vous…


« Non justement. Il y a ceux qui sont au RMI, ceux qui n’ont rien, encore plus. On fait des priorités quand même : entre une femme qui va avoir un mari qui travaille, a un salaire régulier et puis la femme qui se retrouve toute seule, qui a élevé trois, quatre enfants et qui n’a plus rien…c’est sûr, même si l’on sait que l’une va travailler mieux que l’autre, on va essayer de faire travaille celle qui a le plus besoin. On essaye…mais il faut aussi que l’on jongle avec le besoin des familles parce que si l’on envoie que des personnes qui ne savent pas travailler, on n’aurait plus de demande du tout… »


  • Au début de l’entretien, vous avez parlé de deux cents familles…et combien pour les personnes qui viennent vous voir.


« Je vais vous dire ça, je l’ai dans les dossiers de demandes de subventions…en tant qu’inscriptions de ceux qui sont venus demander du travail…alors là…il y en a beaucoup qui appellent pour avoir du travail mais qui ne viennent pas à l’entretien…128 personnes sont venues s’inscrire en 2004…mais il y en a le double qui appelle et ne vient pas. Sur ces 128, on en a embauché 58 dans l’année ».


  • J’imagine, c’est pour des missions ponctuelles…


« Quand elles sont en mission avec nous, elles restent à peu près un an avec nous, à moins qu’on leur trouve quelque chose entre temps ; il y en a beaucoup qui font peut-être 6 mois et si elles se débrouillent bien, on leur trouve du travail et partent en cours de contrat. Pour celles qui ont le plus de difficulté et ne trouvent vraiment rien, elles restent un an ».


  • Cela veut dire quoi au niveau contrat de travail, du CDD, du CDI…


« Non, ce sont des CDD. Quand on les embauche chez nous, il y a un mois d’essai et si cela se passe bien des deux côtés, au niveau employeur et employé, si tout se passe bien, on fait un contrat de six mois et si la personne au bout des six mois n’a rien trouvé et qu’elle est toujours en difficultés, on refait 6 mois. Les personnes qui viennent chez nous s’inscrire, on les garde un an, un an et demi, quelque fois on prolonge un peu, parce qu’elles sont vraiment enfoncées dans leurs problèmes et ne peuvent s’en sortir…on les garde en moyenne autour d’une année. On n’a pas trop le droit de les garder plus. On est une association de réinsertion, cela veut bien dire ce que c’est : on est là pour les aider à trouver autre chose, pas pour les garder. Je leur explique bien à l’entretien quand ils viennent s’inscrire ; si on les appelle pour leur dire qu’on leur a trouvé du travail, ça ne les empêche pas de chercher du travail. On est là pour les aider à trouver autre chose…bon c’est bien parce qu’ils ont quelques heures pour les aider au niveau financier, au niveau professionnel parce qu’ils vont rencontrer du monde, nous on est là pour les aider aussi, mais ce n’est pas une solution finale, c’est un tremplin pour un autre travail. Les associations intermédiaires sont limitées pour les heures, à 750h par an et par personne. Pour les particuliers c’est 750h ; au dessus, on paierait des charges. Il y a donc tout cela à voir autour… jusqu’à ces 750h on est exonéré de charges patronales dans un certain pourcentage. Tout cela compte pour l’embauche ».


  • Au niveau de la connaissance des publics…vous avez fait des statistiques pour savoir quelle est leur formation, d’où viennent-ils…


« On fait ça tous les ans, tous les ans on fait nos statistiques. Je vous donnerai le livret de l’AG. On a leur situation familiale, leur niveau d’étude, leurs diplômes, leurs revenus (Assedic, RMI, ceux du conjoint…) comment ils se déplacent, leurs enfants…on tient compte de tout ça ».


  • A plusieurs reprises vous avez évoqué le fait que vous étiez une association qui faisait un tremplin, en vue de quelque chose…vous avez fait allusion aussi aux difficultés qu’ils rencontraient avec le « comment faire » pour leur donner une formation et avez parlé aussi de « définition d’un projet professionnel ». Par rapport à l’ANPE, comment vous articuler votre rôle…


« Ils dépendent de l’ANPE pour la formation parce que en tant que demandeur d’emploi, elle leur propose des formations et nous on travaille aussi en collaboration avec l’AFPA, ou d’autres centres de formation ; on voit donc quelle formation peut leur convenir et on fait le projet avec eux. Par exemple, on a une personne qui va rentrer lundi prochain en formation d’assistante de vie sur 3 mois. Cette dame là était vraiment motivée pour le faire, on l’a aidée à faire son dossier, menée vers cette formation et ensuite, c’est quand même l’ANPE avec l’AFPA qui prend la décision…mais on est là pour les pousser vers la formation et les aider pour le dossier ».


  • Est-ce que vous avez une idée du pourcentage de personnes qui arrivent à réintégrer un parcours…


« Dans l’année…sur les 58 personnes, on en a 2 qui sont parties en CDI, 4 en CDD, 3 en CES ou CEC, 1 en formation. Donc on en a 9 qui sont parties avec quelque chose de sûr derrière. Donc ceux là on sait …il n’y a pas que ça d’ailleurs…parce qu’on avait fait la différence entre les bénéficiaires de RMI et les non bénéficiaires, donc 4 et 2 en CDD et deux en formation...cela fait plus que ça finalement, ce qui fait un pourcentage de 27% par rapport aux 58 personnes qu’on avait. En fait cela fait plus parce qu’il y en a qui sont encore avec nous à la fin de l’année, donc on ne peut pas en tenir compte et donc cela fait à peu près 50% de réussite. Il ne faut pas qu’ils partent en fin de contrat avec rien derrière ».


  • Vous avez dit « je suis à l’écoute », donc au niveau de la résolution des difficultés sociales, vous autres vous pensez…avez-vous mis en place des projets précis…


« On ne peut pas mettre en place de projet précis parce que leurs problèmes c’est vraiment complètement différent de l’un à l’autre. On a eu une dame qui avait des problèmes de justice, elle n’avait plus ses enfants, elle voulait les reprendre, on l’a aidée, accompagnée chez un avocat, dans toutes ses démarches. Quand ils ont vraiment besoin de nous, on les accompagne physiquement, on les aide à faire leur courrier, ma collègue l’a accompagnée chez l’avocat, a pris ses rendez-vous. Ce n’est quand même pas très souvent, parce que la plupart du temps ils sont au travail et cela se passe pas trop mal, mais ceux qui ont des gros soucis plus personnels, on est là pour les accompagner, ça c’est sûr. »


  • On sait qu’aujourd’hui il y a beaucoup de problèmes de surendettement, de gestion de budget... est-ce que vous assurez aussi ce service…


« On essaie pour ceux qui viennent nous le dire, parce que tous nous ne le disent pas, on a même fait des petits tableaux pour leur budget, pour leur dire « vous payez ça d’abord, ça ensuite »…on essaie, mais ce n’est pas facile, car ils ont une façon à eux de dépenser leur argent, qui est à eux, mais on les aide à gérer un petit peu…ils ne vont pas penser tout de suite à aller payer le loyer en premier, mais aller acheter quelque chose de complètement inutile…mais bon…on leur dit…après ils font comme ils veulent…on les aide de ce côté-là aussi…on a eu des personnes qui ont eu des dossiers de surendettement, donc on les conseille aussi, mais après ils vont voir les organismes qui sont faits pour ça ; nous on les aide dans leurs démarches, mais ils ont à faire à l’organisme concerné ».


  • Je vois que vous avez la revue ASH et de temps en temps, il y a des articles concernant les associations intermédiaires ou les structures IAE…parfois avec des opinions différentes…vous quand vous lisez ces articles, par rapport à votre expérience, quelles sont vos réactions à la lecture de ces articles…


« Cela dépend des articles, il y en a qui reflètent bien la réalité et d’autres beaucoup moins. Quand ça ne reflète pas la réalité…on se dit, ce n’est pas possible… ».


  • Quand vous dites « la réalité », ça veut dire quoi ?


« La réalité…c’est quand ils sont concrets, qu’il y a des projets…il y en a qui sont tellement flous, on ne sait pas où ils veulent nous mener finalement. Nous ce qu’on demande, c’est du concret pour les personnes que l’on suit. Il y en a c’est tellement théorique, on se dit « il faut qu’ils remettent les pieds sur terre », mais cette revue nous donne quand même des bons articles, des conseils, des chiffres qui correspondent à la réalité ».


  • Par rapport à vos objectifs, à votre expérience, vous si vous aviez à porter un regard sur votre travail et en mettant en parallèle, en miroir tout cela, comment vous définiriez…résultat, pas résultat…


« Du résultat, bien sûr qu’il y en a du résultat, on le voit quand même. Ce que l’on fait, ça les aide, de toute façon : si l’on n’était pas là, ces gens n’auraient rien, il y en a souvent qui sont seuls, isolés, qui n’ont rien et donc ce que l’on fait, cela apporte…en termes de résultats, c’est positif pour nous…quoique il y a du négatif à côté, car on ne peut pas aider tout le monde ; toutes les personnes qui viennent s’inscrire, on ne peut pas prendre tout le monde, parce qu’on n’a pas assez de demande…on voudrait faire plus, en aider encore plus, mais aussi on préférerait qu’il y ait plus de travail et qu’elles s’en sortent toutes seules…à la limite on se dit : « si l’on n’a plus de besoin de nous, ce serait bien, cela prouverait que tout va bien…ce n’est pas le cas…donc on voit que ce que nous on fait, il y a un résultat. Quand je les reçois, cela fait plaisir, parce que je vois qu’ils vont mieux…au bout de quelques mois de travail, ils retrouvent, mettent pied dans la réalité, parce que certains sont complètement à côté de la réalité des fois, de voir qu’ils reprennent pied, qu’ils redémarrent, cela fait plaisir à voir… ».


  • Vous assurez un suivi après…


« Quand les personnes sont parties, de temps en temps, elles nous appellent, mais bon, on ne peut pas suivre ceux qui sont partis et ceux qui sont là, ce n’est pas possible. Certains reviennent au bout d’un certain temps, parce qu’ils ont terminé leur CDD, c’est dommage…Mais de toute façon c’est positif, parce que quand ils partent d’ici, ils ont une expérience, ils ont acquis quelque chose et dans ceux qui partent tous nous le disent : « qu’est-ce qu’on aurait aimé rester avec vous », donc ça prouve qu’on leur apporte quelque chose, sinon ils partiraient le cœur léger…il y a un résultat positif de toute façon… »

Hors micro, Mme M…, a rajouté à propos des familles : « toutes ces familles avaient une conception du social. Certaines font encore partie du CA. Elles savent quand elles embauchent quelqu’un, que certaines n’ont pas forcément les diplômes requis ».




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