Les années du socialisme orthodoxe, 1949-1957





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Chapitre 8 :

Les années du socialisme orthodoxe, 1949-1957.
Cette seconde moitié du 20e siècle se divise en deux :

La charnière est 1978.

En décembre 1978, lors du 11e Congrès, une décision capitale des dirigeants a débouché sur l’ouverture de la Chine et le retour au capitalisme.

Dans la première partie du régime, il faut distinguer trois périodes :

De 1949 à 1957 (le socialisme orthodoxe).

De 1958 à 1969 (l’utopie marxiste).

De 1969 à 1978 (le déclin du maoïsme).
Section 1 :

L’installation du régime.
§1.

La reconquête de l’espace chinois.
Le 1er octobre 1949, à la date de la proclamation du régime, les communistes n’occupent pas la totalité du pays. Mais ce sont eux qui réalisent la véritable réunification du pays.

Toutefois, en beaucoup d’endroit la résistance nationaliste se poursuit.

L’occupation du Tibet en octobre 1950 parachève la reconquête de l’espace traditionnel chinois, c'est-à-dire l’espace que contrôlait les Qing d’après 1860.

Il manque Taiwan, qui est le refuge nationaliste , Hongkong et Macao qui restent des enclaves étrangères.

Le Tibet est récupéré. Mais il reste autonome pendant environ 10 ans. En 1959, il est totalement occupé.
§2.

La loi sur le mariage et la réforme agraire.
Le régime en juin 1950 prend deux décisions importantes.

Il promulgue une loi sur le mariage et passe à une nouvelle réforme agraire.

La loi sur le mariage a un contenu précis. Elle interdit certaines pratiques comme la polygamie entre autre, et protège l’enfant.

Elle veut signifier la rupture avec le passé (féodalisme selon les communistes).

En fait le Guomindang avait promulgué une loi sur le mariage dans les années 1930.

Cette loi des communistes n’est donc pas innovante, mais elle a un fort impact.

Elle est promulguée en direction des communautés urbaines.
La loi sur la réforme agricole officialise un processus en cours depuis 1947, et le généralise aux régions conquises depuis l’offensive finale de 1948 et 1949 (le Sud du pays).

Au total, cette réforme agraire aura fait entre 3 et 5 millions de morts (propriétaires fonciers, ou paysans riches).

Le parti communiste chinois avait fixé des quottas par village (une famille par village à éliminer).

Le processus de réforme agraire s’achève au début 1952.

Il n’y a plus de paysans sans terres.

Chaque foyer paysan est devenu propriétaire.

Cette révolution a été brutale, sanglante. Mais on ne peut nier le changement que cela a représenté pour la majorité des paysans.

Le parti communiste chinois a fait disparaître définitivement une classe qui représentait un échelon intermédiaire entre le pouvoir et la masse des paysans, et qui vivait aux dépens de la paysannerie.

Le parti communiste chinois est devenu le maître des campagnes.
§3.

La mise au pas de la société urbaine.
La société urbaine a été mise au pas par le parti progressivement.

La première étape est la publication en juin 1950 d’une loi sur les syndicats qui fait obligation à tous les syndicats ouvriers existant à s’affilier à la fédération de tous les syndicats contrôlés par les communistes.
L’année 1950 est une année de transition, c'est-à-dire une année où le parti semble vouloir appliquer une politique libérale par rapport à la société urbaine.
Mais la Chine entre dans la guerre de Corée.

La mise au pas de la société urbaine intervient en 1951-1952 avec des campagnes de masse.

La première est menée de février à septembre 1951. C’est la campagne de suppression des contre-révolutionnaires.

Elle vise tous les adversaires déclarés ou non du régime (le Guomindang, les sociétés secrètes, les guildes, les tongmenghui).

Cette campagne est violente, meurtrière. Elle donne lieu à des rafles nocturnes et des exécutions sommaires.

Elle fait plusieurs centaines de milliers de morts.

Tandis que deux millions d’individus sont jetés en prison.

Le régime invente le lao jiao et le lao gai, ainsi que les camps de concentration.
Une deuxième campagne de masse a lieu en mai 1951. C’est le « mouvement de réforme démocratique ». Il s’agit d’une campagne d’épuration des syndicats. On se débarrasse des dirigeants des corporations ouvrières, souvent liés aux sociétés secrètes et aux maffias.
Une troisième campagne de masse est lancée en décembre 1951, et dure jusqu’en décembre 1959. C’est la campagne « des trois contre » (San fan yundong) : contre la corruption, contre le gaspillage et contre le bureaucratisme.

C’est une campagne d’épuration des rangs des cadres du parti et de l’État.

Il faut débusquer ceux accusés d’avoir cédé à la corruption, gaspillé.

En fait, ce sont des règlements de compte.

Au total 7% des cadres sont sanctionnés (278.000 personnes).
Une quatrième campagne est déclenchée en février 1952, et dure jusqu’en juin 1952.

C’est la campagne des « cinq contre » : la corruption, l’évasion fiscale, le vol des biens de l’État, l’escroquerie dans les contrats passés avec l’État, le vol des secrets de l’État.

Cette campagne vise les patrons, les entrepreneurs privés du commerce, de l’industrie, c'est-à-dire la bourgeoisie nationale.

On recherche des gens qui sont accusés d’avoir essayer de corrompre.

La campagne des trois contre avait été clémente. Ce n’est pas le cas de celle des cinq contre : les patrons se suicident, d’autres sont mis à l’amende. C’est la fin de la bourgeoisie nationale. Les patrons restent à la tête de leur entreprise, mais ils n’en sont plus que les gérants.

Toutefois, la nationalisation n’aura lieu qu’en 1956 pour l’industrie et en 1958 pour la distribution.
§4.

L’alliance avec l’URSS et la guerre de Corée.
Au plan international, la République de Chine populaire à peine fondée se range dans le camp socialiste.

Mais les dirigeants américains de l’époque ont voulu croire à la possibilité d’établir des relations amicales avec les communistes chinois.

Au début de 1950 il y a une déclaration des dirigeants américains qui montre qu’ils espèrent encore des relations amicales.

Cependant, Mao, dès juillet 1949 avait déclaré que la nouvelle Chine tomberait d’un seul côté (soviétique).

De fait, Mao se rend à Moscou le 16 décembre 1949. C’est son premier et dernier voyage à l’étranger.

Il est reçu par Staline qui le traite avec beaucoup de condescendance.

Les négociations ont lieu, mais Staline n’y participe pas directement. Elles traînent en longueur, ce qui humilie les Chinois.

Mao demande à Zhou Enlai de venir le rejoindre à Moscou.

Zhou Enlai arrive le 20 janvier 1950, accompagné de plusieurs membres du gouvernement et de certains dirigeants du parti de la région de Mandchourie (très liés au soviétiques).

L’arrivé de Zhou Enlai débloque les négociations, et elles débouchent sur un traité d’amitié, d’alliance et d’assistance mutuelle signée le 14 février 1950.

Ce traité est conclu pour 30 ans.

Il a pour objet d’empêcher le retour de l’agression ou la violation de la paix du Japon, ou de tout État qui s’allierait au Japon (États-Unis). En plus du traité, deux accords sont signés le même jour : le premier prévoit que le réseau ferré du Sud Mandchourie et le Chemin de fer de l’Est chinois sera exploité en commun par l’URSS et la Chine pendant 20 ans.

Le même accord met la base navale de Lüshun à la disposition de l’URSS.

Le second accord est relatif à un prêt de l’URSS à la Chine d’une somme de 300.000.000 de dollars. Le taux d’intérêt est très bas. Il sera utilisé sur cinq ans et à rembourser en nature, c'est-à-dire en matière première, en thé, en or ou en dollar.

Le 27 mars suivant, d’autres accords sont passés relatifs aux Xinjiang (pour l’exploitation du pétrole, des richesses minières, de l’uranium).
La guerre de Corée.
Huit mois après la proclamation de la République de Chine populaire, la Chine est entraînée dans un conflit militaire à l’extérieur.

Il dure du 23 juin 1950 au 27 juillet 1953. Cette guerre a été le prix à payer pour le soutien de l’URSS.

Les Chinois se sont battus à la place des soviétiques contre les Américains.

Ils ont été entraînés dans la guerre, mais ils n’ont pas été complètement instrumentalisé.

La guerre de Corée est au départ une guerre civile qui a été internationalisée.

La Corée est une colonie japonaise entre 1910 et 1945. Il y a une résistance coréenne, nationaliste et communiste.

Pendant la seconde guerre mondiale, les alliés décident que la Corée devra recouvrer son indépendance après guerre, et elle est placée sous tutelle internationale pendant une période de transition. Ainsi, elle est divisée, après la capitulation du Japon, en deux zones d’occupation : soviétique au Nord, et américaine au Sud.

La limite est le 38e parallèle.

Dans la zone soviétique, un gouvernement est mis en place, dominé par Kim Il-Sung (mort en 1994). Dans la zone américaine, un gouvernement est formé de nationaliste (non communistes) dont le dirigeant est Syngman Rhee.

En novembre 1948, les communistes coréens proclament la République populaire de Corée.

En juillet 1945, les reçoivent de grandes quantités d’armes des soviétiques.

En revanche, les États-Unis ne soutiennent pas les sudistes de façon active. Ils ne veulent pas s’engage en Corée.

Le 25 juin 1950, les communistes coréens déclenchent une offensive contre le Sud. Séoul est très vite occupée.

Fin juillet, l’armée sudiste est repoussée jusqu’à la mer. C’est une défaite totale pour les nationalistes.

Cette défaite détermine les États-Unis à intervenir sous couvert de l’Organisation des Nations Unies.

Le 27 juin une force d’intervention de l’Organisation des Nations Unies est formée qui a pour mission de repousser les communistes coréens jusqu’au 38e parallèle, de rétablir la paix et la sécurité en Corée.

Le général Mc Arthur est placé à la tête de cette force de l’Organisation des Nations Unies, constituée principalement d’un contingent américain.

Mc Arthur avait conduit les troupes américaines à la victoire sur le Japon.

En réalité cette force de l’Organisation des Nations Unies est une façade, ce sont les intérêts américains qui sont en jeu.

Le 15 septembre 1950, les Américains débarquent en Corée.

Ils repoussent rapidement les troupes Nord coréennes. Mais Mc Arthur cédant aux pressions de Syngman Rhee franchit le 38e parallèle le 7 octobre.

Trois semaines plus tard, les troupes américano-coréennes atteignent le fleuve Yalu (à la frontière chinoise). Les communistes coréens sont battus.

Le 24 et 25 octobre, 200.000 hommes des troupes chinoise franchissent le Yalu (commandées par Lin Biao).

La propagande chinoise présente ces troupes comme des volontaires (en réalité ce sont des troupes régulières). Pyongyang est prise fin novembre.

Les forces américano-coréennes sont repoussées au-delà du 38e parallèle.

Au milieu de février 1951, l’offensive de Lin Biao est stoppée par les Américains.

Les Chinois sont arrêtés par les bombardements massifs sur leurs arrières, et ils manquent d’avions et de blindés. Ils ont des effectifs importants et lancent des vagues humaines.

Les pertes chinoises sont énormes : 1 million de morts.

Les pertes nord-coréennes s’élèvent à 600.000 morts.

Les pertes sud-coréennes à 415.000 morts.

Les pertes américaines à 54.000 morts et 100.000 blessés ou disparus.

Dès février 1951, la guerre s’enlise. C’est la mort de Staline le 5 mars 1953 qui débloque la situation.

Il s’agit du règlement difficile de la succession de Staline qui provoque la paralysie du pouvoir.

Cela débouche sur un armistice signé le 27 juillet 1953 à Banmendian.

Dans cette guerre, la Chine a été obligé de s’engager. Les Chinois se battent à la place des soviétiques.

Mais il y a aussi la crainte d’une invasion américaine, et la crainte de l’impact d’une victoire américaine en Asie orientale.

Cette guerre renforce l’isolement chinois sur la scène internationale.

Elle hâte le durcissement du régime (les campagnes de 1951).

La participation chinoise à ce conflit correspond à une sorte de revanche sur l’humiliation du 19e siècle.

Mao Zedong déclare que le temps, où un agresseur occidental pouvait annexer un pays en disposant quelques pièces d’artillerie sur un rivage, est révolu.

En 1952, la transformation socialiste chinoise n’a pas été lancée. Mais le régime que le parti communiste chinois a établi n’a rien à voir avec le régime précédent.

Le parti communiste chinois a supprimé la classe dirigeante qui dominait les campagnes.

En 1952, la Chine a retrouvé sa stabilité qu’elle n’avait pas connue depuis la fin des Qing.

La production industrielle a repris et a retrouvé ses niveaux de 1936.

En juillet 1953, les Chinois sont débarrassés de la guerre de Corée. C’est donc un nouveau départ.
Section 2 :

La Chine à l’école de l’URSS, 1953-1956.
Au début des années 1950, au sein du parti communiste chinois, il y a un consensus : la Chine doit suivre la voie de l’URSS.

Mao dit que le parti communiste et l’URSS sont les meilleurs professeurs et qu’il faut se mettre à leur école.

À cette date, il n’y a d’ailleurs pas d’autre expérience socialiste que l’URSS.
La Chine transpose le modèle de l’Union soviétique :

L’agriculture est collectivisée.

L’économie planifiée (plans quinquennaux).

C’est une économie administrée.
La Chine adopte la voie de développement soviétique qui consiste à développement une industrie lourde (quasi inexistante en Chine à l’époque, sauf en Mandchourie).

Il y a l’idée qu’il ne peut y avoir de passage au socialisme et au communisme sans industrialisation.

Les décisions sont prises en 1953 :

Avec le plan quinquennal.

L’étatisation du commerce des céréales.

La nationalisation de l’agriculture.
§1.

Le lancement du premier plan quinquennal.
Le plan quinquennal est une invention soviétique, lancée en 1928.

Les communistes chinois adoptent cette institution, et lancent le premier plan quinquennal en 1953.

Mais ce plan quinquennal est achevé dans sa rédaction au début 1955, rendu public début juillet 1955 (il englobe rétroactivement 1953 et 1954). Il y avait une incertitude en 1953, la Chine était toujours engagée en Corée, et Staline toujours vivant. Et jusqu’à sa mort, il a bloqué l’aide que les Soviétiques avaient promis à la Chine).

Staline meurt, la Chine se retire du conflit coréen. L’aide soviétique arrive.

En 1953, les Chinois ont les résultats du premier recensement effectué. On découvre 100.000 personne en plus de ce que l’on pensait.

Les objectifs de ce premier plan sont de créer une industrie lourde, ce qui confirme la destination des investissements.

58,2% des investissements sont destinés à l’industrie, 19,2% aux transports et 4,6% à l’agriculture.

90% des investissements doivent aller à l’industrie lourde.

La priorité est donnée à la construction ou au développement de grandes unités de production.

Le plan prévoit le développement de 156 grandes unités qui devront absorber la moitié des investissements destinés à l’industrie lourde.
Concernant le rythme de développement, le plan prévoit une croissance de la production industrielle de 100% sur cinq ans, c'est-à-dire de 14,7% par ans.

Le développement de l’agriculture n’est pas une priorité.

L’industrialisation programmée par ce plan a été financée par les Chinois eux-même, par les paysans.

Il y a eu une aide soviétique non négligeable, mais cette aide va diminuer à partir de 1958 et elle est supprimée en 1962 du fait de la rupture entre les deux pays.

L’URSS a fourni à la Chine les matières premières, les équipements, les machines.

Elle a mis à disposition des Chinois des techniciens qui ont aidé à construire et à développement les grandes unités de production.

En 1960, il y a en Chine 1300 experts soviétiques.

Après la mort de Staline sont signés les premiers accords relatifs à cette aide.

Ils prévoient que l’aide soviétique s’appliquera à des projets c'est-à-dire à la construction des grandes unités de production.

En octobre 1954, il y a 156 projets financés par l’URSS (nombre figurent dans le premier plan quinquennal) ;

On a construit trois combinats sidérurgiques à Baotou, devenu le grand centre industriel de l’industrie lourde chinoise ; ainsi que celui de Wuhan et de Anshan.

Ont été aussi édifiées une raffinerie à Lanzhou et deux centrales hydroélectriques dont celle de Sanmenxia (sur le Fleuve Jaune).

Également 41 centrales thermiques,

Trois usines de construction mécanique,

Trois usines de chimie lourde.

Mais l’aide soviétique n’a pas suffit à elle-seule à financer l’industrie lourde. Elle est financée par les paysans.
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