Suivi de grossesse et violences faites aux femmes





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b/ Au sein du système de santé

Consultations de psychotraumatologie : depuis 2005 six consultations de victimologie adultes ou adultes et enfants ont été ouvertes dans le 93 : CCDPS d’Aubervilliers, CMS de Romainville, CDDPS de Montreuil, CDDPS de Noisy le Grand, CMS de Saint Denis. On peut également contacter le Centre de psychotrauma de l’institut de victimologie de Paris.

Aux urgences : une étude réalisée aux urgences du CHU Ballanger d’Aulnay-sous-Bois entre juillet 2008 et juillet 2010 organisait un dépistage systématique des violences faites aux femmes. Parmi les 236 patientes victimes identifiées, 52% avaient déjà consulté aux urgences pour des motifs similaires avant d’être dépistées. 59% arrivent en secteur de chirurgie-traumatologie pour des séquelles liées aux violences, 28% en secteur de médecine et 13% en secteur de psychiatrie. Cette étude montre la nécessité absolue de sensibiliser le personnel soignant et d’organiser un dépistage de la violence faite aux femmes dans les services d’urgences.

Mouvement Français pour le Planning Familial : sensibilisés au dépistage et à la prise en charge des violences faites aux femmes, les centres de planning familial sont un des lieux privilégiés d’écoute des femmes victimes. Le médecin généraliste qui n’est pas familiarisé avec la prise en charge de ces patientes peut les adresser. Souvent groupées avec les PMI ces centres offrent l’avantage de prendre en charge également les enfants, eux aussi en souffrance.

c/ Associations

Une liste non exhaustive d’associations à contacter :

Hébergements d’urgence pour les femmes victimes de violence :

  • L’Amicale du Nid : aide au relogement des femmes victimes de prostitution http://www.amicaledunid.org/

  • SOS femmes 93

  • Samu social 115

  • APRAE : appartements thérapeutiques disposant de quelques places pour les jeunes filles de 18 à 25 ans victimes de violences.

Associations luttant contre les violences faites aux femmes

  • SOS Victimes 93 : 01 41 60 19 60

  • Collectif féministe contre le viol (CFCV) : http://www.cfcv.asso.fr/ ou 0 800 05 95 95 SOS femmes viol informations. Cette association a récemment lancé une campagne contre le viol conjugal que l’on retrouve sur leur site.

  • Fédération Nationale Solidarité Femmes : créé dans les années 1970 par des féministes issues du mouvement des femmes pour dénoncer les violences faites aux femmes et en particulier les violences conjugales. Elles créent des lieux d’accueil, d’écoute et d’hébergement gérés par des associations. www.solidaritéfemmes.fr

  • Site gouvernemental d’information et d’orientation : http://www.stop-violences-femmes.gouv.fr/

  • Femmes après coup : branche de Médecins du Monde : www.femmesaprescoup.com

  • Association Européenne contre les Violences Faites aux Femmes au Travail (AVFT) : www.avft.org ou 01 45 84 24 24

  • Réseau d’associations de Professionnels de l’Aide aux Victimes : http://www.inavem.org/

  • Voix d’Elles Rebelles : information, prévention, orientation auprès des femmes françaises immigrées http://www.voixdellesrebelles.fr/

  • Association Libre Terre des Femmes : www.ltdf.fr

Points d’accès au droit : Juristes du Conseil Départemental de l’accès au droit (CDAD), association Léo Lagrange sur le droit de la consommation et le surendettement, agence départementale sur le logement (ADIL 93), avocats sur la prévention des expulsions locatives, Centre d’Information sur les droits des Femmes et des Familles (à la Courneuve : 01 48 36 99 02) http://www.infofemmes.com/v2/accueil.html
3/ En pratique

a/ En consultation

1-Dépistage et accueil

Les femmes victimes de violences s’en plaignent rarement spontanément, il faut savoir dépister les violences subies. Un certain nombre de signaux peuvent alerter le médecin, mais c’est parfois après des années de suivi et l’instauration d’une relation thérapeutique de confiance que la patiente peut enfin parler. La violence conjugale existe dans tous les milieux sociaux et la honte que ressentent les femmes qui en sont victimes la rend d’autant plus difficile à prendre en charge. Certaines périodes de la vie sont plus propices à la recherche de violences : grossesse, périnatalité, rupture…).

Il existe des questionnaires de dépistage, comme celui proposé par LTDF :

Vous avez la sensation que quelque chose ne va pas dans votre couple, n’est pas naturel. Vous vous demandez si cela est normal. Ce questionnaire peut vous aider à repérer si vous subissez des violences dans votre couple. Les violences conjugales peuvent être de plusieurs types : physiques, mais aussi verbales (insultes…), économiques, morales….Elles sont parfois diffuses et difficiles à repérer et à relier entre elles.

Dans tous les cas, n’hésitez pas à exprimer vos doutes à un professionnel (association, travailleur social, groupe de paroles…) qui peut vous aider à faire le point.

Cochez la case lorsque la phrase correspond à votre situation.

1. Vous ne vous sentez pas à l’aise en présence de votre conjoint (mari, concubin, pacsé) , vous faites attention à vos gestes, à vos paroles.

2. Votre conjoint se moque de vous et vous dénigre en public, devant vos proches, votre famille, vos ami-e-s, vos enfants. Il ne tient pas compte de vos remarques. Par exemple il se moque de votre physique et continue quand vous lui demandez d’arrêter.

3. Votre conjoint vous a déjà insulté ou vous insulte fréquemment, il a vis-à-vis de vous des termes orduriers, humiliants, hors de propos.

4. Votre conjoint se met en colère contre vous, s’emporte et refuse de dialoguer.

5. Votre conjoint a déjà brisé volontairement un ou plusieurs objets qui vous appartenaient et auxquels vous teniez. Par exemple il a déchiré des photos de vos enfants ou de personnes qui vous sont proches pour vous faire de la peine, brisé un vase pour vous effrayer….

6. Votre conjoint vous a déjà frappé ou blessée, fait du mal physiquement : pinçons, gifle, bousculade, coups, fracture…

7. Votre conjoint vous intimide, vous vous sentez moins intelligente devant lui.

8. Votre conjoint vous a déjà menacé, ou a déjà menacé vos proches, vos enfants. Par exemple il a déjà menacé de vous tuer, de frapper vos enfants…

9. Votre conjoint vous a déjà fait peur volontairement. Par exemple il vous a effrayé en conduisant volontairement mal ou trop vite et en ne tenant pas compte de vos remarques ou de vos demandes d’arrêter.

10. Vous avez l’impression que votre conjoint ne prend pas en compte ce que vous dites.

11. Vous avez déjà eu des rapports sexuels ou des pratiques sexuelles avec votre conjoint alors que vous ne le souhaitiez pas.

12. Votre conjoint vous a déjà ou vous prive de vos papiers d’identité, de votre titre de séjour, de vos moyens de paiement.

13. Votre conjoint utilise sans votre avis l’argent de votre salaire ou des allocations si votre ménage en perçoit.

14. Votre conjoint hausse le ton avec vous, crie, ou alors vous ignore et refuse de vous parler.

15. Depuis que vous le connaissez votre comportement a changé, vous ne vous reconnaissez pas, vous avez perdu confiance en vous, vous êtes triste, repliée sur vous-même…

16. Vous avez déjà fait des actes contraires à vos valeurs sous la pression de votre conjoint.

17. Votre conjoint vous donne l’impression de surveiller vos allées et venues : il contrôle vos heures de départ et heures d’arrivées, il vous appelle fréquemment dans la journée pour vérifier ce que vous faites…

18. Votre conjoint vous empêche de voir certaines personnes. Par exemple il vous interdit de voir certain-e-s ami-e-s.

19. Votre conjoint vous a déjà empêchée physiquement de sortir. Il vous a déjà enfermée.

20. Vous avez peur de lui.

Si vous avez coché plusieurs cases, il se peut que vous ayez besoin d’aide. Ne restez pas seule avec vos doutes, vos peurs : parlez-en autour de vous à des personnes de confiance, n’hésitez à contacter des professionnels (association spécialisée, numéro d’écoute gratuit et anonyme, assistante sociale de quartier ou dans votre entreprise, psychologue…)

En pratique il n’est pas toujours simple d’utiliser un questionnaire (le laisser trainer avec des tracts d’information dans la salle d’attente peut être une option), et le dépistage se fait surtout en osant poser la question avec tact. Des outils existent comme leSAFE qui pose des questions ouvertes puis plus précises : « Comment se passe la relation avec votre conjoint ? Que se passe t il quand vous vous disputez ? Vous est il arrivé de vous faire frapper ou bousculer ? Avez-vous un plan d’urgence ? ». Le réseau PREVIOS (Prévention Violence et Orientation Santé) a explicité des recommandations simples et de bon sens pour le déroulement d’un entretien de dépistage qui requiert plus de « savoir être » que de « savoir faire ». Il ne doit pas se limiter à la violence physique mais doit explorer le champ des violences psychologiques et des contraintes exercées sur la personne. Des messages clé sont donnés à la personne victime de violences (le questionnement interroge les actes posés – et non l’auteur -, la responsabilité de la personne qui les produits, le caractère inacceptable des actes, les personnes et lieux de recours vers qui s’orienter). Conditions de l’entretien de dépistage sont importantes : moment adapté (pour la victime), colloque singulier, sans présence d’un enfant en âge de parler. L’attitude du soignant doit être celle d’une relation d’aide, de confiance, et de respect de la personne. Il ne faut pas introduire l’auteur des violences dans la prise en charge, si nécessaire rappeler le principe du secret médical. Plusieurs attitudes sont à éviter : mettre en doute la parole, dédramatiser, minimiser la souffrance, refuser un certificat.

Une écoute empathique permet de mettre en évidence les situations de violence, les réactions de la patiente, de l’agresseur, des proches, et ses conséquences sur la vie quotidienne. Cet espace de parole est essentiel pour la victime.

Dans le cas où la femme parle une langue étrangère, éviter de faire appel à des proches pour l’interprétation et si possible faire appel à un organisme communautaire.

Si la femme refuse d’admettre qu’elle est victime de violence, on peut lui dire simplement qu’on s’inquiète pour elle, lui demander si elle aimerait avoir plus d’information ou d’aide, lui donner de l’information écrite discrète, et surtout lui dire qu’elle sera la bienvenue si elle revient.
2/ Intervention

Devant une femme victime de violence, deux interventions sont importantes : informer et orienter. Elles doivent se faire en respectant plusieurs principes : respecter la confidentialité, croire et valider ses expériences en tenant compte de ses sentiments, reconnaitre l’injustice subie, respecter son autonomie (dont elle a suffisamment été privée, ne pas oublier que c’est à elle de prendre les décisions qui concernent sa propre vie), faciliter l’accès aux différents services et l’aider à planifier sa sécurité future.

Eclaircir les circonstances des scènes de violence peut permettre de les relier à un mécanisme connu, en particulier dans le cadre des violences conjugales, comme par exemple le cycle alternant les phases de mise en tension, crise, justification, lune de miel. Les femmes victimes ont besoin d’informations sur les cycles de la violence, les conséquences de cette violence sur les enfants… Ceci permet aussi de déculpabiliser la patiente. Il est important de lui laisser un espace où verbaliser ses émotions et réactions face à la violence.

On conseille la patiente sur les mesures à prendre, sur ses besoins en évaluant avec elle les conséquences des violences :

  • psychologiques : état de stress post traumatique, sommeil, syndrome dépressif…

  • somatiques : coups et blessures, certificat descriptif

  • sociales : allocations familiales, salaire, logement, retentissement professionnel…

On l’aide également si nécessaire à établir un plan d’urgence en cas de menace immédiate.

Pour informer la patiente sur les possibilités d’aide, l’idéal est de lui fournir une documentation écrite qui peut être cachée facilement, en précisant que la plupart des services sont gratuits.

b/ Démarches à envisager

1-Démarches judiciaires

La procédure comporte plusieurs étapes : le dépôt de plainte, l’enquête de police, la poursuite de l’auteur des violences ou le classement, et le jugement. Plus le dépôt de plainte est précoce, plus l’enquête peut être complète et moins l’affaire risque de passer au delà du délai de prescription (10 ans pour un crime comme le viol, 3 ans pour un délit). La plainte peut être déposée contre un agresseur connu ou contre X. L’agresseur identifié peut être selon les circonstances déféré devant le Tribunal Correctionnel ou le juge d’instruction.

Chacune des étapes porte elle-même son lot de violences, vécues au quotidien par les femmes suivies au planning familial : refus de notifier la plainte de la part des policiers (spécialement dans le cadre des violences conjugales : « un viol conjugal n’existe pas » « revenez quand vous aurez une vraie blessure » « on ne peut pas porter plainte à chaque dispute » sont des phrases que m’ont reporté certaines patientes), enquête rendue difficile par la famille, jugement minimisant la portée des violences… Ce n’est heureusement pas la règle générale, mais il faut être conscient de ces difficultés pour accompagner au mieux les femmes concernées. A noter que pour le cas du refus de policier d’entendre la plainte on peut leur opposer l’article 15-3, en vigueur depuis le 31 Décembre 2007 « La police judiciaire est tenue de recevoir les plaintes déposées par les victimes d'infractions à la loi pénale et de les transmettre, le cas échéant, au service ou à l'unité de police judiciaire territorialement compétent. Tout dépôt de plainte fait l'objet d'un procès-verbal et donne lieu à la délivrance immédiate d'un récépissé à la victime. Si elle en fait la demande, une copie du procès-verbal lui est immédiatement remise ».

Amener la femme victime de violence n’est pas facile, surtout lorsque leur auteur est un proche, et les étapes de la procédure peuvent elles aussi être une épreuve. Dès que possible il faut tenter de faire accompagner la victime dans ses démarches par quelqu’un en connaissant le déroulement. Plusieurs associations assurent des permanences d’écoute, de conseil et d’accompagnement des femmes dans leurs démarches : le Collectif Féministe Contre le Viol, la Fédération Nationale Solidarité Femmes, Association Européenne contre les Violences faites aux Femmes au Travail …

L’aspect financier de telles démarches n’est pas négligeable. Pour aider les femmes qui portent plainte à couvrir leurs frais des solutions existent, notamment par la Commission d’Indemnisation des Victimes d’Infraction.

2- Certificat médical descriptif

Souvent perçu par les victimes comme une agression supplémentaire, il est souvent indispensable pour les aider au cours de la procédure. Le médecin traitant peut réaliser le certificat descriptif initial, mais dans le cadre d’une procédure judiciaire il peut être fait en milieu hospitalier dans une unité médico-judiciaire.

S’il est demandé par la patiente elle-même, ne jamais le refuser (sauf cas très particulier). Il est d’une part indispensable à la relation d’aide, constitue un début de reconnaissance officielle des violences subies, et parfois le point de départ d’une procédure judiciaire.
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