Suivi de grossesse et violences faites aux femmes





télécharger 165.58 Kb.
titreSuivi de grossesse et violences faites aux femmes
page4/4
date de publication19.05.2017
taille165.58 Kb.
typeDocumentos
d.20-bal.com > loi > Documentos
1   2   3   4
c/Cas particulier de la grossesse

La grossesse ne protège en rien les femmes victimes de violence, et peut parfois s’avérer un facteur déclenchant ou aggravant. Savoir repérer les signes évocateurs consiste à être attentif aux indices physiques (grossesse non désirée, non planifiée, interruption de grossesse, blessure ou complication non expliquée, faible poids à la naissance, prématurité), psychiques (dépression, anxiété, peur), comportementaux (usage de toxiques ou de tabac pendant la grossesse, tentative de suicide, soins prénataux inadaptés ou tardifs, visites fréquentes à l’hôpital ou chez le médecin, mauvaise nutrition, difficulté à assumer le rôle de mère). Il est possible que le médecin soigne à la fois la femme et son agresseur, notamment dans le cadre de violences conjugales. Les comportements de l’agresseur éventuel peuvent être évocateurs : ne la laisse pas seule en compagnie d’un professionnel, semble trop attentionné, parle à la place de sa compagne, s’occupe des traitements, lance des regards appuyés, fait des remarques déplacées, désobligeantes ou réductrices à son sujet, semble émotionnellement détaché. L’attitude de la femme en présence de son agresseur peut elle aussi être un indice : elle peut sembler intimidée, effrayée, conciliante, incapable de parler ou de la contredire.

Un des moyens de dépistage est de poser la question systématiquement aux femmes avant, pendant et après la grossesse.

Dans les conseils à donner aux femmes enceintes victimes de violences, penser au plan de secours et au « sac de sécurité» en cas de départ précipité : vêtements de rechange pour elle-même et ses enfants, médicaments, doubles des clefs, argent et papiers bancaires (carte bleue, chéquier) si elle les a en sa possession, trousse d’accouchement, carte vitale et papiers d’identité. Dans la mesure du possible, emporter le maximum de pièces administratives qui peuvent par la suite l’aider à prouver ses droits : permis de conduire, documents de propriété immobilière, diplômes, attestations de revenus sociaux…

d/ Ne pas oublier les enfants

Les enfants dont la mère subit une situation de violence courent un risque accru de connaître des difficultés du développement; il est également possible qu’ils soient eux-mêmes violentés. Une étude portant sur des femmes hébergées ou suivie par SOS Femmes 93 montre que 88% des enfants ont vu leur mère être frappée, 80% ont assisté à des menaces de mort ou des menaces de coups à l’encontre de leur mère, 80% des enfants ont été témoins de violences à l’encontre d’un autre membre de la famille, un tiers des enfants a été directement victime de coups et un autre tiers témoin d’une tentative de meurtre envers leur mère. Dans ces circonstances on ne peut douter ue même si les enfants ne sont pas directement victimes de violence, celle que subit leur mère est en elle-même un facteur traumatisant. Ces violences peuvent engendrer un état de stress post traumatique (60% des enfants), une image de soi modifiée, une agressivité et des troubles du comportement (10 à 17 fois plus que des enfants vivant dans un foyer sans violence), un retard de développement, augmentation des conduites à risque ou délinquantes, et un risque de reproduire à nouveau les violences conjugales ou d’en être victime.

Dans certaines provinces, le signalement aux organismes de protection de l’enfance des cas d’enfants vivant dans des ménages marqués par la violence est obligatoire. La SOGC (Société des Obstétriciens et Gynécologues Canadiens recommandent aux professionnels de la santé de demander des renseignements au sujet du bien-être et de la sécurité des enfants dont la mère subit une situation de violence. En présence d’inquiétudes ou d’une obligation légale, ils doivent signaler leurs résultats aux organismes de protection de l’enfance.

Les centres de PMI et les associations d’enfants victimes peuvent être contactés pour aider à la prise en charge des enfants d’une femme victime de violence.
e/ Prévention
Les associations qui luttent contre les violences faites aux femmes proposent d’agir en amont de ces violences par la prévention et l’éducation du public. De nombreuses campagnes sont ainsi lancées pour éduquer les enfants à l’égalité des sexes, informer les femmes de leurs droits et lutter contre les comportements inappropriés. Le médecin généraliste peut y participer en relayant les messages d’information par exemple par des tracts ou affiches en salle d’attente.
Un autre axe de prévention est celui de sensibilisation des professionnels : participation à des sessions de formation, utilisation des outils proposés, formation continue et travail en équipe. Tout généraliste devrait disposer d’un réseau de prise en charge des femmes victimes de violence.
Conclusion :
Pour Mme T., les signes qui m’inquiétaient dans son attitude sont bien des signes d’alerte faisant suspecter une maltraitance, et l’attitude de l’équipe du planning familial a été la bonne. Devant le refus de Mme T. d’évoquer une quelconque violence, la meilleure option est de rester présentes et disponibles.
Troisième partie : Arrêts de travail et grossesse
1/ Congés maternité, réglementation
Les congés maternité sont réglementés par le code du travail (article L.1225-17) : leur durée pour une grossesse normale est de 16 semaines, répartis en général 6 semaines avant l’accouchement et 10 semaines après. La femme qui le désire peut reporter une partie des 6 semaines précédant l’accouchement (jusqu’à 3 semaines) après la naissance avec l’accord du médecin ou de la sage femme qui suit la grossesse. En cas d'arrêt de travail prescrit à la salariée enceinte pendant la période qui fait l'objet d'un report, le report est annulé et le congé prénatal commence au 1er jour de l'arrêt de travail. En cas d'accouchement ayant lieu avant la date prévue, la durée totale du congé maternité n'est pas réduite : la durée du congé prénatal non prise est reportée après l'accouchement. En cas d'accouchement ayant lieu après la date prévue, le congé prénatal est prolongé jusqu'à la date de l'accouchement, et la durée du congé postnatal reste identique.
Pour les femmes désirant allaiter leur enfant, le code de la sécurité sociale ne prévoit pas de congé maternité spécifique. Ainsi, si la mère allaite son enfant, son congé postnatal ne pourra pas être prolongé. Ce sont les conventions collectives qui peuvent, éventuellement, prévoir ce type de dispositions. À noter : l'allaitement est autorisé sur le lieu de travail et pendant le temps de travail. Le code du travail (article L.1225-30) prévoit notamment que, pendant un an à compter du jour de la naissance, la mère peut disposer d'une heure par jour durant ses heures de travail pour allaiter son enfant.
Dans certains cas particuliers les congés sont plus longs :

  • Femme ayant déjà mis au monde deux enfants : La durée du congé maternité est de 26 semaines dont, en principe, un congé prénatal de 8 semaines avant la date présumée de l'accouchement et un congé postnatal de 18 semaines après l'accouchement.  Dans cette situation en effet, la salariée enceinte peut avec l'avis favorable du médecin ou de la sage-femme qui suit sa grossesse, reporter une partie de son congé prénatal (3 semaines maximum) après son accouchement. Son congé postnatal sera alors augmenté d'autant.
    À noter cependant que seules les 3 premières semaines du congé prénatal peuvent être reportées. De plus, en cas d'arrêt de travail prescrit à la salariée enceinte pendant la période qui fait l'objet d'un report, le report est annulé et le congé prénatal commence au 1er jour de l'arrêt de travail. Elle peut aussi anticiper son congé prénatal (2 semaines maximum). Son congé postnatal sera alors réduit d'autant.

  • Femme attendant des jumeaux : La durée du congé maternité est de 34 semaines dont, en principe, un congé prénatal de 12 semaines avant la date présumée de l'accouchement et un congé postnatal de 22 semaines après l'accouchement. Dans cette situation en effet, la salariée enceinte peut avec l'avis favorable du médecin ou de la sage-femme qui suit sa grossesse, reporter une partie de son congé prénatal (3 semaines maximum) après son accouchement. Son congé postnatal sera alors augmenté d'autant. À noter cependant que seules les 3 premières semaines du congé prénatal peuvent être reportées. De plus, en cas d'arrêt de travail prescrit à la salariée enceinte pendant la période qui fait l'objet d'un report, le report est annulé et le congé prénatal commence au 1er jour de l'arrêt de travail. Elle peut aussi anticiper son congé prénatal (4 semaines maximum). Son congé postnatal sera alors réduit d'autant.

  • Femme attendant des triplés ou plus : La durée du congé maternité est de 46 semaines dont, en principe, un congé prénatal de 24 semaines avant la date présumée de l'accouchement et un congé postnatal de 22 semaines après l'accouchement. Dans cette situation en effet, la salariée enceinte peut, avec l'avis favorable du médecin ou de la sage-femme qui suit sa grossesse, reporter une partie de son congé prénatal (3 semaines maximum) après son accouchement. Son congé postnatal sera alors augmenté d'autant. À noter cependant que seules les 3 premières semaines du congé prénatal peuvent être reportées. De plus, en cas d'arrêt de travail prescrit à la salariée enceinte pendant la période qui fait l'objet d'un report, le report est annulé et le congé prénatal commence au 1er jour de l'arrêt de travail.



2/ Arrêts de travail supplémentaires



En cas d'état pathologique résultant de la grossesse (diabète gestationnel, HTA gravidique, MAP…), une période supplémentaire de congé de deux semaines (14 jours maximum consécutifs ou non) peut être accordée avant le début du congé prénatal et sur prescription médicale. Ce congé pathologique peut être prescrit à partir de la déclaration de grossesse.
Pour une femme enceinte qui travaille de nuit ou sur un poste à risques (exposition à des produits toxiques, à des radiations…) et en cas d’impossibilité de reclassement dans la même entreprise, une suspension de contrat de travail est possible. La patiente sera alors indemnisée par la Caisse d’Assurance Maladie jusqu’à sa reprise du travail. Cette mesure concerne une liste de professions avec des risques précis chimiques ou d’irradiations, mais ne touche pas les femmes dont les conditions de travail peuvent rendre difficiles le bon déroulement de la grossesse : trajet long, travail physique, position debout permanente, pauses inexistantes… Dans ces cas difficiles, c’est uniquement l’appréciation du médecin qui peut justifier d’un arrêt de travail. La plupart des médecins que j’ai rencontrés considèrent qu’un arrêt de travail même précoce peut éviter bien des problèmes à la femme enceinte : diminution du risque de contractions, douleurs, saignements, du risque de MAP…



3/ Case « soins en rapport avec une grossesse »
Comment remplir la feuille de soin pour une femme enceinte ? Comment sa prise en charge change t-elle si on coche la case « maternité » ?

a/ Du premier au 5e mois de grossesse :
Les frais médicaux sont remboursés aux tarifs habituels. Seuls les examens prénataux obligatoires et les séances de préparation à l'accouchement peuvent être pris en charge à 100 % au titre de l'assurance maternité. Les examens obligatoires comprennent sept examens médicaux réalisés par un médecin ou une sage-femme, trois échographies, le dosage de la glycémie, certaines analyses de dépistage dont la rubéole, la toxoplasmose, l'hépatite B, la syphilis ou le test H.I.V., et pour les femmes présentant un risque particulier, le caryotype fœtal et l'amniocentèse sont pris en charge à 100 %, sous réserve, pour le caryotype foetal, de l'accord préalable du service médical de votre caisse d'Assurance Maladie.

Pour les examens obligatoires avant le 5ème mois de grossesse, cocher la case « maternité ». Pour tout le reste on coche la case « maladie ». Attention au cas où la patiente n’a pas prévenu son employeur de sa grossesse, il faut rester prudent.

b/ A partir du 6e mois de grossesse (et jusqu'à douze jours après l'accouchement)

Tous les frais médicaux sont pris en charge à 100 %, au titre de l'assurance maternité, qu'ils soient ou non en rapport avec la grossesse. À noter : Les prestations prises en charge au titre de l'assurance maternité sont exonérées de la participation forfaitaire de 1 euro et de la franchise médicale.

A partir du 6ème mois on coche donc dans tous les cas la case « maternité » ».

4/ Conclusion

En pratique, si l’arrêt de travail parait justifié au médecin même en dehors du cadre des congés de maternité ou des arrêts de travail supplémentaires, avant le 6ème mois de grossesse il sera réalisé comme un arrêt de travail « normal » sans préciser la grossesse. Après le 6ème mois il sera considéré comme découlant de la grossesse.

Conclusion :

Lors de la grossesse, le médecin généraliste peut suivre sa patiente au cours des examens obligatoires mensuels qui comprennent au minimum un examen clinique avec PA poids et BU. Si au cours de ces examens la BU présente des anomalies isolées, la conduite à tenir est peu codifiée mais simple : vérification des conditions de réalisation, recherche de diabète en cas de glycosurie, bilan rénal et recherche d’albuminurie en cas de protéinurie, ECBU et traitement d’une bactériurie asymptomatique en cas de leucocyturie, surveillance simple en cas d’hématurie.

La grossesse est un moment particulièrement important pour le dépistage des violences faites aux femmes, particulièrement les violences conjugales, qui peuvent survenir quel que soit le milieu socioprofessionnel de la patiente. Le médecin doit être attentif aux signes d’alerte et savoir travailler en équipe pour aider ces patientes.

La question d’un arrêt de travail peut aussi se poser, la réponse à apporter est à l’appréciation du médecin. On doit rester attentif en remplissant la feuille de soins à préciser ou non que l’arrêt de travail découle de la grossesse pour ne pas nuire à la patiente dans son emploi.

Bibliographie :

HAS : Rapport de synthèse sur le dépistage et le diagnostic du diabète gestationnel (Juillet 2005)

HAS: suivi et orientation des femmes enceintes (recommandations)

Faculté de Médecine ULP F67000 Strasbourg Année 2004-2005

Collège National des Gynécologues Obstétriciens Français : Mises à jour en Gynécologie et Obstétrique Publié le 10 décembre 2010, diabète gestationnel

Urgences Obstétricales CHU région Ouest: http://ticem.sante.univ-nantes.fr/ressources/359.pdf

7èmes rencontres départementales « Femmes du Monde en Seine St Denis » sur le thème « Mieux protéger c’est possible » du lundi 21 novembre 2011

Observatoire départemental des violences envers les femmes : http://www.seine-saint-denis.fr/Observatoire-des-violences-envers.html

Guide à l’intention des professionnels de la santé et des services sociaux réagissant face à la violence pendant la grossesse, Ministère des Travaux Publics et des Services Gouvernementaux, Canada, 1999.

Dépistage des violences dans le couple, Note Synthèse Association Réseau PREVIOS, actualisation 23 mars 2010

LES VIOLENCES ENVERS LES FEMMES ET LES FILLES : UN FLÉAU MONDIAL ENCORE TROP IGNORÉ ALORS QU'IL POURRAIT ÊTRE COMBATTU ET PRÉVENU EFFICACEMENT SI LES CAUSES ET LES MÉCANISMES DE LA VIOLENCE ÉTAIENT MIEUX CONNUS Dr Muriel Salmona, Bourg la Reine le 27 septembre 2010

http://www.violencesfaitesauxfemmes.com/ewb_pages/p/presentation-grande-cause2010.php

Enquête Nationale sur les Violences à l’encontre des Femmes (ENVEFF) 2001
Améli.fr
1   2   3   4

similaire:

Suivi de grossesse et violences faites aux femmes iconPériodiquement la question des Droits des Femmes revient. Tantôt...

Suivi de grossesse et violences faites aux femmes iconDiscours de Ségolène neuville, Secrétaire d’État chargée des Personnes...
«silence» du domicile que ces violences sont subies. Et nous savons bien que la dénonciation de ces violences peut entraîner la perte...

Suivi de grossesse et violences faites aux femmes iconGrossesse et périnatalité chez les femmes maghrébines (Actes des...
«petites» associations de femmes fêtent le centenaire de la loi 1901 (dossier), in : ‘Regards/Femmes d’Ici et d’Ailleurs’, 93, octobre,...

Suivi de grossesse et violences faites aux femmes iconL e Courrier de la Marche Mondiale des Femmes contre les Violences et la Pauvreté

Suivi de grossesse et violences faites aux femmes iconPremiers thèmes abordés – hébergement des femmes victimes de violences,...

Suivi de grossesse et violences faites aux femmes iconQuestion Histoire – Sujet d’étude
Soit en exerçant des menaces ou tout acte d'intimidation à l'encontre des personnels médicaux et non médicaux travaillant dans ces...

Suivi de grossesse et violences faites aux femmes icon4. Liberté et Maîtrise de la vie (Séance du 28/05/2002)
«détresse», et d’un autre côté, pour «risque médical» : l’interruption de grossesse est possible pendant toute la durée de la grossesse,...

Suivi de grossesse et violences faites aux femmes iconForum asiatique des parlementaires sur la population et le développement (afppd)
«une société où brillent les femmes», dans le but d’intensifier les efforts de tous les pays pour pendre des mesures visant à éliminer...

Suivi de grossesse et violences faites aux femmes iconL'Assemblée nationale et le Sénat ont délibéré
...

Suivi de grossesse et violences faites aux femmes iconUniversité Paris Diderot Thème général «Violences et société» Axe...
«un ensemble d'instruments garantissant un niveau élevé de respect de la législation, notamment dans les pme et dans les secteurs...






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
d.20-bal.com