Résumé : L’université de Toulouse, reconstituée en 1896, était la seule avec celle de Paris à comporter les cinq facultés grâce au rattachement de la faculté de théologie protestante de Montauban.





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La laïcisation des hospices civils de Toulouse


La lente sécularisation des hospices offre ainsi un terrain d’observation du positionnement des universitaires toulousains sur la question de la séparation des églises et de l’état. Globalement les médecins semblent avoir œuvré en bonne entente avec les religieuses et n’avoir pas formulé de demande de sécularisation. On voit même une certaine méfiance vis-à-vis du dévouement possible d’éventuelles infirmières laïques. Seuls deux médecins, maçons défendent activement la laïcisation qui se développe des années 1881-1908.

En 1881, un conseiller municipal, le docteur Nassans, met en cause le rôle des sœurs dans l’économat tandis qu’apparait un premier projet d’école « laïque » d’infirmières. Puis les années 1880 sont tout entières occupées par la construction de la faculté de médecine inaugurée solennellement en 1891. Enfin, le 19 mai 1891, Sadi Carnot, Président de la République, arrive à Toulouse, à l'invitation de la Ville de Toulouse, pour assister aux festivités prévues pour l'inauguration des Facultés de Médecine et des Sciences. Tandis que le moment fort de la visite devait être l’inauguration des nouveaux locaux de la faculté de médecine à l’occasion de laquelle Jaurès, alors professeur à la faculté des lettres, adjoint à l’instruction publique à la mairie, prononça un vibrant plaidoyer pour une université dépassant les frontières disciplinaires, elle avait débuté le matin, par une « présentation des troupes » à « l'Hôtel Dieu où les médecins sont au garde à vous à l'entrée des salles autour de leur patron, Mossé à Notre-Dame, Guilhem à Saint-Sébastien, Chalot à Saint-Lazare » (Arlet/CEHM). Les noms des salles sont déjà significatifs mais comme le rapporte le docteur Barbot, on pouvait aussi remarquer les « cornettes » ce qui ne manque pas de piquant pour une visite somptueuse qui avait mobilisé les loges maçonniques. « Toulouse fit à Carnot une réception magnifique, le 12 mai 1891, marquée par l’implication des « six loges maçonniques de Toulouse (qui) avaient érigé un arc de triomphe à l’entrée de la rue de l’Orient ». (Ariste et Braud, p. 802). Cette visite se situait juste après le 1eer mai sanglant de Fourmies, aussi le maire de Toulouse, Ournac, qui s’était opposé à Ernest Constans une décennie plus tôt au sein de la gauche toulousaine, ne manqua pas d’y faire une allusion clairement désapprobatrice dans son discours au Capitole : «  La république résoudra pacifiquement le problème social qui préoccupe en ce moment le monde entier. C’est vous, M. le Président, qui rappeliez un jour que cette devise – Toulouse plus de justice sociale – doit être celle d’un gouvernement démocratique ». Les auteurs clairement du côté du maire radical Ournac de conclure « des témoignages d’attachement à la République, de respectueuses sympathie pour le digne héritier d’un républicain illustre, aucune part n’alla à l’homme qui était responsable de cette lugubre journée » (ibidem, p. 805). On notera également que le ministre Constans dont on a vu l’attachement à Toulouse n’avait pas accompagné le président Carnot. On peut imaginer que la période n’était pas opportune et que l’exigence formulé par Ournac rappelait indirectement le conflit qui avait opposé les deux hommes et leur loge respective en 1876 lors de la campagne municipale, Constans appartenant à la loge Les cœurs réunis tandis qu’Ournac appartenait à la Française des Arts dont Paul Pistre a souligné « les positions avancées » (p.93).

Jean Jaurès et la laïcisation des hospices


Une fracture dans la hiérarchisation des objectifs au sein de la gauche va caractériser le débat toulousain sur la laïcisation des hospices tel qu’Olivier Carpentier l’a retracé. Fin 1891, la municipalité Ournac doit faire face à des difficultés financières. Pour y faire face, Sarraute présente (3/11/1891) la laïcisation comme un moyen de réaliser des économies. S’engage alors une confrontation entre Jaurès qui n’est pas encore le leader socialiste qu’il deviendra après la grande grève des mines de Carmaux de 1892 et Charles de Fitte, militant socialiste toulousain pour qui, il n’est pas question de faire la moindre concession sur la question et qui veut « prendre le taureau par les cornes ». Jaurès « quoique partisan de la laïcisation », se prononce contre le projet Sarraute, d’abord pour des raisons de calendrier électoral, car la municipalité élue en 1888 est en fin de mandat, mais il tient à y ajouter des raisons de fond, des raisons de « philosophie générale ». L’argumentation qu’il met en avant sera reprise quatorze ans plus tard en 1905 par le socialiste Albert Bedouce25 et mérite d’être exposée en détail :

« Je ne crois pas bon, à l’heure présente que le problème social est posé de toutes parts et lorsque toutes les ressources pour ce problème de la question religieuse ont avorté, de venir soulever cette discussion sous la forme la plus aigue. Oui, lorsque la République aura fait son devoir en matière sociale, en matière de charité, d’assistance, de philanthropie et de justice, alors on pourra opérer la laïcisation. Oui, lorsque la république aura organisé l’assurance contre les maladies, les chômages ; qu’elle aura créé des caisses de retraites pour la vieillesse ; lorsqu’elle aura prouvé aux plus ignorants, aux plus superstitieux de notre pays que l’on s’occupe de la question de la justice en matière de bienfaisance, alors oui on pourra parler de laïciser les hospices, et, à ce moment, il n’y aura aucune résistance [..]. Mais aujourd’hui [..] tant que le problème social ne sera pas résolu, je m’opposerai à l’adoption de vœux comme celui présenté par M. Sarraute »26.

Le débat va se poursuivre au sein de la Commission des hospices. Théodore Ozenne (1814-1895), un des trois vice-présidents de l’association créée en 1890 « les Amis de l’Université » (le lobby toulousain pour faire des facultés toulousaine, ‘une université’) se prononce contre la laïcisation pour ne pas heurter les sentiments religieux de la population. Les deux doyens de droit et médecine sont aussi hostiles. Pour le doyen Paget de la faculté de droit, elle pourrait tarir les legs.. Pour le doyen Caubet, il est tout simplement techniquement impossible de se passer des religieuses.

Au moment même de la discussion de la loi de séparation, le débat rebondit au sein de la municipalité toulousaine. Il s’agit alors de compléter la commission des hospices et A. Bedouce qui dirige le groupe socialiste assure que « les socialistes sont mieux placés que les radicaux pour accomplir les réformes ». L’article 4 de la loi de 1905 dont on sait ce qu’il doit à Jaurès est l’objet d’une passe d’armes entre radicaux et socialistes. Pour Bedouce, ce fut l’occasion de formuler ce que nous avons cru pouvoir appeler plus haut le « compromis toulousain » : « il ne faut pas aux sectaires religieux opposer des sectaires anticléricaux. Nous considérons que la conscience humaine a besoin d’être libérée et elle ne se libérera pas par de nouvelles luttes religieuses. Pas plus que l’asservissement de la pensée libre n’est acceptable, l’asservissement des croyants ne peut être désiré ». (cité par Carpentier, pp. 74-75).

On peut également rapprocher la position défendue par Jaurès autour de l’article 4 de la loi de 1905 (la liberté de toute association de droit privé doit aussi s’appliquer à l’église) des débats qui ont entouré la création de l’école d’infirmières laïques. Le Conseil municipal avait décidé le 29/12/1899 la création d’une telle école. Or en Juillet 1901 il apparait qu’il n’y aucune inscription tandis que les religieuses dont la formation était très empirique demande à pouvoir suivre les cours, posant un dilemme aux anticléricaux. L’école est finalement inaugurée en décembre 1901 alors qu’il y a parmi les élèves 20 religieuses pour 1 élève laïque. Les diverses lois sur les congrégations devaient soumettre à dure épreuve le fonctionnement des hospices et la situation juridique ne sera jamais résolue jusqu’au départ de la dernière religieuse en … 1983.
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