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(9) "Cette jeune personne d'agréable compagnie fut depuis toujours au­près de mai, parce qu'elle vint demeurer avec Mme de Saint Georges sa belle­mère" (Mémoires, t. I, p. 64).

(10) Dans l'Histoire amoureuse des Gaules, l'épisode de Mme de Mont­glat commence ainsi "Cinq ans avant la brouillerie de Mme de Sévigmé et de moi..." Cette brouillerie se situant en 1655, la liaison de Bussy remonte à 1650, et la lettre de Mile Desjardins à l'année 1663. A cette date, Mme de Montglat avait quarante quatre ans.

(11) Sa soeur, la comtesse d'Aumnnt, était retirée à Port Royal où elle s'occupait de l'éducation de sa jeune nièce, Anne Victoire de Clermsnt, fille de la marquise, et pensionnaire au monastère depuis l'âge de deux ans. Une autre soeur de Mue de Montglat, Mae de Chiverny, était abbesse des Béné­dictines de N.D. du Val de Gif (monastère janséniste) et c'est Anne Victoire qui lui succédera, laissant un grand renom de piété.
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est ce dans ce cadre qu'il convient d'imaginer la première ren 

contre de Marie Catherine et de cette femme spirituelle dont Bussy

nous a laissé de si vivants souvenirs.

Bientôt, elles correspondirent. Il ne nous reste malheureu 

sement qu'une trace de cet échange quelques lignes aimables et

spontanées de Mlle Desjardins (12)
"L'obligeante lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire m'engageait à vous en faire une si galante que je n'osais quasi me la promettre de mon esprit, et si le des­tin ne m'avait fait naître une matière plus agréable que celle que je pouvais trouver en moi même, je crois que j'aurais été longtemps sans m'acquitter de cette dette.. . Ainsi, Ma­dame, j'aurais renfermé dans mon âme tous les mouvements de ma reconnaissance, jusqu'à ce que le Ciel m'eût donné quelque favorable occasion de vous la témoigner. Mais j'ai fait un petit voyage dont je ne puis m'empêcher de vous ren­dre compte... Vous saurez, s'il vous plaît, que j'ai été rendre mes repects à Mademoiselle qui a passé à Beaumont chez Mme la Maréchale de la Mothe, et que pendant trois jours sa Cour a été composée de Mme de Montmorency, de Mme et Mlle de Sévigny, de Mlle de la Trousse et de vingt autres per­sonnes toutes dignes de la réception obligeante que leur fit S.A.R."
Le château de Beaumont (sur Oise) m'était pourtant qu' ........................

un logis champêtre
Dont aucun art ne produit l'agrément

Et qu'à moins de le bien connaître

On nommerait cabane impunément..."
Mais
"Là combattaient à l'envi, tour à tour La majesté, l'esprit, la gloire, la jeunesse La beauté, l'éclat et l'adresse Les jeux, les grâces et l'Amour" (13)
(12) Poésies de Mile Desjardins, éd. 1664. Cette "Lettre à ne de ftrnt 

glat", en prose et em vers, fait partie des pièces nouvelles qui ne figuraient pas dans l'édition de 1662 on peut donc la dater de 1663 environ.

(13) Les mémoires de Mademoiselle nous renseignent sur ce séjour à Beau­iront, étape de son voyage vers Forges, où elle va couine chaque année prendre les eaux par autorisation spéciale "Je me mis em chemin pour aller à Eu. Je quittai Saint Fargeau avec un très grand plaisir. Bien des gens me vin­rent voir à Melun; Mme d'Epernon me vint voir à Brie Comte Robert. Le len­demain à nia dînée, j'appris que le Roi se trouvait mal cela m'obligea à séjourner deux jours à Beauimnmt..." (IVème partie, année 1663, éd. Chéruel, t. III, p. 575). Ce texte permet de dater encore plus précisément la lettre de Mile Desjarims, qui fut écrite l'un des derniers jours de mai 1663.
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Ii est inutile de rappeler longuement la place qu'occupe

alors la littérature dans la vie de la princesse exilée Les

Nouvelles françaises de Segrais, sous titrées Les Divertisse 

ments de la princesse Aurélie, avaient retenu toute l'attention

du jeune auteur d'Alcidamie que Barbin venait à peine d'imprimer.

D'autre part, on trouve trois portraits de Mile Desjardins dans

la première édition publique, celle de Ch. de Sercy, du Recueil

de portraits et éloges dédiés â S.A.R. la duchesse de Montpensier.

Mademoiselle connaissait donc, au moins de réputation, la nou 

velle étoile qui brillait au firmament des lettres lorsque celle 

ci vint lui rendre ses respects à Beaumont. L'accueil fut d'au 

tant plus chaleureux qu'à cette réputation naissante s'ajoutait

la recommandation de Mme de Montglat (14).

Auprès de la "majesté" se voyait "la gloire"; c'est sans doute la noble et pitoyable duchesse de Montmorency que désigne cette abstraction; elle n'avait pas eu longue route à parcourir pour venir saluer son amie (15). Elle vivait alors retirée, toute à ses souvenirs, attendant que fût achevé le couvent des Filles de Sainte Marie de Moulins où elle allait finir ses jours. Elle ne pouvait garder dans son âge mûr les traces d'un agrément qu'elle n'avait jamais eu (16), mais le tragique de sa destinée ne pouvait manquer d'impressionner fortement une jeune sensi­bilité.

Quant à l'hôtesse, la maréchale de la Mothe Houdancourt, c'était aussi une femme célèbre (17). Sa beauté avait ému le
(14) "A la vérité, votre présence manquait à ma joie, et je vous jure que je ne fus pas la seule qui s'aperçut que vous étiez nécessaire à l'ac­complissement de nos souhaits." (Lettre à Mme de Montglat, p. 113.)

(15) Le duchesse occupe une assez grande place dans les Mémoires de Mademoiselle. Elle était veuve depuis le 30 octobre 1632, abîmée dans son cha­grin; le sort de son époux décapité la hantait, d'autant que, malgré ses infi­délités, elle l'adorait (cf. Tallemant, t. I, p. 364). Mairet, dans la dédi­cace d'une de ses tragédies, la nomme "Très inconsolable Princesse". Elle était née Marie Félice des Ursins, et la reine Marie de Médicis l'avait fait venir exprès, dit Tallemont, pour épouser le duc.

(16) Cf. Tallemant, t. I, p. 2035, n. 3.

(17) Louise de Frye, fille du marquis de Toucy, amie de Mme de Montbazon, avait épousé en 1650 Philippe de la Mothe, duc de Cardona, maréchal de Prance, Vice roi de Catalogne qui l'avait laissée veuve sept ans plus tard, en 1657.
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grand Condé alors duc d'Enghien, et suscité des jalousies (18).

Lorsque Mile Desjardins la rencontre, elle approche de la qua 

rantaine, mais sans avoir perdu ses charmes (19). Elle sera nom 

mée, quelques années plus tard, gouvernante des enfants de France,

en remplacement de Mme de Montausier (20).

Mais la maréchale n'était pas la seule à incarner la "beau 

té" à Beaumont s'étaient aussi rendues Madame et Mademoiselle

de Sévigné. La marquise alors âgée de trente six ans brillait

encore de tous ses charmes : les portraits qui la représentent

à cette date et les témoignages des contemporains nous le confir 

ment. Mais ce n'est pas tellement la mère qui parut figurer les

Grâces aux yeux de Marie Catherine, ce fut plutôt Françoise 

Marguerite, dans l'éclat de ses seize ans.

"Vous fûtes universellement regrettée, écrit Mlle Des­jardins à Mme de Montglat, et particulièrement par l'aimable Mlle de Sévigny; vous ne pouviez être demandée par une plus belle bouche; et pour peu que je m'étendisse sur cette ré­flexion, je pense (Dieu me pardonne) que je ferais voir

Qu'il est des héros de tous sexes

Et des amants de toutes qualités." "La plus jolie fille de France" ne pouvait soulever moins d'enthousiasme. On imagine aisément l'effet produit par une telle compagnie, mais c'est encore la qualité des entretiens qui étonne le plus notre épistolière

"Que je vous plains, Madame, d'être accoutumée à tous ces charmes, et de trouver en vous même de quoi entendre sans étonnement la conversation de toutes ces Dames; pour moi, je pense qu'à ce prix là, je ne voudrais pas avoir votre esprit, tant je me suis bien trouvée de ma surprise, et tant les grâces de la nouveauté m'ont paru avoir de charmes en cette occasion." Malgré les observations intéressantes qu'elle avait pu faire à Dampierre, Marie Catherine n'avait jamais été à pareille fête.
(18) Celle de Mlle de Beuvron par exemple, "sa rivale en beauté". Elle empêcha un jour que les chanoines du chapitre de Rouen ne se laissent con­vaincre par l'abbé de Boisrobrrt de faire taire les cloches de la cathé­drale qui importunaient Mlle de Toussy, malade non loin de là (Tailemant, t. I, p. 393).

(19) Née en 162'4, elle mourra fort âgée en 1709.

(20) Le chevalier d'Arvieux, son écuyer de 1666 à 1670, parlera lon 

guement d'elle au début du t. IV de ses Mémoires.
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Dampierre semble lui avoir fermé ses portes (21). Peut­être la duchesse de Luynes ne goûta t elle que médiocrement les impertinences d'Alcidamie, où la branche aînée des Rohan se trouvait malmenée (22).

La rencontre de Beaumont va faire date dans la vie de Marie 

Catherine Desjardins. C'est maintenant vers la maison d'Orléans

qu'elle cherche des protecteurs. Ii faut croire que Mademoiselle

a goûté le charme primesautier de la jeune fille, puisque la

voici chargée de distraire la princesse en lui envoyant des "nou 

velles littéraires". Rentrée à Paris, elle s'exécute aussitôt,

et lui trace un alerte Billet (23). Puisque la mode, dit elle,

vient à la prose, elle s'y conforme, et adresse à l'exilée une

nouvelle qu'elle a composée à son intention (24). Mademoiselle

aime les romans elle se distrait à transposer la vie de sa pe 

tite cour dans la Princesse de Paphlagonie. Aussi accepte t elle

avec joie la dédicace simple et naturelle, si différente de celles

dont elle a l'habitude (25), qui lui présente Lisandre.

Mademoiselle se montra dans doute satisfaite puisqu'elle agréa une autre dédicace, plus solennelle celle ci ; il s'agis­sait de patronner la première tragédie de Marie Catherine, Man­hue Torquatus. Mais la bienveillance d'une exilée, fût elle aussi flatteuse que celle de petite fille de France, ne peut suf­fire à un jeune auteur qui veut réussir. Pour ses débuts dans la littérature, c'est ailleurs que s'était tournée Mile Desjardins elle avait songé à la duchesse de Mazarin.
(21) En 1661 justement, Sornaize a entendu dire que la brouille était consommée "Elle (Mile Desjardins) a été fort bien avec l'illustre Mélinde (Mile de Monthazon) mais on dit que cette charmante personne a maintenant quelque froideur pour elle."

(22) Cf. Chap. V, p. 185.

(23) Cf. annexe I.

(24) Lisanth'e, éditée par Barbin, privilège du 23 septembre 1663. Sur

les sources possibles de cette nouvelle, cf. Chap. VI, p. 227.

(25) "Comme V.A.R. doit mieux savoir des nouvelles de la Cour que moi,

et que les nouvelles de la Ville sont indignes de votre curiosité..., je crois que V.A.R. se divertira mieux à la lecture d'une petite histoire qui m'a été contée depuis quelques jours par une de mes aisles."
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Hortense Mancini avait récemment épousé, le 28 février 1661,

le fils du maréchal de la Meilleraye, Armand Charles de la Porte,

grand maître de l'artillerie. Cette cérémonie avait précédé de

peu la mort du cardinal, le 9 mars. Hortense avait à peine seize

ans, mais sa beauté déjà célèbre avait fait l'admiration des

plus grands princes. L'oncle avait cependant préféré la marier en

France, élevant son époux à la dignité ducale, charge à lui de

perpétuer le nom et de gérer les biens immenses acquis par le

prélat. La duchesse de Mazarin avait été élevée à la Cour. Elle

s'y était fait remarquer par son naturel aimable et vif, et par

ses succès. Elle aimait la vie, et déjà les belles lettres (26).

Elle ne pouvait donc qu'être sensible aux vers amoureux. C'est

du moins ce qu'escompte Marie Catherine, que l'énorme

fortune dont elle vient d'hériter légitime l'espoir d'un mécé 

nat, que l'avenir manifestera. Prenant prétexte du deuil et du

mariage récents qui viennent de mettre Hortense em vedette, notre

solliciteuse compose un épître où elle mêle adroitement condolé 

ances, félicitations et sincère confiance en la réputation de

gentillesse de la toute jeune épousée; elle lui offre donc, le

coeur un peu battant, son premier recueil de vers, et sa première

dédicace (27). Elle espère se distinguer de la tourbe des sol 

liciteurs et susciter l'intérêt de la sensible dédicataire en

faisant valoir le caractère personnel et spontané de ses produc 

tions

"(...) une forte inclination à la poésie m'a fait pro 

duire ces vers plutôt que l'art et l'expérience (...) j'ose

espérer que (... ) mes innocents bergers (...) ne laisseront
(26) On sait qu'elle tiendra à Londres, après son arrivée em 1675, un salon littéraire que fréquenteront notamment Saint Evremond et Saint­Réal. Cf. son portrait par Mme de Lafayette, V P A, p. 21.

(27) "Cette douceur qui vous est si naturelle m'a fait espérer de ren­contrer en vous un peu d'indulgence pour ces premiers essais de ira plume; c'est sur la confiance que j'ai en votre bonté que je prends la liberté de vous les présenter." Ce n'est point flatterie. Cette qualité lui fut recon­nue par tous ceux qui l'ont approchée Saint Réal, qui suivit la duchesse en Angleterre ("Lettre touchant le caractère de Mme la duchesse de Mazarin", Oeuvres, 1757, t. VI, pp. 108, 116 sq.) et Saint Evremond ("Portrait de Mme la duchesse de Mazarin", Oeuvres choisies, éd. Gidel, 1867, p. 384) no­tannent.
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pas de vous être agréable et qu'ils auront assez de bonheur pour m'obtenir la permission de vous consacrer quelque jour des ouvrages plus achevés (...)" Pour montrer que sa Muse sait aussi s'élever à la hauteur des circonstances et ne redoute pas le sublime, elle joint à l'épître un sonnet "Sur la mort de Monseigneur le Cardinal Ma­zarin" (28). Hélas, l'on sait comme la jeune duchesse, étroite­ment surveillée par un extravagant époux, répondit peu à ces voeux optimistes. Heureusement, Marie Catherine ne se laisse pas abattre par les déceptions. Au même moment, une curiosité insatisfaite la pousse à chercher l'occasion d'être présentée à Madame. Le ma­riage de la princesse venait aussi d'être célébré (31 mars 1661). Henriette Anne, la perle de la jeune Cour, compte tout juste dix­sept ans. Pour parvenir jusqu'à la princesse, Marie Catherine s'avise d'user des services de M. de Serrant (29), récemment promu chancelier de Monsieur : en effet, elle se trouve avoir rencontré son père, sans doute à l'hôtel de Montbazon (30); aussi s'empresse t elle de faire valoir les qualités de ce dernier (31), tout en essayant de mettre à profit les circonstances
(28) Ce sonnet, malgré sa gaucherie encore juvénile, tranche sur la production contemporaine qui donne si souvent dans l'excès ridicule Mazarin est ici surtout loué d'avoir ramené la paix.

(29) Guillaume III de Bautru, et non Guillaume II son père, conne le croit Emile Magne. Le texte de la Lettre à Monsieur de Serrant en fait foi.

(30) Guillaume II de Bautru, né en 1588, protégé du maréchal d'Ancre, estime de Richelieu, faisait partie de l'entourage de Louis XIII bonne de confiance, il fut envoyé plusieurs fois en mission diplomatique. Il est cé­lèbre pour ses calembours, ses "bouffonneries", dont Tallemant se plaît à faire toute une anthologie (t. I, pp. 365 366). Il prenait singulièrement pour cible M. de Montbazon, dont la comtesse de Vertus, mère de Mme de Mont­bazon, avait, prétend Tellement, été la maîtresse : elle imitait, dans ses lettres, le style élégant de Bautru (t. II, p. 213).

(31) "Généreux, franc et secourable (...) cette vérité me fut connue

dès le premier jour que j l'honneur de voir Monsieur votre père, et l'ex 
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