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(55) Somaize nous la présente sous le nom de Nitocris : "(...) Il n'est rien de plus avantageux pour les femmes spirituelles soit celles qui écrivent, soit celles qui se contentent de lire et de connaître le bon et le mauvais, le fort et le faible des ouvrages qu'elles lisent, que d'avoir à leur tête l'illustre Nitocris qui saris doute ne voit presque point d'égale ni pour la naissance, ni pour les clartés et les lumières de son esprit. Au reste, elle ne voit pas seulement ceux qui composent des vers et de la prose, mais même elle sert de sujet et d'idée à ceux et à celles qui nous tracent des heroines, et qui nous donnent des objets pour servir de modèle à ceux qui aspirent à la perfection..." On comprend mal pourquoi E. Magne la présente, en 1667, sous des traits caricaturaux. Saint Simon (Mémoires, éd. Boislile, IV, 19 sq) la peint très âgée, sans complaisance, mais avec res­pect.

(56) Plus tard, à partir de 1685 environ, elle accueille Mme de Pringy. Les Caractères des femmes de ce siècle (1685), L'Amour à la mode (1695) lui sont dédiés, ainsi qu'à son neveu Louis de Soissons.

(57) Henri de Savoie, deuxième du nom, avait d'abord été archevêque de Reins, mais la mort de son frère aîné, tué en duel en 1652, l'avait rendu à la vie civile et porté à la tête de sa maison. Petit fils de Jacques de Sa­voie (le duc de Nemours de la Princesse de Clèves) et d'Anne d'Este, il se trouvait donc, par cette illustre grand'mère, allié aux Guises et demi neveu si l'on peut dire, du duc de Chevreuse, lui même petit fils de la duchesse, épouse en premières noces de François de Guise. Henri de Savoie avait épousé Marie de Longueville dans son âge mûr, et était mort deux ans après son ma­nage, le 1 janvier 1659, après une longue maladie qui l'avait frappé le soir même de la cérémonie. Sur la vertu de la fiancée, le mariage et la mort du duc, cf. La Muse naissante du petit de Beauchâteau, p. 157, p. 219, et 1Ième partie, p. 18.

(58) "Madame, Me voici parvenue à l'honneur où j'aspirais depuis si longtemps, et depuis qu'il a plu à Votre Altesse Sérénissime de m'accorder la permission de lui dédier ma Carmente, j'aurai la gloire de voir votre nom illustre à la tête d'un de mes ouvrages."
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Le ton diffère de celui des épîtres précédemment examinées il est plus grave, plus fervent. On peut remarquer surtout que pour la première fois, Marie Catherine ne sollicite plus : on est venu à elle, comblant ainsi des voeux qu'elle n'osait mani­fester. C'est donc par sympathie personnelle que la princesse s'intéresse au jeune auteur, au demeurant déjà célèbre (59), Nous sommes au début de l'année 1667. Dans la détresse qui est la sienne, c'est Mme de Nemours qui la protège et la sauve du désespoir en lui mettant la plume à la main, et en lui découvrant sa vocation littéraire. Un an après Carmente, paraîtra Cléonice. Au changement de narration, correspond presque symboliquement un changement de nom : l'auteur de ce "roman galant" est "Mme de Villedieu", qui s'adresse à sa "grande Princesse" avec une fami­liarité révélatrice (60).

Les liens de confiance semblent bien s'être maintenus dura 

blement, car la mystérieuse dédicataire des mémoires d'Henriette 

Sylvie de Molière n'est autre que la duchesse de Nemours. Le texte montre en effet que celle ci est une amie de longue date; le récit abonde en allusions à leurs souvenirs communs et en plai­santeries complices qui supposent un commerce déjà ancien; le fait qu'il s'agisse d'une princesse étrangère (61) ne ruine pas cette hypothèse, au contraire : Marie de Longueville était sou­veraine de Neuchâtel, et épouse d'un prince de la maison de Sa­voie (62). Enfin, la duchesse, elle même auteur de Mémoires com­posés environ à cette date, a fort bien pu encourager Marie 
(59) Elle est à ce moment poète et auteur dramatique, joué par Molière à la Cour et à la ville.

(60) Cf. chap. VI, p. 232.

(61) Parlant des procureurs d'un procès auquel elle se trouve mêlée, l'auteur d'Henriette Sylvie précise : "C'étaient ces mêmes Jurandon et Gras­set que votre Altesse a choisis depuis pour prendre soin de ses intérêts en France, et dont je crois qu'elle sera assez contente". (Oeuvres completes, éd. Barbim, VII, 163.)

(62) L'hypothèse de B. Morrissette selon laquelle la dédicataire serait Henriette d'Angleterre semble assez aventureuse, même si l'on tient compte

du fait que les Mémoires d'Henriette Sylvie furent commences dès 166' , avant

la mort de Madame, survenue comme l'on sait le 30 juin 1670, soit trois ans avant la publication de l'oeuvre de Mmc de Villedieu.
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Catherine à écrire les siens, en guise de contrepoint plaisant. On est donc fondé à penser que la faveur de Mme de Nemours ad­compagna toute la carrière de Mme de Villedieu et qu'elle ne cessa qu'avec la retraite de celle ci. Il est un autre protecteur dont Mile Desjardins eut à se féliciter : le ministre d'Etat Hugues de Lionne (63). Sur cette sympathie, les documents sont relativement nombreux, encore qu'ils n'aient pas tous été formellement identifiés. Comme Saint Aignan, Hugues de Lionne aimait les poésies et les fêtes, et il aidait également les gens de lettres (6l)• C'est en 1664 au plus tard que Mlle Desjardins lui fut pré­sentée, puisque la dédicace du Favory date du début de 1665. Le ton est moins chaud que pour le duc de Saint Aignan, mais la tactique est la même : simplicité et esprit.

"Monseigneur, ce n'est pas pour avoir l'honneur de faire votre éloge que je prends la liberté de vous dédier cette comédie. Bien que ce soit la maxime de la plus grande partie des auteurs d'en user de la sorte (...) je suis trop mauvaise rhétoricienne pour l'entreprendre (... ) Le carac­tère du panégyrique n'étant conforme ni à l'enjouement de nia science ni à la faiblesse de mon génie, c'est moins pour vous louer que pour vous divertir que mon Favory et ma Co­quette osent se présenter à vous..." Ce procédé sera goûté. Une réelle amitié va lier Hugues de Lionne et sa nouvelle protégée (65). Lorsqu'au printemps 1667,
(63) Né en 1611, il avait à peu près le même âge que Saint Aignan, c'est à dire cinquante quatre ans environ, lorsque Mile Desjardins les ap­procha. Neveu d'Abel Servien, il était donc apparenté au duc, et Tallenient associe souvent leurs deux noms.

(614) Pour ne s'en tenir qu'au témoignage de Tallemant, nous le voyons

pensionner Chapelain (II, 48), faire des courtoisies à Balzac (II, 62), pro 

téger Ménage (II, 331), faire pensionner Benserade par la reine "parce qu'il

se divertissait à faire avec lui des bouts rimés au cabaret" (II, '4914).

On voit que le ministre, pour se reposer de ses travaux, n'hésitait pas à

s'encanailler. Mais il prenait fort mal qu'on divulguât ses fantaisies poé 

tiques; il le fit bien voir à Benserade, qui "avait publié des bouts rimés

de sa façon, ce qu'il lui avait défendu" (II, 1495). E. Magne a relevé les

noms de Bas soucy, Boisrobert, Pinchêne, Saint Amant, Scarron, qui avaient

autrefois bénéficié de sa sympathie; de moins éminents beaux esprits formaient

encore sa cour, dont les Du Buisson et Le Pays, grenoblois cosine lui; d'après

les mémoires de la vie d'Henriette Sylvie de Molière, p. 270, ce dernier a

recommande 1 'héroîne au ministre.

(65) "Ce généreux ministre trouva dans ma physionomie quelque chose qui

lui plut; il voulut savoir toutes mes affaires" (Mémoires de la vie d'Henriette 

/.
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elle arrive à Bruxelles, c'est à lui que va son premier message, ainsi que les lettres II, XIII et XVI (66), qui portent la même suscription "Monseigneur".

L'accent de cette correspondance est étonnamment familier. Marie Catherine Desjardins plaisante sur la politique et les affaires d'Etat (67), taquine le ministre en écrivant à son épouse, apostrophe insolemment l'abbé de Lionne (68). On lui fait la grande confiance de lui adresser un sonnet, mais avec ordre de le brûler; elle s'en garde bien (69).

Le ministre se porte caution pour elle à Liège et lui fait parvenir le certificat de moralité qu'on exige d'elle. Lorsqu'a­près un an d'épreuves et d'absence, elle rentre à Paris sans res­sources, c'est vers lui qu'elle se tourne pour faire agréer en haut lieu les talents qui sont les siens. Mais l'impécuniosité se fait si cruellement sentir qu'il n'est plus question d'at­tendre en badinant le bon plaisir royal. Lionne accepte de servir
Sylvie de Molière, Oeuvres, VI, 271). On voit effectivement Hugues de Lionne s'intéresser de fort près à l'existence de Mlle Desjardins, et même se mon­trer galamment jaloux de Gourville (lettre II du Recueil de 1668).

(66) Recueil de quelques lettres et relations galantes, Paris, Barbin, 1668. "Je fais saris cesse des assauts de zèle avec les sujets de Sa Majesté Catholique; j'ai déjà soutenu les droits de la Reine contre trois colonels flamands et contre autant de Jésuites espagnols (...) Pour peu que j e m'éten­disse sur cette matière, j e crois que j e parviendrais à vous écrire une lettre d'Etat, et je m'assure que ce n'est pas ce que votre amitié me demande." (Lettre XVI.)

(67) Lettre XVI.

(68) "Je crois que j'oublierais la langue française si vous n'étiez point au monde, car je n'écris plus qu'à vous, et si l'Abbé attrape quelque lettre par hasard pour le payer de ses ports, c'est seulement parce qu'il est le canal par où les vôtres passent (...) Sans mentir, c'est un admirable garçon; il semble que son esprit prend de nouvelles forces à mesure que cel­les de son corps diminuent et le voeu que vous m'avez fait faire de brûler toutes les lettres qui me viennent de vous deux est à non gré aussi difficile à garder que la règle de Saint Bruno. Si je n'écrivais pas à un homme re­venant du séjour de Sa Sainteté, il y a mille choses à dire la dessus qui 'échapperaient pas à mon bon naturel, mais j e rends honneur au voyage de Rome(... " (Spa, 1er août.)

(69) "Pardonnez moi cette désobéissance, s'il vous plaît c'est M.L.T. (Le Tellier ?) qui me l'inspire et il me semble que ce serait me rendre in­digne de la part qu'il prend à mes intérêts que de priver sa curiosité de cette merveille."
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d'intermédiaire, et de présenter au souverain des "galanteries"

qui, à travers la personne du serviteur, en fait au

maître (70). Mais au moment où Marie Catherine mettait tout son

espoir en la générosité de ce fidèle protecteur, il meurt subi 

tement, pleuré par le petit peuple des beaux esprits, dont il

récompensait libéralement l'allégeance. Pour sa part, Mme de Vil 

ledieu intégra son éloge aux Mémoires d'Henriette Sylvie de Mo 

hère (71). Cette disparition l'affecte profondément. Tant que

vivait Lionne, elle pouvait espérer attirer l'attention. Pour y

parvenir, elle tente d'échapper aux plates conventions. Une pièce

vaut d'être distinguée du lot la Lettre écrite à Mgr de Lionne

sur les cabinets du roi, parue avec les Fables en 1670; il s'agit

d'un remerciement au roi pour la fameuse ordonnance. Parfaitement

consciente de sa maladresse dans la louange officielle, désireuse

de bien faire, l'auteur avoue ingénuement avoir demandé de l'aide;

mais comme elle se trouve mal satisfaite des propositions qu'on

lui soumet, elle décide d'en revenir à sa manière et d'envoyer au

diable le protocole. Avec l'appui de Lionne, on peut prendre le

risque de ce style primesautier que Saint Aignan avait bien voulu

goûter. C'est ainsi que cette lettre en vers débute sur un ton

de friande confidence et par une plaisante équivoque, heureu 

sement dissipée, sur les "Amours du roi". Honni soit qui mal y

pense il s'agit des miniatures qui venaient d'être peintes sur

les miroirs des meubles! Le souverain daignera t il sourire de

cette innocente invention ?
(70) A Mgr de Lionne, Rstrennes (1669); Lettre écrite à Mgr de Lionne

sur la naissance de Monsieur, second fils de France (naissance du 5 août

1668); Vers irréguliers sur ce que le Roi se baignait dans sa chambre au lieu

de se baigner dans la rivière (Mme de Villedieu y prie expressément le minis 

tre d'être son interprête auprès du roi) in Nouveau recueil de pièces ga­lantes (1669); Epithalcvne sur le mariage de Mlle de Lionne avec M. de Nan­teuil (mariage du 11 février 1670), publié à la suite des Fables.

(71) "Ah! Madame, quelle perte pour moi! Le généreux et puissant pro­tecteur que j'avais en ce digne Ministre!... Toute mon espérance était en M. de Lionne, et je n'y espérais pas en vain. Il m'aurait généreusement dé­fendue car il aimait fort ce qu'il aimait et ne se faisait pas de lâches con­sidérations pour les gens qui abusent de leur crédit... Je ne le pleurai pas toute seule; il fut regretté par tout le monde et on disait d'une commune voix que les gens de ce mérite là ne devraient mourir jamais." (MIL9M, p. 286) Hugues de Lionne mourut le 1er septembre 1671.
  81  
Mile Desjardins n'a pas craint de s'adresser parfois direc­tement à la Majesté royale, dans des circonstances variées. D'a­bord au début de sa "carrière", vers 1663, lorsque des succès récents l'enhardissent jusqu'à l'inconscience (72). Mais cinq ans plus tard, le ton et la manière ont changé. Pour la Saint­Louis (25 août 1668), Mme de Villedieu fait parvenir au souve­rain une pièce mêlée dans l'évidente intention d'obtenir de lui la récompense matérielle de son talent Au Roi, le jour de la Saint Louis. L'auteur choisit d'utiliser l'allégorie qui offre le double avantage de ses procédés éprouvés et d'une présentation ingénieuse, propre à retenir l'attention de l'auguste destina­taire. Voici donc le Coeur fier, le Coeur tendre, le Coeur déli­cat se disputant celui de Louis; mais leur rivalité se dissipe dès qu'apparaît 'celui qu'au grand Louis un noeud d'hymen assem­ble". L'invention 'surprend" comme il est de règle dans ce genre de littérature, et contrairement aux apparences, elle est de bon aloi, car s'il est vrai que le dénouement sacrifie (prudemment) aux conventions morales; le long détour qui y conduit et qui forme le corps de l'ouvrage chante le charme rayonnant du jeune mo­narque, 'traînant tous les coeurs après soi".

La dédicace des Fables est tout autre. Mme de Villedieu y suit un canevas presque dicté par le sujet et par les circons­tances, et le fait qu'elle se rencontre avec La Fontaine dans
(72) "Monarque incomparable à qui j'offre ces vers,

Daignez vous souvenir d'une Muse naissante

Que votre vertu bienfaisante

Semble seule oublier dans ce vaste Univers;

Je sais qu'en ma faveur rien ne vous sollicite,

Et loin de présumer quelque chose de moi,

Ce qu'un autre croirait devoir à mon mérite,

Je veux bien le devoir tout entier à mon Roi.

Toutefois si l'erreur où nous jette l'enfance

Permettait à ma Muse un peu d'aveuglement,

Elle attendrait, grand Prince, assez confideoment

Quelque royal effet de ta magnificence..."

(Poésies, éd. 1664, p. 100)

On ne sait si ce placet fut présenté. Comme il remonte à l'année 1663, durant laquelle Saint Aignan invita Mlle Des jardins à Versailles, il est pos­sible que le comte se soit entremis pour qu'il atteigne son but; mais on ne peut s'empêcher de penser qu'une candeur si assurée en un style si abrupt passe les bornes de la bienséance.
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les vers liminaires qu'il adresse au jeune dauphin provient moins d'une imitation directe que d'une convergence presque nécessaire à laquelle l'auteur des Récits allégoriques s'est nécessairement rendu. Les Fables furent bien accueillies par le souverain. En effet, moins d'un an sépare leur privilège (2 avril 1670) de ce­lui des Amours des grands hommes (Lt décembre 1670) (73). Mais alors que la dédicace des Fables étale quelques vers pompeux et pleins d'emphase, celle des Amours des grands hommes offre une prose familière dans le style des Avis au lecteur que Mlle Des'­jardins a pris l'habitude d'inscrire en tête de ses ouvrages. On y trouve les éclaircissements ordinaires destinés à prévenir les critiques, et même des remarques sur le genre romanesque. En un an, Mme de Villedieu a pris beaucoup d'assurance. Elle se risque même à un brin de coquetterie à l'égard de son royal lec­teur

"Il est permis aux dames de chercher des endroits sen­sibles dans les coeurs les plus illustres et celles qui ne peuvent y parvenir par leurs charmes sont en droit de se tracer un autre chemin. J'en aurais découvert un bien glo­rieux pour moi, Sire, si je pouvais me flatter de la pensée d'avoir diverti Votre Majesté pendant quelques heures." Après quoi, sans même se mettre en peine de formules neuves elle reproduit celles qui avaient servi pour la duchesse de Ne­mours; encore y met elle moins de chaleur et, presque, de défé­rence. Que s'est il passé 7 Depuis un an Mme de Villedieu a conquis le public. On verra quel accueil rencontrent le Journal amoureux et les Annales galantes qui paraissent par livraisons successives au cours de l'année 1670. L'auteur des Amours des grands hommes est une femme sûre d'elle, de son talent consacré par la réussite, et qui n'en est plus à attendre, le coeur battant, la bienveil­lante protection d'un grand seigneur, fût il le roi lui même. Elle s'offre le luxe de n'envisager plus que le divertissement
(73) "La manière obligeante dont Votre Majesté reçut l'offrande que je pris la liberté de lui présenter la dernière année m'a inspiré l'audace de lui en faire une nouvelle au commencement de celle ci." (Dédicace des AGH.)
  83  
du prince, dont le plaisir sera la consécration de son "génie", et non plus la condition de sa subsistance. Marie Catherine Des­jardins est enfin sortie de la zone incertaine des beaux esprits sans emploi, et par ses seuls moyens.

Mais les contraintes de sa condition ou l'aiguillon de l'a­mour propre n'ont pu suffire à pousser cette modeste femme au sommet de l'aristocratie. L'aisance qu'elle y déploya, les leçons qu'elle en retira, cet usage du monde qui lui tint lieu de dot, témoignent assez qu'elle trouva à satisfaire, dans ce milieu au­quel elle s'adapta si bien, un sens aigu de la qualité. Non que les personnages qu'elle connut, estima et aima fussent tous des modèles de vertu, mais c'étaient d'authentiques mécènes, sincères et généreux, aux yeux de qui l'esprit suppléait au lignage, et qui vivaient exempts de préjugés et d'hypocrisie. L'espèce s'en fera de plus en plus rare sous Louis XIV. Les années les plus fécondes et les plus séduisantes du règne sont bien ces douze premières où la paix du royaume et la jeunesse du souverain per­mettaient à ceux qui en avaient l'envie de donner le meilleur d'eux mêmes'.

Cependant Mile Desjardins n'a pas seulement recherché la société des grands. On pouvait sans doute rencontrer chez elle le duc de Saint Aignn, mais plus aisément des gens de robe, des amateurs de poésie et de littérature, des amis personnels dont le nom n'est pas autrement passé à la postérité. Pour beaucoup d'entre eux, nous ne connaîtrons jamais que des initiales.

Parmi toutes ces relations, le milieu du Palais semble être

le mieux représenté. Elle y fut accueillie non seulement par les

Morangis, comme nous vu, mais encore par ce "procureur

de la cour",

"Ce magistrat renommé,

Des honnêtes gens fort aimé" dont Loret parle dans la Muse historique et chez qui elle alla réciter le Carousel du dauphin. Au milieu du Palais appartient aussi cet abbé Parfait, d'une famille de robe déjà ancienne (714)
(714) Le dictionnaire de Moreri ne nomme pas précisément, au sein de sa

famille, cet abbé Parfait. "Conseiller clerc au Parlement, il rentra ensuite .1.
  81+  
mais dont nous ne saurons jamais qu'une chose : Mile Desjardins tomba de faiblesse dans ses bras la première fois qu'il vint la voir, car on venait de la saigner! Elle lui adressa le lendemain, "au Palais, dans sa chambre", un madrigal plaisant pour s'amuser avec lui de l'aventure, et en prenant soin, dit Tallemant, de le lui faire parvenir en séance, "afin que plus de monde le vît".

Mlle Desjardins fréquentait aussi les académiciens. Sans doute eut elle de bonnes relations avec les Colletet, puisqu'elle donna aux Muses illustres (privilège du 8 avril 1658) le sonnet Etre en une maison solitaire et charmante (75). Après la mort de Guillaume, elle vit peut être la fameuse Claudine. En tout cas on trouve parmi ses "sectateurs" Gilles Boileau, le comte de Saint Aignan qui demande à figurer comme huitième d'entre eux (76) et La Fontaine (77).

Elle s'acquit également la sympathie d'Olivier Patru. En 1660, date de la lettre qu'elle lui adresse, il a cinquante six ans. Galant, sentimental (78), désintéressé, intègre et dévoué, il n'a pas dédaigné de plaisanter avec cette fine mouche. La lettre (79) qui nous est conservée prolonge une conversation de la veille, en mêlant prose et vers. Patru, trouvant Marie Cathe­rine résolue à se tenir à l'écart des orages de la passion, l'a­vise qu'il "ne fallait pas si fort s'assurer sur sa fierté na­turelle" et la met en garde contre l'humaine faiblesse. Patru était fort lié avec les Boileau et surtout avec Nicolas (80).
dans le monde et se maria" (éd. Adam de Tallemant, II, 901, n. 7). Est ce un parent des frères Parfait, auteurs de la célèbre notice sur Mile Des­jardins 7

(75) Sur l'attribution de cette pièce, cf. annexe II, pp.48 49.

(76) Cf. A. Adam, Les Premieres satires de Boileau, 1941, p. 38.

(77) Cf. annexe III.

(78) Tallemant (II, 461) nous conte d'original la touchante histoire d'Olivier Patru et de Mine Lévêque.

(79) Mas Conrart, t. IX, p. 1026; mas Tallemant N° 672, p. 203; E. Magne, op. cit., p. 129.

(80) On se souvient que Despréaux, voyant Patru dans la gêne, à la fin de sa vie, lui acheta sa bibliothèque en lui en laissant la jouissance.
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Mile Desjardins aussi.

Apprenant par Gourville, lorsqu'elle est en Hollande, les attaques dont Despréaux est l'objet, elle prend feu, défend éner­giquement les Satires (81), et recommande leur auteur à cette éminence grise (82). L'amitié qui lie Mile Desjardins à la famille Boileau remonte au temps où le Premier président Pompone de Bel­lièvre rassemblait autour de lui quelques libres esprits et gens de lettres, aux propos volontiers hardis et "frondeurs", parmi lesquels Gilles Boileau. Ce dernier invita ses amis à s'associer à son deuil lorsque disparut le Premier président, le 13 mars 1657. Or nous avons conservé une épigramme de Mlle Desjardins Sur la mort de M.L.P.P. avec une Réponse qui parurent plus tard, d'une part avec le Carousel de Mgr le Dauphin et d'autre part dans les Oeuvres posthumes de Gilles Boileau (83). Ces deux pièces
(81) "Si l'estime que je fais de toute la famille de Messieurs B. (Boi­leau) m'a forcée de prendre le parti de l'un d'eux dans un lieu où il n'est pas connu, c'est un office d'amie que je ne prétends pas qui m'érige en bel esprit, que je réduis tout entier à vous supplier de croire que ceux qui font de si méchants portraits de M.D. (Despréaux) ne l'ont jamais envisagé qu'une plume à la main pour crayonner leurs défauts; il leur paraîtrait plus agré­able sans doute s'ils se le représentaient sous une autre forme, aussi bien que l'un de ses frères que, d'un des plus honnêtes honines du monde, ils éri­gent en franc taupin. (...) Je ne puis m'empêcher de vous dire avant que de finir qu'il est fort au dessus de toutes les injures qu'on vomit contre lui; la belle humeur qu'on lui reproche est une qualité singulière qui ne peut être blâmée que par ceux qui lui portent envie, et si jamais vous surrontez les obstacles qui s'opposent à votre retour en France et que vous puissiez juger de ces deux messieurs par votre propre connaissance, je m'assure que vous ne vous repentirez pas de la prévention avantageuse que vous leur accor­dez; ils sont si propres à s'en rendre dignes que je m'attends à les voir un jour vos créatures à Paris comme je vous ai vu leur défenseur à Bruxelles." (Recueil..., Lettre VI). Bien que Gilles ne soit pas nommé, il ne peut guère être question que de lui, seul avec Nicolas à avoir défrayé la critique. Il convient d'exclure l'aîné, Jérême, qui succéda à la charge paternelle comme greffier de la Grande chambre, et Jacques, chanoine de la Sainte Chapelle, célèbre par sa diatribe sur "l'abus des nudités de gorge".

(82) Despréaux fit la lecture de son Art poétique dans le salon de l'intendant diplomate financier rentré en possession de la faveur royale, grâce à Hugues de Lionne d'ailleurs, ce qu'il n'est pas utile de souligner. 5e de Sévigné écrit en effet le 15 décembre 1673 "Je dînai hier chez Gourville. Vous y fûtes célébrée et souhaitée; et puis on écouta la Poétique de Boileau qui est un chef d'oeuvre". Un mois auparavant, dans une lettre du 2 novembre, la mar­quise représentait Gourville et Despréaux allant faire visite à M. le Prince.

(83) Oeuvres posthumes de défunt Mr B., 1672, pp. 187 188. A cette date,

Gilles était aussi redouté que le sera plus tard Nicolas. Chapelain lui même

.1.
  86  
qui datent nécessairement de l'année 1657, constituent le premier témoignage de cette amitié et la preuve que Marie Catherine, très jeune, était introduite dans les milieux littéraires que les SQi leau fréquentaient.

A l'époque de ses débuts, Mlle Desjardins connut aussi Sau

val (8'4). Somaize, à l'article Dinamise, le désigne sous le pseu 

donyme de Sidroaste (85), personnage inconstant et volage. Tal­lemant, pour sa part, nous le montre prenant chaleureusement le parti de Boileau chez un magistrat, Lefèvre Chantereau, où se réunissent des érudits favorables à Ménage, et ceci en pleine querelle de l'Avis, attitude qui n'est pas dépourvue de courage (86). En 1660 1661, date du Dictionnaire de Somaize, il travaille depuis au moins quatre ans à son grand ouvrage. Tel qu'il nous apparaît à travers ces quelques témoignages, il n'est pas éton­nant qu'il se soit acquis l'amitié de Marie Catherine qui se plaisait en compagnie des fortes personnalités. Elle l'estime et, selon toute apparence, le choisit comme modèle un jour qu'on la priait d'exécuter un portrait, en 1659 justement, lorsqu'elle commence à écrire en prose (87). Daphnis présente des traits qui, bien qu'éclairés et nuancés par une sympathie perspicace, ne laissent pas de faire songer au jeune homme sensible et fier, inconstant en amour mais fidèle en amitié, dont Tallemant et
en a peur, (Tallemant, éd. Adam, I, 575). Cilles mourra en 1669, à trente huit ans, et l'on a pu voir que Mlle Desjardins gardera pour lui des sentiments fidèles, malgré la désaffection dont il est l'objet en 1667.

(8k) Henri Sauval ou plus exactement Sauvalle, d'après les pièces nota­riées qui le concernent, était avocat au Parlement. Il avait accès, pour son grand ouvrage, au trésor des chartes et aux papiers de la chambre des comptes, mais il ne publia pas le fruit de ses travaux parce que Colbert lui refusa une pension de mille écus et une charge honoraire dans la maison de ville. Il mourut entre juillet 1671 et le milieu de 1673. Son oeuvre parut seulement en 172' sous le titre Histoires et recherches des antiquités de Paris. Son attitude vis à vis de Colbert semble donner raison à Somaize. Chapelain, ajoute A. Adam (II, 1193), ne voyait en lui qu'un "médiocre vaniteux".

(85) Dictionnaire des précieuses, éd. Livet, II, 56, et annexe I.

(86) Sauval "fait le panégyrique de Boileau" (éd. Adam, II, 336).

(87) Recueil de portraits... dédiés à S.A.R. Mademoiselle, Ch. de Sercy, 1659, et éd. Livet.
  87  
même Somaize permettent d'évoquer la silhouette. L'"esprit uni­versel" que lui attribue son amie et le peu de bienveillance que rencontre ordinairement Daphnis   au point que le fait de le choi­sir comme modèle tient de la gageure   aident à l'identification. Nous nous souviendrons de Sauvai en nous interrogeant sur les sources et la documentation des romans de Mlle Desjardins, car elle a pu, malgré les insinuations de Somaize, tirer un grand profit de son savoir encyclopédique. Sauval fréquentait aussi Furetière, qui estimait fort ses travaux (88). Nous pouvons donc reconstituer autour de ces noms tout le milieu littéraire qu'a évoqué A. Adam dans son article intitulé L'Ecole de 1650 (89).

Dans ce groupe dynamique, vigoureusement décidé à jouer son

rôle critique dans un Paris qui fourmille d'écrits et de modes

nouvelles, l'abbé d'Aubignac reste encore un maître écouté. En

1660, il a cinquante six ans. Théoricien révéré du théâtre, ses

conseils ont eu du poids. Nul doute qu'il n'ait exercé sur une

jeune débutante un ascendant d'autant plus marqué que certaines

affinités préparaient une rencontre l'auteur du Royaume de

Coquetterie ne pouvait que manifester de la bienveillance à celui

du Récit de la farce des précieuses. L'abbé n'est pas encore aigri

par l'oubli public, mais il éprouve déjà quelque peine à garder

bien en main des disciples prêts à s'affranchir. Son caractère

devient insupportable (90). L'académie privée, dont il a conçu

le projet depuis le jour de 1641 où il fut exclu de l'Académie

française (91), suscite en général des quolibets (92). Innovation

considérable elle n'exclut pas les candidates (93).
(88) Tallemant, II, 336.
(89) Revue d'histoire de la philosophie, 1942.

(90) "Il est tout de soufre" (Talleniarit, II, 905); Chapelain : "C'est un esprit tout de feu" (Mémoires sur quelques gens de lettres vivant en 1662, p. 175). Sur G. Boileau, cf. ibid., p. 181.

(91) Il avait "fait un libelle contre la Roxane de Mr Desmarets, où il blâmait le goût de Son Eminence et de Mme d'Aiguillon qui l'avaient estimée". Chapelain, Correspondance, lettre du 29 juillet 1641.
(92) Sorel dans la Relation véritable de ce qui s'est passé au royaume

de Sophie, 1659, p. 27, et Sauval, Antiquités de Paris, II, 496.

(93) "on avait eu dessein quelque temps auparavant d'y faire entrer des .1.
  88  
Mais il faut dire qu'à cette date les beaux jours du cer­cle étaient déjà loin, et l'on est en droit de croire que ces daines n'étaient pressenties que pour faire nombre. En effet le petit groupe homogène, cimenté autrefois par un idéal de liberté que l'échec de la Fronde rendait illusoire, ne pouvait long­temps s'alimenter de l'aigreur satirique de son chef. C'est juste­ment vers 1662 qu'il se désagrège; le dernier coup lui est porté vient de l'intérieur, lorsque le tyrannique abbé exige de ses amis un tribut d'éloges qu'il veut faire imprimer en tête de sa Macarise. Si Mlle Desjardins fut sollicitée, elle ne ré­pondit pas au désir de l'abbé; elle fera défection après Man­hua, la même année, gênée de voir sa tragédie nourrir la que­relle qui dressait son maitre contre le grand Corneille (911). Mais leurs deux noms apparaissent si bien associés en 1663 que Tallemant allonge l'historiette de Mlle Desjardins en narrant toutes chaudes les récentes passes d'armes du théoricien du thea­tre et de l'illustre dramaturge, tous deux à leur déclin.

Mais les beaux esprits ou les savants n'habitent pas tous Paris. Certains, sans quitter leur province, peuvent parvenir à la notoriété. Tel est ce René Le Pays, qui de son Dauphiné na­tal, remporte des succès de librairie dans la capitale. Comment Mlle Desjardins entra t elle en relations avec lui 7 Il est im­possible de le dire, car leurs rapports remontent à 16611, une époque où Marie Catherine ne connaissait encore ni Hugues de Lionne, ni la duchesse de Nemours, tous deux en liaison avec l'écrivain grenoblois : on pourrait plutôt croire que c'est lui qui recommanda son amie à ces puissants personnages. En 1664 justement, il adresse à la duchesse son propre portrait, en l'ad­joignant à la publication qui le rend célèbre, Amitiés, amours
femmes, et l'on proposait Mine de Villedieu dont les ouvrages font tous les jours tant de bruit. On comptait aussi Mine la Marquise de Guibennény, fille de M. le Marquis de Vilaines : elle a l'esprit pénétrant et délicat, et on ne peut assez la louer. On n'oubliait pas Mine de Marquise Deshoulières vous en avez ouï parler, Madame, car son grand mérite la fait connaître par­tout..." (Mercure galant, 1672, t. I, pp. 266 267.)

(9q) Cf. chap. III, pp. 117 122.
  89  
et amourettes (95). Ii se peint comme un joyeux compère dont l"âme est toute sur les lèvres". Cet Hylas bourgeois, expansif et bavard, se distrait de ses tâches administratives en entre­tenant correspondance. Aussi Marie Catherine songe t elle à lui demander des livres quand elle se trouvera seule à Cavail­lon. Il accompagna son envoi d'une lettre qui fait flatteusement valoir les responsabilités de l'auteur à succès

"Je vous le dis sérieusement, Mademoiselle, je ne sais

ce qu'on penserait de vous si vous n'aviez pas pensé et

écrit de belles choses pendant votre retraite. Je ne sais

même si quelques envieux ne dient point que vous n'aviez

pas auprès de vous ce poète C (96) qui doit vous avoir

fourni les plus beaux vers de Manlius et Nitétis. "

Il se plaint, dans une lettre du 26 juin 1665, de la négli 

gence de sa correspondante, maintenant revenue à Paris, et tout

enivrée de la fête de Versailles. L'ingrate a oublié les obli 

geantes visites qu'il lui a rendues dans sa "solitude"; pour

quatre lettres expédiées, il n'en a reçu que deux. A ces plain 

tes, Mile Desjardins répond avec insolence "qu'elle l'avait cru

mort"! Elle semble s'être cavalièrement débarrassée de lui, las 

sée peut être de sa prolixité et de sa lourde suffisance. Il

est vrai qu'on éprouve la tentation, en lisant la prose du "pro 

vincial", d'excuser un peu la Parisienne.

La lettre de réfutation qu'il croit utile à sa cause n'a

pas le mérite de la légèreté; du moins a t elle celui de nous

renseigner de très près sur la vie de Mile Desjardins : à cette
(95) Ce recueil, publié par Ch. de Sercy, est celui de sa propre cor 

respondance, où il a modifié les noms et "les choses qui pourraient faire

tirer des conjectures". Despréaux le brocarde dans la satire III, en mettant

son éloge dans la bouche du campagnard, hôte du Repas ridicule "Le Pays,

sans mentir, est un bouffon plaisant" (y. 180). L'accusé répliqua avec

bonne humeur (cf. Nouvelles oeuvres, lettre I).

(96) r Cupidon. Cette leçon paraît probable : non seulement on

reconnaît un cliché poétique, mais le contexte l'impose. En effet, l'avertis 

sement fait suite à une argumentation basée sur les dangers de l'absence de

Villedieu. Malgré la lourdeur du trait d'esprit   qui n'étonne pas de la

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