Cours de 1-ère année ce qu’est la courbe de Phillips «naïve»





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date de publication09.07.2017
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TD 6

LA POLITIQUE MONETAIRE 1
1) La courbe de Phillips

Rappelez au moyen du cours de 1-ère année ce qu’est la courbe de Phillips « naïve ». Au moyen des données suivantes que vous recopierez sur un fichier Excel, tracez la courbe de Phillips naïve pour la France de 1986 à 2011. Si l’on appelle πt le taux d’inflation et ut le taux de chômage, comment s’exprime sous forme d’une fonction linéaire (affine) la courbe de Phillips ? On appellera α la pente de cette fonction et β son ordonnée à l’origine.

La courbe de Phillips « naïve » est la représentation statistique pour un pays de la relation entre taux de chômage et taux d’inflation. On représente en horizontale le taux de chômage et en verticale le taux d’inflation. Un point dans ce plan représente la combinaison des deux taux réalisée une année donnée. L’ajustement d’une courbe au nuage de points obtenu prend le nom de « courbe de Phillips », du nom d’Alban Phillips qui l’a le premier mise en évidence en traitant le cas du Royaume Uni de 1861 à 1957 (publié en 1958 ; dans cette version initiale, Phillips comparait le taux de chômage avec le taux de croissance du salaire nominal). L’idée est que quand le chômage est élevé, les salariés ont peu de pression sur les employeurs pour exiger des salaires plus élevés. Le passage de la croissance des salaires à l’accroissement des prix (inflation) est facile : les employeurs répondent à l’accroissement des salaires par l’accroissement des prix, de façon à préserver leur rentabilité.

La représentation des données françaises sur 1986-2011 est donnée dans le fichier excel joint (graph 2). Commenter la courbe ; vous pouvez ajuster une droite de régression (montrer comment on fait aux étudiants) ; vous pouvez aussi faire apparaître le cheminement historique de la relation inflation chômage en partant du point 1986 pour aboutir au point 2011 : pour cela, cliquez à droite sur un point du nuage, choisir « mettre en forme une série de données », choisir « couleur du trait », « trait plein » et la liaison entre les différentes années apparaît.

Expression de la courbe : πt = β + α ut avec α < 0
2) Représentez sur un graphique l’évolution du taux de chômage de la France de 1986 à 2011. Calculez le taux de chômage moyen sur la période considérée. Peut-on considérer ce taux moyen comme un taux naturel uN qui serait dû aux changements d’emploi et aux rigidités sur le marché du travail ? Comment la courbe de Phillips pourrait-elle alors être réécrite (toujours sous forme linéaire) ?

L’évolution du taux de chômage est représentée sur le fichier excel (graph 1). Le taux de chômage moyen sur la période est environ 9,4%. Compte-tenu de la forme de la courbe et de la longueur de la période (25 ans), on peut considérer que ce taux correspond au taux naturel de chômage : le chômage effectif est parfois supérieur, parfois inférieur en fonction de la conjoncture.

On peut alors réécrire la courbe de Phillips naïve de la façon suivante : πt = γ (ut – uN)
3) On introduit maintenant la notion d’anticipation d’inflation. Rappelez au moyen du cours de 1-ère année ce qu’est la courbe de Phillips « augmentée des anticipations ». Si seule, la partie non-anticipée de l’inflation est liée au chômage, comment s’écrit cette nouvelle version de la relation de Phillips ? On appellera πt le taux d’inflation, πet le taux d’inflation anticipé, ut le taux de chômage et uN le taux naturel.

La courbe de Phillips « augmentée » correspond à l’idée que la relation négative entre inflation et chômage est une relation de court terme due à une erreur d’anticipation de la part des salariés : initialement, l’inflation réduit le coût réel du travail et stimule l’embauche ce qui fait baisser le chômage ; mais par la suite, les salariés réclament des hausses de salaires (permettant une reconstitution de leur salaire réel d’équilibre) ; cette remontée des salaires fait baisser l’embauche et le chômage retourne à son niveau initial. A long terme, le chômage reste donc constant (au niveau du chômage naturel), en présence d’un taux d’inflation plus élevé. Il faut donc introduire l’inflation anticipée dans la relation de Phillips car seule l’inflation non anticipée (l’erreur d’anticipation) impacte le chômage.

On écrit alors πt – πet = γ (ut – uN) avec γ < 0.
4) Pourquoi appelle-t-on alors le taux naturel le NAIRU ? Rappelez la signification de cette abréviation. Pourquoi dit-on alors que la courbe de Phillips est verticale à long terme ? Que peut-on en déduire concernant les relations macroéconomiques à long terme entre variables monétaires et variables réelles ?

Le taux de chômage naturel est alors le taux de chômage qui à long terme permet de maintenir l’inflation constante, quel que soit son niveau. Si l’on voulait réduire durablement le taux de chômage au-dessous du taux naturel, il faudrait augmenter l’inflation, et l’augmenter de plus en plus au fur et à mesure que les revendications salariales compensatrices se manifesteraient. L’inflation « accélèrerait ». Rester au taux de chômage naturel permet de ne pas accélérer l’inflation, c’est pourquoi on appelle ce taux le NAIRU = Non Accelerating Inflation Rate of Unemployment : le taux de chômage qui n’accélère pas l’inflation.

A long terme, comme le taux d’inflation est quelconque (mais stable) avec le taux de chômage naturel, la courbe de Phillips de long terme est verticale.

Il n’y a donc plus dans ces conditions (de long terme) de relation entre inflation et chômage, ni entre inflation et production. On dit qu’il y a dichotomie entre la sphère réelle de la macroéconomie et la sphère monétaire : l’inflation est un phénomène monétaire déterminé par la croissance de l’offre de monnaie faite par la Banque centrale. Soulignons que cette dichotomie s’observe en longue période et qu’en courte période, il y a bel et bien une influence des variables monétaires sur les variables réelles.
5) Rappelez au moyen du cours de 1-ère année en quoi consiste la loi d’Okun. Exprimez cette loi comme une relation entre le différentiel de chômage par rapport au taux naturel d’une part (ut – uN), et l’output gap (yt – yn) d’autre part. Comment calculeriez-vous l’output gap au moyen des données ci-dessous ? En combinant la loi d’Okun et la relation de Phillips, quelle relation peut-on établir entre inflation et output gap ?

La loi d’Okun est la relation qui s’établit entre taux de chômage et la croissance. Elle prend plusieurs forme, dont la suivante : (ut – uN) = λ (yt – yn) avec λ < 0. La partie droite de l’équation représente l’output gap, c'est-à-dire l’écart entre le PIB réalisé yt et la tendance du PIB ou PIB potentiel yn . On pourrait utiliser les données ci-dessous pour calculer cette tendance. Mais attention, les calculs qui s’appuient sur l’observation des statistiques passées ne permettent pas de mettre en évidence les « ruptures de tendance » telles que celle qui apparaît avec la crise de 2008.

En combinant Loi d’Okun et relation de Phillips, on peut écrire, en éliminant ut – uN  : πt – πet = γ λ (yt – yn) On a alors une relation de court terme entre inflation et croissance. Comme γ et λ sont tous deux < 0, γλ est > 0 et la relation est donc croissante. On a ici une autre formulation de la courbe d’offre agrégée.

France, source OCDE




ut

πt

PIBt

1986

9,1

2,5

1139,7

1987

9,3

3,3

1166,9

1988

8,8

2,7

1219,7

1989

8,4

3,5

1273,2

1990

8,0

3,2

1306,1

1991

8,4

3,2

1320,4

1992

9,3

2,4

1337,8

1993

10,6

2,1

1329,1

1994

11,1

1,7

1358,4

1995

10,5

1,8

1387,9

1996

11,0

2,0

1402,4

1997

11,1

1,2

1432,8

1998

10,8

0,6

1481,6

1999

10,4

0,5

1528,8

2000

9,0

1,7

1587,9

2001

8,2

1,6

1616,3

2002

8,3

1,9

1631,6

2003

8,9

2,1

1646,1

2004

9,2

2,1

1684,7

2005

9,3

1,7

1716,2

2006

9,2

1,7

1761,8

2007

8,4

1,5

1801,2

2008

7,8

2,8

1797,6

2009

9,5

0,1

1750,3

2010

9,8

1,5

1774,5

2011

9,7

2,1

1804,9

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