La nouvelle science politique américaine : la théorie politique des federalist Papers





télécharger 111.9 Kb.
titreLa nouvelle science politique américaine : la théorie politique des federalist Papers
page1/5
date de publication09.07.2017
taille111.9 Kb.
typeDocumentos
d.20-bal.com > loi > Documentos
  1   2   3   4   5
La nouvelle science politique américaine : la théorie politique des federalist Papers
Sous le pseudonyme commun de Publius, James Madison (1751-1836), Alexander Hamilton (1757-1804) et John Jay (1745-1829) publient entre octobre 1787 et mai 1788 dans différents journaux new-yorkais ce qui allait devenir the Federalist Papers. Ces articles rassemblées constitueraient selon Thomas Jefferson « le meilleur commentaire sur les principes de gouvernement qui n’ait jamais été écrit1 », et continuent d’être étudiés comme tel dans l’université américaine actuelle, qui en fait l’ouvrage théorique incontournable pour saisir l’esprit du constitutionnalisme américain. Les différents articles des Federalist Papers s’adressent aux électeurs new-yorkais dans un but très concret, les convaincre de ratifier la toute nouvelle constitution élaborée à la convention de Philadelphie durant l’été 1787. L’état de New York, comme les treize autres états américains, ratifiera la constitution des Etats-Unis, qu’elle adoptera 26 juillet 1788 à 30 voix contre 28. Si le but immédiat des Federalist Papers est très pratique, l’exposé a aussi des visées plus hautes. Ils cherchent à présenter de manière sophistiquée le nouveau système représentatif et à réfuter les critiques de ses opposants, nostalgiques de la Confédération2. Ses rédacteurs sont des hommes politiques engagés dans la bataille constitutionnelle, ils sont des « nationalistes » convaincus.
L’enjeu du fédéralisme.
Il convient de préciser le sens des termes « fédéraliste » et « nationaliste », dont le sens a évolué au cours des débats de la convention de Philadelphie. Durant sa tenue, la délégation de Virginie, et avec elle James Madison, présenta un plan constitutionnel proprement révolutionnaire. Il proposait purement et simplement d’abolir les articles de la confédération pour les remplacer par un gouvernement national puissant. Une opposition émergea rapidement, lui reprochant de ne pas respecter l’objet de la convention, qui n’était que de réformer la confédération. Cependant, le plan de Virginie devint la base de travail de tous les débats qui allaient suivre. On pouvait y lire qu’une « union d’états simplement fédérale ne pouvait accomplir les objectifs proposés par les articles de la Confédération, c’est-à-dire la sécurité de la liberté et la prospérité générale » Par conséquent, « un gouvernement national composé d’un pouvoir exécutif, législatif et judiciaire [devait] être établi ». Cette opposition nous montre qu’au début de la convention, les termes « fédération » et « confédération » étaient synonymes3. Les deux termes renvoyaient à une association d’états dans laquelle ces derniers étaient les seuls citoyens de l’unité politique créé. La fédération s’opposait au gouvernement national défendu par Madison, et les federalist papers, comme nous le verrons, en exposant les principes du nouveau système constitutionnel, décrira la tentative de conciliation entre les deux systèmes, ce qui devait aboutir à l’invention du fédéralisme.
Les origines intellectuelles des Federalists Papers
Les références ou allusions à Montesquieu, à Locke, à Hobbes, à la pensée gréco-latine, à la tradition juridico-politique anglaise de Common Law sont fréquentes, et montrent que Madison, Hamilton et Jay ont eu pour ambition de se placer à un degré de réflexion sur le système institutionnel dépassant largement le pamphlet polémique. L’ouvrage emprunte à plusieurs traditions de pensée, à plusieurs auteurs anciens et modernes, mobilisés pour défendre l’excellence du nouveau projet de constitution. Comme nous le verrons par la suite, « Publius », qui est le nom collectif des auteurs des FP4, s’inspirera de ses prédécesseurs, que ce soit pour en suivre les enseignements ou pour les infirmer.

Les federalist papers tentent de répondre à une série d’interrogations, qui correspond à un moment essentiel de l’histoire américaine : pourquoi le peuple a-t-il intérêt à adopter le nouveau système constitutionnel ? Quelle est la forme de société, c’est-à-dire le régime, le plus conforme à ses aspirations ? Comment protéger les acquis de la guerre d’indépendance, cette liberté chèrement gagnée contre le « despotisme absolu » de l’Angleterre5, tout en réalisant une union fédérale entre les états ? Pourquoi les Articles de la Confédération de suffisaient-ils pas ?

Cette série de questions qui laissent entrevoir les problèmes particuliers à l’entreprise politique américaine découlent d’une interrogation de portée plus universelle, qui concerne toute organisation politique d’inspiration libérale : quel type de constitutionnalisme les nouveaux législateurs vont-ils mettre en place pour garantir les libertés des citoyens ?
Le contenu des federalist papers
Les FP, défense et commentaire de la nouvelle constitution, « de l’existence, de la sûreté et de la prospérité des états », se présente comme un recueil d’articles dont la progression est thématique et cohérente. Le premier numéro expose le plan qui sera suivi. Il s’agira de prouver « l’utilité de l’Union », les insuffisances de la confédération, la nécessité, pour y remédier, d’un gouvernement énergique, dont la forme est républicaine permettra sous son empire de sécuriser la liberté et la propriété6. Publius fait ensuite une analyse approfondie des pouvoirs institués par la présente constitution.
Nous nous proposons de mettre en perspective ce qui constitue l’originalité des principes de gouvernement américain par rapport aux constitutions précédentes. Parmi les grandes nouveautés du régime présenté par Publius, nous aborderons la question de la nouvelle forme républicaine du régime, qui implique une économie renouvelée de la représentation, celle du fédéralisme, et de la séparation des pouvoirs. Dans cette dernière partie, nous nous intéresserons particulièrement à l’assimilation de l’exécutif à la théorie classique du républicanisme.

  1   2   3   4   5

similaire:

La nouvelle science politique américaine : la théorie politique des federalist Papers iconIntroduction à la science politique – Jean-Marie Donegani
«cela est politique». Cela explique pourquoi le caractère politique n’est pas immédiatement repérable : la définition de chacun en...

La nouvelle science politique américaine : la théorie politique des federalist Papers iconLe programme 147 «Politique de la ville»
«Politique de la ville» n’est qu’un des éléments de la politique conduite au bénéfice des quartiers en difficulté et à laquelle chacun...

La nouvelle science politique américaine : la théorie politique des federalist Papers iconLe programme 147 «Politique de la ville»
«Politique de la ville» vise à améliorer les conditions de vie des habitants des quartiers prioritaires de la politique de la ville...

La nouvelle science politique américaine : la théorie politique des federalist Papers iconLa science-fiction américaine de l’Age d’Or et son influence sur...

La nouvelle science politique américaine : la théorie politique des federalist Papers iconFaculté de droit et de Science politique

La nouvelle science politique américaine : la théorie politique des federalist Papers iconFaculté de droit et de science politique

La nouvelle science politique américaine : la théorie politique des federalist Papers iconThèse pour le Doctorat en Science politique

La nouvelle science politique américaine : la théorie politique des federalist Papers iconThèse pour le Doctorat en science politique

La nouvelle science politique américaine : la théorie politique des federalist Papers iconCours de theorie politique deuxième semestre Théories de la démocratie...

La nouvelle science politique américaine : la théorie politique des federalist Papers icon«In Dubious Battle» : Droit et usages du droit Dans la controverse opposant
«dogmatique» de la théorie de l’évolution et ont déclaré vouloir mettre au point une nouvelle méthodologie scientifique qui ne serait...






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
d.20-bal.com