Rapport à l’attention de Madame Nadine morano





télécharger 235.78 Kb.
titreRapport à l’attention de Madame Nadine morano
page1/6
date de publication06.07.2017
taille235.78 Kb.
typeRapport
d.20-bal.com > loi > Rapport
  1   2   3   4   5   6
COMMISSION FAMILLE, EDUCATION AUX MEDIAS
Rapport à l’attention de Madame Nadine MORANO
Secrétaire d’Etat chargée de la Famille et de la Solidarité

Juin 2009
Préface de Madame Agnès VINCENT-DERAY, Présidente de la Commission
Nos enfants doivent apprivoiser les médias et doivent apprendre à les connaître, à appréhender leurs richesses comme leurs dangers et comprendre qu’il leur faut respecter certaines règles. « On ne connaît que les choses que l'on apprivoise », comme le disait le renard du Petit Prince. Bien compris, les médias sont une source inépuisable d’apports, de loisirs, de connaissance, d’ouverture sur le monde et sur les autres. Mal utilisés, ils peuvent se révéler dangereux, vecteurs d’images et de paroles blessantes, perturbantes, sources de comportements addictifs. Les nouveaux modes de consommation des médias sur internet renforcent encore ces atouts comme ces dangers, laissant de plus en plus l’enfant seul face au média, avec des outils dont il a la maîtrise technique, sans en connaître le bon usage. Il faut donc bien distinguer l’éducation aux médias de la protection de l’enfance : il ne s’agit pas seulement d’éduquer pour protéger, mais bien d’éduquer pour devenir acteur, acteur de sa propre consommation, de sa propre création, de sa propre protection.

L’éducation aux médias est un levier pour la protection de l’enfance, elle est nécessaire à l’heure où l’enfant est souvent seul devant le média et doit donc connaître des règles de bonne conduite. Les enfants apprennent à traverser dans les clous, à ne pas parler à un inconnu, à faire du vélo avec un casque, autant de règles à l’égal de celles qu’ils ne respectent pas sur internet et qu’il faut leur apprendre. Les conséquences en termes sanitaire, psychologique, d’échec scolaire, de désocialisation sont trop importantes pour ne pas avancer très vite sur cette question de la maîtrise des médias. Réduire l’éducation aux médias à la protection de l’enfance serait un contre-sens ; l’éducation aux médias porte également des enjeux extrêmement importants de construction interne et externe de l’adulte dans son rapport à lui-même, aux autres, à la société, des enjeux sociaux et civiques de la consommation de médias, comme le décryptage, la distanciation, la mise en perspective, qui doivent être pris en compte.

C’est dans cet esprit, à l’invitation de Madame Nadine Morano, Secrétaire d’Etat chargée de la famille, que la Commission, composée de professionnels des médias et de représentants d’associations de l’éducation, de la famille, de l’enfance, a travaillé : comment construire un relation consciente, active, entre les familles et les médias, dans leur double dimension, d’opportunité et de danger ? Pour cela, nous avons identifié plusieurs vecteurs : les enseignants, les médias et bien sûr les familles.

Tous les professionnels et les associations, acteurs du monde de la famille, de l’éducation, des médias, que la Commission a reçus, ont conscience qu’il y a urgence à agir. Les initiatives existent, mais elles sont souvent éclatées ; de bonnes pratiques, des actions, des enseignants actifs, une recherche reconnue, des outils techniques ne suffisent pas à construire une politique. Aujourd’hui force est de constater que les familles sont souvent désemparées, ont du mal à utiliser les outils qui leur sont proposées, ne trouvent pas la ressource dont elles auraient besoin pour échanger avec les enfants sur les médias.
Nous croyons qu’il est temps qu’un changement d’échelle se produise, que les blocages se lèvent, que les acteurs se réunissent et travaillent davantage et mieux ensemble.

Cela suppose de réunir tous ces acteurs pour une action structurée, partagée, relayée.

Cela suppose des ressources validées, attractives, pédagogiques, adaptées aux publics

visés.

Cela suppose des canaux de diffusion, des relais efficaces, la participation de tous.

Cela suppose des moyens adaptés.

Les propositions que nous formulons sont les barreaux d’une échelle qui ne permettra pas de franchir une étape si les montants en sont absents ; ces montants, ce sont, d’une part, la création d’une structure durable où tous les acteurs, pouvoirs publics, associations, professionnels des médias, pourront travailler ensemble et échanger et, d’autre part, l’acceptation d’une vision vaste de l’éducation aux médias que nous avons souhaité mettre en avant dans ce rapport.

Car l’éducation aux médias est à la base de nombreux autres volets de l’éducation d’un adulte citoyen et responsable, faisant usage de son libre arbitre. Si la politique de civilisation est un thème de gouvernement aujourd’hui, il est bon de rappeler que notre civilisation moderne ne peut se passer d’une conception ambitieuse de l’éducation aux médias.
Introduction
La Commission « Famille, Education aux médias », composée de représentants des associations et d’institutions publiques, ainsi que de professionnels des médias, a été installée le 4 mars 2009 par Madame Nadine MORANO, Secrétaire d’Etat chargée de la Famille. Son objectif était d’envisager comment valoriser ces extraordinaires outils de connaissance et d’ouverture sur le monde que sont les médias, pour mieux apprendre aux jeunes à s’en servir, d’élaborer un diagnostic sur l’ensemble des risques qui guettent l’enfant, notamment sur les nouveaux supports. Enfin, elle avait la charge de préparer des solutions concrètes à destination des jeunes et de leurs familles pour que les adultes, parents et enseignants, puissent donner une éducation équilibrée aux médias qui permette d’en utiliser l’ensemble des atouts tout en se prémunissant des effets néfastes.

La Commission s’est donc attachée, grâce à de nombreuses auditions, à d’abord cerner l’évolution des modes de consommation des médias par les jeunes, caractérisée par la montée d’internet et de ses contenus, sites de partage de vidéos, blogs, réseaux sociaux… Ces nouveaux supports amplifient des problématiques déjà présentes pour les médias traditionnels : les questions relevant de la protection de l’enfance – l’exposition aux contenus choquants, pornographiques, de très grande violence -, l’impact sur la socialisation et la concentration – notamment en milieu scolaire -, les phénomènes de pratiques excessives et d’addiction, la question de la fabrique de l’information et des sources, de la distanciation et de l’esprit critique…, prennent une dimension accrue. A cela s’ajoutent des problématiques nouvelles, touchant à la manipulation des données et à leur utilisation par des tiers, ou encore au respect de la législation, concernant les droits d’auteur et la vie privée. Mais l’évolution la plus importante concerne l’indépendance de plus en plus grande des enfants vis-à-vis des parents dans leur consommation de médias : internet est un terrain plus difficile à restreindre et les parents se sentent dépassés par leurs enfants au niveau de leurs propres compétences. Savoir utiliser ces nouvelles technologies ne signifie certainement pas les maîtriser, connaître les règles de leur bon usage, les analyser. La relation entre parents et enfants autour des médias doit donc être rééquilibrée : les parents veulent jouer un rôle plus actif, mais sont souvent en grand désarroi face aux nouvelles consommations médiatiques ; de leur côté, les enfants ont un sentiment de maîtrise, voire de toute-puissance, face aux nouvelles technologies, renforcé par la méconnaissance de leurs parents.

Après avoir établi ce premier diagnostic, la Commission a distingué les objectifs qui devaient être assignés à l’éducation aux médias dans ce nouveau contexte : d’une part, renforcer la protection de l’enfance à proprement parler, non seulement en mettant à la disposition des familles des outils de protection, mais aussi en leur apprenant à s’en servir, et plus largement en aidant les parents à mieux connaître et comprendre les usages de leurs enfants ; d’autre part, développer l’approche civique et sociale de l’éducation aux médias, absolument nécessaire dans un univers de flux d’informations immédiates, d’apparence non hiérarchisées, non respectueuses parfois de l’individu et du droit. Une telle éducation est nécessaire à la construction individuelle comme

sociale et civique des jeunes. La Commission a privilégié cette large approche de l’éducation aux médias, la seule capable de répondre aux enjeux du développement des nouveaux médias, comme aux problématiques posées par les médias traditionnels. C’est aussi une approche qui responsabilise davantage les familles, parents et jeunes, et qui correspond mieux au développement d’une consommation de plus en plus individualisée, où l’enfant est souvent seul face à son écran et doit donc bénéficier d’une formation renforcée – celle que notamment ses parents lui auront transmises, à condition d’être eux-mêmes en mesure de le faire. Tous les professionnels des médias auditionnés ont conscience de la nécessité de renforcer la protection de l’enfance sur tous les supports, mais la plupart se limitent à cet aspect très réducteur de l’éducation aux médias. En plus de la mise en place d’outils techniques, de filtrage, de modération, qui peuvent se révéler inefficaces s’il n’existe pas de formation à leur usage, cette appétence se traduit par quelques initiatives individuelles, qui, si elles ne sont pas dépourvues d’intérêt, ne correspondent certainement pas à la volonté de construire une politique d’éducation aux médias pouvant toucher toutes les familles. Parallèlement à cette demande éclatée de la part des professionnels, il apparaît que les ressources en éducation aux médias sont elles aussi très parcellaires, malgré leur qualité. De nombreuses initiatives existent pourtant en la matière, qu’elles soient portées par l’Education nationale, au travers notamment du Centre de liaison de l’enseignement et des médias d’information (CLEMI), par des associations éducatives, de parents d’élèves, dédiées à la protection de l’enfance, ou par les institutions publiques de l’audiovisuel, France Télévisions, l’Institut national de l’audiovisuel (INA) ou encore les instances comme le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) et le Forum des droits sur l’internet (FDI). Ces initiatives ne sont pas assez relayées, pas assez coordonnées et ne constituent pas une offre lisible et accessible pour toutes les familles : il faut remédier à ces insuffisances en construisant une politique globale.

C’est dans cette direction qu’a travaillé la Commission pour bâtir ses propositions. Son objectif n’était pas de dresser un tableau des initiatives actuelles, ni de proposer de remplacer des initiatives par d’autres ; il était au contraire de proposer des pistes pour organiser et enrichir l’existant, mettre en contact les différentes parties prenantes à l’éducation aux médias, et ainsi toucher le plus grand nombre de parents et d’enfants. Cette approche a débouché sur des propositions très concrètes visant à renforcer la protection de l’enfance, visant à rendre des ressources validées accessibles à tous, visant à mieux coordonner tous les relais.

Ces propositions s’adressent à la Secrétaire d’Etat chargée de la Famille, à l’origine de cette Commission, mais elles concernent également d’autres ministères et institutions, dans la mesure où il s’agit d’un sujet interministériel, qui nécessite une mobilisation générale. C’est pourquoi elles sont organisées autour de la création d’une nouvelle architecture, avec une Fondation Famille, Education aux médias dont le rôle est d’appliquer une politique structurée et ambitieuse de généralisation de l’éducation aux médias, en mettant en regard les ressources, les vecteurs et les publics visés. Le portail internet géré par la Fondation est un outil essentiel pour permettre cette généralisation. A partir de cette structuration, la Commission a travaillé dans trois directions : le développement des actions d’éducation aux médias en dehors de l’école, en impliquant davantage et mieux les familles, le renforcement de cette politique à l’école, notamment en plus grande adéquation avec les nouvelles technologies, et enfin un plus grand volontarisme dans la protection de l’enfance, avec la mise à disposition conjointe d’outils techniques et d’outils de formation.

Ce rapport n’a certainement pas la prétention d’apporter une réponse définitive à ce défi que représente l’éducation aux médias, ni de faire le point sur l’état des connaissances en la matière. Il souhaite démontrer pourquoi l’éducation aux médias est plus que jamais une priorité, dans toutes ses dimensions, à partir de l’analyse du rapport actuel des familles avec les médias tel que la Commission l’a perçu, grâce à son expérience, ses recherches et sa documentation, et les toujours passionnantes auditions qu’elle a menées, et proposer des mesures réellement applicables, en partant de ces constats. Si ce rapport n’est pas, loin de là, une somme exhaustive, il porte néanmoins une grande ambition : l’espérance de parvenir à un véritable changement d’échelle et de dimension dans la politique publique d’éducation aux médias, en partenariat avec tous les acteurs impliqués. L’élan qui est né ne doit pas s’arrêter : c’est pourquoi il apparaît fondamental qu’une Fondation soit créée, afin de structurer cette politique et poursuivre le fructueux échange entre tous ceux qui participent activement à l’éducation aux médias et croient à son importance croissante pour notre société.

C’est aussi un enjeu européen, qui permettrait à la France de garder son rôle moteur en matière d’éducation aux médias.
I/ Le constat : l’évolution des médias et de leur mode de consommation par les enfants impose de repenser et de renforcer l’éducation aux médias, dans une définition élargie qui dépasse la seule protection de l’enfance.
1. L’importance des nouveaux supports et l’évolution des modes de consommation médiatique des jeunes signifient de nouveaux atouts comme de nouveaux risques pour les enfants et les adolescents.
La consommation médiatique des jeunes progresse de façon exponentielle sur le support internet : les blogs (sur 10 millions de blogs en France, 80% proviennent d'adolescents), les chats, les réseaux sociaux, les jeux en ligne, la recherche d’information en ligne, la possibilité de partager et de diffuser des vidéos sur les sites de partage, autant de nouvelles pratiques qui s’ajoutent à une consommation de contenus audiovisuels de plus en plus délinéarisée, qu’il s’agisse de vidéo à la demande ou de télévision de rattrapage. D’après un sondage Ipsos réalisé en avril 2009 à la demande de l’association e-Enfance, 44 % des 6-8 surfent déjà régulièrement sur internet. Même s’il s’agit d’une activité très encadrée par les parents, cela dénote l’importance qu’a pris ce nouveau support. Si la consommation télévisuelle des 4-10 ans est restée stable ces dernières années, à un peu plus de deux heures par jour, celle des 11-14 ans a diminué en trois ans de dix minutes, devenant inférieure à celle des 4-10 ans. Une étude commandée par Trend Micro à l’institut Tickbox.net, menée en avril 2009 en France auprès de 1000 parents et adolescents, montre que le « chat » est, de loin, l’activité favorite des adolescents (12-18 ans) sur internet (45%), et surtout des adolescentes (47% pour 41,3% des garçons), bien devant les recherches scolaires (18,4%), la consultation de réseaux sociaux de type Myspace ou Facebook (15,2%), ou encore l’échange d’emails (12,9%). Si le « chat » reste, quel que soit l’âge de l’enfant, le premier usage qu’il a d’internet, les autres activités varient significativement : la consultation de sites de réseaux sociaux augmente de façon exponentielle à mesure que l’enfant grandit, au détriment d’autres activités comme les recherches scolaires.

Cette consommation de nouveaux modes de communication a pris une importance considérable en moins de 10 ans, voire moins de trois ans pour les réseaux sociaux. Cela ne signifie pas que les modes de consommation médiatique traditionnels disparaissent : les phénomènes de consommation simultanée se multiplient, avec une activité sur internet parallèle à l’écoute d’un programme de télévision ou de radio. Cette consommation de contenus audiovisuels change elle-même de nature, avec un double mouvement, de recherche de la consommation individualisée (grâce à la multiplication des postes de télévision dans les chambres), délinéarisée (vidéo à la demande, podcasts,..) et de recherche d’interactivité, souvent sans modération apparente d’un adulte (le développement de la libre antenne en radio, la création de contenus via les sites de partage de vidéos).

Ces nouveaux usages apportent des opportunités nouvelles d’information, de loisirs, de création, de communication, d’ouverture extrêmement positives que la Commission

tient à souligner. L’éducation aux médias, c’est aussi apprendre à savoir profiter de ces possibilités nouvelles.

Mais ces usages sont également porteurs de nouveaux risques, contre lesquels l’enfant doit apprendre à se prémunir, et que les adultes sont encouragés à discerner pour mieux les accompagner. Les conséquences psychologiques sur les enfants – et plus particulièrement les jeunes enfants (télévisions pour les bébés) - ont déjà été observées pour les médias audiovisuels, traditionnels, même si les recherches restent encore peu nombreuses sur le sujet ; ses effets peuvent être démultipliés par une consommation de plus en plus importante et de moins en moins contrôlée.

Le Professeur Philippe Meirieu a mis en avant lors de son audition plusieurs phénomènes liés à la consommation de télévision ou à l’activité sur internet, qui, selon lui, ont des conséquences sur la santé, mais aussi sur la socialisation et sur la réussite scolaire :

- la diminution du pan cognitif, avec la multiplication des images, les informations arrivent plus vite que le temps nécessaire pour les traiter, d’où un phénomène de saturation ;

- le développement du pulsionnel (lié aux phénomènes de zapping et en miroir à des émissions où les images se succèdent sur des plans de plus en plus courts) ;

- un risque virtualisation du réel : comme l’exemple japonais des utaku ou otaku, il existe le risque de ne vivre que dans le virtuel avec certaines pathologies associées telles que l’obésité, l’addiction, l’isolement, les troubles de la sexualité, ou encore des conséquences comme l’échec scolaire. En France, il y a 4 ans, aucun enfant n’avait d’avatar, cette année plus de 50 % des enfants ont au moins un avatar dans un monde virtuel. Cette dématérialisation de la rencontre, de l’échange avec l’autre, peut présenter de réels risques de confusion mentale ;

- la difficulté d’accéder à la pensée symbolique, car tout doit être montré dans une immédiateté et une globalité, et les images laissent de moins en moins de place au hors-champ.

Il faut cependant noter que de nombreux experts se montrent plus prudents que le Professeur Meirieu sur les aspects de virtualisation du réel et de confusion notamment, voire, sont en désaccord avec ses conclusions.

Ces nouveaux usages peuvent également être source de dangers pour l’enfant.

Une enquête menée par l’association e-Enfance sur 2 670 adolescents de 13 à 18 ans sondés via Facebook en mai 2009, montre que 48% des sondés ont déjà reçu une proposition de rendez-vous avec un inconnu et 20 % déclarent l'avoir acceptée (30% pour les garçons de 13-14 ans) ; 29% ont fait l'objet de propositions sexuelles (43% des filles de 13-14 ans) et 53% ont été confrontés à des images de pornographie ou de violence. 76% des enfants gardent leurs mésaventures pour eux, révèle la deuxième partie de l'étude, un sondage Ipsos mené auprès des 9-17 ans. Il indique aussi que plus des deux tiers avouent ne pas respecter les consignes parentales de prudence,

Les pressions psychologiques, bien mises en avant par la campagne financée par l’Union européenne dans le cadre d’« Internet plus sûr » en 2009, peuvent avoir des conséquences très importantes pour les enfants.

Enfin, la construction du rapport des enfants à la citoyenneté et au respect de la loi est un enjeu très important. L’apparente anonymisation de l’accès à internet peut

véhiculer des illusions, comme la virtualité des actes, un certain sentiment d’impunité, que ce soit concernant le respect de la dignité des personnes, le respect de la vie privée ou celui des droits d’auteurs. Or il est important que les enfants et les adolescents comprennent qu’il n’y a pas d’impunité sur internet, et qu’il existe un cadre légal qui doit être respecté. C’est une question d’éducation civique. De la même façon, le rapport à l’information fait partie de la construction citoyenne. L’information sur internet peut apparaître plus libre, plus authentique, alors même qu’il faut apprendre à la classer, à vérifier les sources, à l’analyser, comme toute information, et peut-être plus encore du fait de son absence souvent de médiation professionnelle. Le rapport des enfants et des adolescents à la télévision et à la radio doit également être construit de manière à leur permettre de prendre le recul nécessaire et à comprendre les mécanismes de fabrique de l’information – comme avec la presse écrite d’ailleurs. De même l’usage des données collectées par les fournisseurs d’accès et de services, souvent à l’insu des parents et sans méfiance de la part des enfants, peut causer des problèmes de vol d’identité, de détournement de carte de crédit, et occasionner des besoins comme le droit de correction et de suivi - préconisé par la CNIL.

Cela ne signifie pas que ces médias soient dangereux en tant que tels : il est nécessaire de les connaître, d’en appréhender le fonctionnement, les atouts, les limites, les risques, dans le cadre d’un véritable processus éducatif. Cela est d’autant plus nécessaire que les enfants font preuve d’une grande indépendance dans leurs modes de consommation, ce qui n’est pas une garantie de maîtrise et d’usage responsable.

Le rapport des familles à la consommation de médias change en effet de nature. La consommation délinéarisée ou mobile, plus individualisée, avec une multiplication des écrans auquel l’enfant peut accéder seul, de contenus audiovisuels rend inopérant les dispositifs traditionnels de protection de l’enfance (comme la signalétique par exemple). Le triptyque traditionnel, « choisir avant, regarder avec, parler après », déjà loin d’être appliqué dans les foyers, devient encore plus difficile à mettre en œuvre, ce qui implique une nouvelle conception du partage et de l’apprentissage au sein de la famille.

Internet – encore plus en mobilité – renforce cette tendance, avec une consommation qui échappe bien souvent à la surveillance des parents.

L’étude Trend Micro montre que la chambre est le premier lieu où les adolescents ont une consommation médiatique sur internet. Chez les jeunes parents (entre 25 et 34 ans), c’est près d’un enfant sur deux (44,4%) qui accède à internet dans sa chambre.

Les parents ont donc de grandes difficultés pour cerner l’utilisation qu’ont leurs enfants d’internet. La majorité des parents (53,9%) a déjà adopté un logiciel de contrôle parental, mais 54% estiment que ce type de logiciel n’est pas suffisant pour assurer une sécurité optimale face aux différents usages qu’ont leurs enfants d’internet. Sans compter la difficulté qu’ils ont parfois à maîtriser ces outils informatiques, ou à accéder à l’information qui n’est pas suffisante : 61 % des parents, pourtant nombreux à souhaiter limiter le temps passé de leurs enfants sur internet, ne savent pas qu’il est possible de restreindre le temps d’accès grâce au logiciel de contrôle parental (enquête Ipsos/e-Enfance, avril 2009).
Les parents se sentent d’ailleurs dépassés par les nouveaux modes de communication de leurs enfants. Toujours selon la même étude, chez les parents, qui sont 40% à être bien conscients de l’utilisation régulière de cet outil, seulement 32% estiment connaitre les « contacts » de leurs enfants, proportion qui baisse à mesure que les parents vieillissent. En effet, la majorité des plus de 55 ans (57%) n’en connaissent que quelques uns, voire aucun pour 14%. Il est donc compliqué pour les parents d’assurer la protection de leurs enfants sur ce type d’applications.

D’après le sondage IPSOS d’avril 2009 déjà mentionné, 43 % des parents reconnaissent ne pas donner systématiquement de règles à leurs enfants sur internet. Et même lorsque des règles sont données, elles ne sont pas forcément respectées par les enfants : sur cinq règles prudentielles (ne pas se rendre à un rendez-vous d’un inconnu, ne jamais dévoiler des informations intimes, ne pas répondre aux messages des gens qu’on ne connaît pas, vérifier ce qui est écrit car tout n’est pas vrai sur internet, ne pas passer trop de temps sur internet), 35 % des enfants (9-17 ans) déclarent respecter toutes les règles, mais 65 % déclarent ne pas respecter au moins une règle, d’après la même enquête.

Le déséquilibre entre des parents qui se sentent dépassés par les compétences technologiques de leurs enfants et un enfant qui a un sentiment de liberté, d’impunité, de domination sur ce terrain pose la question du rapport éducatif, et impose une nouvelle vision de l’éducation aux médias, une vision justement davantage fondée sur la responsabilisation des enfants, qui doivent comprendre que le bon usage n’est pas la maîtrise technique, et des parents, qui doivent être conscients de leur légitimité à donner des règles. Encore une fois, il ne s’agit certainement pas de stigmatiser ces nouveaux médias, mais bien de voir quelles sont les réponses que l’éducation aux médias peut apporter aux familles et aux éducateurs pour garantir un usage qui permette de tirer le meilleur parti des médias tout en évitant les écueils.


2. Dans ce nouveau contexte, quelles sont les missions assignables à l’éducation aux médias, et par quels biais peut-elle être efficace ?
L’éducation aux médias doit être bien distinguée de la protection de l’enfance, qui n’en est qu’un sous-ensemble, ou plus exactement, l’éducation aux médias est un levier pour une meilleure protection de l’enfance, notamment sur les nouveaux supports, où il faut désormais donner aux enfants des moyens de se protéger eux-mêmes, et sensibiliser les parents à des risques qu’ils peuvent ignorer. L’éducation aux médias concerne tous les contenus et usages sur tous les supports. Elle permet aux jeunes de capitaliser de manière consciente sur toutes les opportunités permises par l’offre multisupports actuelle tout en leur permettant de discerner les risques qu’ils courent ou font courir à d’autres. Il est possible de distinguer les problématiques liées à la diffusion de l’information, qui soulèvent des questions relatives à la citoyenneté, à la démocratie (informations fondées, vérifiées, indépendantes, mais aussi données collectées, utilisées par des tiers étrangers), des risques liés à la diffusion de contenus de divertissement, qui soulèvent des questions relatives à la santé, qu’elle soit physique ou
morale (violence, sexualité, dépendance, déconcentration,…). Ces deux catégories se déclinent différemment selon les supports.

La protection de l’enfance sur les supports traditionnels est l’objet d’une politique active de la part du CSA. Mais, que ce soit dans ses outils techniques ou dans sa communication, cette politique est à un point de rupture et perd de son impact sans véritable éducation aux médias, avec l’essor de la consommation individualisée et nonlinéaire.

Outre la question de la signalisation, se pose celle de l’offre destinée à la jeunesse, qui pour le CSA a toujours constitué un volet important de la protection de l’enfance. D’après une étude réalisée par S. Livingstone dans le cadre du projet « EU Kids Online», plus il existe une offre de programmes adaptés aux enfants, en télévision ou en ligne, plus les enfants se saisissent de cette offre et sont moins enclins à aller vers des activités à risques. Or les programmes jeunesse ne constituent actuellement que 20 % des programmes regardés par les 4-10 ans, et dans les 100 meilleurs audiences réalisées sur cette population en 2008, six concernent des programmes déconseillés aux moins de 10 ans. Cet enjeu du maintien d’une offre adaptée en télévision, et de la vigilance des parents quant à la consommation de leurs enfants, est donc toujours très important.

La situation est encore plus complexe dans l’univers internet, univers d’abondance, et où se développent très rapidement de nouveaux usages, souvent en avance sur les outils de protection ou d’information. Les marges de progrès sont donc importantes, notamment dans le sens du renforcement de la co-régulation que pratique actuellement le FDI. Il ne s’agissait pas de s’interroger sur le renforcement de la lutte contre ce qui relève du pénal, comme la pédopornographie, du signalement de dérives très importantes, de ce qui touche au domaine criminel et judiciaire. L’objectif de la Commission était plutôt de voir dans quelle mesure il est possible de parvenir à un usage maîtrisé d’internet par les enfants et à réduire leur exposition à des contenus qu’ils ne souhaitent pas forcément voir, contenus de grande violence ou de pornographie, même si ces contenus sont légaux car destinés à un public « adulte ».

Les travaux et recommandations du FDI depuis 2003 ont permis de façonner des réponses collectives entre les pouvoirs publics et les entreprises, mobilisant les outils régulatoires de chacun. Ainsi, se sont développées des politiques de filtrage parental, d’information des internautes, de contrôle de l’âge…. Ces outils sont importants et ne cessent de progresser, mais il serait erroné d’y voir la résolution de tous les problèmes.

Il faut bien évidemment apprendre à s’en servir, et comprendre les enjeux d’une telle protection, comme dans le cas des médias traditionnels où une pédagogie de la signalétique est nécessaire. L’éducation aux médias doit apprendre aux enfants, aux adolescents, comme aux parents, à utiliser ces garde-fous et à se prémunir de ces risques, par le renforcement d’une information accessible, et applicable tant sur le plan technique que pédagogique.

De nouveaux phénomènes prennent de l’importance ; l’éducation aux médias doit là aussi aider à les maîtriser : la violence morale, la pression psychologique et la question du respect de la vie privée. Apprendre qu’un blog, un réseau social peut être un espace public, que les mots et les échanges peuvent avoir des conséquences qui ne sont pas

virtuelles, apprendre comment retirer une référence, une photo, apprendre qu’il n’y a pas d’impunité pour les insultes, commentaires, sont autant de compétences nouvelles que les enfants doivent connaître pour pouvoir évoluer sereinement sur internet.

L’apprentissage du droit est d’ailleurs un enjeu fondamental de l’éducation des enfants: le respect de la dignité humaine, du droit à la vie privée, du droit d’auteur, sont des principes fondamentaux qui ne peuvent être remis en cause par des usages en apparence dématérialisés mais dont les conséquences dans la vie réelle sont avérées. La génération actuelle n’ayant pas été suffisamment formée à ces enjeux, il devient urgent de prendre en compte cette problématique, dès le plus jeune âge, et d’associer durablement l’éducation aux médias aux droits de l’homme, notamment dans le contexte européen. Le FDI et la CNIL ont mis en place une information sur les droits sur internet qui est très consultée : cette information doit être développée et surtout toucher tous les publics.

L’enjeu civique prend encore de l’importance avec la multiplication des contenus et l’accélération de leur vitesse de circulation, sans médiation. Comprendre ce qui est véhiculé, comprendre que la technologie n’est pas neutre est un enjeu primordial.

Différentes dimensions de l’éducation aux médias doivent être mises en avant dans ce cadre, qu’il s’agisse d’une éducation à l’image, aux stéréotypes véhiculés par l’image, à la distanciation, d’une éducation à la marchandisation du contenu et à la publicité, d’une éducation à la fabrique de l’information (que ce soit l’actualité ou les données).

Cette éducation est très importante en presse écrite, en télévision, en radio : apprendre la mise en perspective, le décryptage, la distanciation est fondamental. Internet apparaît souvent comme un espace de gratuité et d’information libre ; ces deux présupposés, qui ne correspondent que très imparfaitement à la réalité, doivent être mieux expliqués. Cela nécessite une éducation à la hiérarchisation des sources, des données, des informations et de comprendre comment fonctionne le référencement des pages, et sa dimension commerciale. Cette éducation est absolument primordiale pour la formation de citoyens capables d’exercer leur libre arbitre et de participer activement à la démocratie. Car si internet peut être un support qui facilite la discussion, l’accès à l’information, la pluralité des expressions, il ne doit pas être considéré comme un lieu d’information validée, alors qu’il n’existe pas de hiérarchisation dans la validation. De plus en plus, les enseignants demandent à leurs élèves de faire des recherches sur internet ; il est nécessaire de leur en fournir les règles. D’après l’enquête IPSOS/e-Enfance, 92 % des parents ne pensent pas à dire à leurs enfants que tout n’est pas vrai sur internet. Cette dimension de l’éducation aux médias peut être portée au sein de l’école républicaine, et par le service public de l’audiovisuel, qui a une tradition de décryptage de l’information, ainsi que par la presse (papier et numérique). Cette pédagogie de la fabrique de l’information est une part majeure de l’éducation aux médias.

Ces exemples montrent combien le champ de l’éducation aux médias est vaste. La

Commission a estimé qu’il était nécessaire, avant même de formuler des propositions,

d’adopter la définition de l’éducation aux médias de façon très large proposée par l’Agenda de Paris, votée par l’Unesco, et reprise par la division « Société de l’information » dans la communication de la Commission européenne (décembre 2007). L’éducation aux médias doit s’adresser à toutes les générations : enfants dès leur plus jeune âge, adolescents, aussi bien que parents et grands-parents. Elle concerne tous les supports, tous les médias, depuis les médias traditionnels presse, radio télévision, jusqu’aux nouvelles formes de communication qui se sont développées sur internet, tous les formats (fonctionnement de la téléréalité, publicité, etc.). Elle s’intéresse au financement des médias (publicité, redevance, placement de produit, enjeux économiques, etc.), aux règles juridiques (droit à l’image, diffamation, données personnelles), aux processus de création (fiction), aux processus de construction de l’information, du document et des données. Elle concerne tous les enjeux des relations des médias aux jeunes : enjeux d’expression, de citoyenneté (consumérisme, sexisme…), et risques (protection des mineurs, rencontres avec des personnes malveillantes, exposition de la vie privée….). Dans ce cadre, il faut associer étroitement éducation aux médias, droits de l’homme et droits de l’enfant, et ne plus opposer les droits de l’homme en termes de liberté de communication aux autres droits de l’homme (dignité, vie privée, droit à l’image) et à la protection des mineurs.

Cette vision large de l’éducation aux médias doit permettre d’éviter plusieurs écueils : se focaliser uniquement sur les risques, et oublier les enjeux de compréhension et de meilleure maîtrise positive ; se focaliser uniquement sur la dimension technique et oublier les enjeux de citoyenneté ; mobiliser le seul lieu d’éducation formelle qu’est l’école, en oubliant la mobilisation des associations pédagogiques agissant dans l’éducation non formelle,….

Une fois posée cette définition, quels sont les leviers pour développer une telle politique ?


3. La définition d’une nouvelle politique publique d’éducation aux médias, associant tous les acteurs, s’impose.
Il ressort des différentes auditions de professionnels des médias menées par la Commission un volontarisme affiché en matière d’éducation aux médias. Mais leur conception se limite souvent à la protection de l’enfance, et, à l’intérieur de celle-ci, à la mise en place d’outils de protection de l’enfance. Pourtant, le respect de la signalétique et l’installation d’un double verrouillage dans le domaine de l’audiovisuel ne constituent qu’un aspect minime de ce que représente l’éducation aux médias, de la même façon que la mise en place des outils techniques de filtrage, de signalement,…, sur internet ne suffit pas à assurer un rapport conscient et éclairé des enfants et des jeunes avec ces nouveaux médias. Il manque en effet plusieurs dimensions, la première étant celle de la pédagogie de l’usage - comment se servir de ces outils ? Pourquoi faire? Comment responsabiliser les enfants dans une langue accessible ? -, la deuxième étant la mise en avant non des risques des médias, mais de leur absence de neutralité, ce que l’on a désigné comme l’enjeu civique de leur compréhension. Ce sont ces dimensions qu’il faut désormais construire. Mais si les professionnels sont d’accord avec les associations,… pour dire qu’un changement d’échelle est nécessaire, ils

estiment que ce n’est pas à eux de développer des outils au-delà de l’obligation, qu’elle soit légale ou morale, de garantir un niveau élevé de protection de l’enfance. Ils sont prêts à participer à ce mouvement d’élargissement de l’éducation aux médias, à condition d’être accompagnés dans le cadre d’une véritable politique partenariale.

L’offre en éducation aux médias est aujourd’hui développée, avec des contenus éducatifs de l’audiovisuel public (France 5, l’INA,…), des informations, des modules de formation, des sites thématiques nombreux, des brochures éditées par les pouvoirs publics, des initiatives européennes comme « Internet plus sûr », l’adoption d’une Charte des sites communautaires, le lancement d’un appel d’offres pour un numéro d’information aux familles (en France, le service Net écoute Famille (0820 200 200 a été sélectionné)…. Elle peut s’appuyer sur une recherche reconnue au niveau international et sur un tissu associatif très actif. Pourtant, ces ressources ne sont pas toujours bien connues des familles, les initiatives ne sont souvent pas assez coordonnées entre elles et manquent de lisibilité, elles ne sont pas assez relayées par les différents vecteurs que sont la famille, les médias et l’éducation, elles sont trop souvent limitées à l’aspect protection de l’enfance qui ne peut se suffire à lui-même (l’éducation aux médias est nécessaire pour garantir une bonne protection des enfants). Dans le domaine de l’éducation nationale, le CLEMI joue un rôle moteur, pour la formation des enseignants, pour l’organisation des actions d’éducation aux médias dans les établissements scolaires (comme la Semaine de la presse et des médias dans l’école). Mais il ne s’agit pas d’une action systématique, elle ne touche ni tous les enseignants, ni tous les élèves. De la même façon, les professeurs documentalistes, qui pourraient assumer cette mission, n’ont pas une place à la hauteur de l’importance que doit revêtir l’éducation aux médias. Les initiatives prises dans le cadre de l’Education nationale souffrent souvent de deux défauts : elles sont parfois en retard par rapport à l’évolution du rapport des enfants aux médias ; elles sont rarement généralisées et ne touchent qu’un nombre restreint d’élèves. Le tableau est donc contrasté : malgré ses qualités, l’offre actuelle en éducation aux médias souffre d’une absence de coordination et de visibilité. Il faut désormais faire davantage le lien entre parents, enfants, école et médias dans le cadre d’une politique structurée d’éducation aux médias, en mettant à disposition les bonnes ressources aux bonnes personnes, au bon moment, à la bonne échelle.

Cette politique d’éducation aux médias doit être publique et interministérielle pour pouvoir prendre en compte les différents enjeux exposés précédemment. Elle doit apporter une cohérence qui aujourd’hui fait défaut et permettre de mobiliser tous les relais pour être réellement efficace. Elle doit être en mesure de prendre en compte la dimension européenne et internationale. Si la définition de cette politique doit rester du domaine public, son application peut très bien passer par une structure mixte et indépendante, associant les pouvoirs publics, les représentants de la société civile et les professionnels des médias. Une telle structure faciliterait l’adéquation entre les ressources, les besoins des familles, et leur mise à disposition via différents relais dont les médias eux-mêmes.

La responsabilité sociale de tous est engagée sur un sujet qui concerne l’avenir des enfants et des adolescents, leur épanouissement, leur rôle de futurs citoyens.

  1   2   3   4   5   6

similaire:

Rapport à l’attention de Madame Nadine morano iconNom de la Banque a l’attention de Monsieur / Madame

Rapport à l’attention de Madame Nadine morano iconMonsieur saltzmann qui a donné pouvoir à Monsieur guillon, Monsieur...
«… trop de problèmes urgents pour notre cité auraient dû être abordés à cette occasion»

Rapport à l’attention de Madame Nadine morano iconRapport remis à madame le garde des Sceaux
«Devant l’enfant, la décision judiciaire n’est valable que si elle exprime un acte de solidarité et d’amitié»

Rapport à l’attention de Madame Nadine morano iconLe rapport "Parité en entreprise" : attention à l’échéance de 2017 !
«la domination des idées libérales ne s’étend que si l’exigence de progrès social recule»

Rapport à l’attention de Madame Nadine morano iconReglement du jeu internet aprr – madame vacances
«jeu aprr – madame vacances», auquel IL est possible de participer entre le 3 juin et le 14 juillet 2013 inclus

Rapport à l’attention de Madame Nadine morano iconRapport à l’attention du Conseil Municipal
«évolués», «communicants» ou «intelligents», jugée non rentable, a été refusée en Allemagne (sauf pour les producteurs d'énergie...

Rapport à l’attention de Madame Nadine morano iconRapport remis à madame le garde des Sceaux
«mesures éducatives» au pénal et recommande de distinguer deux catégories de réponses juridictionnelles : les sanctions éducatives...

Rapport à l’attention de Madame Nadine morano iconNote à l’attention de Madame le Maire, objet : présentation et propositions...
«l’extension de la liberté de choix et d’action (…), l’augmentation des actifs et des capacités des pauvres leur permettant de participer,...

Rapport à l’attention de Madame Nadine morano iconDéclaration du snuipp-fsu du Loiret
«…l'attribution des 800 points, dès lors que la mutation conduit à améliorer les conditions de vie de l’agent par rapport à la situation...

Rapport à l’attention de Madame Nadine morano iconExamen au fond en commission : Mercredi 17 mars 2015
«La présente proposition de loi s’inspire des conclusions du rapport de la mission d’information sur les modalités d’inscription...






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
d.20-bal.com