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date de publication06.07.2017
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Il ne semble pas exister de définition pour caractériser ce qu’est une « e-pharmacie », pourtant ce terme est devenu, depuis peu, très « à la mode ». Une pharmacie est le lieu où l’on prépare et l’on vend des médicaments. Le préfixe « e » pour « electronic » désigne ce qui a un rapport avec Internet (tous comme le e-commerce ou la e-santé). La « e-pharmacie » est donc un néologisme pour designer un site où l’on vend des médicaments sur Internet.

La vente de médicaments sur Internet et la législation
Le but dans cette partie, n’est pas de faire la liste exhaustive de tous les textes de loi réglementant la vente de médicaments, mais de rappeler les principaux points qui encadrent ce domaine. En effet aucune loi n’existant sur ce point précis, le droit sur Internet s’appuie sur un ensemble de notions existantes « sur Terre », avec les zones de flou qui en découlent. Tous le problème vient donc de l’interprétation de ces textes de loi. Néanmoins, le Net n’est pas une zone de non-droit, et la justice s’y applique comme partout ailleurs. En théorie, c’est même la loi du pays où est consulté le site qui s’applique. Ainsi, si un site étranger est en infraction avec la législation française, et si il existe un caractère volontaire à cette infraction (par exemple le site livrant la France), il pourra être poursuivi par la justice française (en pratique les choses sont très loin d’être aussi simple).
Tous d’abord voici comment le CSP (Code de la Santé Publique) défini un médicament : « On entend par médicament toute substance ou composition présentée comme possédant des propriétés curatives ou préventives à l'égard des maladies humaines ou animales, ainsi que tout produit pouvant être administré à l'homme ou à l'animal, en vue d'établir un diagnostic médical ou de restaurer, corriger ou modifier leurs fonctions organiques ». (Art. L511-1 du CSP)
Le problème du statut du vendeur

Les médicaments font partie du monopole pharmaceutique : un industriel, un grossiste, un particulier … ne peuvent pas faire le commerce du médicament. « Sont réservées aux pharmaciens, sauf les dérogations prévues aux articles du présent code (…). la vente en gros, la vente au détail et toute dispensation au public des médicaments, produits et objets mentionnés aux 1º, 2º et 3º » (Art. L4211-1 du CSP). Il est a noté qu’il existe un certain nombre d’exceptions que nous ne détaillerons pas ici (produits vétérinaires, certaines plantes, etc.).

De plus la pharmacie est un commerce très particulier qui ne délivre pas un produit, mais le dispense. La différence vient du contrôle et du conseil apporté par le pharmacien et son équipe.
Un arrêt de la Cour de cassation en date du 16 mai 2000 énonce ceci : « les pharmaciens (…) sont uniquement ceux qui exercent leur profession dans une officine de pharmacie, satisfaisant ainsi à toutes les conditions posées à cet effet par l’article L514 du CSP ».

Une délivrance ne peut donc se faire que dans une officine. « On entend par officine l'établissement affecté à la dispensation au détail des médicaments, produits et objets mentionnés à l'article L. 4211-1 ainsi qu'à l'exécution des préparations magistrales ou officinales. » (Art. L5125-1 du CSP).
Le problème de la publicité.

La publicité pour les médicaments est très encadrée, et même interdite pour un très grand nombre de spécialités (remboursables, soumises à prescription, ou dont l’AMM le prévoit). « Est punie de 250 000 F d'amende toute publicité au sens de l'article L. 5122-1 effectuée auprès du public pour un médicament :

1º Soumis à prescription médicale ;

2º Remboursable par les régimes obligatoires d'assurance maladie ;

3º Dont l'autorisation de mise sur le marché ou l'enregistrement comporte des restrictions en matière de publicité auprès du public en raison d'un risque possible pour la santé publique. » (Art. L5422-5 du CSP)

On peut facilement imaginer que ces limites restreignent les modes de vente possible.
Le problème de la définition de la voie publique.

Le code de la santé publique dit ceci : «  Tout débit, étalage ou distribution de médicaments est interdit sur la voie publique, dans les foires ou marchés, à toute personne, même munie du diplôme de pharmacien. » (Art. Article L5125-27 du CSP). Mettre une liste de médicaments que l’on se propose de vendre, sur Internet se rapporte à faire un « étalage » et on peut à priori considérer qu’un site Web, du moment que son accès est libre, est une « voie publique ». On peut donc interprété cette article comme une interdiction de présenter et de vendre des médicaments sur Internet.
Le problème de la sollicitation des commandes.

« Il est interdit aux pharmaciens ou à leurs préposés de solliciter des commandes auprès du public …   »

(Art L5125-25 du CSP). La loi, interdit donc toutes sollicitations. Ceci est une notion peu évidente à cerner : la mise à disposition d’un outil permettant de commander correspondant elle à une sollicitation ?
Le problème de la livraison.

« Toute commande livrée en dehors de l'officine par toute autre personne ne peut être remise qu'en paquet scellé portant le nom et l'adresse du client.
Toutefois, sous réserve du respect des dispositions du premier alinéa de l'article L. 5125-21, les pharmaciens d'officine, ainsi que les autres personnes légalement habilitées à les remplacer, assister ou seconder, peuvent dispenser personnellement une commande au domicile des patients dont la situation le requiert »
. (Art L5125-25 du CSP). La livraison ne pose donc pas de problème majeur pour un commerce en ligne, un colis postal étant fermé. Une dispensation à domicile serait plus difficile à mettre en place, car il existe des limites quand aux personnes pouvant venir (un pharmacien) et aux clients (ne pouvant se déplacer).
A la vue de tous ces articles de loi on peut penser qu’une certaine forme de « e-pharmacie » pourrait exister en France, tout étant une question d’interprétation.

Les recommandations de l’ordre des pharmaciens
Lors de la XIIIème journée de l’ordre le 14 novembre 2000, le colloque “ Internet et médicament : la e-pharmacie n’aura pas lieu ” s’est tenu. Durant ce colloque, l’ordre des pharmaciens s’est montré hostile à l’apparition de l’e-pharmacie (même pour une parapharmacie virtuelle tenue par un pharmacien mettant en avant son diplôme, alors que des parapharmacies en ligne existent), mais envisage toutefois l’utilisation d’Internet comme source d’informations pour le pharmacien (l’ordre ouvrait justement son site à cette même période).

Six repères pour intervenir sur le Net ont été donnés.

  • L’intervention du pharmacien sur Internet engage pleinement sa responsabilité.

  • Le pharmacien est tenu par le secret professionnel, même sur Internet.

  • La télétransmission de l’ordonnance du médecin au pharmacien n’est pas autorisée. Cette règle, issue de l’interdiction d’entente et compérage pourrait évoluer “ à la condition que la volonté du malade de charger son médecin de transmettre l’ordonnance à cette pharmacie et non à une autre soit établie et que le pharmacien accomplisse réellement son acte en présence du malade lui-même ”

  • Les conseils pharmaceutiques sur un site engagent l’exercice du pharmacien qui en est l’auteur et relèvent d’un contrat qui doit être adressé à l’Ordre

  • Les informations et conseils publiés sur Internet doivent être justifiables scientifiquement devant les patients et la profession. Le fait de l’absence de contact physique peut nuire à la compréhension du patient et aux capacités d’adaptation du pharmacien vis à vis de son interlocuteur

  • La communication électronique entre pharmacien et patient n’est envisageable que pour les clients habituels des lieux pharmaceutiques (officine, pharmacie mutualiste, laboratoire d’analyses, etc.) et uniquement dans le sens patient-pharmacien. Utilisé dans l’autre sens, le courrier électronique pourrait être considéré comme de la sollicitation de commande, interdite par la loi. Par ailleurs, la confidentialité est menacée si les échanges ne sont pas sécurisés.



Les freins et les moteurs à la mise en place des e-pharmacies, et les perspectives d’évolutions
Les freins sont nombreux quand à la croissance du monde de la pharmacie virtuelle. Voici quelques éléments qui sont sur susceptibles de jouer sa potentielle existence. Tout ces éléments sont néanmoins à nuancer.

La réglementation et la volonté politique : Pour l’instant, en France, ces deux points, sont certainement les plus contraignants : la législation ne laissant que peu de place à une éventuelle pharmacie on-line, et la plupart des partenaires (état, ordre, caisses et pharmaciens) voient l’arrivée de ces sites d’un très mauvais œil. Toutefois l’histoire montre que dans un certain nombre de pays Européen, la e-pharmacie a trouvé sa place dans la législation national et avec les systèmes de prise en charge.

La rapidité d’obtention des médicaments : L’obtention des médicaments dans une officine est immédiate, au pire quelques heures plus tard. Les grossistes livrent les officines 2 à 3 fois par jour et ont une obligation de fournir tous médicaments en stock dans les vingt quatre heures. Pour un certain nombre de pathologies cette rapidité de délivrance est importante (impact sur l’évolution de la pathologie, amélioration du confort par diminution des symptômes …). Par contre pour les pathologies chroniques, les renouvellements d’ordonnance, ou l’achat de médicaments OTC « au cas où », les délais offert par la Poste ainsi que les autres sociétés de livraison sont bien suffisants.

Le maillage serré des officines : Le quorum (article L571 du CSP) fixant le nombre d’officine par habitant (1 pharmacie pour 2500 ou 3000 habitants selon la population de la ville), conduirait à une concurrence de poids pour une e-pharmacie. Malgré tout, bon nombre de commerces virtuels coexistent très bien avec leurs équivalents « terriens ».

Le secret des échanges : Le secret professionnel est un fondement important de l’exercice pharmaceutique. On peut craindre que la mise sur le réseau des échanges entre le pharmacien et son patient puisse être détourné. En fait c’est certainement l’inverse : dans une officine en ville, malgré toute la bonne volonté de l’équipe officinale, des contraintes d’espace font que les échanges se font rarement avec toute la discrétion voulue. Alors que sur Internet, il suffit de crypter convenablement les données pour que celles-ci ne soient pas déchiffrables. Enfin il semble que le fait qu’une voisine intercepte des informations médicales puisse causer infiniment plus de tords que le fait que ce soit un hacker (la voisine s’adonnant rarement au hacking)

L’obligation de conseils : Le pharmacien a une obligation de conseils lors de la délivrance des médicaments. Il semble plus aisé de conseiller quelqu’un lorsque l’on a cette personne en face de soi, le pharmacien pouvant adapter ses conseils et son langage. De plus une certaine connaissance des patients permet d’apporter des informations personnalisées. L’e-commerce ne permet pas de voir les réactions de son interlocuteur et conduit donc à un manque de souplesse. Par contre Internet a certainement dans ce domaine, un grand nombre d’avantage. On peut donner toutes les informations utiles et par écrit, ce qui n’est pas possible à l’officine, souvent par manque de temps, mais également parce que l’on ne peut pas donner trop d’informations orales au patient si l’on veut qu’il les retienne. Ici le passage par l’écrit permet de formaliser les informations. Enfin la personnalisation peut être apporter par le CRM, permettant de prendre en compte l’historique médicale et les habitudes de « consommation » du patient dans les conseils dispensés.

La relation humaine avec le pharmacien : Sur le plan des relations, rien ne vaut le contact humain, qui permet de répondre précisément aux problèmes. Internet va tout de même être un handicap important dans ces échanges. Cet écueil peut être partiellement contourné grâce à des « astuces » techniques tel qu’un Chat (système de discussion en direct via un clavier, à prononcer [t∫at]) ou un forum (espace conçu pour que des internautes puissent échanger des messages). Dans un futur proche on peut espérer la généralisation du « click&talk » (discussion en mode vocal) dès lors que le haut débit sera généralisé en France, voir dans un avenir plus lointain, le « clic&see » (visioconférence), lorsque les débits seront plus importants. Mais tous ces artifices technologiques ne peuvent être une réponse à tout et pour tout le monde. La relation humaine est ce qui fait la richesse de notre métier, il serait dommage de la faire passer en second plan.

Les prix des médicaments : Les prix des spécialités remboursées sont fixes en France. Ceci a pour conséquence l’impossibilité de concurrence en jouant sur la baisse les prix de ces spécialités, et l’impossibilité d’augmenter ses prix pour accroître sa marge. Au prix fixe, il faut rajouter les éventuels frais de transports, ce qui aboutit soit à un prix plus élevé pour les clients, soit à une marge moindre pour la pharmacie en ligne. En fait, le problème du prix n’en est pas véritablement un, on peut facilement imaginer qu’une e-pharmacie coûte moins cher en fonctionnement que son équivalent traditionnel (comme il est généralement de règle dans le e-commerce) et que les quantités achetées n’ont rien à voir avec celle des « petites » officines du fait de plus grosses ventes et de la possibilité de stocker les médicaments dans des entrepôts. Ces derniers points devraient permettre de faire de l’achat direct auprès des laboratoires pour les produits à forte rotation, et donc de payer les médicaments moins cher. L’e-pharmacie en Suisse fait par exemple bénéficier ses clients d’une baisse des prix, mais également les organismes d’assurances maladie (MediService annonce quinze pourcents de réduction pour les caisses maladie). Enfin évidement pour les médicaments OTC, le problème de prix fixe ne se pose pas.

L’état actuel des e-pharmacies en France
Actuellement, on ne peut pas acheter de médicaments en France via des sites français. On peut par contre acheter des produits de parapharmacie grâce à plusieurs commerces en ligne spécialisés.
Quelques officines possèdent bien des sites Internet, mais ceux-ci ont des fonctions limitées.

Le principal but de ces sites semble un rôle de vitrine : on y trouve en effet les horaires d’ouverture, l’adresse, les numéros de téléphone et de fax.

Certains sites présentent l’équipe officinale, parfois photos à l’appui. Les salariés ont étrangement tendance à tous devenir les spécialistes de quelque chose, ne serait ce de rien. Certaines sont même « toujours à l’écoute et prête à se tourner vers l’avenir ». Cette partie est certainement intéressante pour faire connaître le personnel aux clients, mais le fait d’en faire trop à l’effet inverse de celui escompté.

Un autre effet d’autopromotion est obtenu par la mise en avant des spécialités « de  la maison » : allopathie, homéopathie, phytothérapie, cosmétologie … on a vite fait de retrouver la liste complète des disciplines qui composent l’exercice de la pharmacie.
Un point commun à beaucoup de ces « officines virtuelles » est la partie conseils. Ceux-ci peuvent aller de la prophylaxie antipaludéenne jusqu'à l’élevage des chiots, en passant par la constitution d’une trousse d’urgence. Le pharmacien fait ici prévaloir sa position d’acteur de santé, toutefois de très nombreux sites de santé à destination du grand public existent et ont l’avantage de traiter une gamme importante de sujets que n’arrivera jamais à égaler un « particulier ». Cette partie des sites n’a donc d’intérêt que si les informations sont vues sous un angle très « pratique », en effet le pharmacien étant sur le terrain est à même de connaître et de cerner les interrogations des « patients » (quelques sites le font d’ailleurs très bien).
Là où l’on sent les prémices du e-commerce est la présence d’une partie qui présente les produits de parapharmacie ou vétérinaires vendus dans l’officine. Accompagnée de la photo du produit, l’officine présente l’indication et éventuellement la façon de s’en servir. Le discours est parfois relativement neutre, mais parfois on retrouve des louanges certainement issues de la campagne de promotion du produit. A noter toutefois que le prix ne figure pas sur la page (alors que depuis peu il est obligatoire dans les officines). On peut même voir, sur un site, la page des promotions du mois (qui n’a d’ailleurs pas été mis a jour depuis bien longtemps). Avec ce type de rubrique, la pharmacie n’est qu’à deux clics du commerce électronique (le passage d’ordre et la livraison).
Pour ce qui est de la réalisation, on trouve de tout : du plus simple au plus chargé, et du plus sobre au plus racoleur. On pourra lire par exemple : « Le but de la Pharmacie XXX est aussi de vous offrir des services parapharmacies de qualité au meilleur coût possible en vous faisant épargner temps et argent. Ventes et locations de matériel médical. Nous livrons votre commande » La maîtrise technique n’est pas toujours une réussite, les liens morts sont souvent légion et la mise à jour est parfois des plus chaotique.
Au final, pour l’instant les e-pharmacies en France sont surtout des vitrines sur Internet, et un excellent moyen de flatter l’ego du pharmacien, mais l’intérêt reste à démontrer. En effet 84% des clients des officines viennent pour des raisons de proximité (selon un sondage, réalisé en 1999 par Alain Collomb Stratégies sur un échantillon de 1002 personnes), il n’y a donc que peu de chance de gagner des clients, au mieux peut on espérer les fidéliser. Enfin il faudra être vigilant quand à l’interdiction de publicité qui régit l’exercice de la pharmacie.

Les e-pharmacies hors de nos frontières
Si en France les e-pharmacies, au sens propre du terme (c'est-à-dire vendant des médicaments), n’existent pas encore, dans d’autres pays elles constituent une réalité depuis déjà quelques temps.

Au Etats-Unis, les premières pharmacies on-line sont apparues durant 1998 (la première est Soma.com renommée depuis CVS.com). Celles-ci sont considérées comme des pharmacies à part entière et sont tenues de respecter les réglementations en vigueurs concernant les pharmacies. La plus grosse pharmacie de la toile est drugstore.com, une pharmacie virtuelle associée à Amazon.com (le premier cybermarchand du Net). L’autre poids lourd du marché est Walgreens.com. Les sites permettent d’acheter de nombreux articles de parapharmacie, mais également des médicaments OTC (Over The Counter, c'est-à-dire la médication familliale) à grands renforts de promotion sur le tout nouveau antalgique ou sur les « bons vieux » antihistaminiques (la liste de médicaments sans ordonnance aux Etats-Unis étant différente de la version française). Pour ce qui est des prescriptions médicales, les sites demandent une ordonnance (faxée, envoyée par email ou par la pharmacie habituelle du client dans le cadre d’un renouvellement ou enfin, directement en relation avec le médecin). De plus, un questionnaire médical doit être rempli afin que le site puisse analyser l’ordonnance. Quelques jours plus tard, le client recevra par la poste ses médicaments. Le site rappellera même à ses clients de renouveler leur ordonnance en temps voulus.

Tout ceci représente le coté « propre » de la e-pharmacie dans le pays, car à coté on trouve de nombreuses pharmacies vendant des médicaments délivrables uniquement sur ordonnance, sans aucuns contrôles. Courant 2000, la FDA (Food and Drug Administration, l’équivalent de l’Affsaps et de l’Affsa française) dénombrait plusieurs centaines de ces e-pharmacies hors-la-loi dont plus de deux cents aux Etats-Unis.
Le Royaume-Uni est certainement le pays le plus en « avance » sur le plan des  e-pharmacies. Un certain nombre de pharmacies virtuelles se disputent le marché (dont pharmacy2u le précurseur du marché ou Allpharmacy.com le premier à accepter les ordonnances prises en charge par le NHS (le National Health Service, correspond à une sorte d’équivalent de la sécurité sociale en France). Le principe est le même que les sites américains à l’exception que les britanniques doivent envoyer leurs ordonnances au siège de l’entreprise. La légalité des pharmacies en ligne ne fait plus aucun doute pour l'institution, dès lors qu'elles sont installées dans de "véritables" officines pharmaceutiques et sont membres de la Royal Pharmaceutical Society (la structure anglaise homologue de l’ordre des pharmaciens). Il faut signaler que l’existence des e-pharmacies outre-manche ne s’est pas fait sans heurts, les différents ordres s’y opposant et la loi interdisant la vente par correspondance de médicaments. Finalement les autorités ont préféré définir les bonnes pratiques d’exercice sur Internet (dont la confidentialité des données, le respect de la réglementation sur la publicité, la présence de base de données contenant les clients des deux dernières années et l’engagement de la responsabilité en cas d’informations erronées).
Ailleurs en Europe, l’e-pharmacie gagne du terrain. En Suisse, Mediservice livre à domicile les prescriptions après réception de l’ordonnance. En Belgique, aux Pays Bas et en Allemagne (du fait d’une convention entre DocMorris, un pharmacien on-line néerlandais et certaines caisses allemandes), des e-pharmacies se mettent en place.
Le cas des Etats-Unis ne peut pas se comparer à celui de la France, la culture commerciale étant très différente.

Le Royaume Uni est certainement l’exemple qui se rapproche le plus de la France. Peut on imaginer qu’après les freins également rencontrer par la pharmacie en ligne dans ce pays (lever de boucliers des ordres et des autorités, lois incompatibles), la France connaisse également un assouplissement des contraintes ?


Un exemple « limite » de vente de médicaments : Le Viagra®
Il est important de rappeler que le Viagra (sildénafil) n’est pas un médicament anodin. Son indication est le traitement des troubles de l'érection. Il s’agit d’un produit placé sur liste I et donc, par le fait, soumis à prescription médicale. Son d’action se fait par l’inhibition de la phosphodiestérase de type 5, ce qui permet l’augmentation du taux de GMP cyclique et donc de la réponse physiologique érectile du pénis à une stimulation sexuelle (par le relâchement des muscles lisses et engorgement vasculaire des corps caverneux). Ce médicament a un certain nombre de contre-indications absolues dont différents troubles cardiaques en cours ou récents, l’hypotension, ou encore des antécédents récents d’AVC (Accident Vasculaire Cérébral). De plus de nombreuses interactions médicamenteuses existent, dont tous les dérivés nitrés font partie.

Il existe donc des risques cardio-vasculaires et hypotensifs non négligeables avec le Viagra en cas de non respect de ces contre-indications et interactions. Par exemple une association Viagra / Inhibiteur calcique peut conduire à un arrêt cardiaque.
Le fameux comprimé bleu est certainement l’exemple le plus caractéristique du problème actuel, de très nombreux sites proposant la vente de Viagra en ligne. Le New England Journal Of Medicine a publié une étude recensant 86 sites vendant le médicament directement aux consommateurs courant avril 1999. A peine plus de la moitié de ces sites demandaient aux potentiels acheteurs de remplir un formulaire pour une évaluation médicale.

Actuellement trouver un site vendant du Viagra en France relève de « l’enfance de l’art » : n’importe quel moteur de recherche trouvant de nombreux sites.
Une bonne partie des sites sont situés aux Etats-Unis, du fait d’une législation plus souple, et font souvent appel, pour faire la version française, non pas à des traducteurs professionnels mais tout simplement à leurs homologues électroniques, ce qui conduit à des versions intéressantes. Voici un exemple de ce que l’on peut trouver (les fautes sont d’origine): Viagra bon marché évalue Viagra non bon marché est ce qui obtenez vous quand vous commandez Viagra d'achat Viagra sur l'Internet. Le plus, chaque ordre de Viagra vient avec un diviseur LIBRE de pillule. Dédoublez vos pillules dans la moitié et faites à nos prix bon marché de Viagra meilleur marché encore.»

Certains sites rappellent qu’une ordonnance est nécessaire et apporte une solution toute simple : une consultation « gratuite » avec un médecin on-line : « Viagra est un médicament délivré sur prescription médicale. Une ordonnance est nécessaire. Nous vous offrons gratuitement une consultation en ligne avec un médecin inscrit à l'ordre des médecins pour recevoir cette ordonnance nécessaire. Ce service est gratuit pour vous. » (docteur-en-ligne.com). A noter, la variante parfois utilisée signalant que le formulaire (donc avec des réponses en français) sera contrôlé par les plus grands spécialistes américains (et à la vue de certaines traductions de ces sites, l’idée laisse songeur).

D’autres sites font « signer » une décharge électronique au client, soulignant que quoi qu’il arrive, ce n’est pas leur faute et que le client a acheter le médicament en toute connaissance de cause.

Enfin, sur certains sites, le client prend le risque de recevoir un produit d’origine douteuse, lorsqu’il reçoit effectivement sa commande.
Le prix est extrêmement variable sur la toile. En France, le prix dans une officine est d’environ 10 à 13 euros par comprimé (le prix étant libre) pour le dosage à 100mg. Sur Internet on trouve des prix allant de la moitié à plus du double. Il existe même des botshops (agents comparateurs de prix), afin de trouver les meilleurs prix.
Le Viagra n’est qu’un exemple, le Xénical (agent anti-obésité), le Propécia (contre la perte des cheveux), la Nandrolone (Anabolisant) et bien d’autres font partie également des médicaments les plus recherchés par des voies détournées. Ceci pose un vrai problème de santé publique surtout qu’un acheteur potentiel pourra facilement cacher certaines informations pour se procurer le médicament qu’il souhaite.

La e-pharmacie a longtemps été considéré comme une évolution inéluctable de la profession, hors actuellement on est encore loin du monde de la cyber-pharmacie. Pourtant il serait très simple de mettre un tel système en place. Il n’est pas évident qu’une officine puisse se lancer seule dans l’aventure, les résistances étant trop fortes et l’effort économique à effectuer, notamment en promotion, étant très important. Par contre il est facilement imaginable qu’un groupement de pharmaciens constituant une sorte de « chaîne de magasin » puisse y arriver.

Mais la solution qui me semble la plus réaliste est une accession des grossistes au rang de revendeurs au détail. Les grossistes ont, en effet, une infrastructure qui leur permettrait de recevoir les commandes et d’aller les livrer (ou tout simplement de les poster). Ils possèdent des entrepôts pour stocker les médicaments et leur réseau d’entrepôts et de livreurs permet d’assurer une diffusion capillaire efficace. De plus, personne ne connaît mieux le travail d’intermédiaire entre laboratoire et clients. Enfin au travers de leurs sites, les grossistes montrent qu’ils pourraient tout à fait vendre aux particuliers grâce à des sites simples d’utilisations et très riches en informations.

Le passage de la vente des médicaments aux particuliers au lieu des pharmaciens pour les grossistes ne constituerait pas une grosse difficulté grâce à Internet. Toutefois un des freins les plus évident est le risque de boycotte auquel les grossistes s’exposeraient en cas de tentative.



Les e-pharmacies /

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