Résumé Cet article questionne l’impact du mode de gouvernance des réseaux d’innovation sur la forme de ces réseaux et la répartition du pouvoir en leur sein.





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2.2. Le pôle VdF et ses réseaux : méthode de caractérisation et d’analyse

Notre étude procède en 3 temps. Dans un premier temps, nous réalisons une enquête internet afin d’identifier les membres du réseau d’innovation et leurs partenaires, et de préciser les motivations, le processus de sélection et le résultat de leurs collaborations. Cette première phase de conception comprend donc la collecte des données du réseau et la modélisation de la structure résiliaire. Dans un deuxième temps nous reconstituons les réseaux d’innovation créés avec et sans l’intervention de la structure de gouvernance et analysons les caractéristiques structurales de ces deux réseaux. Dans un troisième temps, nous menons une étude économétrique de l’impact de l’implication de la structure de gouvernance sur la géographie et la nature des liens développés par les acteurs de l’innovation. En appliquant ces méthodologies complémentaires nous souhaitons tester l’ensemble de nos hypothèses et ainsi préciser les contours de l’impact d’un mode de gouvernance assisté par un tiers.

2.2.1 Construction du réseau relationnel

Afin de construire le réseau d’innovation à l’œuvre au sein du pôle VdF, nous avons interrogé les membres du pôle quant à leurs relations partenariales en matière d’innovation. La collecte des données a été réalisée moyennant un questionnaire fermé en ligne comprenant deux parties : la première consacrée à l’identification du répondant et à la caractérisation de son organisation, la deuxième se concentrant sur l’identité des partenaires de l’innovation et les déterminants du choix et de l’évolution des relations partenariales. Concrètement, chaque répondant a nommé les partenaires de l’innovation qu’il considérait comme étant les plus importants pour lui (maximum 5), et précisé ensuite les conditions dans lesquelles étaient nées les collaborations menées avec ces partenaires clé. Grâce aux réponses à ces questions nous avons pu, dans la suite de notre travail, différencier les liens fruits de l’intervention de la gouvernance du pôle, des autres.

Le questionnaire a été adressé à l’ensemble des adhérents au Pôle Véhicule du Futur (données 2010 et liste des adhérents fournie par le secrétariat général du pôle). Nous avons choisi de compléter cette liste par la liste des participants au club mobilité et au club R&D. Ces clubs (qui impliquent des adhérents au pôle mais sont également ouverts aux non-adhérents) constituent des groupes informels créés par les responsables du pôle autour de thématiques dans les quelles le pôle souhaite une montée en puissance et une prolifération de projets. Ces initiatives sont ainsi venues consolider et compléter les circuits traditionnels et les dispositifs conventionnels de mise en réseau des acteurs et rendent compte d’une véritable implication de la structure de gouvernance dans la stimulation de l’activité résiliaire du pôle. Notre population interrogée se composait finalement de 196 acteurs. L’enquête en ligne s’est faite sous la forme d’un questionnaire sur site (Gueguen, 2000) dont le principe consiste à mettre un questionnaire sur une adresse facilement accessible, et qui permet une grande souplesse de fonctionnement (possibilité de compléter le questionnaire en plusieurs fois notamment, ce qui permet aux répondants de fournir des données plus exhaustives). L’enquête a été menée entre janvier et mars 2011 et a donné lieu à 3 relances. Au final, nous avons réceptionné 48 questionnaires exploitables (soit un taux de réponse de 25%).

Sur la base des réponses obtenues nous avons construit une matrice relationnelle dans laquelle chaque lien renvoie à l’existence d’une collaboration passée ou encours entre deux acteurs. Les liens ne sont pas valués ni dirigés. Nous avons ensuite menée une analyse du réseau ainsi créé, en mobilisant la théorie des graphes et en utilisant le logiciel UCINET 6.

2.2.2. Caractérisation des réseaux et des acteurs clés

Notre analyse de la structure du réseau créé sans l’intervention du pôle ou avec celle-ci, repose sur l’interprétation d’indicateurs traditionnels de l’analyse de réseau. Elle mobilise des indicateurs décrivant le réseau dans son ensemble, mais aussi d’indicateurs au niveau individuel précisant la position des acteurs au sein du réseau.

Indicateurs de caractérisation du réseau retenus

  • La densité du graphe est définie par le nombre de liens existants sur le nombre de liens maximal. C’est un indicateur de cohésion du réseau.

  • La distance moyenne entre 2 nœuds fournit un indicateur de structure du réseau. C’est la moyenne des chemins les plus courts entre deux nœuds mesurés en nombre de liens

  • Le coefficient de clustering fournit un indicateur de cohésion du réseau. Il est basé sur le principe mes amis sont amis entre eux. C’est le rapport entre le nombre de triades (ensemble de 3 nœuds connectés 2 à 2) et le nombre de triplets connectés (ensemble de 3 nœuds connectés) divisé par le nombre total de nœuds. Cet indicateur indique la propension du réseau à s’organiser en cliques ie en paquets de nœuds interconnectés 2 à 2.

  • La composante géante : plus grand sous-ensemble d’individus connectés au moins indirectement entre eux. C’est un indicateur de fragmentation du réseau (plus cette composante est de grande taille, moins le réseau est fragmenté).

Indicateurs retenus pour caractériser la position des membres du réseau

L’une des mesures les plus simples de la position relative des acteurs au sein d’un système est proposée par les scores de centralité. Héritée de la sociométrie, cette mesure identifie les acteurs les plus « importants » du système, c'est-à-dire des acteurs qui y contrôlent l’allocation des ressources et qui disposent d’une certaine autorité. Différentes mesures de la centralité des acteurs dans un réseau ont été proposées (Freeman, 1979, Wasserman et Faust, 1994). Nous retenons deux des mesures de la centralité particulièrement utilisées dans la littérature :

  • La centralité de degré (degree) exprime l’intensité des liens directs que possède un nœud. Le degré d’un nœud est son nombre de liens. Plus un nœud a de liens, plus il est visible dans le graphe et plus il a de probabilités d’être populaire dans le réseau.

  • La centralité d’intermédiarité (betweeness) mesure le nombre de chemins entre deux nœuds du réseau qui passent par un nœud donné. Cette mesure met l’accent sur les nœuds qui constituent des points de passage obligés pour circuler dans l’ensemble du réseau et qui sont donc en position de contrôler l’information De tels nœuds peuvent aussi se retrouver en position de relier des parties non connexes d’un réseau (« structural, holes » au sens de Burt, 1992) et occupent alors une position de broker (Obstfeld, 2005).

2.2.3 Etude économétrique des caractéristiques des liens créés et de leurs déterminants

Dans une troisième étape, nous nous focalisons sur les liens dyadiques du réseau (càd sur chaque collaboration impliquant deux organisations) et cherchons à tester si l’implication de la gouvernance des pôles influence leurs caractéristiques. Nous ne nous intéressons donc plus uniquement à l’existence d’un lien entre deux organisations, mais aux caractéristiques de ce lien. Etant données les hypothèses que nous souhaitons tester, nous nous intéressons plus particulièrement à l’influence du pôle sur la géographie des liens (pour tester H2) et sur la nature des liens créés (pour tester H4).

Nous testons l’impact de plusieurs variables explicatives, certaines rendant compte de la taille des acteurs impliqués, d’autre de la nature de leur activité (plus ou moins centrée sur les transports et l’automobile), d’autres encore de la centralité des acteurs et enfin de l’implication de la structure de gouvernance sur les caractéristiques des liens étudiés. Le tableau 1 ci-dessous présente et résume les variables mobilisées pour l’analyse.

Tableau 1 : Statistiques descriptives des variables mobilisées


variables

abréviation

construction

min

max

moyenne

expliquées

Geo

GEO = 1 si le partenaire de l’innovation est localisé dans la région du pôle

GEO = 0, sinon

0

1

0.58

Mixte

Mixte = 1 si le partenariat est de type mixte (impliquant une entreprise et une organisation d’un autre type, telle qu’une université par exemple)

Mixte = 0 sinon

0

1

0.49

explicatives

Pôle

Pôle = 1 si le répondant a connu le partenaire par l’intermédiaire du pôle

Pôle = 0 sinon

0

1

0.2

Taille

Taille = 1 si l’organisation répondante est de grande taille

Taille= 0 s’il s’agit d’une PME

0

1

0.14

Auto

Auto = si la part du CA de l’organisation répondante dans le secteur automobile est supérieure à 50%

Auto= 0 sinon

0

1

0.47

Degree 1

Degree 1= 1 si la centralité de degré du répondant est supérieure à la centralité médiane du réseau

Degree 1=0 sinon

0

1

0.20

Degree 2

Degree 2= si la centralité de degré du partenaire est supérieure à la centralité médiane du réseau

Degree 2=0 sinon

0

1

0.378

Inter 1

Inter 1= 1 si l’intermédiarité du répondant est supérieure à l’intermédiarité médiane du réseau

Inter 1 =0 sinon

0

1

0.452

Inter 2

Inter 2= 1 si l’intermédiarité du partenaire est supérieure à l’intermédiarité médiane du réseau

Inter 1 =0 sinon

0

1

0.315


La méthode économétrique retenue pour l’analyse est la régression de type logit, étant donnée la nature et la distribution de nos variables expliquées.
3. Résultats
3.1. Le réseau du pôle Véhicule du futur
Les graphiques 1 et 2 ci-dessous présentent les réseaux d’innovation développés au sein du pôle VdF respectivement sans tenir compte des liens rendus possibles par l’intervention du pôle, et en incluant ces liens.
g:\aims2012\ucinet%204%20-%20apvf.jpgg:\aims2012\ucinet%203%20-%20spvf.jpg


Graphe 1 : Le réseau sans l’intervention de la gouvernance du pôle (SPVF)

Graphe 2 : Le réseau avec l’intervention de la gouvernance du pôle (APVF)




Si ces deux graphs offrent un premier témoignage visuel d’une densification du réseau suite à l’intervention du pôle, nous proposons de raffiner cette première impression visuelle par la présentation de quelques indicateurs clés quant à la structure de ces deux réseaux (Tableau 2).
Tableau 2 : Caractéristiques du réseau d’innovation




SPVF

APVF

Densité

0,0107

0,0142

Nombre de liens

140

186

Nombre de nœuds

115

115

Taille de la plus grosse composante

44

56

Distance géodésique moyenne

5,666

5,173

Nombre d’isolés

37

19

Degré moyen

1,217

1,617

Betweeness moyen

0,629

0,904
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