Différentes «figures» de l’étranger L’étranger à un pays





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L'ÉTRANGER


Cette fiche pédagogique a été élaborée en 2008 par le groupe du comité de lecture Télémaque.
Elle est accompagnée d'une bibliographie en littérature de jeunesse.

Au sommaire de cette fiche :

Qu'entend-on par « étranger » ?

I. Différentes « figures » de l’étranger

1. L ’étranger à un pays
2. L’étranger à un groupe social, une culture…
3. La métaphore de l’étranger : l’étrangeté

II. Différentes réactions

1. Les préjugés, l’incompréhension
2. Le rejet, l’intolérance, la peur
3. La curiosité, l’attirance

III. Intégration & identité

1. L ’intégration, l’accueil
2. L ’étranger qui suscite une remise en question
3. La quête identitaire

Liens

Qu’entend-on par « étranger » ?


La définition de « l’étranger » est délicate, car relative. Au sens strict, l’étranger est « celui qui n’est pas du pays » (1369), mais plus largement c’est celui qui n’appartient pas à un clan, une famille, une culture etc. Ainsi, l’acception du mot étranger dépend évidemment d’un point de vue car potentiellement, nous sommes tous l’étranger de quelqu’un.

Plus que son statut géographique, ce qui est intéressant de traiter à travers la figure de « l’étranger » est sa capacité de questionner nos certitudes. En effet, l’étranger, l’autre, celui qui est différent, engendre souvent l’incompréhension, par là même il questionne. Ses interrogations offrent une ouverture, permettant d’élargir notre vision de notre société et de nos habitudes.

L’étranger est, certes, celui qu’on ne connaît pas, qui est différent, qu’on ne comprend pas et qui ne nous comprend pas mais c’est aussi celui qui porte un regard nouveau, qui nous enrichit, découvre et nous fait découvrir d’autres manières de considérer ce qui nous apparaissait comme des évidences…

L’étude de la figure de l’étranger dans la littérature jeunesse doit permettre de travailler avec nos élèves sur la question de la représentation de « l’étranger ». Comment est représenté l’étranger dans la littérature jeunesse, comment son image a-t-elle évolué, est-elle toujours dominée par certains clichés ?

D’autre part, il semble intéressant de corréler au thème de l’étranger celui de l’altérité. Comment la littérature jeunesse peut devenir un moyen de rencontrer « l’autre », de voyager au travers l’expression d’idées, de cultures, de regards différents ? Et comment exploiter cette littérature jeunesse pour enseigner la différence et la tolérance ?

 

Différentes « figures » de l’étranger


L’étranger à un pays


  • Interroger les élèves sur leurs représentations de « l’étranger », au moment de cet échange, tout doit être reçu sans jugement. A partir de ces représentations, un choix plus ciblé de lectures pourra être proposé aux élèves.

  • Afin de s’approprier le sens du mot « étranger », on pourra travailler autour de son champ sémantique et demander aux élèves d’organiser les termes puis de réfléchir à des expressions, on pourra s’appuyer sur les lectures de Comme des frères de François David ou encore Homme de couleur, poème africain adapté par Jérôme Ruillier aux éditions biblioquet.

  • Pour amorcer le travail de définition du thème, proposer aux élèves d’effectuer un tri des ouvrages sélectionnés. Cette activité doit permettre aux élèves de s’interroger sur la richesse du thème mais aussi de manipuler et de s’approprier les livres présentés. Il peut s’avérer intéressant de reproposer ce travail de tri d’ouvrages à la fin de l’étude du thème et de comparer les différences.

  • Aborder avec les élèves les différentes raisons qui nous font quitter notre pays vers un autre pays. Définir les termes : émigration, immigration, exil, nation, nationalité et identité avec à l’aide de la lecture de documentaires comme Et toi, tu es français ou étranger…, éditions Autrement,  2005.

  • Faire travailler les élèves sur les différents points de vue : un étranger qui raconte son expérience = point de vue interne ou l’histoire d’un étranger narrée par une autre personne = point de vue externe.
Emigrants et immigrés

  • Présenter différents parcours d’immigrés au travers de docu-fictions tel que Et puis on est partis, Les cahiers de Leïla, Le rêve Jacek puis demander aux élèves de retracer sur un planisphère les différents parcours. Ces lectures peuvent être complétées par celles de documentaires : Mon album de l’immigration en France ou Les étrangers, un œil sur l’histoire.

  • Travailler sur le parallèle entre l’Histoire et l’immigration. Faire le lien entre l’histoire personnelle d’un immigré et l’Histoire. Présenter des ouvrages qui font référence à des évènements historiques précis permettant de comprendre les contextes de l’immigration et de l’émigration. Jacques Prévert, au lendemain de la seconde guerremondiale, évoque, dans un recueil intitulé Etranges étrangers et autres poèmes, l’usage de la main-d’œuvre étrangère en France. L’album Wahid, quant à lui, rappelle les animosités entre la France et l’Algérie durant la seconde moitié du XXème siècle. Et puis on est partis, un émigrant raconte retrace le parcours d’un adolescent russe qui décide de fuir vers les Etats Unis pour des raisons politiques.

  • En prolongement,  élargir sur un travail de repérage à partir de cartes afin d’étudier les différents types de migrations (ville/campagne).
Voyageurs et explorateurs

  •  Le voyage dans un autre pays confère également le statut d’étranger. Imaga de  Flemming Jensen raconte comment un professeur danois migre au Groenland et se heurte au choc des cultures et aux différences entre les systèmes éducatifs.

  • Il est également intéressant de se pencher sur les regards étrangers posés sur un même pays  à travers notamment les carnets de voyage ou des albums documentaires qui présentent la vie d’enfants d’autres pays : Luzmila, enfant de Bolivie ; Tomazino, enfant du Pérou. On pourra réunir avec les élèves différents carnets de voyage sur un même pays datant de différentes époques et croiser les points de vue.

  • Un travail sur l’image : demander aux élèves de choisir un pays étranger,  les faire relever à travers différents supports (livres d’art, journaux, expositions photographiques, publicités, cartes postales…) les représentations du pays et de ses habitants. Les décrire puis les organiser.

  • Rassembler une collection d’objets de voyage : chaque élève rapporte un objet, une chanson, une recette de cuisine, un conte, le dessin d’un animal… représentant un pays étranger. Cette collecte amorce la réalisation d’un carnet de voyage.

  • Après s’être documenté sur un pays étranger, ses habitants, ses cultures, proposer aux élèves d’écrire une carte postale pour nous raconter leurs expériences dans ce pays.

  • Avec les élèves du 2nd degré, on pourra sélectionner des extraits d’ouvrages (Voyage autour du monde de Bougainville,  Voyage à Florence de Stendhal, Voyage en Italie de Goethe) et demander aux élèves de relever les expressions relatives aux sensations que peut procurer l’inconnu ou la profusion de nouveautés.


L’étranger à un groupe social, une culture…

Se sentir étranger

  • S’interroger avec les élèves sur les situations dans lesquelles on peut se sentir étranger et essayer de définir, avec eux, les raisons qui nous font nous sentir étranger. Cela doit permettre à chacun de s’interroger sur son rapport à l’étranger. La description de ce sentiment se retrouve dans différents romans : Je suis amoureux d’un tigre, les premiers jours, la petite fille au kimono rouge, les raisins de la colère.

  • Pour les élèves du 1er degré, le héros de Même pas peur, un ogre se sent étranger dans sa propre famille car il ne correspond pas à ce qu’on attend de lui, il n’a rien de l’ogre, si ce n’est une apparence qui le fait se sentir étranger face aux humains.
Barrière culturelle

  • Dans La tarte aux escargots de Brigitte Smadja, à travers les difficultés que rencontre le personnage de Lili nous sont présentées les différences entre les habitudes culturelles françaises et tunisiennes. " Soudain, Renzi qui m'avait suivie s'est mis à crier :  - Des crapauds sanglants ! - Où ça ? a dit Betty en regardant la table, derrière la table, sous la table. Où ça, mon petit bonhomme ? - Là ! a crié Renzi en désignant un plat de betteraves. - Ce ne sont pas des crapauds, ce sont des betteraves !    (...) Vous ne mangiez donc pas de betteraves en Tunisie, Lili ? -    Non. " (La Tarte aux escargots, p. 91)

  •  En effet, être étranger à un pays va souvent de pair avec la découverte de mœurs, de codes culturels différents, ce qui peut engendrer des malentendus, des quiproquos ou pire une véritable exclusion. Baïti Baïtak d’Alison Bernard illustre le manque de considération qui peut découler de la différence culturelle : « - René ? steak-frites et McDo ! C’est ce qui lui plaît. Il appelle mes plats des      bouillies arabes […]» p.60

  • La rencontre entre différentes cultures est souvent marquée par la découverte des différences et la mise en cause des valeurs. Dans Le voyage de Mémé de Gil ben Aych, Mémé qui vient tout juste d’arriver d’Algérie, s’étonne et se scandalise des comportements et des habitudes des Parisiens.

  • Pour Lili, héroïne du roman de Smadja Quand papa est mort, l’adaptation à la vie parisienne est difficile surtout pour la grand-mère qui ne parle qu’arabe et qui est fascinée par la télévision qu’elle apparente à une « boîte magique ».
Barrière linguistique

  • Comprendre les difficultés de communiquer, d’échanger dans une langue qui n’est pas la nôtre, se rendre compte que cette impossibilité de communiquer peut engendrer des comportements violents, c’est ce qu’explique Malik, le héros de Baïti Baïtak : « En français ce que je dis ne veut rien dire pour moi. J’ai beau parler, je me sens toujours aussi tendu. Ces mots ne sont pas attachés à moi alors ils s’envolent facilement.je suis mieux si j’ai pu frapper, cogner et crier des insultes.je vide le trop plein. » p.129

  • Le hollandais sans peine raconte comment Jean-charles et son ami allemand ont déjoué la barrière linguistique en s’inventant leur propre langue, qu’ils font passer pour du hollandais. Ce livre illustre combien la fonction de communication du langage est importante et oblige à respecter certaines règles. Pagaille raconte aussi une histoire d’amitié entre des enfants qui ne parlent pas la même langue.

  • Dans le roman Ma grand-mère venue d’ailleurs, Emmanuel se heurte à la difficulté de comprendre sa grand-mère qui ne parle pas la même langue que lui. Comment créer des liens sans communiquer par le langage parlé ?

  • On peut également s’interroger sur l’usage de la langue d’origine à travers le roman de Gudule L’immigré, ou encore le roman Baïti Baïtak. A quel moment la langue maternelle est utilisée ? Dans quelle situation ? Qu’est-ce que cela signifie ?

  • Comprendre que les langues sont diverses. Elaborer un travail sur les origines étrangères des mots de la langue française à travers des ouvrages tels que Sandwich et compagnie de Lionel Koechlin, La langue française, des origines à tes lèvres de Stéphane Frattini, Petite histoire des langues de Sylvie Baussier. Sur le modèle de la chanson Le Polyglotte d’Henri Dès, réaliser une chanson avec des mots qu’on utilise en langue française d’origines diverses.

  • Constituer un fonds de livres (album, BD, roman…) bilingues, afin d’éveiller les élèves aux différents alphabets.

  • Apprendre des chansons en langues étrangères, pour se familiariser avec les sons.

  • Dans le cadre de la journée de la francophonie, participer au concours « les 10 mots de la langue française » qui consiste à écrire un court texte autour d’un thème défini (cette année la rencontre) à partir de 10 mots.
Barrière physique

  • L’apparence et la différence physique peuvent nous faire sentir étranger… C’est le cas de Flix, chien qui est né dans une famille de chats, comment trouver sa place ? son identité ?

  • Miriam, Mafou Métisse ni noire comme son papa, ni blanche comme sa maman, Mafou est unique et attise la curiosité de ses compagnons qui la considère comme étrangère. Mais Mafou est formelle : elle est d’ici. Cet album éveille des interrogations sur les préjugés qui existent entre l’apparence physique et l’appartenance à un territoire.

  • La fille des batailles c’est Garance qui doit se battre pour affirmer et faire accepter ses différences.

  • Après plusieurs lectures de l’ouvrage : Au pays des cheveux frisés une sans frisette était née de Evelyne Novant, réaliser un projet d’écriture. En suivant le schéma de la construction narrative de l’œuvre, on pourra demander aux élèves d’inventer une histoire autour d’une autre différence.
Barrière sociale

  • Etre étranger parce qu’on n’a pas le même niveau social

  • Madame t’es vieille de Francis Jacoby et de Jean-Pierre Orban soulève la question de la barrière sociale à travers la rencontre d’une vieille dame SDF et d’un jeune garçon. Comment leurs différences d’âges et de situations sociales vont-elles les rapprocher ?

  • Le conte La Belle et le Clochard inspiré d’une bande dessinée de Ward Greene est une illustration de la différence sociale. Le clochard est une métaphore de l’immigré italien, et de la précarité sociale, puisque contrairement à Lady, il vit dans la rue. Ces différences n’entraveront pas leur idylle.

  • Les armoires vides d’Annie Erneaux décrit le sentiment d’exclusion. Denise arrive en retard à l’école, cet évènement engendre une série d’humiliations qui va lui faire prendre conscience de sa différence sociale.

  • Concernant les différences sociales, Olivier le héros du roman Les sucettes à la menthe de Robert Sabatier quitte un univers modeste pour s’installer à Paris chez son oncle qui a un train de vie plutôt bourgeois. Olivier s’étonne à maintes reprises des habitudes de son oncle et s’intègre difficilement aux mondanités.

  • Salle des pas perdus de Julia Billet raconte la rencontre de deux destins perdus, marginalisés, une vieille femme SDF et une adolescente en fugue.


La métaphore de l’étranger : l’étrangeté

1er degré :

  • Dans les albums, la figure de l’étranger est symbolisée. Dans le conte de Stéphane Girel, les rouges et les noirs, la différence est représentée par l’opposition entre les rouges et les noires d’un jeu de cartes.

  • Flix de Tomi Ungerer s’interroge sur la différence en utilisant des animaux. Fils de chats, le chien Flix s'épanouira davantage à Clébardville qu'à Chatville. Mais il n'aura de cesse de réconcilier les deux communautés.

  • Le chat de Tigali, album policier sous forme de journal de Daeninckx, s’interroge sur les mobiles du crime du chat de Tigali, jalousie ou racisme ?  

  • Avec les élèves, en partant de ces lectures où la différence est symbolisée, essayer de trouver d’autres métaphores pour décrire la différence.
2nd degré :

  • Dans la littérature pour adolescents, on pourra travailler sur les métaphores de l’étranger à travers des récits fantastiques tels que Harry Potter, s’intéresser aux distinctions établies par les « sang pur », c’est-à-dire les magiciens, qui ne considèrent pas de la même manière les Moldus (les non magiciens), les sang mêlés (nés d’un parent moldu et d’un parent sang pur)…

  • En effet, ce type de littérature utilise des éléments de fantasy « comme des mécanismes métaphoriques pour mettre en lumière le monde que nous connaissons. ». L’étranger peut être celui qui vient d’un autre pays, mais aussi d’un autre monde ou encore d’un autre temps.

  • Poursuivre un travail sur la mise en parallèle de la lecture de récits fantastiques et du sentiment d’étrangeté en relevant les sensations des narrateurs face à la découverte de leurs pouvoirs surnaturels. S’interroger en se demandant pourquoi l’apparition des pouvoirs du narrateur va souvent de pair avec le sentiment d’être étranger à soi-même.
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