Universite paris nord – paris 13





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UNIVERSITE PARIS NORD – PARIS 13
UFR DES SCIENCES DE LA COMMUNICATION
Mémoire de DEA en Sciences de l’Information et de la Communication

Présenté par : Christophe BAREILLE

De la communauté gaie à la communauté gaie virtuelle

C
. . . . . . . . . . . . . . . .
ontexte,
Emergence d’une présence gaie sur le Web,
Cristallisation d’une communauté de destin.


Directeur de mémoire : Roger Bautier
Date de soutenance : Octobre 2001


à David,

rencontré le 12 janvier 2000 sur http://www.caramail.com






Sommaire

Sommaire 3

Préambule 5

Introduction 8

Partie I :
Le contexte 10


1La longue marche vers la visibilité et la reconnaissance 11

1.1De la clandestinité à la rue : vers une occupation collective de l'espace public 12

1.1.1La poussée des bars du Marais 15

1.1.2Les associations de lutte contre le sida 15

1.2Les dichotomies : discrétion-provocation, isolement-regroupement 16

2Un besoin d'expression publique non assouvi 17

2.1La vision négative de l'homosexualité dans les médias 17

2.2Les gay ne se reconnaissent pas dans l'image véhiculée par les médias 18

2.3La naissance de médias communautaires 19

2.3.1La presse gaie 19

2.3.2Le « monopôle » de Radio FG 22

3L'émergence de nouveaux moyens de communication : les réseaux 24

3.1Des messageries roses au « minitel gay » 25

3.2La fin de la solitude 26

3.3Les grands absents : les associations et les établissements 28

Partie II:
L’émergence et le développement d’une présence homosexuelle sur la Toile 29


1.Des pages personnelles aux portails communautaires 30

1.1.Des motivations non commerciales 30

1.2.Des motivations de rentabilités financières : les starts up 32

1.3.Communauté ou ghetto ; quels liens ? 35

2.L'appropriation d'un nouvel espace d'expression 36

2.1.Les dialogues en direct ou synchrones : de l'irc aux webchats 37

2.2.Les forums de discussion ou news groupes 39

2.3.La messagerie électronique et les listes de diffusion 40

3.La multiplication des échanges 42

3.1.De l'échange discret à l'information spécialisée de masse 42

3.2.Des échanges plus nombreux sont-ils synonymes de plus constructifs 44

3.3.L'évolution de la relation à l'autre 44

Partie III :
La cristallisation d’une communauté de destin 46


1.L'hétérogénéité des individus 47

1.1.Une typologie impossible 47

1.2.Des motivations divergentes 48

1.3.Les rapports à la matérialité, à la corporalité 51

2.L'hétérogénéité des contenus 53

2.1.Une palette de thématiques 53

2.2.Une fonction de relais, d'ancrage ou de substitution 54

3.La complémentarité du sensible et du virtuel 55

3.1.L'atemporalité des réseaux : pour une reconstruction diachronique 55

3.2.L’aterritorialité : vers un rapprochement de l'individu et du collectif 58

3.3.Le renforcement d'une communauté de destin 61

Conclusion 62

Annexes 64

Annexe 1 65

L'Homosexualité, ce douloureux problème 65

Annexe 2 72

Résumé de l’Histoire Pénale de l’homosexualité en France 72

Annexe 3 74

Le Net : Traité de savoir-vivre et Netiquette 74

Annexe 4 78

La création des smilies. 78

Bibliographie 83


Préambule

Les recherches en sciences de l’information et de la communication en tant que discipline universitaire sont très récentes. Aussi, les définitions sont loin d’être figées. Certaines font la quasi unanimité, mais d’autres sont encore sujet à discordes, débats et clivages. Ainsi, préalablement à tout autre travail, il nous paraissait indispensable de définir quelques termes : communauté, communauté virtuelle, l’opposition entre virtuel et sensible, homosexuels, gay, entre autres.

Concernant la communauté, J.F. Gossiaux dans le Dictionnaire de l'ethnologie et de l'anthropologie, insiste sur l’histoire, le temps et la coutume lorsqu’il donne la définition suivante : « quelle que soit l'importance de la relation qu'elle entretient avec le territoire, la communauté trouve le principe de son existence dans l'histoire. Cette prévalence du rapport au temps s'exprime à travers la primauté de la consanguinité (la naissance détermine l'appartenance à la communauté), la souveraineté de la coutume, l'illusion collectivement entretenue d'une reproduction à l'identique qui traduit l'exigence de pérennité. »1 L'approche développée par H. Mendras dans Le changement social, donne une définition qui met, elle, au contraire, l’accent sur le territoire et le partage : « une communauté au sens fort du terme est une collectivité locale dont les membres partagent quelque chose en commun » ; « elle se veut homogène et égalitaire. »2 Dans Eléments de sociologie il insiste sur l’importance du sentiment d’appartenance: « en français, communauté désigne une collectivité dont les membres sont liés par un fort sentiment d'appartenance. »3 Quant à Geneviève Pastre, elle considère que la communauté, « ça pourrait être une famille, un réseau. C'est un fait d'expérience, le sentiment d'être reconnu, un sentiment d'appartenance. C'est un soutien émotionnel, culturel et des services. Mais c'est aussi, en contre partie, si j'ose dire, un contrôle social et un rôle normatif. »4

La définition que nous adopterons tout au long de ce travail concerne la communauté au sens de « communauté gaie. » La définition s’en trouve en effet particulière du simple fait de l’adjonction de l’adjectif « gaie ». Elle n’est pas simple à appréhender du fait de la diversité des réalités qui la composent plus ou moins objectivement (associations, journaux papier et électroniques, commerces, colloques, festivals, forums de discussion, etc.). Néanmoins, notre point de vue se rapproche assez nettement de celui de Didier Eribon : « Si chaque homosexuel est assujetti par des processus identiques qui opèrent en référence aux même normes sociales et sexuelles et produisent dans les esprits et dans les corps les mêmes effets, et par conséquent, un gay est toujours-déjà inscrit dans un collectif qui le comprend avant même qu’il ne lui appartienne ou qu’il ne sache ou qu’il ne veuille lui appartenir, cela veut dire aussi que tout geste gay, toute participation, fût-elle la plus lointaine, la plus distante, la plus secrète, à la vie gay, met n’importe quel homosexuel en relation avec tous les autres, et avec toute l’histoire de l’homosexualité et de ses luttes. »5

Concernant les communautés virtuelle, Jordi Iparraguirre, accorde une importance au territoire et met les possibilités techniques et réflectives d'Internet à l'origine de la formation des communautés virtuelles et non les décisions individuelles ou collectives : « Les communautés virtuelles se forment grâce à la possibilité qu’offre Internet de partager réflexions, culture, sentiments et intérêts communs à tous ceux qui adoptent la curiosité et la conversation comme devise. Ce nouveau système de communication proposé par le Net est relativement accessible et bon marché et renforce les relations qui existent entre les citoyens qui sont géographiquement assez proches, qui appartiennent à un même espace culturel et partagent les mêmes intérêts. »6 Pierre Lemoine, qui vient de réaliser une étude sur la formation des communautés virtuelles pour le compte de l'Association française de la Télématique Multimédia (AFTEL), développe le même besoin d'engagement, de sentiment d'appartenance des membres d'une communauté : « Ce sont des gens qui se retrouvent sur Internet pour parler via des messageries et des forums de discussions… ou pour partager des intérêts communs et échanger des expériences. Une communauté ne peut pas s'imposer. Elle naît spontanément à partir d'un besoin, d'un engagement commun. » 7

Il est étonnant de constater que ces deux définitions omettent de prendre en considération tout ce qui relève de structures commerciales, associatives ; en bref tout ce qui peut être rapproché de l’expression groupale.

Ainsi, dans le cadre de ce travail, même s’il est très difficile de donner une définition de la communauté gaie virtuelle puisque cela renvoie tant à une définition de la communauté gaie qu’à une définition de la communauté virtuelle, nous emploierons l’expression « communauté gaie virtuelle » comme représentation de la diversité des manifestations homosexuelles sur Internet tant individuelles que collectives puisqu’elle participe à la mise en relation des homosexuels assujettis « par des processus identiques qui opèrent en référence aux même normes sociales et sexuelles. »8

Faire le choix du terme homosexuel, gay, pédé ou homo renvoie à des considérations identitaires complexes. Néanmoins, on peut objectivement dire que le journal Gai-Pied a imposé le mot gai ou gay dans les années 80. Celui ci, bien qu'accepté, est aujourd'hui moins employé. Les individus ayant des relations avec des personnes de même sexe étaient homophiles dans les années 50 et 60, homosexuels – et pédé pour les militants - dans les années 70, gays dans les années 80. Dans les années 90 et aujourd'hui encore, c'est le mot "homo" (avec abandon du sexuel) que revendique principalement la jeunesse de 20 ans ; ceci corollairement à une certaine androgynisation générale de la société.

Aussi, nous tenterons, lors de notre parcours, d’utiliser le terme en adéquation à l’époque concernée.

Introduction

De nombreux jeunes homos défilant le jour de la Lesbian & Gay Pride sont là pour faire la fête, oubliant, ou n’ayant jamais su, que cet événement est avant tout un acte commémoratif. C’est dans la nuit du 28 au 29 juin 1969, suite à une descente de police au Stonewall Inn, un bar gay situé au 51-53 Christopher Street, que des émeutes eurent lieu dans Greenwich Village. Dès 1970 aux Etats-Unis et dans les années qui suivirent en Europe, une marche a lieu pour rappeler ces évènements. C’était il y a plus de trente ans et le chemin parcouru pour la reconnaissance des droits (certains seulement) des gays et des lesbiennes a dès lors été long et sinueux.

Cet épisode n’est pas un acte révolutionnaire qui a donné aux homosexuels la force de devenir visibles. Ce sont plutôt les discriminations et l’assujettissement prolongés dans l’histoire qui leur ont permis de rompre avec la place que la société leur imposait depuis trop longtemps. Les émeutes de 1969 n’ont finalement été que le catalyseur ayant permit une réaction massive qui se propageât dans tous les pays occidentaux aux cours des années 70.

En France, les premiers mouvements datant d’après guerre furent très discrets. Et ce n’est qu’au début des années 70 que des militants visibles commencèrent à se faire entendre ou, au moins, à ne plus se taire. Prenant d’assaut la rue, les médias existants, créant leurs propres organes de presse, ils souhaitaient revendiquer la reconnaissance de leur identité, se regrouper et permettre, à ceux qui éprouvaient des difficultés à vivre leur différence, de le faire en étant entourés et soutenus.

Des premiers groupes militants aux premiers bars gays ayant pignon sur rue, il ne s’écoulât qu’une petite dizaine d’années. Les années 80 marquèrent ainsi un tournant important avec l’apparition de commerces gays et variés (d’abord des bars, des boîtes, puis des coiffeurs, des restaurants, des magasins de vêtements, etc.). Mais les années 80 furent aussi marquées par l’arrivée au pouvoir de la gauche et la décriminalistaion de l’homosexualité ainsi que par la découverte du virus du sida qui anéantira, un temps, le militantisme homosexuel et tuera beaucoup de militants homosexuels qui ne voulaient voir dans le « cancer gay » qu’une manipulation des pouvoirs publics et des associations familialistes pour affaiblir la communauté qui naissait.

Pour autant, les lieux de socialisations perdureront et se développeront parallèlement à la création d’une radio et de journaux communautaires. Cette période est également celle de l’avènement du Minitel et des messageries télématiques qui représenteront une véritable bouée de sauvetage pour les homosexuels éloignés des grands centres urbains et donc de l’activité homosexuelle. Elles leur permettront principalement le dialogue entre pairs, de se rendre compte qu’ils ne sont pas seuls et d’avoir un apprentissage de l’échange par clavier et machine interposés.

Cette pratique s’est accrue avec l'avènement et la démocratisation - essentiellement dans les pays occidentaux - des nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC) en général et d'Internet en particulier. De nombreux sites web d'information, d'échanges, de discussions ont été créés par et pour des gays. Ces derniers ont rapidement été nombreux à être des utilisateurs de tels moyens de communication permettant une information de masse d'une part et l'échange secret, discret et individuel d'autre part. Ils se sont retrouvés sur des sites répondants à leurs attentes de liberté d'action certes, mais ont également utilisés des sites et des outils qui ne leurs étaient, initialement, pas spécifiquement destinés.

Notre intérêt se portera uniquement sur les individus homosexuels masculins se servant d'Internet comme d’un moyen d'entrer dans un groupe d'utilisateurs partageant les mêmes centres d'intérêts. Les homosexuelles femmes représentent un groupe qui mériterait d’être étudier séparément ou, au moins, parallèlement. En effet, même si à bien des égards les homosexuels hommes et femmes ont des intérêts communs, des relations affectives, amicales, militantes, des revendications communes, il nous semble que dans leurs rapports aux nouvelles technologies, elles ont autant de traits communs aux homosexuels masculins qu’aux femmes hétérosexuelles. Il ne nous paraissait donc ni pertinent ni respectueux de ne considérer qu’une entité homosexuelle sans reconnaître les spécificités propres aux gays d’une part et aux lesbiennes d’autre part.

Ainsi, dans le cadre de la réflexion liant l’homosexualité masculine aux moyens de communication notre objectif est de répondre à la question : dans quelles mesures l'avènement des nouvelles technologies de l'information et de la communication en générale et d'Internet en particulier a-t-il participé au renforcement d'une identité et d'une communauté gaie ?

Pour cela, nous verrons dans une première partie comment l’utilisation des nouvelles technologies par les homosexuels s’inscrit dans un processus diachronique d’occupation de l’espace public tant physique que symbolique. La deuxième partie permettra de mettre en lumière la continuité de l’appropriation des moyens de communication par les homosexuels avec l’émergence d’une présence de ces derniers sur Internet tant à l’échelle individuelle que collective. Enfin, la troisième partie permettra de montrer la nécessité de rompre avec les discours manichéens consistants à opposer intégrationnistes et assimilationnistes d’une part, monde sensible et monde virtuel d’autre part.

Ce travail veut donc ouvrir une réflexion sur les notions mêmes de communauté et de virtualité et sur le glissement d'une « communauté sensible » vers « une communauté virtuelle. »
Partie I :
Le contexte

La longue marche vers
la visibilité et la reconnaissance.


Le besoin d’expression public
non assouvi.


L’émergence de
nouveaux moyens de communication

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