" La pose d’une sonde vésicale chez un patient présentant une rétention urinaire "





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Promotion 2013 - 2016


ANALYSE DE LA PRATIQUE

DU PORTFOLIO

Sur le thème de

" La pose d’une sonde vésicale chez un patient présentant une rétention urinaire "

Semestre 6 - Stage 6

Effectué au Centre de Lutte Contre le cancer

« Henri Becquerel » - Rouen

Au sein du service de chirurgie ORL

Institut de Formation en Soins Infirmiers de Rouen

TABLE DES MATIERES


ANALYSE DE LA PRATIQUE DU PORTFOLIO

Sur le thème de

" La pose d’une sonde vésicale chez un patient présentant une rétention urinaire "

Lieu :

La situation se déroule dans un centre de lutte contre le cancer de seine maritime au sein d’un service de chirurgie ORL. Le service comprend 13 chambres dont une double, une salle de pansement et une salle d’attente pour les familles.

Le service prend en soin, en plus des pré et post intervention oto-rhino-laryngologique, des patients venant des services d’hématologie et d’oncologie. Divers professionnels exercent dans le service au côté des infirmières, des médecins hématologue, oncologue, des chirurgiens ORL, une cadre de santé, des kinésithérapeutes, un diététicien, des aides-soignants et des agents de services hospitaliers.

Chaque jour, exercent 3 infirmières suivant les horaires de quart (matin, journée, après-midi) ou 4 à raison de 2 du matin et 2 d’après-midi. Cette configuration horaire est la même en ce qui concerne les aides-soignantes qui travaillent dans le service.

Toutes les pathologies prises en soin dans ce dernier sont en lien avec une pathologie cancéreuse.

Situations ou activités vues ou réalisées :

Nous sommes le jeudi de ma seconde semaine de stage 6 et je suis d’après-midi (13h15-20h15). Il est 15h00 et j’accompagne 2 infirmières, L et H, qui travaillent ensemble cet après-midi. Nous nous apprêtons à entrer dans la chambre de Mr M, dans le but de poser une sonde vésicale à la demande du médecin, car le patient présente une rétention urinaire depuis le matin même.

Après une tentative inefficace d’évacuation des urines effectuée par l’interne en début d’après-midi, et l’évaluation à 624 ml du volume des urines présentes dans la vessie du patient lors d’une échographie vésicale, ce dernier a prescrit la pose d’une sonde urinaire.

Le patient, Mr M est âgé de 70 ans, et est arrivé dans le service le 17/02/2016 dans le cadre d’une altération de l’état général avec perte de poids et déshydratation, liés à des vomissements répétés, et lié à un syndrome dépressif.

Mr M est marié et est retraité d’un grand site de production de pièces mécaniques de la région rouennaise. Physiquement, il présente un front dégarni grisonnant, porte des lunettes de vue et mesure 1m72 pour 71kg. Ses antécédents sont un liposarcome pariétal thoracique gauche opéré en 2013, un second primitif de type liposarcome péritonéal opéré en novembre 2015 ayant occasionnés la mise en place d’une iléostomie et d’une colostomie, deux thromboses veineuses profondes au membre supérieur gauche, une hypertension artérielle et un syndrome dépressif lié à son état de santé.

Le patient présente depuis quelques jours un paraphimosis suite à la pose d’une précédente sonde vésicale à la fin de laquelle le recalotage a échoué. Dans le but de soulager le patient et faire dégonfler le prépuce, des pansements réalisés avec du Mannitol sont disposés sur la verge du patient. La sonde urinaire, à la demande du médecin en charge du dossier, fut enlevée il y a deux jours. Le patient était alors parvenu à éliminer de façon naturelle via un urinal. Pourtant, depuis ce matin, Mr M se plaint de ne pas arriver à uriner malgré une sensation de tiraillement de sa vessie.

Les infirmières L et H, afin de faciliter les gestes aseptiques exigés par le protocole de pose d’une sonde urinaire, vont réaliser ensemble le soin. Après avoir regroupé, vérifié les dates de péremption et l’intégrité des matériels, elles entrent dans la chambre du patient. Ce dernier exprime à nouveau une sensation de tiraillement de la vessie sans parvenir à évacuer ses urines.

IDE L : « Nous sommes désolées mais devons retenter la pose d’une sonde afin d’éviter que vous ne vous mettiez en globe vésicale qui pourrait être alors très douloureux pour vous….. Ma collègue H se joint à moi. Comment vous sentez-vous ? Etes-vous douloureux ? »

Mr M : « Ca tiraille toujours ! J’ai envie mais ça ne vient pas. Vous pensez que ça va marcher ? »

IDE L : (en fermant la porte de la chambre) « J’ai pris le même modèle de sonde (en silicone) que celle que vous aviez il y a deux jours car elle fonctionnait bien, alors j’espère que nous arriverons à obtenir des urines avec celle-ci. Y a pas de raison, on va y arriver (en souriant) »

Mr M : « Je vous fais confiance. »

IDE L : « Je m’installe et prépare le matériel pendant que ma collègue va vous faire une petite toilette au Dakin. » Elle s’adresse alors à sa collègue « Je te laisse faire la p’tite toilette comme ça je reste stérile. Tu lui mets la xylo en même temps s’il te plait ? »

IDE H (en levant le lit à l’aide de la télécommande) : « Pas de problème. Tu me dis ce que tu veux que je fasse pour t’aider. »

Mr M regarde tour à tour les deux infirmières.

H, après avoir installé le patient en position décubitus dorsal sur le lit, réalise la toilette intime avec des gants à usage unique, après avoir frictionné ses mains avec une solution hydro alcoolique, des compresses stériles et du Dakin. Elle en laisse une sur le pénis. Elle dit à L « C’est bon, tu peux y aller. Tu veux que je tienne le pénis pendant que tu insères la sonde ? »

L porte alors des gants stériles et à adapter la sonde sur le sac de recueil. Elle étale du lubrifiant sur l’extrémité de la sonde et fait signe à sa collègue H qu’elle est prête à insérer le matériel.

IDE L : « Bon, monsieur, on y va, respirez calmement et ne bougez pas. »

H maintien le pénis à l’horizontal et L insère difficilement la sonde dans l’urètre. En effet, lorsque le médecin a essayé de sonder le patient un peu plus tôt dans l’après-midi, il était parvenu à recaloter le patient ce qui complique cette nouvelle tentative car le pénis est alors sensible voire douloureux pour le patient. Ce dernier dit aux infirmières « Vous ne décalottez pas surtout ! On a eu trop de mal à le faire tout à l’heure ! »

IDE L : « On va devoir quand même trouver l’entrée et pour ça il faut qu’on pousse un peu la peau, mais ne vous inquiétez pas, je ne vais pas décalotter complètement. Respirez et dites-moi si je vous fais mal. »

Mr M (en tremblant et grimaçant) : « Allez doucement, ça me fais mal. Je sens que j’ai envie de faire !.......... Ah, non, ça passe. »

L parvient à insérer la sonde jusqu’à la butée mais aucune trace d’urine dans la tubulure. Les deux infirmières se regardent alors.

IDE L : « C’est incroyable, j’ai rien, pourtant je pense que je suis dedans mais y a rien qui sort !....Ca va monsieur, je ne vous fait pas trop mal ? Je suis désolée de forcer un peu mais je ne comprends pas, je n’arrive pas à faire sortir d’urine. »

Au bout de 5 minutes d’insistance et la survenue de traces de sang au bout du pénis du patient, l’infirmière L décide de gonfler le ballonnet et de laisser la sonde en place malgré que celle-ci ne donne rien. « Bon, je n’insiste plus, je vais la laisser et vais en parler de suite avec le médecin pour savoir ce qu’on doit faire. » Le patient dit alors (en grimaçant, le teint blanchâtre et les traits tirés) : « Oui, laissez tomber, on verra ça plus tard ». L’infirmière L regarde sa collègue et lui dit : « C’est quand même bizarre, c’est la première fois que je vois ça ! ». Puis, elle pose le sac de recueil au sol sur un carré vert absorbant.

L et H rangent alors le matériel et réinstallent le patient, puis nous sortons toute trois de la chambre pour prévenir le médecin de ce nouvel échec. L’infirmière L rédige une transmission ciblée afin d’informer ses collègues du problème rencontré, sans préciser les traces de sangs visibles au bout de l’urètre du patient. En croisant le médecin dans le couloir, elle explique rapidement que la pose de la sonde n’a pas permis d’obtenir d’urine et qu’il faudra retourner voir le patient afin de surveiller la sonde en place.




Observations, étonnements :

Dans la situation décrite précédemment, je n’interviens pas entre les infirmières et le patient. C’est donc en tant qu’observatrice que je vais analyser les gestes et actes réalisés durant la pose de sonde urinaire sur Mr M.

En effet, divers éléments de la pratique infirmière m’ont surprise d’un point de vue positif mais aussi négatif. Suite à la situation dont j’ai été témoin, je me suis documentée sur les bonnes pratiques techniques, les conditions nécessaires au bon déroulement, et enfin, le rôle de l’infirmière dans le cadre de la pose d’une sonde vésicale chez un patient de sexe masculin.

Afin de comprendre au mieux et d’identifier les éléments essentiels à retenir, je présente mon analyse sous forme de critères représentant les principes de qualité de soins attendu dans le cadre de la profession infirmière.

  1. Sécurité

La situation décrite précédemment est la description d’un geste relevant du rôle sur prescription de l’infirmière. Il s’agit de la pose d’une sonde vésicale qui est l’introduction d’une sonde par le méat urinaire et remontant jusqu’à la vessie en suivant le trajet de l’urètre permettant ainsi l’évacuation des urines bloquées. Selon l’article R4311-7, alinéa 18, du recueil des principaux textes relatifs à la profession infirmière, celle-ci est habilité à pratiquer la pose de sonde vésicales en vue de prélèvement d’urines, de lavage, d’instillation, d’irrigation ou de drainage de la vessie. Cependant, le premier sondage vésical chez l’homme doit être effectué par le médecin.

Dans la situation le patient était sondé 2 jours auparavant ce qui explique que le geste ne soit pas effectué par le médecin. Par ailleurs, je n’ai pas été témoin du fait que l’une des infirmières se soit assuré, avant la pose, de la présence de prescription médicale dans le dossier du patient.

Lors du soin l’asepsie fut respectée, voir les explications dans le principe suivant.

Cependant, en ce qui concerne le fait que l’infirmière ait continué son geste et forcé l’insertion de la sonde alors que le patient verbalisait sa douleur, présentait un risque de lésion de l’urètre voire de la prostate, ce qui aurait pu aboutir à des complications plus importantes relevant cette fois de la chirurgie. Selon le CCLIN-SudEst du CHU de Lyon1, devant la difficulté de faire progresser la sonde dans l’urètre, l’infirmière aurait dû arrêter son geste et prévenir le médecin afin de trouver une autre solution.

  1. Hygiène et asepsie

Dans la situation, les infirmières travaillent en binôme afin de faciliter les gestes techniques relevant de la pose d’une sonde vésicale. En effet, le protocole du service qui m’a accueilli exige que cet acte soit réalisé à deux, soit deux infirmières soit une infirmière et une aide-soignante pour la toilette intime, afin de favoriser les gestes stériles de l’infirmière. Cette méthode permet donc à l’une de faire la toilette intime et l’injection de gel anesthésiant dans l’urètre tandis que l’infirmière prépare en complète stérilité, la sonde, le sac de recueil des urines et la seringue d’eau pour préparation injectable (EPPI) qui servira à gonfler le ballonnet.

La réalisation de ces gestes doit être rigoureuse car le risque d’infection urinaire est important. Selon le RRC-RA (Réseau Régional de Cancérologie Rhône Alpes), au travers de leur documentation rédigée en 20052, il est fait référence au fait que le risque infectieux augmente avec la durée de pose et représente la plus fréquente des infections nosocomiales (> 30 %).

Comme le souligne le rapport du CCLIN Sud-Est du Centre hospitalier de Lyon, avant la pose d’une sonde vésicale, une toilette urogénitale doit être réalisée après hygiène des mains préalable. Dans la situation, l’infirmière H, après avoir frictionné ses mains avec une solution hydro alcoolique, réalise une toilette intime à l’aide de gant à usage unique non stérile, de compresses stériles et de Dakin. Pourtant, ce même rapport (CCLIN SudEst CHU Lyon) indique que la toilette doit comprendre « savonnage, rinçage et séchage large du méat urétral, de l’appareil génital et des plis inguinaux », ce qui n’a pas été fait dans la situation.

En effet, il faut distinguer détersion et antisepsie. L’antisepsie est une opération au résultat momentané permettant d’éliminer (bactériostatique) ou de tuer (bactéricide) tous les microorganismes et ou désactivé certains virus portés par des tissus vivants. Elle ne peut être efficace qu’après que la peau ou la muqueuse soit propre, après détersion (lavage au savon doux, rinçage à l’eau claire et séchage).

Il s’agit de la méthode que j’ai le plus vu au travers de mes différents stages effectués durant ma formation. Alors pourquoi la toilette n’a-t-elle pas été effectuée au préalable ? Contrairement à la plupart des antiseptiques locaux, le Dakin est un antiseptique qui s’emploi pur et dont les propriétés lui permettent d’être utilisé en lavage, bain local, compresse humide ou encore en pansement humide3.

Par la suite, l’infirmière L effectue la pose de la sonde urinaire en stérile afin de respecter la règlementation exigeant que le geste soit réalisé de façon aseptique, dans le cadre de la prévention du risque d’infection nosocomiale, comme expliqué un peu plus haut.

  1. Vigilance

Dans la situation, les infirmières préparent le matériel nécessaire à la pose de la sonde urinaire tout en vérifiant les dates de péremption et l’intégrité des emballages. En effet, afin de garantir la bonne stérilité des matériels et donc l’asepsie du soin, il est primordial que les emballages soit en bon état, propres, fermés de façon hermétique et dont la date de péremption n’est pas dépassée.

Le kit de sondage urinaire est marqué CE et classé dans la liste des dispositifs médicaux répondant aux exigences de la matériovigilance. En effet, la stérilité des sondes urinaires est obligatoire car elle permet la prévention des risques infectieux.

  1. Organisation

Dans la situation, la pose s’effectue à deux. Il s’agit de l’organisation imposée par l’établissement permettant un meilleur contrôle des gestes invasifs à effectuer en stérile et un gain de temps pour les soignants. En effet, le fait que l’une des infirmières réalise la toilette intime tandis que l’autre professionnelle s’occupe de la pose de la sonde en stérile, permet de gagner du temps et de vérifier à deux que l’asepsie soit respectée.

Les infirmières H et L avaient prévus le nécessaire à la toilette intime : une paire de gants à usage unique non stérile pour la toilette, des compresses stériles, du Dakin pour la détersion/désinfection et la seringue de gel anesthésiant, mais aussi les matériels nécessaires à la pose de la sonde en stérile : un kit stérile de pose de sonde urinaire comportant compresses, seringue, EPPI et champs fenêtré, de plus, elle avait réuni un sac de recueil, une sonde simple courant et une paire de gants stériles.

  1. Traçabilité

Dans la situation, l’infirmière L rédige une transmission ciblée dans le système informatique de l’établissement afin d’informer ses collègues et médecins du geste effectué et des problèmes rencontrés. Lors de la rédaction, l’infirmière s’est connectée au système à l’aide de son code professionnel afin que tous les gestes qu’elle réalise soient identifiés et donc aisé à retracer en cas de besoin. Elle sélectionne ensuite la cible « Elimination urinaire » puis, note l’heure de la pose de sonde vésicale, tout en indiquant les difficultés rencontrées et le fait qu’aucune urine n’en sortait. Elle précise également que le patient avait été douloureux lors de la pose, sans préciser le caractère traumatique de l’acte.

La rédaction de transmission ciblée permet à l’ensemble du personnel soignant d’avoir connaissance d’informations importantes et nécessaires à prendre en compte en cas de problèmes, dans le cadre de la continuité des soins. Le fait de ne pas informer ses collègues et médecins du caractère traumatique de son geste, l’infirmière ne va pas permettre une surveillance supplémentaire autour de la sonde restée en place malgré son inefficacité. Pour ce qui est du non recueil d’urine, l’infirmière à toutefois prévenu oralement le médecin présent dans le service.

  1. Confort

Dans la situation, on voit que l’infirmière H installe le patient de façon confortable en position de décubitus dorsale sur le lit. Position recommandée pour la pose de sonde vésicale.

On remarque également que l’infirmière L, avant de s’installer, informe le patient sur le geste qu’elle s’apprête à effectuer et explique au patient quel matériel elle a choisi d’utiliser dans le but de rassurer le patient car celui-ci était encore sondé deux jours plus tôt et que le matériel qui était alors utilisé avait permis au patient d’éliminer ses urines de façon indolore et sans soucis. En effet, le médecin a déjà fait une tentative de pose le matin même, sans y être parvenu. Dans un souci de rassurer le patient sur ce qui va suivre, l’infirmière joue la carte de la transparence sur le soin qu’elle va réaliser.

La sonde urinaire choisit par l’infirmière L est en silicone pour 2 raisons. En premier lieu pour son caractère biocompatible préférable au latex, qui lui est plus allergène, car rappelons que le patient présente au moment de la pose, un paraphimosis rendant l’état cutané du prépuce plus sensible. En second lieu, pour sa rigidité permettant un meilleur maintien lors de l’insertion dans l’urètre et donc fluidité dans les gestes lors de la pose.

Cependant, durant le soin, on remarque que l’infirmière L ne s’est pas arrêtée alors que le patient verbalisait la douleur ressentit lors de l’insertion de la sonde. En effet, étant donné le caractère invasif du geste, l’infirmière aurait dû stopper la pose afin d’éviter un risque de lésions traumatiques de l’urètre ou de la prostate liées au cathétérisme forcé. Lors de l’insertion d’une sonde vésicale chez l’homme, le positionnement de la verge est important. L’infirmière aurait dû insérer la sonde en maintenant le pénis droit (au zénith) et dès apparition d’une résistance, continuer l’insertion en plaçant le pénis à l’horizontale. Dans la situation, l’infirmière H à maintenu la verge durant l’insertion de la sonde mais n’a pas changer de position passant de la verticale à l’horizontale, ce qui a pu léser l’urètre.

A la fin du soin, le patient présente des traces de sang au niveau de l’entrée de l’urètre indiquant que le geste fut traumatique, d’où le fait que l’infirmière aurait dû arrêter la pose de la sonde dès que le patient se plaignait de douleur. Il aurait été alors préférable de prévenir le médecin dans le but de trouver une autre méthode pour le soin.

Le confort des infirmières est également important. Afin de favoriser la dextérité et de soulager le dos des soignantes, le lit du patient doit être situé à une hauteur suffisante. Ce qu’a fait l’infirmière H en arrivant auprès du patient, au début de la situation.

  1. Pudeur et intimité

Dans la situation, l’infirmière prend soin de refermer la porte de la chambre avant d’effectuer son soin, dans un souci de préservation de la pudeur du patient. En effet, la pose de sonde urinaire nécessite que le patient soit nu au niveau de la ceinture ce qui peut provoquer de la gêne de la part du patient.

De plus, « Eliminer » fait partie des 14 besoins de Virginia Henderson et le fait que le patient ne parvienne pas à être autonome pour uriner remet en cause son intimité. En effet, il s’agit d’un acte qui se réalise, pour tout être en bonne santé, en parfaite autonomie et surtout sans témoin. La nécessité de la pose de la sonde urinaire maintien la position du patient en tant que personne malade, dans l’incapacité d’éliminer de façon autonome, mais sous le contrôle permanent des soignants qui vont alors mesurer la quantité de ses urines, leur aspect, leur couleur…

  1. Relation de soins

Le consentement du patient pour le soin doit être donné dans le but d’obtenir l’adhésion au soin mais surtout dans le cadre de la règlementation des actes invasifs qui doivent être effectués avec l’accord libre et éclairé du patient. C’est pourquoi, dans la situation, l’infirmière L a tout d’abord expliqué pourquoi elle devait poser une sonde urinaire. Cependant, elle n’a pas cherché à obtenir le consentement du patient. Pourtant l’article de loi L1111-4 du code de la santé publique stipule qu’aucun acte médical (la pose de sonde vésicale se réalise suivant prescription médicale) ni au aucun traitement ne peut être pratiqué sans le consentement libre et éclairé de la personne et ce consentement pouvant être retiré à tout moment.

Dès lors que le patient verbalisait sa douleur durant la pose de la sonde urinaire, il lui était possible et de son droit de demander l’arrêt de l’acte réalisé par l’infirmière. Cependant, du fait de sa position de patient face aux deux infirmières et moi-même dans sa chambre n’a pas dû favoriser sa prise de parole. En effet, dans la relation de soin, la difficulté relève de l’inégalité entre le malade ayant besoin de soins de par sa maladie et les professionnels apportant leur aide, l’un malade et l’autre en bonne santé.

Le fait que l’infirmière L ne se soit pas arrêter face aux douleurs exprimées par le patient a pu entrainer des difficultés de communication menant à un trouble dans la relation. L’expression de visage du patient (grimaçant, teint blanchâtre et traits tirés) et le fait qu’il ait dit à l’infirmière de laisser tomber et de voir ça plus tard peut en être le résultat.




Difficultés et points à approfondir :

Elève de 3ième année, j’ai eu l’occasion de valider ce soin à plusieurs reprises lors de mes précédents stages. Pourtant, la méthode de travail des infirmières du service dans lequel je fus accueilli m’était étrangère, c’est pourquoi, j’ai souhaité rester en retrait afin de visualiser l’acte et prendre connaissance des matériels utilisés dans le service.

Lors du soin, je fus surprise par la manière dont les infirmières s’y prenaient. En effet, le fait de ne pas prêter attention à la douleur du patient m’a posé interrogation et en ce qui concerne l’acte en lui-même, comme le positionnement du pénis lors de l’insertion de la sonde m’ont fait réfléchir. Ce n’est pas la première fois que j’ai été témoin de cette inattention pourtant importante à prendre en considération quand on connait les risques encourus par un mauvais geste et les complications que cela peuvent amener.

Pour ma part, je n’ai pas de difficulté à ce jour concernant la pose de sonde vésicale chez l’homme comme chez la femme. Cependant, je n’ai jamais été confronté au problème qu’ont rencontré les infirmières. Je pense que si j’avais dû me retrouver face à une sonde qui ne donne rien, j’aurai préféré ne pas la laisser en place et aurai vu rapidement le médecin pour trouver une solution à l’évacuation des urines.

Pour ce qui est des transmissions, je fus surprise que l’infirmière ne note rien sur le côté douloureux et invasif du geste. Le fait que le patient saignait lors de la pose indiquait que quelque chose n’allait pas. Il ne m’est pas paru prudent d’omettre cette information car la pose de la sonde nécessitait une surveillance particulière du fait de son inefficacité et de son côté douloureux.

Lorsque je suis revenue le lendemain, durant les transmissions, l’infirmière du matin nous a appris que le patient avait dû être admis aux urgences la veille car les douleurs s’étaient amplifiées et que les urines ne parvenaient toujours pas à sortir par la sonde. Le patient dû subir alors la pose d’une sonde urinaire par voie endoscopique du fait de la présence d’une sténose au niveau de la jonction entre la vessie et l’urètre, expliquant les problèmes d’insertion de la sonde.

Cette situation m’a permis de comprendre que toutes informations même minimes peuvent avoir une incidence sur le suivi et la prise en soin des patients et qu’il est important de ne pas garder d’informations pouvant compliquer le travail des collègues et soi-même, mais surtout pouvant rendre l’hospitalisation du patient encore plus difficile à vivre.

Vous sentez vous suffisamment autonome sur l'ensemble de ces activités pour l'assurer seule ?

Plus qu’une simple pose de sonde urinaire chez un patient, la situation m’a permis de me poser des questions et de m’interroger sur mes attentes professionnelles en tant que future infirmière. Cette expérience m’a également fait comprendre que même professionnelles, les infirmières quelque soient les services dans lesquels elles travaillent, doivent toujours se remettre en question sur leur pratique. La maitrise du geste n’est jamais complètement acquise du fait des diverses représentations et ressentis face à la douleur chez chacun des patients pris en soins.

On ne doit jamais oublier que l’on travaille pour et auprès d’individus affaiblis de par leur position de malade et qu’il est important de prendre en considération leur ressenti lors des actes invasifs ou non. C’est en se remettant en question régulièrement que l’on peut faire avancer les bonnes pratiques du métier d’infirmier.

Bibliographie :

Articles :

  • Fiche conseils pour la prévention du risque infectieux – Soins Techniques – CCLIN Sud-Est – Août 2010 – 7p.

  • Pose et entretien d’une sonde vésicale – Réseau Régional de Cancérologie Rhône-Alpes – Version validée le 10/12/2009 – 16 p.

Sites internet :

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ANNEXES

1 Fiche conseils pour la prévention du risque infectieux – Soins Techniques – CCLIN Sud-Est – Août 2010 – 7p.

2 Pose et entretien d’une sonde vésicale – Réseau Régional de Cancérologie Rhône-Alpes – Version validée le 10/12/2009 – 16 p.

3 Fiche médicaments Dakin Cooper Stabilisé – Eureka santé – Vidal [en ligne] disponible sur http://eurekasante.vidal.fr/medicaments/vidal-famille/medicament-bdakin01-DAKIN-COOPER-STABILISE.html (consulté le 23/03/2016)

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