1. Le milieu carcéral Introduction





télécharger 82.3 Kb.
titre1. Le milieu carcéral Introduction
date de publication22.10.2019
taille82.3 Kb.
typeDocumentos







Objectif global

  • Situer les soins infirmiers en milieu pénitentiaire et les UMD

Objectifs opérationnels :

  • Approfondir les pré-requis de 2e année sur le milieu carcéral

  • Acquérir des connaissances sur les UMD

  • Prise en charge infirmière de la population rencontrée dans les 2 structures



1. Le milieu carcéral 4

1.1. Introduction 4

1.2. Historique 4

1.3. Législation 5

1.4. Les différents types d’établissement 9

1.5. La population carcérale 10

Toxicomanies 11

VIH et hépatites 11

1.6. Ucsa 12

1.7. Missions de l’ucsa 13

1.8. Soins en milieu carcéral 15

Addictions 16

2. LES UNITES POUR MALADES DIFFICLES 17

2.1. Qu’est qu’une unité pour malades difficiles ? 17

2.2. Les missions 17

2.3. Fonctionnement 17

2.4. Les différents établissements en France 18

2.5. Les personnes accueillies 18

2.6. Législation 20

2.7. Objectifs de soins 20

2.8. Prise en charge du patient 21

Conclusion 23

Sources 24

Questions d’évaluations 25



1.Le milieu carcéral

1.1.Introduction


-En France aujourd’hui près de 60000 détenus
-Accès aux soins par une équipe soignante depuis la loi du 18 janvier 1994 du service hospitalier public
Les détenus sont des personnes comme les autres, ils doivent pouvoir être suivis ou médicalement pris en charge et bénéficier de mesures d’hygiène générale. Ils ne doivent pas faire l’objet d’aucune discrimination ni en raison de leur détention ou de ses causes, ni en raison de leur marginalité. (art 7 du code de déontologie médicale)

1.2.Historique



1670 : création des 1eres infirmeries et instaure des visites régulières de médecins

1791 : adoption du 1er code pénale qui place l’enfermement au centre du dispositif judiciaire. Il généralise la peine privative de liberté mais conserve la peine de mort et les travaux forcée.

Après 1791 : deux types de prison arrive ; les maisons d’arrêt et les maisons centrales

1788 : abolition de la torture

1789 : la prison devient une peine à part

1885 : le sénateur Béranger fait voter la liberté conditionnelle

1911 : l’administrateur pénitentiaire est rattachée au ministère de la justice.

1912 : instauration de la liberté surveillée

1945 : création d’hôpitaux pénitentiaires (Fresnes). Introduction des assistantes sociales, instituteurs, infirmier( e), création de l’éducation surveillée pour mineurs. Abolition des travaux forcés.

1971-72-73 : les prisons françaises brûlent (mutineries, émeutes). La population française prend conscience des problèmes des prisons. De nombreuses idées sont misent en place (autorisation des radios, journaux, télévisions collectives, courrier illimité, autorisation de parler aux surveillants, arrêt du port de l’uniforme carcéral).

1975 : création des quartiers de haute sécurité

1981 : le 9 octobre abolition de la peine de mort. Des réformes sont misent en places (parloirs libres, télévisions en cellules, création des associations socioculturelles chargées de l’animation en prison)

1989 : convention signée entre les établissements pénitentiaires et les services hospitaliers spécifiques pour la prise en charge des patients atteints du VIH.

1994 : réforme de la santé (les soins des détenus sont pris en charge par le ministère de la santé et pas par le ministère de la justice)

1999 : création du SPIP (service pénitentiaire d’insertion et de probation qui permet au détenu de préparer sa sortie dans les meilleurs conditions possibles).

1.3.Législation



Loi du 18 janvier 1994 : loi spécifique pour la santé en prison.

Elle constitue la fin d’un régime d’exception et d’exclusion. L’objectif est d’assurer à la population incarcérée une qualité et une continuité des soins, ainsi qu’un accès aux actions de prévention, de dépistage et d’éducation à la santé ; équivalent à ceux dont dispose l’ensemble de la population.

Elle prône l’accès aux sans « dedans «  comme « dehors ». C’est à la suite de la publication d’un rapport de 1993 du haut comité de la santé publique soulignant les problèmes posés par la prise en charge de la santé en milieu carcéral qu’a été entreprise une reforme du système de soins en prison.

l’hôpital entre dans la prison :

Depuis la loi du 18 janvier 1994, le médecin en prison relève désormais du Ministère de la Santé et non plu du ministère de la Justice (à l’exception de Fresne et des Baumettes sur lesquelles le ministère de la Justice exerce toujours sa tutelle).

Deux structures se partagent actuellement la responsabilité de la médecine :

a/ les unités de consultation et de soins ambulatoires (UCSA)

leur mission s’organise autour de quatre axes :

  • soins en milieu pénitentiaire

  • organisation de l’accueil et de la prise en charge

  • préparation du suivi sanitaire à la sortie

  • coordination des actes de prévention et d’éducation


La loi du 18 janvier 1994 fait de l’UCSA une unité fonctionnelle de l’hôpital a part entière.

L’UCSA est composé au minimum d’un cabinet de consultations médicales, d’une salle de pansements pour les soins infirmiers et la petite chirurgie, un cabinet dentaire et une salle de radiologie. Situé dans l’enceinte de la prison l’UCSA constitue par sa mission de soins un espace de liberté qui permet à l’individu a travers sa relation au soignant une courte évasion de sa condition de détenu.
b/ les services médico-psychologiques régionaux (SMPR) crées en 1986 et dont les missions ont été redéfinies dans la loi du 18 janvier 1994.

(les SMPR sont des services de psychiatrie implantés en milieu pénitentiaire par un établissement hospitalier).

l’assurance maladie et la maternité : le détenu et ses ayants droit deviennent des assurés sociaux.

Depuis la loi du 18 janvier 1994, tous les détenus sont affiliés dès l’incarcération au régime général de la sécurité social et depuis 2005 bénéficient de la couverture maladie universelle complémentaire (CMU). L’état acquitte les cotisations sociales au travers d’une dotation budgétaire du ministère de la justice versée aux caisse d’assurance maladie. Il finance également le ticket modérateur pour les soins et le forfait hospitalier lors des hospitalisations.
le rôle du surveillant entre le détenu et le soignant

Des surveillants pénitentiaire sont mis à disposition du service médical pour accueillir et sécuriser les espaces médicaux, ils sont astreints au secret professionnel

mise en place progressive d’une forme de contact plus direct entre détenu et infirmier

La distribution des médicaments est désormais assurée par les IDE, l’important est de favoriser le développement des relations directes entre détenus et soignant, l’objectif étant d’assurer aux détenus une qualité de soins qui se rapproche de celle proposée à l’ensembles de la population.

Exemple : le détenu peux demander une consultation en plaçant cette demande dans une boîte aux lettres prévue à cette effet.
La circulaire du 10 janvier 2005 formule de nouvelles recommandations.

Elle concerne la prise en compte du droit des malades en matière d’informations, de consentements, et de suspension de peine pour raison médicale, les réponses aux urgences médicales, l’hygiène des lieux de soins, la prévention et l’éducation pour la santé, le suicide, la prise en charge des personnes handicapées et le nécessaire partenariat entre professionnels sanitaires et pénitentiaires.
Les autres lois concernant la santé et les droits de la personne malade ou handicapée

(lois concernant d’une manière générale la santé de la population, l’ensembles des citoyens).

Loi du 4 mars 2002 relative aux droits du malade et à la qualité du système de santé

En prison on meurt de maladie ou de vieillesse, cette loi à permis pour quelques personnes un libération pour raison de santé (article 10 de cette loi spécifique à la santé en prison, ces dispositions ont été insérées dans le code de procédures pénales). Cependant cette suspension de peine est appliquée de manière restrictive, elle concerne les condamnés dont il est établi qu’ils sont atteints d’une pathologie engageant le pronostic vital ou que leur état de santé est durablement incompatible avec le maintien en détention. Contrairement à un condamné, un prévenu présumé innocent en fin de vie ne peut pas bénéficier des dispositions de suspension de peine pour raison médicale prévue par la loi du 4 mars 2002.
Rappel :

cette loi affirme et réaffirme :

  • le droit au respect de la dignité érigé par le conseil constitutionnel

  • le droit de recevoir les soins les plus appropriés et de bénéficier des thérapeutiques dont l’efficacité est reconnue et qui garantissent la meilleure sécurité sanaitaire au regard des connaissances médicales avérées.

  • le droit d’avoir une vie digne jusqu’à la mort

Loi du 9 juin 1999 visant à garantir le droit à l’accès aux soins palliatifs

Loi du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie

Loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées
Les problèmes éthiques majeurs :

Malgré l’existence de ces lois, l’accès aux soins et à la protection de la santé en prison continue à poser problèmes .


        • La personne dépendante âgée ou handicapée est le plus souvent privée d’aide et d’autonomie. Elles sont confrontées à trois grandes difficultés :

  • inaccessibilité des lieux. Le détenu ne peut pas bénéficier des parties communes (douches, cour de promenade, salle de travail …).

  • Manque total ou partiel d’aide technique (ascenseur, wc aménagé…)

  • Absence d’une tierce personne pouvant les aider dans les gestes et les soins indispensables au quotidien.


Seul les nouveaux établissements pénitentiaires sont sensés comporter systématiquement au moins une cellule aménagée.
Rq : quand toute prise en charge du handicap est impossible, la personne détenue handicapée se trouve de fait exclue du champ d’application de la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation à la citoyenneté des personnes handicapées.


        • Non respect du droit à l’hygiène et à l’intimité

Trois à quatre personnes dans une cellule de neuf mètres carré avec une cuvette WC pas toujours isolée, atteinte à l’hygiène mais aussi agression psychologique, atteinte à la dignité humaine des détenus qui sont contraints d’assurer leurs besoins élémentaires sans la moindre intimité.

La rareté des douches, engendre des problèmes d’hygiène.


        • Difficulté d’accès au soins d’urgence

Pas de personnel médical après 18h30, lourdeur de la procédure devant une urgence médicale la nuit.


        • L’isolement disciplinaire, le mitard

Un rapport de l’Assemblée nationale de 2000 a montré que la durée maximale de 45 jours avait des conséquences désocialisantes et psychiquement destructurantes. Les médecins s’accordent à dire que 15 jours d’isolement serait le maximum.


        • Le menottage et les entraves pendant les consultations médicales

Pour des raisons de sécurité et la peur d’évasion ces pratiques constituent une humiliation mettant en péril la relation de confiance entre le médecin et le malade. L’entrave peut aboutir à un refus de soin.

Rq : la France a été condamnée a 2 reprises en 2002 et 2003 par la cour européenne des droits de l’homme pour atteinte à la dignité humaine.

La surveillance continue et rapprochée par le personnel pénitentiaire durant la consultation médicale pose le problème éthique grave du secret médical.


        • Problèmes complexes

1 / la grève de la faim (respect de la volonté du détenu / devoir d’assistance à personne en danger).

2 / obligation et injonction de soins, possibilité de refus de soin sans perte de chance. Le code de procédure pénal prévoit l’injonction de soins comme alternative à la prison, si la personne accepte le traitement elle est remise en liberté, si elle refuse elle reste enfermée.


        • Les détenus ne disposent guère du libre choix de leur praticien, même si la recommandation Européenne suggère que les détenus puissent bénéficier de la consultation d’un médecin de leur choix.



1.4.Les différents types d’établissement



Centre de détention : accueille les condamnés d’une peine d’un an et plus, considérés comme présentant les meilleurs perspectives de réinsertion (le régime de détention est principalement orienté vers la resocialisation des détenus);
Maison centrales : accueille les détenus les plus difficiles, souvent condamnés à de longues peines ou ceux dont on estime qu’ils ont peu de chance de réinsertion sociale (le régime de détention est axé sur la sécurité)
Maisons d’arrêt : accueille des prévenus en détention provisoire et ceux dont la peine initiale est inférieur ou égale à 1 an. Peuvent y séjourner ceux qui sont en attente d’affectation.
Centre de semi-liberté : les condamnés peuvent s’absenter de l’établissement pénitentiaire pour exercer une activité professionnelle, suivre un enseignement ou une formation, ou bénéficier d’un traitement médicale.
Les établissements pour les jeunes détenus : pour les mineurs (jusqu’à 16 ans)
Les UMD (unité pour malades difficiles)

1.5.La population carcérale



Cette population est plus masculine (95% d’hommes pour 5% de femmes), jeune (60% ont moins de 30 ans, 22% ont moins de 21 ans, 24% ont entre 30 et 40 ans, 11% ont entre 40 et 50 ans et 7 % ont plus de 50 ans), peu éduquée et socialement défavorisée.

Ils y a une surpopulation, donc promiscuité entre petits délinquants et « grandes pointures ».

Ils sont soit étrangers, SDF, soit en hébergement précaire et certains n’ont pas de protection sociale.

C’est une population à risque car proviennent de milieu où sévissent les problèmes sociaux les plus graves.
Sur le plan intellectuel :

Fort taux d’illettrisme, niveau scolaire bas (5e), formation sans diplômes et sans emplois ou sans activités déclarées;

Sur le plan physique :

une absence de préoccupation pour la santé. Les principales pathologies sont liées à l’alcool et aux toxicomanies.

Sur le plan psychique :

Nombreux troubles de la personnalité (forte intolérance à la frustration, verbalisation faible, image de soi très négative, absence de repères. D’après Wikipédia, au 1er juillet 2007, 61 780 personnes écrouées en France pour 50 637 places).

Toxicomanies


Le milieu carcéral est un lieu de souffrance et d’exclusion qui génère une consommation accrue de produits stupéfiants, y compris chez ceux qui n’étaient pas toxicomanes ait l’incarcération.

Introduction des drogues : par les visiteurs, permissionnaires, ingestion ou introduction « in corpore » (on peut évoquer la possibilité de corruption des membres du personnel vu que les produits illicites sont disponibles dans chaque établissements)

Les conduites toxicomanes se faisant clandestinement, elles entraînent le partage des seringues, des conditions d’hygiène déplorables. Conséquence d’un fort taux de VIH et d’hépatites.

VIH et hépatites


Haute prévalence dans les prisons liées aux pratiques et comportements avant l’incarcération

Forte proportion des usagers de drogues (injection réalisées dans de mauvaises conditions d’hygiène : partage des seringues, réutilisations multiples)

Pratiques sexuelles (contraintes, consenties ou prétendue consenties, avec une utilisation du préservatif peu fréquente, aussi le multi partenariat hétérosexuel, homosexuel, prostitution, relations non protégées).

Tatouages, piercings
Les utilisateurs de drogues par voie IV représentent 73% des personnes VIH, 84% des VHC et 57% des VHB.
Les viols

Victime de choix : le nouvel arrivant qui « débarque » dans une cellule où s’entassent environ 3 détenus est de suite pris pour cible (obliger de faire la vaisselle, le ménage, etc); Souvent contraint de payer de sa personne (fellation, sodomie, viols à répétition. Touchent plus de personnes faibles psychologiquement qui ne porteront pas plainte, se tairont par peur des représailles)
Le suicide

Pour les surveillants renvoies à un sentiment de culpabilité (défaut de surveillance); En 1998, le taux de suicide en milieu carcéral était de 125 morts par an. D’après une étude de N. Bourgoin sur les différents modes de suicide :

Pendaison 92,7%

Instruments tranchants 3,2%

Gaz ou vapeurs 1,4%

Substances liquides 1,3%
Contrairement au milieu libre, la famille ne protège pas du suicide.
Variation dans le temps

En semaine, pic le samedi car jour de parloir; (deux hypothèses : déception d’une visite qui n’est pas venue ou qui ne vient toujours pas. Opportunité de solitude, co-détenu absent et surveillant occupé)
Dans la semaine entre 15h et 18h, 21h et minuit. (horaires qui correspondent aux heures de parloirs, promenades, activités, permettant à certains détenus d’êtres seuls en cellule ou les confrontent à leur solitude. En soirée, détenus se retrouvent seul face à lui-même).
¾ des morts par suicides ont lieux la 1ère année d’incarcération. Le doublement en cellule est censé prévenir le suicide (le co-cellulaire ayant pour mission de surveiller le co-habitant)

1.6.Ucsa





  • Equipes soignantes hospitalières formées pour prendre en charge les personnes incarcérées dans leur globalité.




  • L’ucsa est chargée de dispenser les soins aux détenus dont l’état de santé ne nécessite ni hospitalisation, ni consultation en milieu hospitalisation, dans ce cadre, il lui revient d’assurer sur place l’ensemble des prestations relevant de la médecine générale, les soins dentaires, des consultations spécialisées et de mettre en œuvre une permanence de soins.

1.7.Missions de l’ucsa





  • Assurer à la population carcérale une qualité et une continuité des soins équivalentes à celles offertes à l’ensemble de la population.




  • Prendre en charge les personnes incarcérées dans leur globalité, c’est à dire en tenant compte de la dimension : curative, relationnelle, préventive et éducative du soin.




  • Améliorer la qualité des soins et d’offrir aux détenus un sentiment de mieux-être.




  • Assurer tous les soins prescrits par le médecin lors des consultations, suivre de façon journalière certains patients à risques (surv. Post-op. , grévistes de la faim, risque suicidaire…) et surtout répondre à toutes les demandes ponctuelles d’accès aux soins formulées par les détenus eux-mêmes.




  • Etre apte à secourir toute personne en danger vital, en présence ou en l’absence du médecin.

 parfaite connaissance des gestes d’urgences.

 matériel de réanimation et protocoles signés par le médecin sont à

disposition.

  • Préparation des piluliers qui seront distribués de façon quotidienne, bi-quotidienne ou hebdomadaire. Chaque patient reçoit son traitement individuellement dans sa cellule.

 avant 1994, c’était les surveillants pénitentiaires qui en avaient la

responsabilité.

 moment important d’échange entre le soignant et le soigné.

 un temps privilégié est consacré aux détenus substitués par subutex ou

méthadone. Ces patients sont appelés chaque matin à l’infirmerie pour

recevoir leur traitement.


  • L’accueil des « détenus arrivant »

 établissement d’une fiche infirmière avec un recueil de données le plus

enrichit possible.

 permet une mise en confiance du détenu et surtout de lui faire

comprendre que son mal-être et sa santé vont être pris en compte.

 moment où le soignant doit pouvoir dépister une fragilité physique ou

psychologique qui pourrait mettre le nouvel arrivant en danger, et s’il y

a lieu en alerter l’administration pénitentiaire.


  • Rôle fondamental d’écoute, d’aide et de soutien

 l’accueille d’un individu se fait toujours en tant qu’être humain et non

en tant que détenu.

 permet de mieux comprendre ; de créer cette relation de confiance et

de signifier au patient qu’il peut être entendu, aidé, soigné.


  • Offrir aux détenus une meilleure prise en charge de leur santé

 vaccinations, dépistages.

 bilan bucco-dentaire.

 ateliers de réflexion autour d’un thème ciblé sur la santé peut-être

proposés aux détenus.

 dépistage obligatoire de la tuberculose par radio pulmonaire (gérer

par le conseil général qui déplace un organisme dans les prisons périodiquement).



  • L’information

 les détenus doivent recevoir une information « loyale, claire et

appropriée » sur leur état de santé, les investigations ou les soins

proposés.


  • Travailler en collaboration avec les différents acteurs de santé et le personnels pénitentiés

 cadre infirmier

infirmières

médecins

gynécologue

dermatologue

ophtalmologue

orl

dentistes

psychologue/psychiatre

secrétaires

surveillant chargé de la sécurité


  • Préparation à la sortie des détenus

 relais vers les médecins de ville ou vers les structures spécialisées.


1.8.Soins en milieu carcéral





  • Santé mentale

 convention entre secteurs de psychiatrie publique et l’établissement

pénitentiaire (c’est l’équipe de secteur qui intervient à l’intérieur de

l’établissement).

Risques sexuels :

    • ttt : psychotropes

anti-androgènes (agit sur les hormones)

    • thérapie individuelle de soutien.

    • groupes de parole.

    • entretien d’accueil systématique avec le S M P R (services médico-psychologiques régionaux).


Suicide/dépression :

    • soutien et dialogue.

    • évaluer les risques et en cas de besoin orienter vers les S M P R.

    • consultation psychiatrique sur demande du patient (1ide+1psychiatre) ou systématiquement si juger à risque par le personnels soignants.

    • Surveillance accrue


Addictions





      • Drogue :

    • sevrage privilégié aux traitements de substitutions.

    • traitements de substitutions : méthadone

subutex

    • CSST : centres spécialisés de soins aux toxicomanes (ils en existent

Peu à ce jour).
Alcool :

    • Sevrage.

    • une consultation spécialisée en alcoologie peut être proposée aux détenus présentant une alcoolo-dépendance.


Tabac :

    • accessibilité des substituts nicotiniques

    • consultation de tabacologie

    • demande d’affectation dans une cellule non-fumeur




  • Infections virales graves : VIH, VHB, VHC

 vaccination si besoin.

 dépistage (acte fait uniquement après obtention du consentement du

détenu).

 préservatifs mis à la disposition des détenus.

 distribution de matériel stérile d’injection.

 distribution de petit flacon d’eau de javel sous-dosé à 12% : utilisé

comme désinfectant efficace du matériel d’injection.

 traitement antirétroviral (abacavir-éfavirenz-névirapine).


  • La grossesse


2.LES UNITES POUR MALADES DIFFICLES




2.1.Qu’est qu’une unité pour malades difficiles ?



Les unités implantées dans les centres hospitaliers qui accueillent des patients hospitalisés d’office et présentant un « état dangereux majeur, certains ou imminent, incompatible avec leur maintien dans une unité d’hospitalisation ordinaire ».

Ainsi, les UMD traitent de l’état psychiatrique dangereux. Il s’agit d’une étape dans le traitement de ces patients qui a souvent débuté en secteur psychiatrique de secteur ou de prison et qui doit s’inscrire dans la continuité des soins. La demande de transfert en UMD survient après un passage à l’acte violent.

La durée moyenne d’hospitalisation varie de 1 mois à 1 an.

2.2.Les missions


Accueil des patients en hospitalisation d'office, présentant ou susceptible de présenter des troubles psychiatriques empreints de dangerosité, d'agressivité.... 

Les patients vont donc bénéficier de soins psychiatriques qui tiennent compte de leur pathologie et de leur histoire. 

Les U.M.D. assurent une mission de maintenance de la sécurité vis-à-vis des patients dont les troubles ne permettent pas une réinsertion au sein de la société.

2.3.Fonctionnement



Dans chaque UMD est instituée une commission de suivi médical qui prévoit l’avis sur le maintien ou la sortie des patients. Une fois par semaine, la commission examine systématiquement le dossier de chaque personne hospitalisée dans l’unité.

Le rôle des UMD s’exerce à différents niveaux et s’articule en un projet thérapeutique élaboré en équipe pluridisciplinaire, sous l’autorité d’un psychiatre hospitalier.

Ils ont un rôle contenant par lequel les patients trouvent des repères fixes pouvant canaliser leur agressivité avec un règlement intérieur défini et strict et un rôle thérapeutique

2.4.Les différents établissements en France





  • 1910 : UMD de Villejuif (Val de Marne) 60 lits hommes+20 lits femmes

  • 1947 : UMD de Montfavet (Vaucluse) 60 lits hommes+20 lits femmes

  • 1957 : UMD de Sarreguemines (Moselle) 166 lits hommes

  • 1963 : UMD de Cadillac (Gironde) 86 lits hommes


Une cinquième unité pour malades difficiles ouvrira cette année à Bourganevel en Bretagne.

2.5.Les personnes accueillies



Les critères d’admission au sein de l’UMD :
Doit relever de la procédure d’hospitalisation d’office (article L 3213-1 à L 3213-9 du code pénal de la santé publique) qui doit donc présenter des troubles mentaux qui nécessitent des soins et compromettent la sûreté des personnes ou portent atteinte, de façon grave, l’ordre public
État dangereux majeur, certain ou imminent, incompatible avec le maintien dans une unité d´hospitalisation classique
- des patients qui présentent des troubles majeurs du comportement que ne peuvent plus contrôler les moyens actuels de surveillance et de soins des unités de secteur en hôpital de psychiatrie générale. Ce sont des patients « perturbateurs » de services psychiatriques traditionnels, placés en hospitalisation d'office (HO)

- les médico-légaux déclarés pénalement irresponsables en application de l'article 122-1 du Code pénal (ou de son ancien article 64)

Non lieu judiciaire qui précise que « n’est pas pénalement responsable la personne qui était atteinte, au moment des faits, d'un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son discernement ou entravé le contrôle de ses actes; et cette personne qui était atteinte, au moment des faits, d'un trouble psychique ou neuropsychique ayant altéré son discernement ou entravé le contrôle de ses actes demeure punissable : toutefois, la juridiction tient compte de cette circonstance lorsqu'elle détermine la peine et en fixe le régime". Ils présentent donc un caractère de dangerosité tel, qu'ils doivent être transférés en U.M.D. 
- des détenus condamnés atteints de troubles mentaux dont la caractère dangereux impose le transfert en UMD (en application de l'article D398 du Code de procédure pénale)
Répartition de la population


  • Psychotiques: 50%

  • Schizophrènes: 28%

  • Délires chroniques non schizophréniques: 18%

  • Psychoses aiguës: 1,7%

  • Psychopathes: 25% (ex: « pousseurs de métro »)

  • Arriérations mentales

  • Alcooliques: 6,5%

  • Epileptiques: 5%

  • Psychose infantile: 2%

  • Névrosés: 1,6%

  • Déments: très rares



(Etude d’Oster et Coll : cf. Senninger cité infra réalisée sur 448 malades)

2.6.Législation




  • La loi du 27 Juin 1990

Hospitalisation d’office des patients qui présentent des troubles psychiques tels qu’ils ne peuvent être contrôlés par les services des secteurs dont les structures sont inadaptées et ouvertes.


  • Article D398 Du code Pénal

Précise le transfert en service psychiatrique, des prévenus ou condamnés atteints de troubles mentaux mais dont la caractère dangereux impose le transfert en UMD


  • Article 122-1 du Code Pénal

Non lieu judiciaire qui précise que « n’est pas pénalement responsable la personne qui était atteinte, au moment des faits, d'un trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son discernement ou entravé le contrôle de ses actes; et cette personne qui était atteinte, au moment des faits, d'un trouble psychique ou neuropsychique ayant altéré son discernement ou entravé le contrôle de ses actes demeure punissable : toutefois, la juridiction tient compte de cette circonstance lorsqu'elle détermine la peine et en fixe le régime". Ils présentent donc un caractère de dangerosité tel, qu'ils doivent être transférés en U.M.D. 

2.7.Objectifs de soins


  • Prise de conscience des troubles et de la nécessité des soins

  • Prévention des situation de violence

  • Respect des règles de vie, de soi et des autres

  • Apporter des repères et des limites

  • Amélioration des relations avec l’entourage

  • Sevrage en toxiques



2.8.Prise en charge du patient



La prise en charge du patient dépend de l’organisation de l’UMD. En effet chaque UMD et secteur détermine ses règles internes.
A son arrivée le patient est placé en isolement pour une période d’observation (~ 3 jours) qui permet une évaluation clinique de la symptomatologie et du potentiel de dangerosité par l’équipe ainsi que les contacts antérieurs (dossier de la structure précédente, comptes rendus médicaux, etc.) Il s’agit de mettre la personne en confiance pour renouer le dialogue, lui redonner la parole et permettre la verbalisation de sa position subjective.
Par la suite le patient rejoint les autres patients dans la salle de vie commune (selon le secteur où a été affecté la personne) pour favoriser l’acceptation du cadre par le patient c’est-à-dire la coopération aux soins, l’observance de son traitement accepter les limites et les règles tout ceci pour amener le patient à s’interroger sur son fonctionnement afin de commencer un travail de reconnaissance des troubles.
Tout ce travail s’effectue en équipe pluridisciplinaire pour éviter une personnalisation de la relation, qui permet de répartir les investissements et donc de réduire les risques d’excitation et de débordement.
Le cadre donné aux patients permet de renouer un lien concernant les aspects éducatifs (règles de vie en société, l’hygiène, la politesse, le respect des lieux et la prise en compte de l’autre), sociaux (réouverture d’une couverture sociale pour les patients désocialisés adressés par la prison), familiaux parfois rompue du fait de la symptomatologie.
La configuration fermée de l’unité et la présence permanente de soignant permet une mise en confiance, une observation et une réponse rapide aux moments de tension des patients en favorisant la verbalisation et la prévention des passages à l’acte auto ou hétéro-agressif.
Des activités thérapeutique leurs sont proposées, animées par les infirmiers (jeux vidéo, musique, cinéma, cuisine, dessin-peinture, danse, jeux de cartes et de société)

Ainsi que des activités ergothérapeutiques (reliure, bois, sculpture).
La majorité du temps de travail des infirmiers correspond au rôle propre, le travail sur prescription médicale étant restreint.
En fin d’hospitalisation et si l’état du patient le permet sur un plan clinique des permissions à l’extérieur sont organisées, accompagnées par deux infirmiers (le préfet et les gendarmes sont prévenus avec itinéraire donné) cela permet une observation de l’adaptation du patient à l’extérieur, de son autonomie et de son rapport aux autres.
Les sorties sont légalisées par la loi du 27 juin 1990, elles dépendent de critères médicaux-administratifs examinés par la Commission du Suivi Médical qui donne un avis médical quant au bien fondé de la demande pour le maintien ou la sortie du

patient. Cela permet de diminuer le temps d’hospitalisation, qui est à présent de 2 ans en moyenne. La sortie peut être prononcé par :
- Une sortie définitive ou immédiate par arrêté du préfet

- Un retour dans le milieu pénitentiaire (art D398)

- Une sortie d’essai : loi du 27 juin 1990 (article L 350 C.S.P.). 

- Transfert dans une unité de soins relevant d'un secteur psychiatrique.
Le transfert du patient dans son service de secteur peut être difficile pour les équipes accueillantes. Pour eux, être à distance du passage à l’acte dans la réalité (dans le temps et l’espace) permet de diminuer la charge émotionnelle suscitée et donc de mettre en place une relation plus sereine. Il est alors utile de faire partager cette autre expérience aux équipes destinées à reprendre en charge le patient et de rapporter son évolution.


Conclusion



Les détenus sont juridiquement privés de leur droit d’aller et venir, ils doivent pouvoir accéder aux autres droits fondamentaux reconnus par la loi. L’absence d’accès du détenu à ces droits fondamentaux correspond à une non reconnaissance de la citoyenneté.
Ceci montre la nécessité des UMD dans le paysage de la psychiatrie contemporaine ainsi que l’intérêt des unités de soins intermédiaires entre service de psychiatrie générale adulte et UMD
L’UHSA (unité hospitalière spécialement aménagées) qui accueillent des personnes détenues souffrant de troubles psychiatriques nécessitant une hospitalisation avec ou sans consentement, dans des locaux adaptés.

Il existe une double prise en charge sanitaire et pénitentiaire.

Selon le ministère de la santé ouverture de 5 UHSA qui totalisent 300 lits prévu pour 2009, puis une 2ème tranche totalisant 700 lits devrait être implantées sur le territoire.

Projet UHSA rattaché au CHD prévu pour 2010.

Sources







Questions d’évaluations




  1. Qu’est ce que la loi du 18 janvier 1994 ?

  2. Définir la loi du 18 janvier 1994 et donner ses grands axes ?

  3. Définir le rôle de l’UCSA ?

  4. Quelles sont les missions et objectifs de soins d’une UMD ?

  5. Quels sont les critères d’admissions des personnes accueillies en UMD ?



similaire:

1. Le milieu carcéral Introduction iconAdresse e-mail
«soins» des personnes dites exclues de notre société : handicap, précarité, toxicomanie, vih et aussi en milieu carcéral

1. Le milieu carcéral Introduction iconRemarque. L'énergie lumineuse portée par l'onde dans le milieu (1)...

1. Le milieu carcéral Introduction iconLes priorités actuelles de la santé publique
La santé publique recouvre tous ce qui est relatif à la santé d’une population dans son milieu d’origine qu’il s’agisse de prévention,...

1. Le milieu carcéral Introduction icon2. Les conditions du milieu peuvent révéler une hétérogénéité naturelle
«naturelles» ou provoquées par les agents mutagènes. Les conditions de milieu peuvent révéler la diversité génétique qui provient...

1. Le milieu carcéral Introduction iconIntroduction (ou insérer dans les chapitres géogr et rédiger une introduction commune)

1. Le milieu carcéral Introduction iconLe milieu associatif en allemagne

1. Le milieu carcéral Introduction iconFiche de transmission d’infractions en milieu scolaire

1. Le milieu carcéral Introduction iconViiichamp et potentiel créés par un milieu polarisé 12

1. Le milieu carcéral Introduction icon1. Présentez, brièvement, les objectifs recherchés par une entreprise...

1. Le milieu carcéral Introduction iconLa vitesse d'une onde p est reliée linéairement à la masse volumique...






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
d.20-bal.com