Des deux écoles à l’échec scolaire





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Majeure Education et Motricité – L1

CM de G.Veziers

Document de prise de notes

Histoire et sociologie de l’Ecole

Des deux écoles à l’échec scolaire





1-Introduction : Ecole et éducation.

2-Réussite et échec scolaire.
2.1-Constat : les inégalités de réussite scolaire, reproduction des inégalités sociales.


-Taux de redoublement au CP :

Enfants des classes favorisées

(cadres sup, profs, industriels, gros commerçants, prof. inter.)

Enfants des classes défavorisées

(ouvriers, personnels de service, salariés agricoles, inactifs)

3,1%

17,9%









-Taux de redoublement au CP :

Milieu favorisé

Famille de 1 à 2 enfants

Né entre janvier et avril


Taux moyen

Milieu défavorisé

Famille de plus de 2 enfants

Né entre sept. et décembre

Fille

Garçon




Fille

Garçon

1,1%

2,3%

11,3%

27,6%

34,9%



-Taux d’accès aux classes de 4ème et de seconde des enfants de…




Ensei-gnants

Cadres sup.

Cadres moyens

Emplo-yés

Agricul-teurs

Ouvriers qualifiés

Ouvriers non q.

4ème

97,2

96,7

88,8

80,7

76,0

67,6

59,0

2nde

89,6

85,5

67,1

51,4

41,4

35,3

26,2

-Type de baccalauréat obtenu par les bacheliers

des différentes catégories sociales :




Parmi les enfants de

cadres sup obtenant le bac

Parmi les enfants

d’ouvriers

obtenant le bac

Obtiennent un bac scientifique

49%

18%

Obtiennent un bac de technicien ou du tertiaire

13%

48%









2.2-Deux grandes explications possibles.
2.2.1-Un accord sur l’importance des facteurs socio-culturels.


« L’intelligence des enfants n’est pas en cause, mais leur niveau scolaire à la fin de l’école élémentaire est en étroite relation avec le niveau socio-culturel de leur famille »

(Antoine Prost, L’enseignement en France, 1800-1967, 1968)


-A partir des années 70/80 : « l’exclusion n’est plus référée à une norme et à une mesure des ajustements psychomoteurs et des intelligences, elle devient le fait de l’inadaptation sociale »

(P. Therme, L’échec scolaire, l’exclusion et la pratique sportive, PUF, 1995)





2.2.2-L’approche déterministe : l’Ecole inégalitaire et coupable.


-1964 : P.Bourdieu et R.Passeron publient Les héritiers.

-1970 : P.Bourdieu et R.Passeron publient La reproduction.

-« En démocratie, l’aristocratie prend le visage de la méritocratie »

(A.Accardo et P.Corcuff, La sociologie de P.Bourdieu, 1986)

-« L’élève compétent aux yeux de l’enseignant est celui qui répond tout autant à ses exigences explicites concernant le contenu du travail scolaire qu’à ses attentes implicites concernant les formes pertinentes d’expression, de déplacement dans la classe, de savoir-faire institutionnels »

(M. Duru-Bellat et A. Henriot-Van-Zatten, Sociologie de l’Ecole, 1992)
-« l’Effet d’attente » ou « effet Pygmalion » :

« Les représentations et les attentes stéréotypées, (…) participent à la reproduction des régularités statistiques sur lesquelles elles se fondent, puisqu’elles amènent à stimuler plus les élèves déjà « promis » à une meilleure réussite, et réciproquement. Dans cette perspective, la réussite scolaire ne s’explique pas avant tout par les compétences intrinsèques des élèves mais par le jeu des attentes et des multiples jugements des maîtres »

(M. Duru-Bellat, et A. Henriot-Van Zaten, Sociologie de l’Ecole, 1992)





-Education et pratiques familiales :




Cadres sup.

du privé

ouvriers

Le mois précédent, la mère a acheté des livres à son enfant (sauf BD)

60%

43%

Le mois précédent, l’enfant a pratiqué deux activités cultuelles ou +

68%

48%

Le parent a offert un jeu stratégique de société

65%

53%

Le parent a offert un jeu explicitement scolaire

53%

47%

(Chiffres tirés de R.Establet, l’Ecole est-elle rentable ? 1987)



-Relation entre « style éducatif » des familles et réussite scolaire : J. Lautrey, Classes sociales, milieu familial, intelligence, 1980.

-l’Ecole « sert » à reproduire les inégalités :

E. Baudelot et R. Establet, L’école capitaliste en France,1971 et l’Ecole primaire divise, 1975.
-Pour la suppression de l’Ecole :

Ivan Illich, Une société sans école, 1971.







2.2.3-L’approche individualiste : une question de choix individuels.


-R. Boudon, L’inégalité des chances, 1973.
« Le milieu social est un point de référence à partir duquel l’agent s’efforce de mesurer les avantages, les désavantages et les risques qu’il prend en choisissant tel ou tel type d’orientation »

(R. Boudon, L’inégalité des chances, 1973)

-A niveau égal, avec au moins une année de retard en 2nde, choix d’un bac scientifique :

Fils de cadres

supérieurs

Fils

d’ouvriers

42%

14%






2.2.4-Une synthèse est-elle possible ?







2.3-Une école républicaine égalitaire : plus de deux siècles de luttes et d’espoirs.


-« Au début du 19ème siècle, l’enseignement n’avait guère d’importance. Quelques milliers de fonctionnaires enseignaient à quelques dizaines de milliers de privilégiés le latin, la rhétorique et les mathématiques. Dans on ne sait combien de villages, des maîtres d’école misérables, soumis au curé, faisaient ânonner l’alphabet dans des locaux de fortune, et sans grand succès »

(A.Prost, L’enseignement en France.1800-1967, 1968)
-1802 : Création des Lycées par Napoléon Bonaparte (50.000 élèves en 1850)
-1816 puis 1833 (Loi Guizot) : Obligation aux communes de tenir une école primaire.
-Taux d’illettrisme en 1830 : environ 60% de la population.
-« Je vous demande si, en réalité, dans la société actuelle, il n’y a plus de distinction de classes ? Je dis qu’il en existe encore ; il y en a une qui est fondamentale, et d’autant plus difficile à déraciner que c’est la distinction entre ceux qui ont reçu l’éducation et ceux qui ne l’ont point reçue. Or, messieurs, je vous défie de faire jamais de ces deux classes une nation égalitaire, une nation animée de cet esprit d’ensemble et de cette confraternité d’idées qui font la force des vraies démocraties, si, entre ces deux classes, il n’y a pas eu le premier rapprochement, la première fusion qui résulte du mélange des riches et des pauvres sur les bancs de quelque école »

(J.Ferry, discours sur l’égalité d’éducation, 10 avril 1870).
-1881-1882 : Lois J.Ferry sur l’obligation (13 ans), la gratuité et la laïcité de l’école.





2.3.1-Le temps des deux écoles.


-Les deux écoles : « l’école du peuple » et « l’école des notables », selon l’expression de A.Prost. (A.Prost, Histoire de l’enseignement en France. 1800-1967, 1968).





-Le temps des deux écoles (1880 - années 60) :





Ens. primaire

Ens. technique




Ens. secondaire

-18 ans

Brevet supérieur
Ecoles primaires

sup.



Certif. d’Apt. Pro.
Ens. techniques




Baccalauréat
Lycées

-13 ans

Certif. d’Et. prim.








Collèges





Ecoles primaires




-11 ans





-6 ans










Classes élémentaires

des coll. et lycées










2.3.2-Des premières remises en cause à l’Ecole unique.
-« Séparer, dès l’origine, les Français en deux classes et les y fixer pour toujours par une éducation différente, c’est aller à l’encontre du bon sens, de la justice et de l’intérêt national. (…) Les pères ont veillé dans les mêmes tranchées ; partout où cela est réalisable, les fils peuvent bien s’asseoir sur les mêmes bancs »

(Les compagnons, L’université nouvelle, 1918)



-« Une réforme aussi simple en apparence que celle de l’école unique, proposée au lendemain de la première guerre mondiale, n’a pas encore été réalisée totalement cinquante ans plus tard »

(A. Prost, Histoire de l’enseignement en France, 1800-1967, 1968)
-1933 : gratuité de l’ens. secondaire mais mise en place d’un examen d’entrée en 6ème.
-1936 : Scolarité obligatoire jusqu’à 14 ans et début de la suppression des écoles primaires supérieures (transformation en collèges modernes)
-1945 :

-Plan de réforme de l’enseignement « Langevin-Wallon » : Déclaration du principe selon lequel « les élèves ne doivent trouver d’autres limitations que celles de leurs aptitudes ».

-Début de la suppression des classes élémentaires des collèges et lycées.
-1959 : Réforme Berthoin, prolongation de la scolarité jusqu’à 16 ans et création des CEG (collèges d’enseignement généraux)
-1963 : Réforme Fouchet :

-Création des CES (Collèges d’enseignement secondaires)

-Ecole primaire unique jusqu’au CM2.





-Evolution du nombre d’élèves dans le secondaire :

1950

1960

1970

1990

600.000

800.000

2M

5M


-Pourcentage de jeunes de 17 ans scolarisés :

1960

1970

1990

33%

50%

90%





-1975 : Réforme Haby sur « l’école unique », suppression des filières jusqu’en seconde.


-1989 : Loi d’orientation Jospin, objectif de 80% d’une classe d’âge au baccalauréat.





2.3.3-De l’école unique à l’école à deux vitesses.

-Taux d’élèves en retard à l’entrée en 6ème :

Collèges les plus défavorisés

Collèges les plus favorisés

60%

10%


2.4.4-Ecole unique et échec scolaire.


-1967 : G.Avanzini publie L’échec scolaire.


-1981 : Création des ZEP (Zones d’éducation prioritaire)






2.4-Réussite et échec scolaire, la place de l’Education physique.



-1937 : Expérience des classes de santé (6 h d’enseignement intel en moins et 12 h d’EP)


-1966 : Le Dr Le Boulch (professeur d’EPS) publie L’Education par le mouvement, la Psychocinétique du Dr Le Boulch.
-Le « schéma corporel » est l’« arrête centrale de la personnalité »

(Dr Le Boulch, L’Education par le mouvement, la Psychocinétique du Dr Le Boulch, 1966).

-Années 70, développement des « pédagogies corporelles de l’intelligence »

(P.Arnaud, Les savoirs du corps, 1982)





3-Autres problématiques sociales et scolaires.

3.1-L’égalité des sexes et la mixité scolaire.


-« Réclamer l’égalité d’éducation pour toutes les classes, ce n’est faire que la moitié de l’œuvre (…) ; cette égalité, je la revendique pour les deux sexes. La difficulté, l’obstacle ici n’est pas dans la dépense, il est dans les mœurs ; il est avant tout dans un mauvais sentiment masculin »

(J.Ferry, discours sur l’égalité d’éducation, Paris, 1870)
-1924 : Alignement du secondaire féminin sur le secondaire masculin.
-1959-1969 : Incitation puis obligation de la mixité.





-Taux de filles dans les différentes Terminales :

Littéraires

Scientifiques

Tertiaires

Techniques

83%

36%

67%

27%



















3.2-Public/privé : la République et la laïcité.


-1850 : Loi Falloux sur la liberté de l’enseignement secondaire (coexistence public/privé).

-« Le premier devoir d’une République est de faire des républicains, et l’on ne fait pas des républicains comme on fait un catholique. Pour faire un catholique, il suffit de lui imposer la vérité toute faite : la voilà, il n’a plus qu’à l’avaler. Le maître a parlé, le fidèle répète. (…) Pour faire un républicain, il faut prendre l’être humain si petit et si humble qu’il soit, un enfant, un adolescent, une jeune fille ; il faut prendre l’homme le plus inculte, le travailleur le plus accablé par l’excès du travail, et lui donner l’idée qu’il faut penser par lui-même, qu’il ne doit ni foi ni obéissance à personne, que c’est à lui de chercher la vérité et non pas à la recevoir tout faite d’un maître, d’un directeur, d’un chef, quel qu’il soit, temporel ou spirituel »

(F.Buisson, discours au congrès radical, 1903)
-1882 : Loi Ferry sur la laïcité de l’enseignement (programmes et personnels)
-1905 : Loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat.
-1959 : Loi Debré permettant le financement public partiel de l’enseignement privé « sous contrat »
-« A l’école publique, fonds publics, à l’école privée, fonds privés ! »

(Slogan du Comité National d’Action Laïque (CNAL), contre la Loi Debré)
-1968 : 66% des enseignants du privé sont rémunérés par l’Etat.


-1984 : 1 million de manifestants pour défende l’école Libre contre le projet A.Savary.





-Scolarisation dans l’enseignement privé :


Elèves scolarisés

Elèves scolarisés au moins un an dans leur cursus

16%

30%









4-Conclusion : Ecole, société et égalité.



-« Dans une société inégale –et ne le sont elles pas toutes ?- l’école ne saurait être égale, si beau qu’en soit le souci. Du moins peut-elle, entre l’inégalité des origines et celle des avenirs, tenter d’instaurer un peu de justice »

(A.Prost, L’enseignement en France…, 1968)





-Pour en savoir plus :

-Antoine Prost, L’enseignement en France, 1800-1967, Armand colin, 1968.

-P.Bourdieu et R.Passeron, La reproduction, Les éditions de minuit, 1970.

-M. Duru-Bellat et A. Henriot-Van-Zatten, Sociologie de l’Ecole, Armand colin, 1992.

-B. Mabilon-Bonfils et L. Saadoun, Sociologie politique de l’Ecole, PUF, 2001.
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