Interview collective accordée par le président de la République, Luiz Inácio Lula da Silva





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Le Brésil au xxie siècle et

le partenariat stratégique avec la France


José Mauricio Bustani

Ambassadeur du Brésil en France1


Les profondes transformations du Brésil ces deux dernières décennies et, de façon plus évidente et accélérée, ces dernières années, ont éveillé un intérêt sans précédent pour le pays. De cet intérêt provient la hausse des investissements étrangers, mais aussi une curiosité légitime pour les réalités et les défis qui se posent à une nation dont Stefan Zweig disait, en 1941, qu’elle était destinée à être « l’un des plus grands facteurs du développement à venir du monde ».

Le Président Lula da Silva a l’habitude de dire que le xixe siècle fut le siècle européen par excellence, que le xxe siècle fut modelé par les États-Unis, et que le xxie appartiendra dans une grande mesure aux puissances émergentes du monde en développement : la Chine et l’Inde bien sûr, mais aussi d’autres pays qui, par leur masse territoriale, leurs ressources naturelles, la taille de leurs marchés intérieurs et, surtout, le dynamisme de leurs économies et de leurs sociétés, joueront un rôle de plus en plus décisif dans l’évolution de l’économie mondiale et la gestion des problématiques globales.

Un nouveau développement

Rappelons que le Brésil s’étend sur un territoire de 8,5 millions de km2 ; qu’il compte une population de près de 190 millions d’habitants; qu’il possède la plus grande réserve d’eau douce (12 % du total mondial), et plus de 20 % des espèces existantes, soit la plus large biodiversité de la planète. Selon les chiffres de l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (Food and Agriculture Organisation, FAO) et de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le Brésil est le troisième producteur agricole mondial et le premier parmi les pays émergents. Il est aujourd’hui le premier producteur mondial de viande bovine, de café et de jus d’orange; le deuxième producteur de soja et de sucre, le troisième producteur de fruits. Il est également le principal producteur de minerai de fer et possède la deuxième réserve mondiale de bauxite. Il est en neuvième position parmi les producteurs d’acier et travaille à devenir, dans la prochaine décennie, l’une des trois premières puissances sidérurgiques du monde.

Dans les 60 dernières années, le Brésil a développé le plus grand parc industriel d’Amérique latine – son secteur automobile figure parmi les plus avancés et compétitifs du monde –, et s’est affirmé comme une référence internationale dans plusieurs segments des technologies de pointe, tels que l’industrie aéronautique ou la prospection en eaux profondes. Dans le cadre d’une politique de développement actualisée, appuyée sur une capacité de planification stratégique, des instruments de financement à long terme, et un partenariat entre secteurs public et privé, le pays a connu un bond économique, qui s’est traduit par le renforcement de grands groupes d’entreprises nationales dotées de stratégies internationales.

Dans certains domaines des services – dont les télécommunications, les technologies de l’information –, le Brésil se trouve parmi les marchés les plus dynamiques du monde. Selon les dernières données disponibles, le pays se place au 5e rang en nombre de connexions Internet, derrière la Chine, les États-Unis, le Japon et l’Inde. En seulement trois années, de 2005 à 2008, le nombre d’usagers d’Internet a augmenté de 75 %, tandis que la progression du commerce a atteint entre 30 % et 50 % par an.
Du point de vue énergétique, le pays jouit de l’une des matrices les plus propres et les plus durables de la planète, compte tenu de son grand potentiel hydraulique et des capacités développées dans le domaine des biocarburants, en particulier l’éthanol à base de canne à sucre. Selon les dernières estimations de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le Brésil, grâce aux nouvelles découvertes de réserves de pétrole sous la couche pré-sel, en sera en 2030 le 6e producteur mondial, avec 3,4 millions de barils par jour (b/j), derrière l’Arabie Saoudite, la Russie, l’Irak, l’Iran et le Canada. Le pays a, de plus, renforcé ses capacités nucléaires civiles, et fait partie, avec les États-Unis et la Russie, du groupe restreint des pays maîtrisant l’intégralité du cycle du carburant nucléaire, tout en possédant des réserves d’uranium.

Selon les estimations récentes de la Banque mondiale, s’il maintient un niveau de croissance annuelle d’environ 5-6 %, le Brésil devrait devenir, d’ici 2014, la 5e économie mondiale et, plus important, réduire ses inégalités de revenus. Tous ces résultats ne sont pas un don d’une nature pourtant luxuriante, mais le fruit de décisions politiques, de la mobilisation de l’opinion, bref d’une construction collective du peuple brésilien. Au moins quatre mouvements récents témoignent de cette évolution globale. Tout d’abord, la croissance de l’économie dans la stabilité macro-économique. Puis l’expansion du marché intérieur, à partir de politiques sociales redistributrices. En troisième lieu, la redéfinition des priorités des dépenses publiques : projets d’infrastructures, élargissement des services publics, partenariats avec le secteur privé grâce au financement à long terme du secteur productif. Pour donner une idée de ce financement, on mentionnera que les remboursements de la Banque nationale de développement économique et social (Banco Nacional de Desenvolvimento Econômico e Social, BNDES), qui étaient de l’ordre de 37 milliards de réals en 2003, ont atteint, en 2009, 140 milliards. Enfin, la redéfinition de l’insertion internationale du pays.

Après une longue période de faible croissance, les dernières années ont été marquées par l’expansion accélérée du produit intérieur brut (PIB) et par l’accès de millions de citoyens à la classe moyenne, c’est-à-dire à l’économie formelle et au marché de consommation de masse. Cette accélération du développement économique et social est due, en partie, à la stabilité macro-économique découlant du contrôle de l’inflation, de la réduction de l’endettement du secteur public et de la diminution de la dette externe du pays. Elle s’explique aussi par des politiques actives de redistribution des revenus. Depuis 2003, on estime que près de 23 millions de Brésiliens sont sortis de la pauvreté et ont désormais accès à la consommation d’aliments et de biens de base. Environ 30 millions de personnes sont parvenues à la classe moyenne, dans un environnement marqué par une politique d’expansion du crédit qui a produit une nouvelle dynamique de la consommation intérieure. La classe dite « C » est passée de 37 % de la population en 2003 à 64 % en 2008, ce qui indique la maturation sociale et économique du Brésil.

Il s’agit là d’un des plus grands moments de mobilité sociale de l’histoire du pays, qui va dans le sens d’une correction des énormes disparités régionales qui y existent encore. Dans cette période, les taux de croissance des régions nord et nord-est du pays – les plus démunies – ont représenté plus du double de la moyenne de croissance nationale. Certes, un fort taux d’inégalité sociale persiste, l’un des plus élevés au monde : les 10 % les plus pauvres de la population n’ont accès qu’à 1 % du PIB, quand les 10 % les plus riches concentrent 44 % de la richesse nationale. Il faut toutefois souligner que, pour la première fois dans son histoire moderne, le Brésil tend vers la diminution des disparités sociales et régionales.

Dans le même temps, le pays doit faire face à d’autres grands défis: la généralisation d’une éducation de qualité, la lutte contre la criminalité et le crime organisé dans les grands centres urbains, la modernisation de son appareil de défense. En matière économique : la diversification de la production, pour limiter le poids du secteur primaire dans les exportations; la surévaluation de la monnaie, qui réduit la compétitivité des exportations ; l’amélioration des infrastructures pour acheminer la production ; la réduction des coûts de production ; le renforcement de pôles d’excellence dans des secteurs de pointe, de façon à diffuser l’innovation à l’ensemble de l’économie.

Pourtant, quand survint la crise économique et financière internationale, le pays se trouvait dans une tout autre situation que celle qu’il avait connue lors des crises précédentes. Le Brésil a été l’un des derniers pays à être affecté par la crise de 2008, et l’un des premiers à montrer des signes de reprise. Malgré un résultat légèrement négatif – recul de 0,2 % du PIB –, l’économie brésilienne a affiché en 2009 une des meilleures performances des membres occidentaux du G-20.

Pour certains, le Brésil aurait eu, face à la crise, « les qualités de ses défauts », protégé par une économie relativement fermée, son commerce extérieur ne pesant que 25 % du PIB (contre 40 % au Mexique, 50 % en Corée du Sud, et 70 % en Chine). D’autres soutiendront que ce sont les vertus du modèle brésilien qui ont compté. Sa solidité macro-économique, la persistance dans des politiques responsables en matières monétaire et fiscale, entamées au milieu des années 1990 sous les Présidents Itamar Franco (1992-1995) et Fernando Henrique Cardoso (1995-2002) et maintenues – avec quelques inflexions – pendant les deux mandats du Président Lula (2003-2010). Puis, face à la crise, l’existence d’un système financier assaini, transparent et avec des mécanismes de contrôle ; l’existence de banques publiques solides qui ont pu garantir l’offre de crédit aux entreprises et aux particuliers. Par ailleurs, les surplus commerciaux des années précédentes ont permis de réduire l’endettement du secteur public, avec l’accumulation de réserves de près de 240 milliards de dollars (Md$), d’où un éloignement du risque de déstabilisation monétaire.

Vices et vertus mis ensemble, en plus des politiques anticycliques (stimuli fiscaux, hausse des investissements publics, renforcement du crédit), c’est la vitalité de l’économie et de la société brésiliennes qui s’est imposée. Deux exemples illustrent cette réalité. Tout d’abord la vente d’automobiles qui a connu, en 2009, une augmentation de 12 % par rapport à l’année précédente, plaçant le Brésil au 5e rang pour les ventes mondiales de véhicules. En 2010, le pays devrait parvenir à 4 millions d’unités vendues, dépassant l’Allemagne. Un autre résultat extraordinaire en 2009 a été la création d’un million de nouveaux emplois. En janvier dernier, le chômage touchait 7,2 % de la population active : le meilleur résultat pour un mois de janvier de toutes les statistiques du pays.

Pour 2010, les dernières évaluations d’augmentation du PIB se situent dans la tranche des 5-6 %, très au-dessus de la moyenne de la croissance mondiale. Les estimations suggèrent, pour les six prochaines années, un cycle de croissance de l’ordre de 5 % par an en moyenne, fondé sur l’expansion du marché intérieur et des investissements, en particulier dans les infrastructures et la construction civile. Aux grands projets d’infrastructures en cours dans le pays, entrepris dans le cadre du Programme d’accélération de la croissance (PAC), s’ajouteront les extraordinaires opportunités découlant de la Coupe du monde de football de 2014 et des Jeux olympiques de 2016. Dans une vision encore plus optimiste, le président de la Société générale au Brésil, François Dossa, traçait récemment un parallèle entre la situation brésilienne et la période des Trente Glorieuses pour la France de l’après-guerre, soulignant : « le Brésil a devant lui 20 à 25 ans de croissance quasi assurée ».

Une nouvelle position internationale

Cette situation économique et sociale se traduit évidemment dans l’action diplomatique du pays. Bien que les principes qui ont historiquement guidé la politique étrangère brésilienne aient été maintenus, l’action internationale du Brésil a connu ces dernières années un changement d’horizon, et une redéfinition de ses paradigmes. Le gouvernement et la société brésilienne voient de plus en plus la politique étrangère comme un élément à part entière du projet national de développement et comme un vecteur qui contribue à la réduction des vulnérabilités externes du pays et au dépassement de ses défis intérieurs de croissance et de justice sociale.

L’intégration de l’Amérique du Sud est devenue une priorité centrale de la politique étrangère du gouvernement Lula. En 2008, après un intense travail diplomatique, l’accord constitutif de l’Union des nations sud-américaines (UNASUR), premier organisme international exclusivement sud-américain, a été signé. Il s’agit d’une intégration qui dépasse les aspects commerciaux, et ouvre la voie à une coordination politique inédite entre des pays qui se sont historiquement tourné le dos. En dépit de sa jeunesse, l’UNASUR fait preuve d’efficacité croissante dans la gestion des rapports entre les pays de la région.

L’établissement du Conseil sud-américain de défense constitue une avancée notable, non seulement pour l’intégration opérationnelle des forces armées des pays de la région, mais pour la construction de confiance, l’échange d’informations, le développement de pratiques conjointes et l’harmonisation progressive des bases industrielles de défense. Dans un proche avenir, il sera peut-être possible de penser une doctrine de défense à partir d’éléments communs à l’ensemble des pays de la région.

Ces dernières années, des progrès significatifs ont pu être obtenus en matière d’intégration des infrastructures en Amérique du Sud, à l’aide de projets concernant des secteurs stratégiques : énergie, transports, communications. Ces chantiers auront un impact économique considérable pour le développement de l’intérieur du continent sud-américain, le rapprochement entre le Brésil et les marchés asiatiques du Pacifique, ainsi que le renforcement de la dimension atlantique de l’ensemble du continent sud-américain.

Les résultats économiques et commerciaux de ces efforts sont clairs. La croissance des échanges brésiliens avec l’ensemble des pays sud-américains et, plus généralement avec l’Amérique latine et les Caraïbes, est spectaculaire. Les exportations brésiliennes vers l’Amérique latine représentent aujourd’hui pratiquement le double des ventes brésiliennes aux États-Unis, bien que ces dernières aient aussi atteint un niveau record.

Il y a moins de 10 ans, les exportations brésiliennes vers l’Amérique latine représentaient un peu moins de la moitié des ventes aux États-Unis.

Pour le Brésil, le Mercosur reste le moteur et l’avant-garde de l’intégration en Amérique du Sud. L’union douanière en cours de consolidation est encore imparfaite, mais elle dispose d’un tarif extérieur commun, et de mécanismes de compensation. Pour augmenter la compétitivité du bloc, et attirer de nouveaux investissements, il faut approfondir l’intégration productive et avancer dans la planification de politiques industrielles communes. L’entrée du Venezuela donnera une dimension continentale au Mercosur qui s’étendra des Caraïbes à la Patagonie, représentant dès lors 80 % du PIB, 72 % du territoire et 70 % de la population de l’Amérique du Sud.

Comme l’ont déjà signalé nombre d’analystes internationaux le Brésil est, parmi les grands pays émergents, le seul à être activement engagé dans un effort d’organisation politique et d’articulation économique de son contexte régional. Les conséquences stratégiques à long terme de cet effort seront significatives, mais l’horizon brésilien s’étend bien au-delà des alentours régionaux. Le Brésil est un pays à vocation universaliste. Il œuvre à renforcer la coopération Sud-Sud et à diversifier ses partenariats, tout en maintenant ses relations traditionnelles avec les pays développés.

La « diplomatie présidentielle » a joué son rôle dans l’augmentation des flux de commerce et d’investissements. Les nombreuses visites du Président Lula, souvent accompagné de nombreux chefs d’entreprises, dans plusieurs pays d’Afrique, ont transformé en réalité le souhait brésilien de mener une politique cohérente sur le continent noir. Les échanges du Brésil avec l’Afrique sont passés, entre 2002 et 2008, de 5 milliards de dollars à 26 milliards de dollars. Si l’on considérait le continent africain comme un partenaire unique, il serait aujourd’hui notre 4e partenaire commercial, derrière la Chine, les États-Unis et l’Argentine. Au-delà des intérêts croissants des entreprises, les actions de coopération technique sont de plus en plus nombreuses dans les domaines de l’agriculture, des énergies renouvelables et de la santé publique, en particulier dans la lutte contre le VIH-sida.

Dans ses relations avec les pays en développement, le Brésil a travaillé à la consolidation du Forum IBAS, mécanisme articulant les objectifs qu’il poursuit aux côtés de l’Inde et de l’Afrique du Sud. Pour la première fois, trois grandes démocraties, trois économies émergentes, trois acteurs de poids dans leurs régions respectives, trois sociétés pluriethniques luttant pour surmonter d’importants problèmes sociaux, ont créé un forum de concertation sur des questions décisives pour la paix et le développement économique.

Le Brésil œuvre également au renforcement du dialogue politique et de la coopération économique, scientifique et technologique entre les BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine). Ce concept, créé par une banque privée d’investissements, s’est finalement avéré être un véhicule important de coordination entre le Brésil, la Chine, l’Inde et la Russie, quatre économies émergentes représentant 22 % de la superficie, 42 % de la population, plus de 30 % des terres cultivables, et presque 20 % du PIB du monde. Certaines analyses récentes soulignent que le centre de gravité de l’industrie mondiale a déjà basculé, 52 % de la production industrielle étant désormais localisée dans les pays émergents. Des réunions de chefs de gouvernement et de ministres de l’économie ont confirmé les BRIC comme espace de coordination politique et d’échange d’expériences. Le récent deuxième sommet des BRIC qui s’est réuni à Brasília a traité de questions allant de la réforme de la gouvernance mondiale et des stratégies de sortie de crise jusqu’aux problématiques financières et monétaires globales.

Toujours d’un point de vue de relations Sud-Sud, le commerce brésilien avec les pays arabes est passé de 6 Md$ à près de 20 Md$ dans les six dernières années. Les contacts politiques avec ces pays, attachés au Brésil par des liens historiques, culturels et affectifs, sont nombreux, tant au plan bilatéral qu’interrégional, comme le démontrent les sommets, inédits, entre l’ensemble de l’Amérique du Sud et les pays de la Ligue arabe. Le Brésil compte près de 10 millions de ressortissants d’origine arabe, intégrés à part entière à la société et à l’ethos même brésilien, qui vivent en harmonie avec une vaste et influente communauté juive. Le Brésil est d’ailleurs de plus en plus présent dans les efforts de la communauté internationale en faveur d’une paix durable au Moyen-Orient. Il a participé à la conférence d’Annapolis en 2007, et il peut apporter une contribution au dialogue entre les parties sur la base des valeurs brésiliennes traditionnelles de tolérance et de diversités culturelle et religieuse. C’est le message qu’a délivré le Président Lula da Silva lors de sa récente visite en Israël et en Palestine – première visite officielle d’un chef d’État brésilien dans la région.

Plus récemment, la diplomatie brésilienne a affirmé la nécessité d’aller jusqu’au bout du dialogue entre la communauté internationale et Téhéran, avec la participation de l’AIEA, avant l’adoption de nouvelles sanctions contre ce pays. Celles-ci ne feraient que pénaliser le peuple iranien, en créant un sentiment d’isolement peu souhaitable, et contribueraient à insuffler une logique de conflit dans la région. Le Brésil a clairement affirmé qu’il défendait le droit au développement et à l’usage pacifique de l’énergie nucléaire, mais qu’il ne tolérerait pas, et ne soutiendrait jamais la prolifération nucléaire militaire. Le Président Lula l’a souligné voici peu : « Ce que le Brésil peut faire, l’Iran doit aussi pouvoir le faire […], mais vouloir faire davantage, l’Iran ne devrait pas le vouloir ». La position brésilienne s’efforce ainsi d’être équilibrée et ferme : elle correspond à notre tradition diplomatique, à notre expérience nationale de développement du nucléaire, à nos positions en matière de désarmement et de non-prolifération et à nos obligations vis-à-vis de la communauté internationale, et en particulier du monde en développement.

Il est important de souligner que toutes ces nouvelles dynamiques diplomatiques ne se sont pourtant pas développées au détriment des relations du Brésil avec ses partenaires du monde développé. Les échanges commerciaux avec les États-Unis se sont aussi accrus ces six dernières années. Le dialogue politique entre Brasília et Washington est solide. Quant à la relation avec l’Union européenne (UE), elle a été hissée au rang de partenariat stratégique – un choix que Bruxelles n’a opéré qu’au bénéfice d’un nombre limité de pays –, et se concrétise par des projets très variés : énergie, éducation, environnement, coopérations techniques, etc.

Pour une nouvelle gouvernance mondiale

L’ensemble de ces développements, ainsi que la crise mondiale, ont renforcé une perception brésilienne : le monde connaît un changement profond, qui appelle une réforme de la gouvernance mondiale, pour conférer plus de représentativité et d’efficacité aux instances internationales de décision. Le Brésil parie sur l’émergence d’un monde multipolaire où les pays en développement feraient valoir leurs intérêts légitimes. Dans le contexte de la crise, les réunions du G20, notamment à Londres et à Pittsburgh, ont justifié l’élargissement des instances de décision, avec une participation élargie des pays en développement à l’architecture financière internationale. Le Brésil s’est ainsi prononcé pour une réforme urgente des institutions de Bretton Woods, notamment du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, créés voici plus de 50 ans dans un contexte historique très différent.

Il faut reconnaître que les institutions de gouvernance internationale n’ont pas suivi l’évolution économique et géopolitique du monde. Ceci n’explique certainement pas la crise internationale mais constitue une donnée importante du problème. Il est, par exemple, clairement admis que les organismes financiers internationaux n’ont ni la volonté politique ni la capacité de réguler l’économie, en particulier dans sa composante financière. La crise a montré que les forums de coordination restreints qui, comme le G-8, ne prennent pas en considération les grandes économies en développement, sont destinés à disparaître ou à tomber en déshérence. Le Président Nicolas Sarkozy a été l’un des dirigeants mondiaux qui ont démontré le plus de sensibilité à cette nouvelle donne : « Le G20 préfigure la gouvernance planétaire du xxie siècle».

Dans cette même logique, le Brésil souhaite une réforme qui confère aux Nations unies plus de représentativité, d’efficacité et de légitimité. Il n’est pas acceptable que le Conseil de sécurité compte aujourd’hui les mêmes membres permanents qu’en 1945. Le Brésil compte sur le soutien réitéré de la France pour obtenir un siège permanent dans un Conseil de sécurité élargi.

Quant aux négociations commerciales multilatérales, à l’Organisation mondiale du Commerce (OMC), le Brésil souhaite que le cycle de Doha soit repris et achevé à partir des propositions qui se trouvaient sur la table en juillet 2008. Un accord aiderait à la reprise de la croissance économique mondiale, surtout au moment de la récupération de la crise. Le cycle de Doha, quel qu’en soit le dénouement, est intimement lié à l’évolution du rapport des forces internationales que symbolise la création du G-20 commercial, pour laquelle la diplomatie brésilienne a joué un rôle déterminant.

En somme, la politique étrangère brésilienne est devenue mondiale, à la mesure des ressources et aspirations du Brésil, et des attentes de la communauté internationale. Il peut y avoir, surtout en période de polarisation électorale, quelques expressions divergentes quant à la politique étrangère – encore que l’intérêt de l’opinion publique brésilienne pour ces questions soit une saine nouveauté – mais il existe aujourd’hui au Brésil une convergence sur les grandes questions nationales et sur les défis internationaux posés au pays.

Selon une récente enquête menée dans la « communauté brésilienne de politique étrangère » par le Centre brésilien des relations internationales (Centro Brasileiro de Relações Internacionais, CEBRI), 91 % des personnes interrogées jugent que le Brésil jouera un rôle international croissant dans les dix prochaines années ; 65 % soutiennent une intégration renforcée avec l’Amérique du Sud et 91 % jugent positif l’impact du Mercosur sur le Brésil, 54 % souhaitant son élargissement.

Parmi les objectifs de la politique étrangère brésilienne, les réponses à l’enquête classent par ordre d’importance : la garantie de la démocratie en Amérique du Sud, l’intégration des infrastructures régionales, le renforcement du rôle régional du Brésil, l’action en faveur de l’environnement, la lutte contre le trafic de drogue, l’élargissement des accords de coopération scientifique et technologique, les partenariats pour la défense et la protection de l’Amazonie, le renforcement du Mercosur, la production et la consommation des biocarburants, la défense des droits de l’homme, le renforcement du système de défense, ou l’encouragement à un nouveau cycle de libéralisation du commerce extérieur. Toutes ces questions sont déjà au cœur de l’action diplomatique brésilienne et y resteront, quel que soit le résultat des élections présidentielles du mois d’octobre prochain.

Le partenariat stratégique avec la France

La nouvelle position internationale du Brésil se reflète dans des relations de plus en plus significatives avec Paris. Ces relations ont pris un nouvel essor ces dernières années, sur la base d’un dialogue suivi entre les Présidents Sarkozy et Lula, et l’année du Brésil en France en 2005, comme l’année de la France au Brésil en 2009, ont constitué des occasions exceptionnelles de renforcer la connaissance mutuelle et les échanges.

En décembre 2008, les deux Présidents ont signé le plan d’action d’un partenariat stratégique : dialogue politique et gouvernance internationale, coopération économique et commerciale, coopération dans les domaines de la défense, de l’espace, de l’énergie nucléaire, du développement durable, coopération dans les domaines éducatif, linguistique, scientifique et technique entre autres. La visite d’État du Président Sarkozy de septembre dernier a permis d’ouvrir de nouveaux domaines de coopération en matière de technologie de pointe, comme celles des superordinateurs, ou lanceurs spatiaux.

Les deux pays ont des visions proches sur des thèmes tels que le développement durable ou la lutte contre le réchauffement climatique : ils sont d’ailleurs parvenus à une position commune pour la conférence de Copenhague du mois de décembre dernier. Pour le Brésil, et contrairement à une perception répandue, la conférence de Copenhague ne fut pas un échec total, bien qu’elle ne puisse être qualifiée de succès... L’engagement des chefs d’État et de gouvernement dans les négociations fut un élément positif, et on peut malgré tout relever quelques progrès. Le document franco-brésilien a eu une grande valeur symbolique, en exprimant une volonté de rapprocher les visions et les engagements des pays en développement et des pays industrialisés. Grâce à cette convergence, les perspectives de coopération bilatérale sont prometteuses dans des domaines comme les mécanismes innovants de financement, la coopération trilatérale au bénéfice de l’Afrique, la non-prolifération et le désarmement, l’énergie nucléaire et l’éducation.

Le Brésil voit sans aucun doute aujourd’hui la France comme un partenaire stratégique d’exception. Notre association dans le domaine de la défense est l’une des facettes les plus visibles de la nouvelle relation entre les deux pays. L’année passée, ont été lancés de grands projets : pour la construction et le développement de sous-marins – y compris la coque d’un sous-marin nucléaire –, et d’hélicoptères, dont la production sera progressivement transférée à Helibras, au Brésil. Ces partenariats, loin du modèle d’« achat sur étagère », valorisent les transferts de technologies et de capacités industrielles, dans la ligne de la nouvelle stratégie nationale de défense brésilienne. Le dialogue stratégique franco-brésilien s’est de plus renforcé, via un échange régulier entre les ministères des Affaires étrangères et de la Défense.

La France est un allié privilégié du Brésil sur des questions internationales essentielles. Paris et Brasília sont conscients que seul un monde multipolaire, avec des institutions multilatérales renouvelées, peut se mesurer aux défis de notre temps. C’est ce message que nos Présidents ont transmis dans un article conjoint de juillet 2009, qui appelait la communauté internationale à s’unir en faveur d’une réforme ambitieuse des institutions de gouvernance mondiale. Nous savons en outre que les relations entre les deux pays peuvent servir de base à un élargissement des relations transatlantiques d’une UE qui trouve dans le Brésil – et donc dans l’Amérique du Sud – un allié stratégique, géopolitiquement et commercialement. C’est dans cette logique d’un « nouvel atlantisme » que les négociations Mercosur-UE doivent être reprises, et conclues. Le Brésil et la France ont ici une responsabilité particulière dans l’avancée des concessions nécessaires, de part et d’autre, pour arriver à un accord équilibré et avantageux pour chacune des deux régions.

En dépit de progrès significatifs, nos échanges économiques et commerciaux ne sont pourtant pas encore à la hauteur des potentiels des deux pays. Au plan commercial, les exportations brésiliennes vers la France ont presque atteint en 2008 les 4 milliards d’euros. Les importations brésiliennes de produits français étaient d’environ 3,5 milliards d’euros, avec un solde déficitaire pour le Brésil d’environ 500 millions d’euros. Les résultats de 2009 ont été un peu plus faibles, du fait de la crise.

Le Brésil était, en 2009, le 4e partenaire commercial de la France hors Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et Maghreb, derrière la Chine, la Russie et Singapour, son 24e client et son 23fournisseur, mais son principal partenaire en Amérique latine, contribuant à hauteur d’environ 36 % aux flux commerciaux français dans la région – loin devant le Mexique (13,7 %), le Chili (10,1 %), ou l’Argentine (8,7 %). Bien que significatifs, ces chiffres du commerce bilatéral ne représentent que moins de la moitié des échanges entre le Brésil et l’Allemagne.

La vigoureuse croissance de nos relations ces dernières années, en termes d’investissement et de commerce, est pourtant de bon augure. Plus de 400 entreprises françaises sont aujourd’hui installées au Brésil, et les investissements brésiliens en France ont fortement augmenté. L’intérêt pour le Brésil ne cesse d’augmenter en France, ainsi que, réciproquement, l’intérêt pour la France au Brésil.

La concrétisation des synergies existantes entre les deux pays est-elle à portée de main? Paris et Brasília ont scellé une nouvelle alliance. D’amis cordiaux, ils sont devenus partenaires stratégiques. Dans un monde toujours plus interdépendant et mondialisé, ils partagent les mêmes valeurs de démocratie politique et de justice économique et sociale. Le capital mutuel de sympathie, d’influences croisées, d’admiration et d’intérêts communs, constitue un riche soubassement pour nos relations bilatérales.

Pour le Brésil, l’avenir n’est plus abstrait ni intangible, comme le suggérait Stefan Zweig : il est devenu possible. La rencontre du Brésil et de son destin prometteur ne peut attendre : désormais, le futur est pressé.
Document : Les relations franco-brésiliennes

vues par le ministère français des Affaires étrangères (2010)

Relations politiques

Depuis plusieurs années, la France développe un partenariat stratégique avec le Brésil reposant sur un dialogue politique approfondi, une coopération très riche en matière culturelle, scientifique et technique et la présence des grandes entreprises françaises dans des secteurs-clés de l’économie brésilienne. Quatre visites présidentielles, en 2005, 2006, 2008 et 2009, ont témoigné du renforcement de ces relations.



Relations bilatérales et partenariat stratégique


Les liens étroits d’amitié entre le Brésil et la France reposent traditionnellement sur des valeurs que les deux pays partagent : promotion des principes démocratiques et des droits de l’Homme, renforcement du droit international et du multilatéralisme, promotion du développement et respect de la justice sociale, défense de la paix et de la sécurité, attachement à la non-prolifération des armes de destruction massive et au désarmement, protection de l’environnement et de la diversité culturelle.

Depuis 1995, la volonté d’établir un « nouveau partenariat » politique avec le Brésil s’est traduite par des visites régulières au plus haut niveau. L’Année du Brésil en France, dont la visite du président Lula, du 12 au 15 juillet 2005, a constitué le point d’orgue, a permis d’accroître encore les contacts au niveau ministériel. Le partenariat stratégique avec le Brésil a été lancé en mai 2006 lors de la visite d’État au Brésil du président Chirac, puis a connu une impulsion décisive lors de la rencontre des présidents Lula et Sarkozy à Saint Georges de l’Oyapock (Guyane) le 12 février 2008, sur notre frontière commune. Il s’est traduit par l’adoption d’un plan d’action ambitieux et la signature de nombreux accords lors du sommet bilatéral de Rio le 23 décembre 2008 (organisé avec le Sommet UE-Brésil). La visite du président Sarkozy le 7 septembre 2009, premier chef d’État non latino-américain invité d’honneur à la fête nationale brésilienne, a permis de dresser un bilan de la mise en œuvre des projets mis sur les rails et d’ouvrir des pistes nouvelles d’approfondissement d’une relation exceptionnelle. L’Année de la France au Brésil, du 21 avril au 15 novembre 2009, aura permis d’intensifier tous ces échanges et de présenter aux Brésiliens une France moderne, ouverte sur le monde, à la société diverse. Depuis lors, de nombreuses visites de haut niveau ont eu lieu dans les deux sens, dont les principales sont les suivantes :

 visites en France :

- Lula da Silva, président de la République, le 16 novembre 2009 à Paris en amont du sommet de la FAO ;

- Celso Amorim, ministre brésilien des Affaires étrangères, le 7 janvier et le 15 juin 2010 à Paris ;

- Michel Temer, président de l’Assemblée nationale, le 16 juin 2010 à Paris ;

 visites au Brésil :

- Hervé Morin, ministre de la Défense, le 3 novembre 2009 à Brasilia et Rio ;

- Nicolas Sarkozy, président de la République, le 26 novembre 2009 à Manaus dans le cadre du Sommet des États amazoniens ;

- Jean-Marie Bockel, secrétaire d’État à la Justice, les 24 et 25 février 2010 à Brasilia.

Notre partenariat est à la fois global, fondé sur la réciprocité et équilibré dans ses différents volets. La France entend penser avec le Brésil les réformes de la gouvernance mondiale et des institutions financières internationales et préparer de concert les grandes échéances de l’agenda international. C’est dans cette perspective que les présidents Sarkozy et Lula ont publié une tribune commune dans la presse internationale à la veille du Sommet de l’Aquila, proposant une « Alliance pour le changement ». Lors du sommet de la FAO le 19 novembre dernier, le Brésil et la France se sont également exprimés d’une même voix en promouvant un texte conjoint en faveur d’une réforme du système de gouvernance de la sécurité alimentaire. Dans le domaine stratégique des questions climatique et environnementale, la création d’un groupe de travail conjoint a permis d’aboutir à une position concertée à la conférence de Copenhague, promue par les deux présidents eux-mêmes lors du Sommet des États amazoniens de Manaus puis au Sommet du Commonwealth à Trinité-et-Tobago, et reprise par le Groupe de haut niveau sur le commerce et l’investissement (créé en septembre 2009). Le Brésil et la France sont ainsi engagés dans une démarche inédite de dépassement des oppositions Nord-Sud traditionnelles. En outre, avec ce partenariat stratégique, la France s’engage à accompagner le Brésil dans son ambition à devenir un acteur global sur la scène internationale, et à en assumer les droits et les responsabilités. Elle entend donc l’aider dans cette perspective à se doter, grâce à d’importants transferts de technologie, des instruments qui fondent une grande puissance mondiale dans les domaines militaire, spatial, énergétique et technologique. Le spectre de notre partenariat, même s’il ne prétend pas à l’universalité, est particulièrement étendu et concerne des domaines aussi variés que la biodiversité et le développement durable amazoniens, les transports durables et la croissance verte, la formation professionnelle, les relations transfrontalières autour des régions Guyane et Amapa, l’aide au développement en pays tiers, les questions migratoires, des projets de coopération en commun en Afrique...



Relations économiques


Le Brésil est notre premier partenaire commercial en Amérique latine et notre troisième partenaire hors OCDE et Maghreb, derrière la Chine et la Russie. La France est le huitième fournisseur du Brésil, avec 2,8% de parts de marché, contre 6,9% pour l’Allemagne et 14,8% pour les États-Unis. La France achète traditionnellement au Brésil des produits agro-alimentaires (huiles brutes et tourteaux de soja), et de plus en plus de biens industriels. Elle exporte vers le Brésil des biens d’équipement, notamment des avions, des équipements pour l’automobile et des automobiles, des préparations pharmaceutiques.

Exportations de la France vers le Brésil en 2009 : 2,6 Md € ;

Importations en provenance du Brésil en 2008 : 2,9 Md € ;

Solde : - 312 M €.

Les relations économiques entre la France et le Brésil ont progressé ces dernières années. Les grandes entreprises françaises poursuivent leur développement dans ce pays (35 entreprises du CAC40 y sont implantées). Plus de 400 entreprises françaises emploient plus de 400000 personnes au Brésil. En matière d’investissements directs étrangers (IDE), la France est le cinquième partenaire du Brésil en termes de stock (environ 10 milliards d’euros), avec une part de marché de 7%. Sur l’année 2009, le flux des investissements directs français a atteint 3 Md $, soit le double de l’année précédente. Le Brésil est, en termes de stock, la première destination de nos IDE parmi les pays émergents. Nos investissements ont été principalement réalisés dans les secteurs de l’énergie, des télécommunications, des services financiers et de l’agroalimentaire. La France est présente sur quelques projets phare du développement du pays : construction de la centrale nucléaire « Angra III » avec Areva, tramway et métro de São Paulo et Brasilia, hydroélectricité avec Alstom... Elle cherche actuellement à se positionner sur la construction à venir de la première ligne de TGV du pays, qui devrait ouvrir en 2014 entre Rio et São Paulo.



Coopération culturelle, scientifique et technique


Le Brésil est le premier partenaire de la France en Amérique latine pour la coopération culturelle, scientifique et technique. Notre coopération scientifique et technique est considérée comme exemplaire et fondée sur le partenariat et le cofinancement. Nos champs d’action prioritaires sont :

- le développement durable et la biodiversité en Amazonie ;

- la recherche et l’innovation technologique (la France est le deuxième partenaire scientifique du Brésil après les États-Unis) ;

- l’accompagnement, en matière de coopération technique, des priorités du gouvernement brésilien (politiques sociales, agriculture familiale durable, réforme de l’État mais aussi aide à l’Afrique) ;

- un nouveau partenariat pour le plurilinguisme et la diversité culturelle.

L’action en faveur du français et des échanges culturels occupe une place importante de notre coopération. Trois lycées français (São Paulo, Rio, Brasilia) totalisent 2065 élèves dont environ 1500 Français. Les Alliances françaises du Brésil constituent le réseau le plus ancien et le plus dense du monde (42 implantations), accueillant 35000 élèves. Les échanges artistiques -théâtre, arts plastiques, musique, danse- et la formation des professionnels de la culture sont particulièrement intenses et ont bénéficié d’un nouvel élan avec la Saison culturelle du Brésil en France en 2005, puis l’Année de la France au Brésil en 2009. Dans le domaine du livre, les relations entre éditeurs et écrivains des deux pays sont étroites (le Brésil est le premier marché pour le livre français en Amérique du Sud). La coopération audiovisuelle appuie l’aide à la diffusion du cinéma, la promotion des nouvelles musiques françaises et le soutien à l’exportation des programmes de télévision.

La coopération scientifique est structurée autour de formations d’excellence entre universités et par des partenariats de haut niveau entre les organismes de recherche des deux pays. Ces partenariats portent notamment sur la biodiversité amazonienne, le génome, les mathématiques fondamentales et appliquées, les changements climatiques, les sciences sociales et humaines. Les programmes de technologies innovantes connaissent un important développement. Par ailleurs, 2911 Brésiliens étudient dans les universités françaises et 838 dans les grandes écoles.

La coopération technique est menée avec les institutions de l’État, les collectivités locales et les entreprises des deux pays. La coopération décentralisée, officialisée par le protocole signé en Guyane le 12 février 2008, connaît un développement soutenu : outre des Assises bilatérales régulières (les dernières à Lyon en décembre 2009), le Comité mixte de suivi de la coopération décentralisée franco-brésilienne, créé par le protocole de 2008, s’est réuni pour la première fois en avril 2009 à Rio de Janeiro.



Autres types de coopération


La coopération transfrontalière entre la France et le Brésil (État frontalier d’Amapa) connaît un dynamisme accru, notamment grâce à la tenue des 5es consultations transfrontalières du 13 août 2009 à Macapa. Cette coopération permet d’apporter des réponses aux préoccupations de chaque partie liées aux différents risques transfrontaliers (immigration clandestine, sécurité, mouche de la carambole), d’encourager les échanges humains et commerciaux (éducation, circulation) et de développer l’économie de la région amazonienne dans le respect des populations locales et d’un environnement exceptionnel. Enfin, la construction d’un pont sur le fleuve frontalier Oyapock a été approuvée par nos parlements respectifs, et le chantier a été lancé en juillet 2009. L’ouvrage facilitera la liaison routière Cayenne-Macapa (État d’Amapa) et favorisera l’insertion de la Guyane dans son environnement régional. Il donnera lieu à de nouveaux accords de coopération notamment sur les plans policier, commercial et social.

http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/pays-zones-geo_833/bresil_492/france-bresil_1109/index.html Mise à jour : 21.06.10
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