Chapitre I : Introduction





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Séance 4 : La méthode comme base déontologique


de la science (3)


La science se constitue en construisant son objet contre le sens commun, il faut distinguer l’objet réel préconstruit par la perception de l’objet de science construit.
La sociologie est une science sociale : l’observateur est familier avec l’univers de sa recherche, d’où une vigilance épistémologique s’impose. Afin de pouvoir prétendre à une démarche scientifique, il convient de respecter certains principes qui sont destinés à guider l’ensemble d’une recherche que l’on entreprend.
Une rupture avec le sens commun est nécessaire, le fait scientifique est à conquérir contre l’illusion du savoir immédiat (Bachelard) ainsi que l’objectivation de l’objet à travers les textes de Durkheim, Bourdieu (notion de « rupture épistémologique » c’est-à-dire la rupture entre la connaissance scientifique des sociologues et la « sociologie spontanée » des acteurs sociaux ») et Pinto, puis on a évoqué la nécessaire objectivation du sujet en évoquant la neutralité axiologique de Weber ou la socioanalyse de Bourdieu.
Durkheim nous disait de « considérer les faits sociaux comme des choses », la chose s’oppose à l’idée. On doit interpréter cette formule comme une règle méthodologique L’élément le plus important de la phrase c’est « considérer comme » ce qui signifie adopter une certaine attitude mentale face à l’étude de la réalité sociale et non conférer à l’objet un statut ontologique, une réalité ontologique, c’est-à-dire qu’il s’agit de rompre avec les prénotions, le sens commun c’est-à-dire avec l’ensemble des opinions, croyances, présupposés philosophiques ou moraux, avec l’ensemble des représentations que chacun a de la réalité et qui nous permet de vivre au quotidien les uns avec les autres. La connaissance vulgaire, le sens commun ont une fonction pratique et légitimatrice : l’organisation des relations des hommes en société. La démarche sociologique consiste à se débarrasser de l’ensemble de ces idées reçues pour mieux appréhender la réalité sociale.
« Qu’est-ce qu’une chose ? La chose s’oppose à l’idée, comme ce que l’on connaît du dehors à ce que l’on connaît du dedans » (Durkheim) : le fait social doit être considéré comme un objet extérieur à l’observateur, qui ne doit pas interposer entre lui et son objet ses idées.
Définition provisoire de l’objet de recherche comme instrument de rupture : l’exemple de la religion chez Durkheim ou de la prière chez Mauss
Cette rupture avec le sens commun est accompagnée d’un travail de définition : à la remise en cause des idées reçues, on ajoute la définition provisoire de l’objet, c’est-à-dire qu’on délimite l’objet : dire ce que l’on étudie et ce que l’on n’étudie pas, délimiter le champ d’observation.
Définition de l’étude et délimitation du champ d’observation.
2 exemples :

  • Démarche de Mauss

  • Durkheim et l’exemple de la famille


Lorsque l’on appréhende un objet, des définitions existent mais elles correspondent à l’usage commun de la langue. Or, on a vu avec Bourdieu que le langage commun doit être soumis à une critique méthodique. Le sociologue ne doit pas forcément créer de néologisme mais avoir une conception précise et distincte du sens commun. L’objet social est construit. En sociologie, il est fréquent de prendre comme objet d’étude ce qui est donné dans la réalité mais la réalité sociale n’est pas la réalité sociologique.
Deux idées :

  • le sociologue doit se dégager des idées que lui suggèrent le sens commun : règle de « l’ignorance méthodique »

  • le sociologue doit faire abstraction de l’expérience qu’il a des phénomènes sociaux analogues à ceux qu’il étudie (ex : sociologue de la famille)


Le chercheur est un homme socialement situé donc il doit s’en affranchir.
L’opérationnalisation du concept et le statut de la comparaison : l’exemple des « institutions totalitaires » (Goffman)


  • Goffman : les « institutions totalitaires »


Cherche à comprendre l’institution asilaire en le replaçant dans la série des institutions totales, casernes et internats : le cas privilégié est donc celui ici qui, pris isolément, dissimule le mieux par ses fonctions officiellement humanitaires la logique du système des cas isomorphes.
Avec l’institution asilaire, il dispose d’un objet doté d’une réalité sociale qu’il peut décrire et analyser. Or, il découvre qu’à côté du règlement officiel de l’asile et de son but thérapeutique (soigner les malades), s’est établie une organisation parallèle interne : pour assurer le fonctionnement de l’institution s’était créé un ensemble de coutumes de règles de hiérarchie plus réelles et efficaces que l’organigramme et le règlement affichés et qui modifient leurs objectifs apparents.
Goffman construit donc ainsi son objet sociologique : le système de relations à l’intérieur de l’asile, système qu’il a pu généraliser à l’ensemble des institutions de ce type.
Donc : c’est chercher derrière l’apparence, une face cachée : ne pas se limiter à décrire une institution mais essayer d’en dégager le fonctionnement de fait.
D’où construire l’objet c’est deviner sous les apparences les vrais problèmes et poser les bonnes questions. Il y a beaucoup de questions qui peuvent être posées à une même réalité sociale et la question que l’on choisit oriente l’enquête et ses résultats. C’est la construction de l’objet.
Un objet de recherche ne peut être défini et construit qu’en fonction d’une problématique théorique permettant de soumettre à une interrogation systématique les aspects de la réalité qui seront alors mis en relation par la question qui leur est posée.
Le réel n’a jamais l’initiative, il ne peut répondre que si on l’interroge. Si vous récupérez un matériel recueilli en fonction d’une autre problématique, si neutre soit-elle en apparence, il faut être conscient que ce matériel ne saurait répondre complètement à votre problématique. Les informations recueillies ne sont pas des données en elles-mêmes mais ce sont des données construites. Ce qui ne veut pas dire qu’on ne peut pas utiliser un matériel de seconde main mais il faut être conscient de ses limites. En sociologie, les données recueillies le sont par l’application de grille de lecture, par exemple les catégories de classes d’âge, de tranches de revenus, etc.. La sociologie dispose d’outils qui sont autant de grilles de lecture pour interroger le réel.
L’empirisme radical qui part du réel pour arriver au réel montre ses limites : une construction théorique est nécessaire.
Donc : quand vous allez interroger le réel, vous pouvez avoir une question provisoire à l’esprit que vous allez élaborer à partir d’un travail exploratoire fait de lectures, d’entretiens exploratoire. Ce travail exploratoire a pour but de prendre connaissance avec la pensée d’auteurs dont les recherches et les réflexions peuvent inspirer votre propre démarche, de mettre à jour les facettes du problème auxquelles vous n’avez pas pensé. Il vous faudra ensuite traduire ces idées et ces perspectives nouvelles dans un langage et sous des formes qui les rendent propres à guider le travail de collecte des données d’observation.
La construction intellectuelle des instruments de recherche : hypothèses et concepts
L’objet est construit : un fait ne devient scientifique que par une intervention de chercheur. Le chercheur doit sélectionner les parties de la réalité qu’il va observer. Mais pour ce faire, il doit formuler des hypothèses de recherche, en relation avec la définition de l’objet de la recherche. C’est se poser les questions qui vont orienter l’observation. Mais il faut garder à l’esprit le fait que ces définitions ont un caractère provisoire puisqu’on ne peut donner de définition rigoureuse qu’à la fin de la recherche.


  • Les hypothèses


Elles sont construites en vue de l’épreuve expérimentale : on interroge le réel par l’intermédiaire d’hypothèses formulées en référence à une théorie. Une hypothèse est une proposition qui anticipe une relation entre deux termes qui peuvent être selon les cas des phénomènes ou des concepts :


  • 1ère forme : l’hypothèse se présente comme l’anticipation d’une relation entre un phénomène et un concept capable d’en rendre compte.

  • 2ème forme : l’hypothèse se présente comme l’anticipation d’une relation entre 2 concepts entre les 2 types de phénomènes qu’ils désignent.


L’hypothèse traduit l’esprit de découverte caractérisant le travail scientifique : le chercheur pense que c’est dans cette direction qu’il faut chercher, cette piste là vaut la peine d’être étudiée. Donc l’hypothèse sert de fil conducteur. Elles se présentent comme des critères de sélection des données et les hypothèses sont confrontées à ces données : aller/retour entre réflexion théorique et travail empirique.
Une hypothèse est une présomption, une réponse provisoire à une question. Cela suppose que la question centrale de la recherche soit bien précisée.
Une hypothèse doit être falsifiable : être testée indéfiniment et avoir un caractère général et elle doit accepter des énoncés contraires théoriquement susceptibles d’être vérifiés.


  • Le concept


Le concept organise la réalité en retenant les caractères distinctifs, significatifs des phénomènes. Le concept guide le chercheur en lui procurant un point de vue. C’est un outil, un moyen de désigner par abstraction, d’imaginer ce qui n’est pas directement perceptible.
Ex : Ce sont les concepts de mouvement, d’engrenage qui permettent de comprendre sans le voir le fonctionnement d’une montre.
Le concept sert à organiser, prévoir, guider, désigner, prévoir. C’est une abstraction, ce n’est pas le phénomène lui-même. L’ambiguïté du langage commun impose la nécessité de définir les concepts.
Ex : le concept de culture n’a pas le même sens pour un anthropologue que pour un romancier ou un agriculteur.


  • La construction du concept


Pour lutter contre l’emploi de concepts flous, il faut apprendre à les construire de façon rigoureuse.
Cf. Lazarsfeld  (sur le militantisme politique) définit 4 étapes dans la construction des concepts :


  • représentation du concept : perception intuitive

    • le militantisme dans un parti implique un comportement actif différent de l’adhérent ou du dirigeant

  • spécification du concept : on détermine les éléments constitutifs, les composantes, les dimensions

    • l’activité du militant se traduit par des activités à l’intérieur du parti et à l’extérieur : donc 2 dimensions du militantisme

  • choix des indicateurs des faits observables : un indicateur est une donnée observable, la présence ou l’absence de tel attribut dans la réalité étudiée, c’est un ensemble de critères

    • sur la dimension militante, indicateurs comme la participation aux réunions, tenue de permanences, rédaction de tracts…

  • construction d’indices : synthèse des informations fournies par les indicateurs


Rq : certains concepts sont plus complexes et se divisent en composantes, ayant chacune leurs indicateurs.


  • Elias et la configuration


N. Elias (1897-1990) est surtout connu pour sa sociologie historique sur le processus de civilisation.
C’est la critique de l’opposition classique entre individus et société qui apparaît comme l’un des fils conducteurs des travaux d’Elias. Il n’envisage la société ni comme la simple agrégation des unités individuelles (individualisme méthodologique) ni comme un ensemble indépendant des actions individuelles (holisme).
N. Elias considère que l’objet propre de la sociologie ce sont les individus interdépendants. Cette notion d’interdépendance occupe une place centrale dans le dispositif théorique d’Elias. La notion d’interdépendance est explicitée à travers une analogie avec le jeu.
La société est envisagée comme le tissu mouvant et changeant des multiples dépendances réciproques qui lient les individus les uns avec les autres.
La société est composée de multiples dépendances réciproques qui lient les individus les uns avec les autres donc le tissu social est traversé par de nombreuses formes d’interrelations qui s’entrecroisent. Et il nomme « configuration » les formes spécifiques d’interdépendance qui relient les individus entre eux (ex : partie d’échecs, nation, relations internationales).

Ce qui différencie ces configurations pour Elias : c’est la longueur et la complexité des chaînes de relations réciproques qui associent les individus.
Rq : les individus n’ont pas forcément conscience ou l’expérience de ces dépendances, elles ne sont pas nécessairement égales et équilibrées mais elles sont surtout marquées pour Elias par l’inégalité, la domination et le pouvoir. Ce qui fait que chaque individu est plus ou moins (cela dépend de sa position, cf. Louis XIV et sa cour) par ces relations.
« Il y a un tissu d’interdépendance à l’intérieur duquel l’individu trouve une marge de choix individuel et qui en même temps impose des limites à sa liberté de choix ».
Donc ce qu’il faut déterminer c’est le degré d’autonomie (et donc de dépendance) de chaque acteur dans chaque cas par une analyse sociologique concrète.
Ex : les chaînes d’interdépendance se sont allongées dans nos sociétés modernes : chaque individu se trouve à la croisée d’un plus grand nombre de réseaux d’interrelations.
Apport d’Elias : a substitué la notion de configuration à celle de système qui présente l’avantage d’être une entité moins complètement fermée. Il s’agit d’interrelations entre des actions individuelles et non pas des relations à sens unique (l’interrelation entre des éléments a souvent été pensée en sciences sociales à travers la notion de système et généralement on accorde trop de cohérence et de stabilité à la notion de système : un système a des frontières et est séparé des autres systèmes).


  • Bourdieu : le champ


Bourdieu insiste sur la double dimension construite et objective de la réalité sociale (même si une certaine primauté est accordée aux structures objectives). Principe réaffirmé de la nécessité de la rupture épistémologique mais la démarche de Bourdieu est plus complexe qu’une simple dichotomie entre connaissance savante et connaissance ordinaire.
Mécanisme principal de production du monde social chez Bourdieu : la rencontre de l’habitus « l’histoire faite corps », sous la forme de système de dispositions durables et du champ « l’histoire faite chose » sous forme d’institutions. Double mouvement constructiviste d’intériorisation de l’extérieur et d’extériorisation de l’intérieur.
Habitus : structures sociales de notre subjectivité qui se constituent au travers de nos 1ères expériences (habitus primaire) et de notre vie d’adulte (habitus secondaire). Il le définit plus précisément qu’Elias comme un « système de dispositions durables et transposables ». C’est la façon dont les structures sociales s’impriment dans nos têtes et dans nos corps par intériorisation de l’extériorité.
Mais l’habitus n’est pas un simple reproducteur des structures sociales dont il est le produit : il est amené à apporté de multiples réponses aux diverses situations rencontrées à partir d’un ensemble limité de schèmes d’action et de pensée. Donc : il est reproduit quand il est confronté à des situations habituelles et il est conduit à innover quand il se trouve face à des situations inédites.
« Le champ est une sphère de la vie sociale qui s’est progressivement autonomisée à travers l’histoire autour de relations sociales, d’enjeux et de ressources propres, différents de ceux des autres champs » (Corcuff, p. 34).
Chaque champ est :


  • un champ de forces : marqué par une distribution inégale des ressources d’où rapport de forces entre dominants et dominés pour le conserver ou le transformer

  • un champ de luttes : les agents sociaux s’affrontent pour conserver ou transformer ce rapport de forces


Rq : la définition même du champ et la délimitation de ses frontières peut être en jeu dans les luttes (différent de la notion de système qui est plus fermé). Chaque champ est marqué par des relations de concurrence entre les agents même si la participation au jeu suppose un minimum d’accord sur l’existence du champ.

Chaque champ est caractérisé par des mécanismes spécifiques de capitalisation des ressources légitimes propres :

  • pluralité de capitaux (différent de Marx où il n’y a que le capital économique) : culturel, politique….

pas de représentation unidimensionnelle de l’espace social (vision économique du capitalisme chez les marxistes : l’ensemble de la société est pensée autour d’une vision économique du capitalisme) mais représentation pluridimensionnelle : l’espace social est composé d’une pluralité de champs autonomes, définissant chacun des modes spécifiques de domination.


  • Weber : l’idéal-type


Weber élabore une méthode spécifique fondée sur 3 étapes :

  • la compréhension de l’action sociale des individus et neutralité axiologique

  • l’interprétation

  • l’explication


Interprétation et construction de l’idéal-type : principale fonction de l’idéal-type est de favoriser l’interprétation de la réalité. C’est une construction abstraite, un outil conceptuel de la compréhension causale, un modèle. C’est un guide d’élaboration des hypothèses : c’est un ensemble de concepts intégrés indispensables pour saisir le réel. Il sert à découper le réel, à sélectionner une pluralité de phénomènes isolés et à les ordonner en fonction d’un ou plusieurs points de vue.
« il n’est pas lui-même une « hypothèse », mais il cherche à guider l’élaboration des hypothèses. De l’autre côté, il n’est pas un exposé du réel, mais se propose de doter l’exposé de moyens d’expression univoques » (Essai sur la théorie de la science).
Ce n’est pas une hypothèse ni une description de la réalité parce qu’il ne retient que quelques aspects de celle-ci. Le concept permet de saisir une qualité commune à partir de différences particulières et il doit sa précision à la sélection, à la limitation qu’il impose. Donc : il n’exprime pas la totalité de la réalité mais seulement son aspect significatif. Mais à la différence du concept, il ne retient pas les caractères les plus généraux, ceux que l’on retrouve régulièrement et qui correspondraient à la simple notion de type. Le qualificatif idéal implique autre chose : l’aspect original retenu dans chaque phénomène dégage ce qui individualise non ce qui rapproche ou normalise.
« On obtient un idéal-type en accentuant unilatéralement un ou plusieurs points de vue et en enchaînant une multitude de phénomènes, donnés isolément, diffus et discrets, que l’on trouve tantôt en grand nombre, tantôt en petit nombre et par endroits pas du tout, qu’on ordonne selon les précédents points de vue choisis unilatéralement, pour former un tableau de pensée homogène ».
Pour M. Weber, le type idéal se différencie du concept parce qu’il ne se contente pas de sélectionner la réalité mais il ajoute aussi à la réalité donc le rôle du sociologue consiste à étendre certaines qualités, à accentuer certains aspects.
On ne peut pas accéder à La Vérité, le savant ne peut saisir que des vérités partielles donc l’idéal-type n’exprime que l’aspect qualitatif de la réalité qu’il accentue. Pas de représentations exactes de la réalité mais exagération de certains traits de la réalité (singularités typiques) qui sont sélectionnés par un rapport aux valeurs.
Difficultés : plusieurs acceptions à la notion d’idéal-type :

  • idéaux-types d’individus historiques : le capitalisme, la ville d’Occident

  • idéaux-types désignant des éléments abstraits de la réalité historique qu’on retrouve dans un grand nombre de circonstances : la bureaucratie, la féodalité, la domination



M. Weber les a utilisé pour :

  • la sociologie de l’action : types de rationalité

  • la sociologie économique : types de capitalisme

  • la sociologie des religions : types de religiosité et types de communalisation

  • la sociologie politique : types de domination


La domination charismatique : s’explique par les qualités extraordinaire d’une personne « doué de forces ou de caractères surnaturels ou surhumains ». C’est un type de domination dépourvu de toute direction administrative. Des cas de transformation du pouvoir charismatique en domination traditionnelle ou en bureaucratisation existent dans l’histoire mais il n’existe pas de loi unique dans l’histoire.
La domination traditionnelle : ce type est incompatible avec les sociétés modernes. Elle s’appuie et elle est admise « sur le caractère sacré de dispositions transmises par le temps ». Ce pouvoir est exprimé par la puissance patrimoniale du seigneur qui contrôle son administration en entretenant des serviteurs (rémunération en nature ou en fief).
La domination légale-rationnelle : fondée sur la croyance en la légalité des règlements et des titres de ceux qui les exercent. La légitimité tend à se confondre avec la légalité. L’administration moderne représente la forme idéale-typique de la domination légale-rationnelle
L’idéal-type sert à atteindre l’aspect original de chaque phénomène pour en faciliter la mise en relation causale.


  • Explication et imputation causale : établir des chaînes de causalité entre les évènements. Par une opération mentale, on accomplit des variations imaginaires « pour déterminer les relations causales réelles, nous en construisons d’irréelles ».



Causalité et notion de valeur : Pour chercher les causes des évènements en sociologie il faut sélectionner les faits les plus significatifs. Il propose de remplacer l’expérimentation par la modification imaginaire des évènements. Le rapport de valeur exerce son influence à différentes étapes de la recherche :

  • il détermine le choix du sujet en fonction de l’intérêt porté par le sociologue

  • il permet de sélectionner les faits en fonction de leur signification

  • permet d’orienter la recherche des liens de causalité

Le sociologue doit être conscient de ses valeurs mais pas les groupes sociaux donc il faut étudier ce qu’ils disent, ce qu’ils croient mais aussi leur comportement réel.

Donc : la notion de valeur qui est subjective au départ doit être étudiée de manière objective.
Fonction du type-idéal : rendre la comparaison entre les idées et la réalité possible. Mais on ne garde que ce qui paraît caractéristique. On peut définir le type-idéal comme une « image mentale » obtenue non par généralisation des traits communs à tous les individus.


  • Les catégories


La catégorie est utilisée dans un but de classification. Ex des catégories socio-progfessionnelles.
Ex : Malinowski : il s’interroge sur la manière de classer les différentes formes de dons chez les Argonautes du pacifique Occidental (Tobriandais) : dons, paiements et transactions. Donc il énonce les règles de la construction de l’objet scientifique.
Il faut éviter d’introduire dans la description des catégories factices dictées par notre propre terminologie et nos propres critères « Rien n’est plus trompeur dans les comptes-rendus ethnographiques que la description des faits, des civilisations primitives, à l’aide de termes adaptés au monde qui est nôtre ». La terminologie indigène est un moyen de parvenir à ce résultat mais ce n’est pas « un raccourci miraculeux » parce qu’il existe au niveau des institutions et des comportements des « principes de classement » inconscients.

Donc le travail de l’ethnologue est de les dégager pour contrôler la classification proposée spontanément par la langue indigène.
L’ethnologue doit décrire concrètement les comportements pour ne pas être victime des catégories spontanées du langage (celui de l’ethnologue ou le langage indigène).


  • La fausse neutralité des techniques


Il faut toujours se demander par rapport à une technique, ce que cette technique nous dit dans les conditions dans lesquelles elle a été employée et être conscient des limites de cet outil.
La neutralité scientifique c’est aussi être conscient des limites en elles-mêmes des techniques employées. La situation d’entretien par questionnaire est une situation fictive et forcée d’où l’importance des questions que l’on pose.
C’est le substitut d’une expérimentation souvent impossible dans les faits qui permet de confronter à la réalité les conséquences dégagées par l’expérience mentale.

Chapitre 5 : La pratique scientifique (1) :

l’observation, approche ethnologique et anthropologique

La définition provisoire est un instrument permettant d’initier un processus de rupture.

    • l’objet était conquis : rupture, objectivation [objectivation participante et socio-analyse], objectivation du sujet objectivant

    • il était également construit.

    • la construction de l’objet est un point essentiel de la recherche mais il est aussi le plus difficile à réaliser car il n’existe de mode d’emploi propre.

    • un objet de recherche ne peut être défini et construit qu’en fonction d’une problématique théorique.

  • les sciences sociales disposent d'instruments de recherche (concept, hypothèses, catégories) construits intellectuellement (ex : Elias, Bourdieu) ou socialement (les CSP) qui sont autant de grilles de lecture pour appréhender la réalité.


L’hypothèse est formulée en vue de l’étape expérimentale. Entre cette construction intellectuelle (la formulation de l’hypothèse, la détermination et définition du concept) et l’étape du terrain, intervient le choix d’une technique de recherche (schéma).


  • Dans le cadre de votre mémoire et compte tenu de son objectif et du temps dont vous disposez, vous devez vous contenter en principe d’une seule technique d’enquête que vous justifierez (sur les conditions de votre travail).


L’observation est fondée sur un contact direct et immédiat du chercheur avec la réalité qu’il veut étudier.
On peut définir l’observation de deux façons :


    1. Au sens large : l’observation comprend l’ensemble des opérations par lesquelles le modèle d’analyse que vous avez déterminé (question de départ et définition provisoire, hypothèses, concepts, théorie de référence) va être confronté aux faits et données observables. C’est une étape intermédiaire entre la construction des concepts et hypothèses et l’analyse des données du terrain choisi. Pour recueillir les données vous pouvez utiliser plusieurs outils : entretiens, questionnaires, statistiques, documents officiels…



    2. Le chercheur n’est pas sur le terrain directement, il examine et commente. Il peut éventuellement se rendre sur les lieux, dans le milieu social qu’il veut étudier dans un laps de temps court, en menant des entretiens mais sans pour autant assister de manière prolongée et systématique aux évènements s’y déroulant. Cette forme renvoie le plus souvent à une forme de préenquête rapide avant l’entretien ou le questionnaire.




  • Au sens strict : l’observation est identifiée à l’enquête de terrain, héritage de l’ethnographie française ou du « field work » dans la tradition anthropologique anglaise. L’observation est dans ce cas une présence systématique et souvent prolongée dans le lieu de l’enquête, au sein d’un groupe social par exemple. Les données sont recueillies par un chercheur ou une équipe de chercheurs. Ces données sont recueillies soit :

  • Auprès de personnes en utilisant des procédures dites « réactives » (entretiens) ou « non réactives » (observation des lieux, évènements, propos tenus….)

  • En consultant toute forme de documentation écrite comme les données administratives (registres d’état civil, archives…)

Ce type d’observation donne lieu à des monographies (ex : dans les années 60, les études des villages résistant aux transformations dues à l’exode rural)
Lors d’une présence prolongée sur le terrain, le chercheur se trouve mêlé à une situation sociale qu’il enregistre, interroge et analyse mais il ne doit pas la modifier.
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