Chapitre I : Introduction





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Texte de Laplantine



L’ethnographie ne consiste pas dans la collecte une grande quantité d’informations mais à s’imprégner soi-même des thèmes de la société que l’on étudie. C’est une immersion totale, une intériorisation, une « observation directe des comportements humains à partir d’une relation humaine ».
Méthode inductive car collecte d’information mais il faut « s’imprégner soi-même des thèmes obsessionnels d’une société, de ses idéaux et de ses angoisses ». « L’ethnographe doit être capable de vivre en lui la tendance principale de la culture étudiée ».
Immersion totale, acculturation à l’envers : comprendre les manifestations extérieures (Durkheim) et les significations que donnent les individus de leurs comportements. L’ethnologue doit percevoir du dedans la société étudiée et mettre en évidence ce qui échappe aux acteurs sociaux.
Différence avec la sociologie : le rapport à l’objet, pas de stricte programmation de l’enquête mais errance, essais avortés dont le chercheur doit tenir compte.
L’ethnologie est une approche microsociologique, étude des groupes sociaux qui sont à l’extérieur de la société globale. On doit tenir compte de tout et tout phénomène doit être relié à la société dans laquelle il s’insère, en rendre compte dans la mutidimensionnalité de ses aspects.
L’observateur doit s’intégrer lui-même dans le champ de son observation. Il ne faut pas dissocier celui qui observe de celui qui est observé : « nous ne sommes jamais des témoins objectifs observant des objets mais des sujets observant d’autres sujets » : l’ethnographe perturbe une situation et il est perturbé lui-même, interaction entre les deux et « ce que vit le chercheur dans sa relation à ses interlocuteurs fait partie intégrante de sa recherche ».
Donc : l’observateur doit se prémunir contre l’ethnocentrisme, mais la subjectivité fait partie de sa recherche. On ne peut pas construire un objet d’observation indépendamment de l’observateur lui-même.

I - L’observation directe



Vous devez toujours lier observation directe et travail de terrain dans le but de collecter des informations.
L’observation est souvent opposée au questionnaire : le questionnaire recueille des réponses verbales qui constituent des opinions ou qui restituent des actes. Mais il peut y avoir une opposition entre les déclaration des personnes et leurs actes. La personne interrogée peut formuler des réponses qui sont contraires à son comportement habituel ou se sentir obligée d’adopter des vues conformes à ce qu’elle croit être l’attente de l’enquêteur ou convenir à l’opinion admise à cette époque.
L'observation directe pressent des actes.

A – Définition



« L’observation directe consiste à être le témoin des comportements sociaux d’individus ou de groupes dans les lieux mêmes de leurs activités ou de leurs résidences sans en modifier le déroulement ordinaire. Elle a pour objet le recueil et l’enregistrement de toutes les composantes de la vie sociale s’offrant à la perception de ce témoin particulier qu’est l’observateur » (Peretz, p. 14).


  • Beaud (S) et Pialoux (Michel), Retour sur la condition ouvrière


Les deux chercheurs côtoient et étudient les personnes, sont témoins de leurs actions, écoutent leurs échanges verbaux, analysent les supports écrits (tracts, journaux d’entreprise…). Les chercheurs nous expliquent également les différentes techniques qu’ils ont employées et les limites de ces dernières par exemple ils montrent combien ils sont conscients de la relations enquêteur/enquêtés.
Ce texte est très pédagogique sur la manière dont a été construite la recherche sur le terrain et hors du terrain…

Dans l’introduction de votre mémoire de recherche il faut vous astreindre à évoquer d’une manière précise tous les aspects méthodologiques (construction de l’objet et définition provisoire, les hypothèses, les concepts, votre terrain, votre période d’étude, votre technique, les obstacles rencontrées, les limites des techniques que vous employez…et tout doit être justifié à chaque fois)
On peut distinguer 2 types d’observation :


  • l’observation externe : situation dans laquelle le chercheur n’appartient pas au milieu étudié

  • l’observation interne : le chercheur appartient au milieu observé


Lorsque le chercheur appartient au milieu étudié, on parle d’observation interne : ce sont les acteurs qui étudient leur propre milieu pour le compte d’observateurs externes au groupe. Cela permet une certaine efficacité parce qu’ils peuvent avoir accès à des informations sans susciter la méfiance ou qui seraient inaccessibles à un observateur étranger. Cela permet de connaître le phénomène étudié de l’intérieur, il n’y a pas de risque de perturbation ni d’artificialité. Mais les observateurs ne disposent pas de toutes les compétences nécessaires, risque de partialité et de déformation des faits (favorable/défavorable).
Lorsque le chercheur n’appartient pas au milieu étudié :
Avantages :


  • compétence des chercheurs

  • garantie de validité et d’objectivité car distance entre le chercheur et l’objet étudié

Limites :


  • risque de comportements artificiels, l’observation perturbe la réalité

  • lacunes car difficultés pour un observateur étranger d’accéder à certains aspects de la réalité (méfiance, méconnaissance)

  • observation qui peut rester superficielle


Le chercheur peut décider de rester extérieur au phénomène étudié, il ne participe pas aux activités du groupe. Son observation peut être avouée ou clandestine.
L’observation participante : l’observateur, étranger au milieu étudié, devient acteur de la réalité étudiée. Technique dérivée des procédés ethnologiques. Cela permet au chercheur de comprendre en profondeur les phénomènes observés.


  • On entend par observation participante le travail de terrain dans son ensemble depuis l’arrivée du chercheur sur le terrain (quand il commence à négocier son travail, son accès) jusqu’au moment où il le quitte.

  • L’observateur doit commencer par gagner la confiance des membres du groupe qu’il va étudier et s’intégrer dans leur vie quotidienne. Ce qui requiert de grandes qualités d’adaptation, de patience et d’intuition.

  • Ce type d’observation est particulièrement intéressante lorsque l’on veut étudier la vie sociale dans sa durée, dans ses aspects les plus complexes, cachés, quotidiens.


Avantages :


  • les acteurs tendent à oublier la présence de l’observateur (ce qui diminue les risques d’artificialité)

  • cela permet une observation plus complète de la réalité parce que l’observateur a accès à des informations plus profondes

  • le chercheur du fait de son imbrication avec le milieu observé peut mieux percevoir la signification réelle des faits collectés


Limites :


  • risque d’une vision partielle de la réalité et de comportements artificiels

  • en cas de tensions ou de conflits le chercheur peut hésiter entre son rôle d’observateur ou de participant

  • l’intégration peut compromettre l’objectivité du chercheur et modifier son regard sur les phénomènes étudiés, et provoquer des réactions de sympathie/antipathie


Etude de Laurence Wylie : Peyrane un village du Vaucluse, 1957.
Il va y vivre pendant un an avec sa famille. Son problème a été de s’intégrer au village, d’y trouver sa place et une fonction. Il enseigne l’anglais aux enfants de l’école primaire et s’improvise photographe du village. Et c’est par cette activité informelle qu’il va obtenir les informations recherchées.
L’observateur doit se présenter : dévoiler son identité professionnelle et annoncer la finalité de sa recherche. Il peut également ne rien dire, l’observation masquée a notamment été utilisée par des auteurs travaillant sur le travail immigré, le F.N….
Dans ce cas, l’observateur travaillera dans la clandestinité mais il ne peut pas prendre ouvertement de notes, ni recueillir d’informations complémentaires auprès des personnes. Cela présente un certain risque pour l’observateur s’il est démasqué et cela pose des problèmes de morale et d’éthique.
L’observateur peut travailler ouvertement en pénétrant un groupe après avoir obtenu l’accord des personnes concernées.
Par exemple, l’observateur travaillant dans une organisation sociale dans laquelle il a été accepté peut prendre des notes, circuler librement, consulter les documents mais ce type d’observation lui impose un certain nombre de contraintes formelles dont il doit se défaire pour mieux observer ce qu’on peut vouloir lui cacher.

Avantages :


  • permet une observation plus complète de la réalité

  • donne au chercheur l’accès à des informations qu’il aurait ignorées s’il s’était tenu à des contacts superficiels

  • permet une connaissance approfondie car le chercheur peut mieux percevoir la signification réelle des faits collectés


Limites :


  • quelque soit le degré d’intégration de l’observateur, sa présence peut provoquer des comportements artificiels

  • l’intégration peut également compromettre l’objectivité du chercheur étant contraint par son statut de participant de prendre position en cas de conflits ou de tensions



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