Chapitre I : Introduction





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I – La préparation des entretiens



Pourquoi recourir à cette technique ? Comment préparer un entretien ?

A – Le choix de l'enquête par entretien



Le choix de l’entretien comme mode de recueil des données n’est pas innocent. Quel type de données se propose-t-on de collecter et par rapport à quel objet de recherche ?


  • Différentes utilisations de l’entretien et adéquation à l’objet de recherche


La méthode de l'entretien peut être utilisée à des fins différentes dans le cadre d'une enquête.
L'entretien peut avoir une fonction exclusivement exploratoire :


      1. Il préfigure alors une enquête par questionnaire ou par entretiens approfondis.

      2. Les entretiens exploratoires demeurent superficiels, ils sont généraux, non directifs.

      3. Ils visent à enrichir la problématique, compléter les pistes de travail suggérées par la recherche documentaire.


L'entretien peut également avoir un rôle complémentaire :
Selon que l’enquête par entretiens est postérieure, parallèle ou corrélative à d'autres moyens d'enquête, elle :


      1. enrichit la compréhension des données,

      2. les complète et contribue à leur interprétation.



Voir texte de S. Beaud : l’entretien apporte un plus à l’observation, l’entretien approfondi est lié à l’approche ethnographique : des entretiens approfondis et répétés permettraient de pallier les difficultés d’entrée dans un milieu pour l’observer directement. Dans cette optique, l’entretien est un mode d’observation indirecte puisqu’il permet de recueillir des informations préalablement intériorisées par le sujet.
L'enquête par entretien peut constituer le mode principal de collecte d'informations.
Les différentes interviews s'enrichissent les unes des autres, elles doivent alors être en nombre suffisant.
Texte de Samy Cohen : Face à une documentation pauvre sur son objet de recherche, il choisit de procéder à des entretiens. Il fait également la distinction entre entretiens exploratoires et entretiens à proprement dits, ses entretiens exploratoires lui permettent une meilleure maîtrise des entretiens ultérieurs.
Retenez que :
L’entretien est fonction de ce que l’on cherche : les entretiens peuvent porter sur les représentations et sur les pratiques. Ce type d’enquête vise l’étude d’un système (les pratiques elles-mêmes et ce qui les relie : idéologies, symboles…). Les entretiens sont alors centrés à la fois sur les conceptions des acteurs et sur les descriptions des pratiques. On s’intéresse aux expériences vécues des individus et aux logiques subjectives, aux modes de pensée des interviewés.
L'enquête par entretien s’intéresse davantage aux processus, au sens des actions, il restitue mieux l’intégralité et l’originalité des représentations ou pratiques de l’interviewé : il met en évidence, à travers l'information produite, le contexte social, psychologique, idéologique de l'interviewé.
L'entretien est une technique plus flexible que d'autres, il permet de respecter le propre cadre de référence des interlocuteurs: leur langage, leurs catégories mentales.
Texte de J. Siméant sur l’humanitaire :


  • pertinence de la méthode par entretien par rapport au milieu étudié

  • problème du manque d’archives d’où les entretiens

  • problème de l’humanitaire face à cette méthode : c’est un domaine d’action d’où problème de déroulement et discours recueillis sur l’action

  • compatibilité avec l’action militante

  • on peut penser à la pertinence de l’observation participante


Texte de S. Cohen :


  • l’entretien est la source principale d’information car difficultés de disposer des sources écrites

  • 2 types d’entretiens : exploratoires pour mieux connaître le milieu et entretiens proprement dits


Texte de S. Beaud :


  • la relation enquêteur/enquêté a du mal à se substituer à la relation entre collègues


Des qualités indispensables
Si la méthode utilisée doit être en adéquation avec l'objet de la recherche, elle nécessite des qualités particulières, un certain sens de la communication.
L'entretien est une méthode multidimensionnelle dans la mesure où il ne se réduit pas à une production verbale mais implique une attitude, un comportement particulier des interlocuteurs. L'entretien peut paraître simple au premier abord, or sa pratique nécessite des qualités d’écoute, une ouverture, une sensibilité et beaucoup de patience.
B – Les différents types d’entretiens
Vous trouverez dans les manuels plusieurs typologies d’entretiens.
Les formes d’entretiens peuvent être classifiées en combinant deux critères :


  • le niveau de profondeur de l’entretien (profond/superficiel)

  • le degré de liberté dont disposent l’enquêté et l’enquêteur.


L’entretien clinique
L’entretien est centré sur le sujet, sur l’interviewé, ses préoccupations, ses émotions… Le degré de liberté est très élevé, c’est le sujet qui fixe ce dont il va parler, les thèmes abordés spontanément. Tout ce que le sujet va dire sera considéré comme important.
L’entretien en profondeur
Il s’agit d’aller au fond de certains aspects particulièrement significatifs pour le chercheur.
Le degré de liberté est assez réduit : c’est l’enquêteur qui fixe les thèmes dont il faut parler et la façon de les aborder. Le degré de profondeur est assez élevé : chaque thème est étudié à fond.
L’entretien centré
Discussion assez peu structurée mais centrée sur un sujet précis et bien délimité. Le degré de liberté est élevé aussi bien pour l’interviewer que l’interviewé. Il suffit d’avoir un thème préalable et s’assurer que l’un et l’autre ne dévient pas.
On appelle ce type d’entretien « entretien exploratoire » : il consiste à explorer, à se faire une idée, voir ce que les personnes questionnées ont à dire sur le thème en particulier (il sert souvent à préparer les hypothèses de recherche).
L’entretien non directif
Ce type d’entretien s’apparente au précédent mais il y a un thème central et des sous-thèmes déterminés à l’avance. Ce type d’entretien est un peu plus structuré et le degré de liberté un peu plus réduit. On y recourt pour une recherche d’information complémentaire de niveau assez général.
L’entretien semi directif 
Il se rapproche du précédent mais le degré de liberté est plus réduit. L’interrogé aura à répondre le plus directement possible à des questions précises (mais qui restent tout de même assez larges). Il ne doit pas dévier du cadre de chaque question. Le but recherché est de s’informer mais en même temps de vérifier à l’aide de questions, des points particuliers liés à certaines hypothèses préétablies.
L’entretien directif
C’est le degré de liberté le plus réduit, c’est presque un questionnaire que l’on fait passer oralement. Toutes les questions sont prévues et non improvisées au fil de la discussion. Le but visé est la vérification d’information de points précis et le recueil d’éléments d’information de détail.
L’entretien direct/indirect
Il faut savoir que l’entretien se distingue aussi par la tournure des questions que l’on pose et le type de réponse qui est induit. On différencie l’entretien direct de l’indirect :

entretien direct : on pose une question précise (êtes vous timide ?), la réponse est oui ou non, elle ne nécessite pas de décodage ;

  • entretien indirect : question indirecte (prenez vous la parole en public facilement ?), la réponse ici nous dira indirectement si nous avons à faire un timide.

Ex : le vote : avez vous voté ? ou alors qu’avez vous fait ce dimanche ?
L’entretien compréhensif
Il s’agit dans certains cas de pousser les questions pour obtenir des réponses plus précises. Pour y parvenir il faut avoir recours à des relances et des dynamisations de la conversation (par exemple des rires). Jean Claude Kaufmann1 a le plus préconisé ce type d’entretien. Il refuse dans son ouvrage de figer sous forme d’instructions impératives la posture de l’enquêteur.
Pour lui l’entretien y est pensé comme une conversation, un échange peu contraint, ouverts aux aléas et à toutes les formes possibles de ruptures de ton. Les seuls conseils qu’il donne c’est d’alléger le travail de définition de l’objet, de partir du terrain pour construire ses hypothèses selon les principes de la grounded theory d’Anselm Strauss.
J.C Kaufmann, préconise l'emploi de la méthode empathique qui consiste à intégrer le système de valeurs d'un individu et y adhérer pour le faire parler.
Retenez que:
L'entretien non-directif se caractérise par une très grande liberté. L'enquêteur lance un thème de départ et ne fait rien d'autre que des relances. Il ne pose pas d'autres questions. Il laisse le discours prendre sa propre logique.
L'entretien semi-directif est une forme d'entretien beaucoup moins libre. Il y a une consigne de départ, un thème, mais l'enquêteur s'appuie sur une grille d'entretien définissant l'ensemble des thèmes sur lesquels il doit recueillir des informations

Remarque :
Edgar Morin distingue interview ouverte et interview fermée2 :
Interview ouverte : pas de questions, beaucoup de réponses, entretien long, importance de la relation enquêteur-enquêté, résultats difficiles à exploiter ;
Interview fermée : questions, réponses précises, possibilité d'établir un échantillon représentatif, on ne tient pas compte des relations enquêteur-enquêté, l'entretien est court. On peut utiliser la technique qualitative et traiter les informations obtenues de façon statistique (ex. : comptabiliser les mots d'un même champ lexical).
c - La conception de l'enquête par entretien
Un entretien se prépare même si bien sûr l'entretien autorise des réajustements ultérieurs au fur et à mesure que l'enquête progresse.
Population et échantillon
La population : "définir la population, c'est sélectionner les catégories de personnes que l'on veut interroger et à quel titre, déterminer les acteurs dont on estime qu'ils sont en position de produire des réponses aux questions que l'on se pose."1
La définition de la population s'inscrit dans la définition même de l'objet de la recherche.
Certaines caractéristiques peuvent être utilisées, mais les limites de la population interrogée sont surtout fixées en fonction de la problématique retenue et des hypothèses formulées. Une population concernée par la recherche est choisie en fonction de son statut d'informateur, chaque type de population est susceptible d'apporter des informations spécifiques.
L'échantillon : l’échantillon nécessaire à la réalisation d'une enquête par entretiens ne peut être comparé à celui requis pour une enquête par questionnaire.
L'échantillon ne se doit en aucune façon d'être représentatif. En effet, les informations issues des entretiens sont validées par le contexte et n'ont pas besoin de l'être par leur probabilité d'occurrence.
La sélection au sein de la population de référence dépend de plusieurs éléments :



      • le thème de l'enquête faiblement ou fortement multidimensionnel,

      • de la diversité des attitudes supposées par rapport au thème et,

      • enfin de moyens dont on dispose (temps et l’argent) : les facteurs matériels que sont le temps et l'argent définissent généralement le cadre géographique de l'échantillon à constituer.


La diversité des personnes interrogées est définie en fonction de variables liées au thème et supposées jouer un rôle important dans la structuration des réponses.
La constitution de l'échantillon est plus simple à déterminer en théorie qu'à réaliser en pratique car elle demeure dépendante de l'accès aux interviewés.
Le mode d'accès aux interviewés
Deux modes d'accès différents sont à la disposition de l'enquêteur : les modes d'accès directs et indirects.


  • modes d’accès directs : l'enquêteur recherche le contact directement par le porte à porte ou le face à face. Ils ne sont pas le fait d’un intermédiaire et leur efficacité peut être limitée par la distance sociale entre l'enquêteur et l'enquêté. On peut également utiliser des fichiers existants, pas seulement les listes électorales ou l'annuaire téléphonique mais les avis ou annonces publiés dans la presse ou encore des listes nominatives spécifiques (lauréats de concours, annuaires professionnels, etc.).




  • modes d’accès indirects : l'enquêteur passe par l'entremise de tiers institutionnels ou personnels (voir la séance sur l’observation). Ils ont l'avantage d'être plus contraignants pour les interviewés, ce qui augmente les probabilités de rencontre. La demande de l'enquêteur, qui est une demande de recherche, se double d'une demande amicale, sociale ou institutionnelle.


Deux types de démarches doivent être distinguées : la méthode de proche en proche et la méthode des informateurs


  • La méthode de proche en proche consiste à demander à un premier interviewé potentiel de désigner d'autres interviewés possibles et ainsi de faire la chaîne. Ce procédé n'est efficace que quand la probabilité de rencontrer les sujets choisis dans un réseau familier est suffisamment grande.




  • La méthode des informateurs : ce sont des personnes que l'on sait intégrées au coeur de réseaux sociaux plus vastes et en mesure d'indiquer le nom, l'adresse et le numéro de téléphone des personnes concernées par l'enquête. Les informateurs relais sont suffisamment au contact de la population choisie pour pouvoir ménager une introduction, mais en même temps assez distants pour que les répondants ne soient pas placés dans un rapport d'obligation. L'informateur recherche parmi ses connaissances une personne susceptible d'aider à la poursuite de la recherche. Une fois qu'il a contacté les personnes concernées, l'obtention d'un rendez-vous ne pose aucune difficulté.


Le recours à un intermédiaire facilite l'accès à une population spécifique, mais le biais essentiel réside dans les critères sur lesquels les informateurs relais se fondent pour désigner les interviewés. Les personnes rencontrées peuvent entraver davantage la recherche que la faire progresser. De ces premiers interviewés dépendent les prochaines réalisations des entretiens, or la chaîne des interviews suppose que l'image de l'interviewé-intermédiaire soit repérée pour assurer la réalisation des entretiens postérieurs.
Or la relation de l'intermédiaire avec l'interviewé potentiel doit être profonde pour instaurer un climat de confiance et une acceptation sans résistance. Un autre problème est susceptible de se poser, le poids de la relation intermédiaire/interviewé dans la relation d’entretien, les risques de censure de part et d’autre.
Les modes d'accès indirects restreignent la liberté de l'enquêteur dans le choix de ses interviewés. Une telle méthode multiplie les paramètres dont dépend déjà la recherche.
Si le recours à un intermédiaire peut accroître les probabilités de rencontre, il peut également retarder l'exécution des interviews proprement dite. La réalisation des entretiens n'est plus seulement conditionnée par l'emploi du temps de l'interviewé et celui de l'interviewer, elle dépend alors d'une troisième personne.
Texte de J. Siméant :
Elle aborde la population humanitaire, elle évoque le problème de l’échantillonnage : 2 catégories sont interviewées :


  • les personnes des sièges des organisations humanitaires

  • les actifs, ceux qui sont sur le terrain, au cœur de l’action


Texte de Bourdieu : importance du choix des personnes qui n’est pas innocent :


  • Nécessité d’une proximité sociale et d’une familiarité, d’une complicité

  • Ce qui suppose la délégation de l’enquête, façon originale d’avoir accès à ses interviewés

  • Mais problèmes de cette familiarité : socioanalyse à deux

  • Autre problème il faut quand même construire scientifiquement ce discours, recueillir un discours naturel ne suffit pas.

  • Avantages : éléments de complicité : même sexe, même statut social, même culture, etc.

  • Problème d’une trop grande proximité : l’enquêté impose son jeu à l’enquêteur


Texte de S. Beaud:
Milieu populaire : risque d’augmentation de la distance sociale / chercheur.
La question de l’élaboration du plan d'entretien
L'entretien de recherche se caractérise par une certaine liberté, fidèle à la notion de non directivité mais l'entretien doit consister en une semi-improvisation, dans la mesure où chaque entretien est une situation singulière, mais où tout entretien a pour but de produire des connaissances. Le plan d'entretien est une sorte de fil conducteur, il doit rester souple.
Le guide thématique
Le guide d'entretien contient les thèmes qu'il convient d'aborder avec l'interviewé dans l'optique de la problématique fixée et des hypothèses de travail préalablement définies. Les thèmes à explorer sont en étroite relation avec les hypothèses dégagées à la suite de la recherche documentaire.
La consigne de départ
C’est l’amorce de l'entretien : elle doit avoir été pensée préalablement et par rapport aux personnes interviewées.
La consigne choisie doit être générale afin de faire débuter l'interview mais ciblée dans le cadre de la problématique, afin d'éviter ambiguïtés et égarements.

Les stratégies d'intervention
Les relances se construisent au fur et à mesure de la réalisation des entretiens. Toutefois, on peut prévoir quelques consignes si tous les thèmes ne sont pas abordés spontanément, prévoir certaines réticences sur certains thèmes. Mais les relances proprement dites s'improvisent lors de la réalisation des entretiens.
Texte de S. Cohen :
Insiste le plus sur le guide d’entretien : il dispose d’un guide plus détaillé, élaboré à partir d’une bonne connaissance du monde interrogé par le biais de lectures effectuées de manière à cibler l’entretien sur ce que l’on cherche et à ne pas s’en écarter.
Texte de Bourdieu :
L’entretien requiert beaucoup d’écoute et d’attention, le risque d’un guide d’entretien trop détaillé est de rendre l’entretien artificiel.

La compréhension, c’est prendre l’interviewé dans sa totalité, avoir une disposition accueillante. Pour ne pas tomber dans la fabrication des opinions (questionnaire), ne pas figer l’entretien avec des questions toutes faites et respecter la large place accordée à l’interviewé dans l’utilisation d’une telle méthode.

II - La réalisation des entretiens de recherche



L'entretien dans sa réalisation déclenche un processus de communication, mais c'est un type de communication assez particulier dans la mesure où il est suscité et voulu d'un côté et plus ou moins accepté voire subi de l'autre. L'entretien de recherche passe par la maîtrise des différents paramètres de la situation sociale d'entretien et par le contrôle des effets de la relation interviewer/interviewé sur les résultats de l’entretien.


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