Chapitre I : Introduction





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A - Les paramètres de la situation d'entretien



L'environnement matériel et social


    • Le facteur temps



Le temps est extrêmement important pour un bon déroulement de l’entretien. Le choix de la tranche horaire de l'entretien est important, il faut notamment faire attention à la façon dont il s'inscrit dans la séquence des actions quotidiennes des interviewés. "L'influence de ce moment d'insertion temporelle de l'entretien dans la quotidienneté s'exerce à travers la contamination du discours par les représentations et actions précédentes"1.
L’entretien est une intrusion dans la quotidienneté des personnes interviewées. La date et l'heure d'un entretien doivent être choisies pour maximiser la disponibilité de l'interviewé.
L'enquêteur se trouve en situation de demandeur, situation qui ne lui permet guère de poser des exigences quant à la date et l'heure de l'interview.
Selon la position sociale des interviewés, le choix du rendez-vous relève plus de l’interviewé que de l’interviewer.
L'entretien en début de matinée évite l'influence d'un trop grand nombre d'événements le précédant, mais l'entretien réalisé au début de l'après-midi a l'avantage d'être plus décontracté, plus calme dans la mesure où il se situe dans la continuité de la pause du déjeuner. Il est important de choisir une tranche horaire assez large dans le cadre d'une journée dont l'emploi du temps n'est pas trop surchargé afin que des limites externes à l'entretien ne viennent perturber son déroulement. On a besoin de temps pour faire un entretien : une heure et demie, deux heures.

Le lieu
Le statut de demandeur de la rencontre commande au chercheur de réaliser l'entretien dans l'environnement familier des enquêtés. C’est l’enquêteur qui se déplace. Chaque lieu communique des significations qui sont susceptibles d'être mises en acte dans le discours de l'interviewé. Il n'est pas indifférent de réaliser un entretien dans un cadre professionnel ou dans un cadre plus personnel. La situation commande des rôles et des conduites spécifiques. La définition du lieu de l'entretien ne découle pas d'un choix particulier, mais de la logique de la démarche d'enquête.

Ces éléments doivent faire l’objet d’une observation particulière, ce sont des éléments qui interviennent dans l’interprétation de l’entretien et son analyse

Exemple : l’entretien dans le milieu professionnel



Le bureau instaure une distance entre les interlocuteurs, il porte les marques du pouvoir, du statut des individus. Il révèle les goûts d'une personne mais surtout les habitudes d'une organisation. Généralement, l'interviewé s'inscrit davantage dans un rôle professionnel facilitant la production d'un discours soutenu et maîtrisé sur des thèmes opératoires, mais dénués d'éléments personnels, un discours convenu, chacun des interlocuteurs jouant un rôle.
Les lieux qui encadrent la situation d'entretien ne sont pas innocents. Les entretiens peuvent se dérouler au domicile des interviewés. L'avantage d'un tel entretien est la décontraction qui caractérise la communication entre les interlocuteurs, sa plus grande simplicité.
L'interviewé a tendance à produire un discours plus long, peut-être plus sincère dans la mesure où il ne subit pas de pression professionnelle directe (coups de téléphone) ; le discours apparaît légèrement moins standardisé et l’observation du lieu apporte un certain nombre d’informations importantes.

Voir le texte de Stéphane Beaud..
Les positions occupées par les interlocuteurs sont un autre paramètre important de la situation sociale d'entretien, l'entretien peut se dérouler de part et d'autre d'un bureau, en face à face, 3/4 face etc. Les places sont essentiellement déterminées par les lieux et influent sur le type de discours (devant le bureau ou au salon). Selon les positions des interlocuteurs, une plus grande proximité est favorisée et par là-même la production d'un discours plus personnel, sincère et naturel. Attention au vocabulaire employé, choisi en fonction de l’interlocuteur.
La présence du dictaphone : entraîne une certaine réserve. La gestion de la relation enquêteur/enquêté doit tendre à le faire oublier.

La distribution des acteurs



La distribution des acteurs concerne les caractéristiques physiques et socio-économiques des interlocuteurs. De nombreuses études ont montré l'influence du sexe, de l'âge, de la catégorie socioprofessionnelle, de la référence culturelle, etc. des individus engagés dans la situation d'entretien.
Chacune de ces caractéristiques jouent sur la représentation que l'interviewé se fait de son rôle dans l'entretien. La similitude d'âge ou de sexe favorise une proximité entre les interviewés, le discours se fait plus souple, peut-être plus naturel. Ces similitudes confèrent à la relation interviewer/interviewé une plus grande égalité. Chacun possède ses propres repères et racines culturelles et l'interviewer n'en est pas dénué.
Le cadre contractuel de communication
Le cadre contractuel est dès les premiers contacts constitué par les représentations et les croyances mutuelles des interlocuteurs sur les enjeux et les objectifs du dialogue. Pour instaurer un cadre contractuel initial, l'interviewer est tenu d'informer l'interviewé sur un certain nombre d'éléments :


    • l'objectif de l'entretien,

    • le choix de la personne interviewée,

    • le mode de prise de contact,

    • l'enregistrement ou non de l'entretien,

    • les thèmes abordés et enfin le type d'acte demandé,


Dans la mesure où l'entretien est réalisé à la demande de l'interviewer, ce dernier est seul habilité à définir les conditions de l'entretien. On doit intégrer l’interviewé à la recherche.


Le cadre contractuel de communication vise à instaurer un climat de confiance, le rappel de l'intermédiaire et la présentation de la recherche vont dans ce sens. Il a aussi pour but de définir le cadre de l'entretien afin de le faire répondre aux objectifs de la recherche. Ces éléments définissent le rôle des interviewés et facilitent leur participation. L’enregistrement facilite le recueil des données, il est important mais il peut être refusé (avoir l’accord de l’interviewé, il est important de demander à l’interviewé s’il souhaite conserver l’anonymat).
Tous les textes soulignent l’importance du temps, l’attention portée au contexte et au type d’interlocuteur que l’on sollicite.
Le contexte doit faire l’objet d’une analyse détaillée, l’entretien n’est pas seulement un acte de parole : tout doit être pris en compte depuis la prise de contact jusqu’à l’entretien proprement dit, l’environnement a son importance, tous les bruits hors entretiens, les mimiques de l’interviewé, ses silences, son attitude. Le travail d’interprétation commence dès le début de l’entretien..
La relation de interviewer/interviewé est essentielle à restituer
Importance du milieu social, on doit s’atteler à réduire la distance. L’entretien est une relation sociale entre personnes différenciées (sexe, milieux sociaux…). Les enquêtés qui disposent d’un certain pouvoir social vont avoir tendance à imposer le lieu et l’horaire, ce qui impose des contraintes sur la relation enquêteur/enquêté.
L'écoute
La technique d'écoute est au coeur de la méthodologie de l'entretien. Le discours produit par l'interviewé n'est pas simplement enregistré, il fait l'objet d'une première analyse "immédiate" de la part de l'interviewer qui le replace dans le contexte problématisé de la recherche
A partir de l'écoute, l'enquêteur construit et prépare ses interventions. A travers une écoute attentive, l'interviewer est également capable de déceler les sentiments implicites de l'interviewé, il est en mesure d'apprécier si ceux-ci peuvent être exprimés explicitement sans son intervention.
Or un discours dont on ignore le contexte dans lequel il s'inscrit est difficilement interprétable. L'écoute permet de saisir les éléments tacites d'un discours, l'importance des silences et les variations dans le ton employé, autant d'éléments qui font partie de la situation d'entretien, importance de la gestuelle, du contexte.
Les stratégies d'intervention
Différents types d'intervention existent pour favoriser la production d'un discours :


  • La relance est une sorte de paraphrase ou de commentaire de l'énoncé précédent de l'interviewé.

  • La contradiction est un mode d'intervention qui contraint l'interviewé à soutenir l'argumentation de son discours. Attention aux effets de fermeture induits par ce type d’intervention.

  • Les questions externes sont utiles dans la mesure où elles brisent le silence propre à l'épuisement d'un thème pour en aborder un nouveau. Elles doivent être claires et précises, elles peuvent prendre une forme interrogative, préférez une forme moins brutale, par exemple : "j'aimerais que vous me parliez de..." ou « Comment se passe telle ou telle chose… »


Les relances :
Les relances constituent le mode d'intervention privilégié de l'entretien de recherche non directif. Elle prennent pour objet les dires antérieurs de l'interviewé.

    • Elles ne s'opposent pas aux arguments énoncés mais elles se coulent dans le discours.

    • Elles s'inscrivent dans le déroulement des énoncés des interviewés. Ce sont des actes réactifs.


3 types de relances peuvent être distingués, chacune des relances ayant des effets spécifiques sur les discours produits :


    • une réitération, c'est-à-dire que l'interviewer reprend en le répétant un point de vue énoncé par l'interviewé ;

    • une déclaration, c'est-à-dire que l'interviewer fait connaître son point de vue sur le discours de l'interviewé ;

    • une interrogation, c'est-à-dire que l'interviewer pose une question à l'interviewé.

Les types de relance de l'interviewer :


  • L'écho : l'intervention répète ou reformule un ou plusieurs énoncés référentiels du discours de l'interviewé ;

  • Le reflet : l'intervention répète ou reformule avec un préfixe modal un ou plusieurs énoncés du discours de l'interviewé ;

  • La compréhension : l'intervention vient ajouter un élément d'identification de la référence à l'énoncé précédent de l'interviewé. Ce sont soit des déductions partielles, soit des anticipations incertaines ;

  • L'interprétation : elle est la suggestion d'une attitude non explicite de l'interviewé ;

  • L'interrogation est la demande d’une précision.


Tout dépend de ce que l’on cherche.

L'utilisation des relances
Ces interventions qui consistent à répéter un contenu déjà exprimé par l'interviewé manifestent à la fois une confirmation d'écoute et une demande d'explication.
Plus spécifiquement, la réitération écho montre à l'interlocuteur que l'on a bien entendu et compris ce qui vient d'être dit, mais montre également que l'on tient à souligner l'importance de certains éléments par rapport à d'autres. Son usage systématique agace l'interlocuteur et conduit à une interview profondément artificielle. Par son caractère insistant, l'écho provoque des résistances ou soumissions.
Privilégiez la réitération reflet plus facile d'utilisation : elle permet de ne pas briser la linéarité du discours tout en demandant des précisions, des explications supplémentaires. Les préfixes utilisés, par exemple "vous dites que.." permet l'obtention d'un discours narratif, il s'agit de raconter des événements. Le préfixe "vous pensez que..." vise un discours plus informatif, des opinions, des représentations. Les préfixes soulignent une distance entre ce qui est pensé et ce qui est dit.
Une telle réitération permet l'obtention d'un discours plus nuancé. Il s'agit d'essayer d'obtenir un discours authentique, mais un usage systématique du reflet semblerait mettre en cause indirectement l'assurance de l'interviewé dans la croyance de ce qui l'énonce et risquerait de limiter son flux de paroles. La réitération reflet doit être réservée aux moments importants, un usage non abusif renforce son efficacité.
L'effet contrasté des déclarations
Les interventions en forme de déclarations sont une tentative pour aider l'interviewé à produire un discours plus complet et plus cohérent.


    • On propose une sorte de reformulation conclusive et généralisante qui montre que l’on a compris et qui confirme à l'interviewé l'intérêt de ce qu'il dit.

    • L'interviewer peut également avancer une déduction incertaine et hâtive pour que l'interviewé apporte un développement supplémentaire pour combler la lacune apparente.


Par l'interprétation, il s'agit de rendre explicites des sentiments perçus comme implicites, il s'agit d'adopter une attitude compréhensive. Il est nécessaire de ne pas en abuser. Dans le dernier cas, les interprétations peuvent instaurer une distance entre les interlocuteurs et inciter l'interviewé à se refermer sur lui-même ou à se soumettre à l’interprétation de l’interviewé.
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