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Lors des trois années d’étude en soins infirmiers, on nous a demandé de nous poser des questions, avoir une réflexion professionnelle sur les différentes situations vécues lors de ces études et plus particulièrement lors des différents stages de la formation.

Lors de tous ces différents stages, un certains nombre de situations m’ont interpellé. J’en ai surtout retenu une qui est le sujet de ce travail de fin d’étude. Ce sujet est donc la prise en charge des patients toxicomanes dans un service qui n’est pas spécifique pour ce style de patients. J’entends donc par ces mots, tous les services non psychiatriques spécifiques aux patients toxicomanes. On retrouve donc tous les services de médecine, de chirurgie, d’urgences, de réanimation… Dès que cette situation m’a interpellé pour une première fois, je suis devenue plus attentive à ces situations qui se sont répétées dans un grand nombre de services dans lesquels j’ai pu accroître mon expérience d’étudiante infirmière.
Cette prise en charge particulière est quelque fois un vrai problème au sein de ces services. Pour pouvoir avoir une recherche en soins infirmiers efficace, je me suis donc penchée sur la situation de départ que j’ai retranscrite dans ce travail pour qu’elle soit le plus claire et précise possible.
Suite à cette situation de départ, deux hypothèses se sont alors échappées.
Pour que le travail de recherche et d’analyse soit le plus professionnel possible. J’ai consulté la littérature traitant ce sujet, et je me suis donc documenté au près de EPICEA1, j’ai également eu l’occasion de passer une journée au sein du CITD2, afin de rencontrer des patients toxicomanes pour recueillir leur ressenti de leur hospitalisation dans des services de soins généraux. Ces rencontres avec ces patients m’ont permise de sonder sur l’utilité de ce travail de recherche. D’ailleurs, les personnes toxicomanes rencontrées m’ont avoué que ce serait utile pour aider les soignants des autres services.
A partir de là, j’ai donc apporté cadre à mon travail. Ce cadre explique ce qu’est une personne toxicomane, ce qu’est la toxicomanie, ainsi que les représentations possibles vis-à-vis de ces personnes.
Afin de vérifier les constats, les hypothèses et la concordance entre mon cadre et la réalité, j’ai décidé de créer un questionnaire afin de l’analyser de façon quantitative et qualitative. Dans ce questionnaire, on retrouve l’idée de difficultés, de craintes des soignants lors de prise en charge de patients toxicomanes.

L’OFDT3 estime entre 150000 et 180000 le nombre de toxicomanes en 2003, alors qu’ils n’étaient 80000 en 1987. Il nous informe que ce phénomène touche une population relativement jeune puisque l’âge d’entrer dans la toxicomanie est de 17 à 23 ans. L’intensité croissante de ce phénomène amène le personnel soignant à de constantes adaptations de la prise en charge.
Lors d’un stage de première année dans un service de traumatologie, j’ai pu observer les difficultés de l‘équipe soignante face à l’arrivée d’un patient toxicomane entré pour abcès au niveau du pli du coude.

Ce patient, comme dans beaucoup de service, était libre de se déplacer au sein du service et de ses contacts avec les autres patients. Néanmoins, cette liberté engendrait certaines craintes au sein de l’équipe. A plusieurs reprises les membres de celle-ci m’ont expliqué qu’il fallait veiller à toujours bien fermer la pharmacie ainsi que la salle de soin lorsque l’on n’était pas à proximité. Ces dires m’ont beaucoup interpellé et je n’en comprenais pas les raisons, certainement de par le fait que ce fut pour moi le premier contact avec une personne toxicomane au sein d’un hôpital général. Je me suis donc permise de demander une explication et ils m’ont expliqué qu’ils avaient déjà eu des problèmes de vols dans la pharmacie par un patient toxicomane. Ils m’ont également mise en garde quand au côté manipulateur de ces personnes.

Les inquiétudes des soignants face à ce patient se sont également manifestées vis-à-vis des soins à lui prodiguer de par les pathologies qu’il serait susceptible d’avoir (hépatite, HIV…). Néanmoins des moyens sont mis en place au sein des services afin de se protéger de tout risque de contamination. Ces craintes se sont également portées sur la façon d’aborder ce patient et sur la conduite à tenir face à un éventuel état de manque.

J’ai également pu constater à travers leurs dires (« ne restes pas trop longtemps dans la chambre on ne sait jamais », « voire ne fermes pas la porte », « essayes de ne pas aller seule dans la chambre pour faire ses soins »…) une certaine peur par rapport au comportement qu’il serait susceptible de manifester (agressivité, manipulation…)

La réaction de l’équipe, vis-à-vis de ce patient, a été de lui proposer une aide psychologique. Les premières questions qui lui ont été posées sont : Avez-vous un suivi extérieur régulier avec un médecin ? Et avec un psychologue ? Voulez vous qu’on en fasse appeler un pour qu’il vous aide à sortir du milieu de la drogue ? Mais la réponse à ces questions était celle attendu par l’équipe, m’ayant prévenu préalablement qu’ils avaient déjà tenté d’aider d’autres patients dans la même situation et que cela avait été un échec tout comme cette fois ci. En effet, le patient a refusé tout contact avec un psychologue, disant qu’il allait parfaitement bien mis à par la douleur liée à l’intervention, que c’était pour cela qu’il était hospitalisé et pour aucune autre raison. De ce fait, l’équipe a verbalisé le fait qu’elle était dépassée par la situation de ce patient et exprimait le besoin d’être aidé dans cette prise en charge.
Au travers de ce constat je me suis interrogée sur ce qui freine l’infirmière dans sa prise en charge d’un patient toxicomane dans un service générale afin que celle-ci soit optimale et holistique.

Afin de répondre à cette interrogation, j’ai émis les hypothèses suivante : les représentations de l’infirmière vis-à-vis des personnes toxicomanes influencent son soin ; ainsi que : le manque de connaissance de cette pathologie entrave la prise en charge de l’infirmière.


Au travers de mes stages et dans la vie de tous les jours, j’ai pu remarquer que la personne toxicomane est un sujet qui reste relativement floue pour beaucoup de personne dont le personnel soignant fait partie.

Afin de l’éclairer sur ce sujet, j’ai décidé de développer mon travail sur ce qu’est la toxicomanie et plus particulièrement sur la personne toxicomane en elle-même, puis sur les représentations que l’on a de ces personnes par un jeu de questions réponses dans un premier temps.

Dans un second temps, j’ai réalisé et diffusé un questionnaire destiné aux infirmiers4 dans la but de valider (ou non) mes hypothèses.

  1. Qu’est ce que la toxicomanie ? :


La toxicomanie : Selon l’Organisation mondiale pour la santé (OMS), la toxicomanie est le désir ou le besoin de consommer une substance licite ou illicite caractérisé par le besoin compulsif d’augmenter les doses afin d’obtenir le même effet ou afin d’éviter les effets du sevrage et par une dépendance psychologique et/ou physique au produit consommé.

La recherche d’un état second comme l’euphorie, l’anesthésie ou encore l’apaisement est la préoccupation première de la personne toxicomane afin de fuir la réalité du quotidien qui leur est difficile à accepter. La toxicomanie est une véritable souffrance que l’individu est incapable de contrôler.
La dépendance physique : C’est un état de l’organisme exigeant l’apport régulier d’une substance toxique. Cette dépendance associe la notion de tolérance au produit, c’est à dire le besoin d’augmenter les doses pour obtenir un même effet et la notion de syndrome d’abstinence lors de la privation5.
La dépendance psychologique : C’est un état mental caractérisé par une impulsion à prendre une drogue dans le but d’en retirer un plaisir, d’annuler une tension6, de soulager un mal être intérieur.


  1. Qu’est ce qu’une personne toxicomane ?


Afin de mieux comprendre ce qu’est une personne toxicomane, il faut savoir que celle-ci est régie par différentes structures psychiques que je vais vous expliquer dans un premier temps.
Puis nous verrons qu’en plus de ces structures psychiques il existe des traits de personnalité propre à la personne toxicomane.
Il faut également avoir des notions sur les différents types de consommation afin de pouvoir identifier les différents consommateurs et le rapport qu’ils entretiennent avec leur produit.


    1. Les différentes structures de la personne toxicomane :


La structure psychotique : Celle-ci se voit essentiellement en début de schizophrénie et compte environs 10% de la population toxicomaniaque. Ils ne sont pas réellement considérés comme de vrai personne toxicomane car pour ceux-ci l’usage de la drogue et ses effets passent au second plan derrière les perturbations de la personnalité. En effet, le produit est dans leur cas utilisé pour son effet anxiolytique, afin de diminuer leurs angoisses et de les réconforter car ces personnes éprouvent des difficultés personnelles et d’adaptation à la réalité. Par conséquent, lors de sa prise en charge, l’infirmier doit faire face à ces troubles de la personnalité qui peuvent créer une barrière entre le soignant et son patient.
La structure psychopathe : Elle est la plus courante. Le sujet montre des traits de déséquilibres psychique tel que la dysphorie, l’impulsivité, le masochisme, ainsi qu’un trouble du caractère et du contact. On retrouve chez eux une personnalité asociale. Ils sont souvent marginaux et ont plus facilement recours à la délinquance afin de pouvoir acheter leurs produits. Le fait qu’ils soient asociaux rend la communication et la relation, au sens large, difficile à instaurer.
La structure névrosée : Celle-ci est la plus rare car il s’agit davantage d’une toxicomanie compulsive. Dans ce cas, l’angoisse du sujet n’entraine pas une fuite dans la consommation de drogue immédiate mais est assumée par celui-ci. Il est donc inséré socialement mais on peut tout de même remarquer chez cette personne des traits anxieux, hystérique, pouvant aller du chantage à la mythomanie. Face à une sensation nouvelle, le sujet peut manifester une crise d’angoisse ou d’agitation ce qui peut poser problème dans la relation entre le soigné et le soignant ne sachant pas toujours comment réagir face à cela. Par conséquent, pendant le soin il est nécessaire de prévenir cette possibilité en l’expliquant avant et pendant celui-ci.



    1. Les différents traits de personnalité de la personne toxicomane :


On retrouve chez eux :

  • L’oralité : C’est une étape régressive marquée par l’avidité et l’instabilité du sujet en état de demande, de manque et de besoin dans la recherche d’un plaisir narcissique aussi minime soit-il.




  • La régression au narcissisme : Dans cette étape, seule la recherche d’un plaisir immédiat a de l’intérêt pour le sujet.




  • L’érogénéité : De par le fait que la recherche d’un plaisir narcissique est le seul intérêt des personnes toxicomanes, leur sexualité s’avère être très pauvre. La pulsion sexuelle est dans ce cas remplacée par le plaisir engendré par la prise du produit.




  • L’instabilité de l’humeur : On peut parler d’instabilité de l’humeur car dans cette étape le sujet toxicomane peut passer d’une phase expansive à une phase dépressive intense en un lapse de temps relativement court.




  • L’impulsivité : Celle-ci vient du fait que le sujet est incapable de supporter l’angoisse et les frustrations intérieures et extérieures, ainsi qu’à lui trouver une issue par un comportement adapté. Dans ce cas, le recours au produit est pour lui la seule issue possible afin de soulager cette angoisse.




  • Le masochisme : La personne toxicomane est un être fragile, à priori incapable de faire du mal à autrui. Il décharge ses pulsions dans sa consommation de produits. Mais il est tout de même conscient du mal qu’il se fait, mais il en tire du plaisir, ce qui le rend incapable de s’abstenir.



    1. Les différents types de consommateurs :


On distingue :


  • Les expérimentateurs : ce sont des personnes qui consomment de temps en temps.




  • Les usagers récréatifs : ce sont des personnes qui consomment de plus en plus souvent, lors de fête, par exemple, dans un but récréatif. C’est le bon moment pour effectuer une prévention et s’intéresser à la relation qu’il y a entre le patient et son produit.




  • Les consommateurs à risque : ce sont des personnes qui consomment régulièrement par compensation, afin de faire face à des frustrations ou des problèmes.




  • Les toxicomanes : ce sont des personnes pour lesquels il existe une réelle notion de dépendance car leur existence est de plus en plus focalisée sur le produit.


Une personne toxicomane est un être en souffrance de par le fait qu’elle est incapable de contrôler « sa vie », ainsi que par le fait qu’elle a une peur intense de s’abstenir de consommer ou de ressentir un état de manque de par la souffrance que cela engendre.
C’est une personne en grande précarité de par leur marginalité, qui a perdu tous repères et pour qui l’accès au soin est une difficulté énorme dû à leur problème de communication.
Ce pourquoi, de par leur complexité, il est nécessaire de prendre en compte toutes ces caractéristiques afin de voir le patient dans toute sa dimension et non se limiter à leur rapport au produit.



  1. Comment devient-on toxicomane ?


La personnalité de la personne toxicomane est le symptôme d’un mal de vivre. Symptôme qui souvent s’est développé durant l’enfance. Lorsque l’on se penche sur leur enfance, on retrouve le plus souvent :


  • Des problèmes familiaux : carences affectives précoces, abandon, dissociation du couple ou au contraire une surprotection parentale qui favoriserait la notion de dépendance.

  • Des problèmes psychologiques : difficultés précoces d’adaptation scolaire caractérisé par des fugues, échec scolaire qui se retrouverait dans le milieu professionnel.

  • Des problèmes sociaux : chômage, problème de logement, difficulté de projection dans l’avenir.


Il est nécessaire de prendre conscience des problèmes qu’il a vécu pendant son enfance, afin de réaliser qu’il est en véritable souffrance et que cela est antérieur à sa consommation de produit et qu’il n’est donc pas un délinquant ou une personne dangereuse comme beaucoup peuvent le penser.
Savoir ce qui a pu l’amener à ce stade, se rendre compte de leurs possible points faibles me semble intéressant pour prendre en charge un patient toxicomane et ne pas se limiter à l’image qu’il nous renvoi.



  1. Quelle pratique soignante adoptée face à une personne toxicomane ?



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