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2. Le long conflit unitaire contre la réforme des retraites

La loi Fillon, programmait un nouveau rendez-vous sur les retraites en 2012. Très sensible aux sirènes du Medef, Nicolas Sarkozy a décidé de l’avancer à 2010.

L’argument majeur développé par le gouvernement, le Medef est simpliste : « comme l’espérance de vie augmente régulièrement, il faut reculer l’âge de départ à la retraite ». En janvier 2010, 75 % de la population partage cette idée, et pourtant en octobre, 70 % des Françaises et des Français n’acceptent pas de repousser la retraite au-delà de soixante ans.

Nous pouvons affirmer la part prépondérante de la CGT dans cette inversion spectaculaire de l’opinion publique en moins de dix mois. Cela passera par une formation/information sans précédent de près de 20 000 militant-e-s en quelques mois, leur permettant de mieux maîtriser à la fois le système d’acquisition des droits de retraites et nos propositions de financement. Un travail de fond appuyé par un matériel grand public à vocation pédagogique.

Particulièrement touchées par les réformes précédentes du fait de leurs carrières plus souvent irrégulières et des écarts de salaires et inégalités professionnelles qui perdurent, la situation dégradée pour les femmes a sauté aux yeux de tous. Elles se sont mobilisées de manière visible.

Un travail particulier a été fait en direction des jeunes. La mobilisation a été l’occasion de rassembler de manière unitaire des jeunes issus du mouvement syndical, lycéen, étudiant, solidaire et associatif à travers le collectif : « La retraite, une affaire de jeunes ! » Depuis, les liens n’ont cessé de se renforcer, pour travailler ensemble sur l’éducation, l’accès au monde du travail, l’emploi, pour construire leur avenir. Ces générations, que certains s’évertuent à qualifier d’individualistes, démontrent par leur engagement qu’elles ont à cœur de lutter collectivement, pour plus de justice sociale.

Avant même que le gouvernement dévoile son projet précis, une première journée d’action unitaire, le 23 mars, a réuni 80 000 manifestants.

La CGT s’est attachée, avec succès, à créer les conditions de l’unité avec les organisations syndicales tout en informant les salarié-e-s, en direct, de l’évolution du projet. Le gouvernement tentera de fissurer cette unité en refusant des réunions plénières pour ne favoriser que des bilatérales et miser sur la période des congés pour chercher l’essoufflement du mouvement. Peine perdue, la mobilisation ne va pas cesser de progresser passant de 80 000 manifestants le 23 mars à plus de 3 millions le 19 octobre, avec, entre les deux, des milliers d’initiatives dans les entreprises et les localités, plusieurs journées dont celle du 7 septembre au sortir des congés.

Entre-temps, le projet gouvernemental est annoncé dans la ligne régressive pour les salariés des réformes précédentes, détournant même la reconnaissance de la pénibilité vers des dispositifs d’invalidité.

L’ampleur de la mobilisation dans la durée a contribué à préserver l’unité syndicale, même si elle repose essentiellement sur le rejet du projet de réforme des retraites plutôt que sur des propositions alternatives.

La CGT poursuit son action pour gagner plus de salariés encore dans la grève en liant ce combat à leurs conditions de vie et de travail quotidiennes, malgré la répression qui s’accentue contre ses militants. Mais une fois la loi votée le 27 octobre, les mobilisations faiblissent.

Pour la CGT, malgré le passage en force du gouvernement, le succès de la mobilisation demeure un acquis et un motif de fierté militante. Le dossier des retraites n’est pas clos. Nous ne cesserons d’en porter les enjeux dans les négociations des régimes complémentaires Arrco et Agirc, dans le meeting au Zénith de janvier 2012, dans la campagne des élections présidentielle et législatives.

De fait, cette mobilisation et l’état d’esprit qu’elle a forgé chez les salarié-e-s auront été un facteur important de la défaite électorale de Nicolas Sarkozy et de la droite en mai et juin 2012. Elle est toujours un point d’appui aux revendications et mobilisations à construire pour le « rendez-vous retraites » de 2013.

3. « On bosse ici, on vit ici, on reste ici »

La circulaire du 24 novembre 2009 portant sur la délivrance de carte de séjour « salarié » vient d’être publiée. La CGT, le groupe des 11 (syndicats et associations signataires de la plate-forme pour la régularisation des travailleuses et travailleurs sans-papiers), les délégué-e-s des 6 804 grévistes engagés dans le mouvement de grève du 12 octobre 2009, rejettent ce texte « flou », qui ne définit aucun critère précis et objectif de régularisation. Après un meeting qui en réunit plus de 2 500 à Paris le 14 décembre 2010, les grévistes notamment intérimaires, par centaines, vont se mobiliser pour récupérer auprès de leurs entreprises le « contrat de travail simplifié » (dit « Cerfa »). Piquets de grève, occupations vont se multiplier, soutenus par le groupe des 11 et des centaines de personnalités.

Sous la pression de la grève, des contacts sont noués avec des représentants patronaux qui se prononcent publiquement pour des critères objectifs de régularisation. Cette « Approche commune », publiée le 8 mars 2010, sera validée par le groupe des 11.

La détermination et l’unité des grévistes, celle du groupe des 11, l’élargissement du soutien comme le développement des contradictions au sein du patronat vont obliger le gouvernement à ouvrir des premières discussions. Dans la foulée de la manifestation du 27 mai 2010 contre la réforme des retraites, 2 000 travailleuses et travailleurs sans papiers investissent les marches de l’Opéra Bastille pour obliger le gouvernement à poursuivre les négociations jusqu’au bout.

Au bout de trois semaines d’occupation, le 18 juin 2010, le gouvernement est contraint de publier des critères permettant la régularisation des travailleuses et travailleurs sans papiers présents sur le territoire national. Les critères seront consolidés et améliorés en octobre et novembre.

Ces vastes mouvements de grèves initiés par la CGT ont permis à plus de 6 000 salarié-e-s sans papiers d’être régularisés depuis 2008.
Ils auront aussi permis, par une implication contrainte ou volontaire des employeurs, de « remettre d’équerre » un très grand nombre de situations de travail, de sortir du travail au noir des centaines de travailleuses et travailleurs, de leur redonner de la dignité, les ouvrir au fait syndical et en particulier à la CGT.
Les actions d’occupations et de grèves se poursuivent en cet automne 2012 encore. Elles contraignent le gouvernement à ouvrir des discussions avec les organisations syndicales et patronales, et les ministères du Travail et de l’Intérieur. Une circulaire de régularisation qui précise des critères applicables partout est enfin acquise. Mais elle est insuffisante pour reconnaître dans leurs droits notamment celles et ceux qui sont contraint-e-s au travail au noir.

4. Lutter contre toutes les discriminations !

À côté des succès engrangés pour les droits des travailleuses et travailleurs sans papiers, la CGT a multiplié ses actions contre toutes les formes de discrimination.

Suite aux nombreux succès obtenus sur le terrain du droit grâce, en particulier, à l’application de la « méthode Clerc », mise au point par la CGT, maintenant acceptée par tous les acteurs du droit, patronat et gouvernement ont tenté de limiter la durée de la prescription à cinq ans, pour rendre dérisoires ou impossibles les montants de la réparation des discriminations subies par les militant-e-s syndicaux.

La lutte unitaire, menée avec les universitaires et avocats, fédérée par la CGT, a mis fin à ces prétentions et a permis de gagner la réparation intégrale du préjudice dans la durée. Des milliers de militant-e-s syndicaux ont ainsi été réparé-e-s et réintégré-e-s dans leurs droits.

Cette approche et ces luttes gagnantes ont commencé à s’exporter dans les autres domaines de la discrimination. De premiers retentissants succès ont été conquis contre les discriminations femmes-hommes. Et la CGT s’est aussi investie dans la lutte contre les discriminations dont sont victimes les salarié-e-s d’origine immigrée.

Reste à conquérir la reconnaissance de l’expérience acquise dans le parcours militant : savoir protéger ses militant-e-s, c’est aussi défendre et garantir l’action syndicale !

La CGT a poursuivi son effort de sensibilisation et de formation des militantes et militants sur l’égalité entre les femmes et les hommes dans le travail et dans la CGT notamment par des initiatives marquantes à l’occasion du 8 mars. Elle est intervenue dans les organismes et instances paritaires et gouvernementales pour obtenir la mise en œuvre effective des lois sur l’égalité salariale et professionnelle qui reste insuffisante.

Durant les trois dernières années, les organisations de la CGT ont dû faire face à de nombreuses attaques contre les droits syndicaux et l’action revendicative :
– recrudescence des pressions et sanctions à l’encontre des militants dans les entreprises ;
– engagement de poursuites judiciaires pour cause de participation aux mobilisations de 2010 sur les retraites ;
– expulsion et tentative d’expulsion d’unions départementales et locales de leurs locaux.

Cela a conduit la CGT à revendiquer auprès du gouvernement une loi d’amnistie, malheureusement sans succès, ainsi que la formalisation du droit à l’hébergement des organisations interprofessionnelles.

Avec ses organisations, la CGT a mené campagne contre la criminalisation de l’action revendicative, ce qui a conduit notamment à la non-condamnation des « 5 de Roanne » par la cour d’appel de Lyon et à la relaxe des dirigeants de l’union départementale du Rhône par le tribunal de Villefranche-sur-Saône.

Une étape importante a été franchie durant ces trois dernières années dans la lutte contre les discriminations que subissent les personnes lesbiennes, gay, bi et trans (LGBT). La CGT est présente chaque année aux marches des fiertés, aux marches de l’Existrans pour l’égalité des transidentitaires. Elle participe aux manifestations européennes et mondiales : Europride et World Pride, à la journée mondiale contre l’homophobie le 17 mai depuis sa fondation. Elle est aussi signataire de la pétition pour la dépénalisation universelle de l’homosexualité. En 2012, le collectif a élaboré un guide d’action syndicale : « Pour gagner l’égalité des droits des LGBT dans le monde du travail ». Un DVD destiné aux actions de sensibilisation et de formation interne à la CGT a été réalisé et quatre conférences interrégionales se sont tenues pour faire connaître ces outils.

5. La question cruciale des salaires

La bataille salariale est cruciale pour le pouvoir d’achat des salariés, pour le financement de la protection sociale et pour le développement économique du pays. Dans d’autres pays européens, on baisse les traitements des fonctionnaires, réduit le salaire minimum ou casse les conventions collectives, au nom de la « compétitivité ». En France aussi, la pression est très forte contre les salaires et les droits sociaux, avec une offensive idéologique puissante contre le « coût du travail ». Globalement, les plus hautes rémunérations ont crû plus vite que les salaires de bas de l’échelle. Les écarts de rémunérations brutes annuelles restent de 27 % en défaveur des femmes, trop souvent condamnées aux bas salaires, au temps partiel et aux horaires morcelés.

Transformer le travail, c’est aussi reconnaître sa valeur. Pour beaucoup de professions, cela signifie revaloriser les salaires qui sont loin de correspondre aux qualifications. Les classifications doivent reconnaître vraiment les diplômes et certifications qualifiantes. La CGT, par exemple au cours de la journée d’étude du 3 mars 2011, vulgarise cette notion de rémunération égale pour un travail de valeur comparable, en mettant en parallèle des métiers principalement occupés par les femmes et souvent peu rémunérés et ceux occupés par les hommes.

La campagne « salaires » lancée en février 2011 avait pour ambition de remettre au cœur de notre politique revendicative la bataille pour une augmentation des salaires et des traitements des fonctionnaires, des pensions de retraite, des allocations des chômeurs comme réponse centrale aux problématiques de modération salariale, crise de la dette, austérité. L’ambition était et reste d’outiller les syndicats, leurs élu-e-s et mandaté-e-s à mener la bataille de la répartition des richesses qui se traduit par la revendication, souvent accompagnée de mobilisations pour une augmentation salariale ! La mise à disposition de nos organisations d’un module de formation/journée d’étude sur la question des salaires a été et reste un élément primordial pour élargir la bataille.

La rencontre nationale du 26 mars 2012 avec des syndicats, des organisations territoriales et fédérales, en la présence d’une camarade de Verdi (syndicat allemand) a été une étape utile contre la notion de « coût du travail » qui serait trop élevé en France comparativement à d’autres pays. Lors de la conférence sociale de juillet 2012, nous avons porté les revendications pour une hausse des salaires, notamment du Smic auquel le gouvernement venait d’accorder une augmentation ridicule, et aussi l’obligation légale pour toutes les branches de respecter le Smic sous peine de sanction contre les employeurs usant de diverses stratégies pour contourner la loi.

La CGT a mis à disposition des organisations des outils et des formations pour négocier sur les salaires, sur l’égalité salariale et professionnelle. Il s’agit d’un travail de longue haleine qu’il faut poursuivre.

6. Logement : du paritarisme de gestion à la démarche revendicative

La gestion du « 1 % logement » constitue initialement le corps de métier du syndicalisme concernant l’activité logement. Au cours de ce mandat, la CGT a occupé ce champ d’intervention tout en s’efforçant de le rendre plus en phase avec le salariat et les syndicats.
Cela est passé par un effort de rajeunissement des administrateurs au sein des instances privilégiant la désignation d’actifs-ves ; par la mise en place d’un réseau CGT, la tenue de réunions confédérales afin d’outiller nos administrateurs…
C’est ainsi que la CGT a pesé sur le contenu de l’ANI Logement, prévoyant le recentrage du 1 % logement sur sa mission de production de logements pour les salarié-e-s, son extension au plus grand nombre, mais dont la mise en œuvre reste à conquérir.

Les revendications liées au coût et au mal-logement doivent être prises en compte par les syndicats avec une activité déployée dans les territoires.

7. À la reconquête des services publics

La campagne « Services publics, politiques publiques et financement », décidée au 49e congrès, a permis la construction de revendications et de mobilisations autour de la reconquête des services publics impliquant les organisations de la CGT.
Cette campagne s’est organisée en plusieurs étapes, entre juin 2011 et février 2012, sous la forme de quatre initiatives « confédéralisées » centrées sur « Service public et développement humain durable », « Service public et contrat social », « Financement des politiques publiques et d’intérêt général » et « Service public et développement industriel ».
La seconde phase de la campagne, au printemps 2012, a irrigué l’organisation et facilité l’utilisation de l’avis du CESE « Missions et organisation de l’État dans les territoires » par les organisations. Elle a favorisé la mise à jour de réponses à de nouveaux besoins ou à des besoins mal satisfaits en matière de service public : aide à l’autonomie des personnes âgées ou en situation de handicap, modes d’accueil de la petite enfance, formation, qualification et intégration socio-économique des jeunes…

La construction de projets revendicatifs, associant des syndicats et diverses professions avec nos organisations territoriales, est à faire progresser.

L’appareil d’État et plus largement la puissance publique font l’objet de proces-sus de transformations que nous combattons car destinées à servir la rentabilité du capi-tal. Elles réduisent les services rendus à la population (révision générale des politiques publiques, réforme de l’administration territoriale de l’État, réforme des collectivités territoriales, loi hôpital-patients-santé—territoires…)
À l’opposé, la CGT propose la construction d’un projet de développement humain durable en rupture avec les logiques de rentabilité financière pour répondre aux besoins sociaux.

Le contexte de crise économique et financière a eu pour conséquence une demande accrue de formation de la part des organisations sur ces questions. Il nous faudra approfondir notre réflexion sur le rôle de l’État ainsi que sur la décentralisation.
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